Dragons et Ouroboros

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Ven 05 Mar 2010, 19:37

Colossale kundalini...



flippante... Cyclope
très flippante... Par tous les mots guerrier-Silex...

Logos

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Ven 05 Mar 2010, 21:56



"C'est l'affirmation du trésor enfoui dans le monde, dont il faut prendre possession. Il représente le départ du héros antique à la recherche de la Toison d'or, symbole ambivalent de la richesse matérielle et de la conscience cosmique." (Jodo)

Ils ont un petit air d'aliboron !



et pour le 6 de Deniers, il dit " ... cela nous renvoie à des couples de notions complémentaires, comme : futur et passé, lumière et ombre, etc... Sa devise pourrait être : je pars à la recherche (queste) de tout ce qui me dépasse et qui est déjà en moi"

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Ven 05 Mar 2010, 22:34

140 décibels, c'est l'intensité sonore émise par certaines chauves-souris panaméennes Sourire
dans le genre rigolo... ou flippant


Logos

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Sam 06 Mar 2010, 13:31

Bonjour,

je signale cet article : http://www.alchymie.net/articles/st_michel_archange.htm

"Saint Michel Archange et ses rapports symboliques avec le Grand Oeuvre Hermétique" - Patrick Rivière

Logos

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Garfield le Lun 08 Mar 2010, 16:03

Marcellin Berthelot dit que, considéré dans son acception générale et dans l’Alchimie, « le serpent circulaire était le gardien du temple de la Connaissance et seulement celui qui l'avait vaincu pouvait dépasser le seuil du lieu sacré. »
En attribuant à l'Ouroboros le rôle de "gardien" de leur science cachée, les Alchimistes faisaient le rapprochement entre le nom de cet emblème et le mot grec ouros, pris dans le sens de "gardien".
Pratiquement, dans les théories alchimistes, l'Ouroboros fut le hiéroglyphe de "la dissolution des corps grâce à la fermentation". Il fut même l'emblème de l'élément actif et de l'élément passif représentés l'un par la queue et l'autre par la bouche du reptile, la première en fournissant à la deuxième, comme dans la croyance ancienne, la substance reconstituante. Peut-être, est-ce dans l'ambiance hermétique que fut initialement fait un rapprochement d'ordre emblématique entre l'Ouroboros et l'Elixir de longue vie. (Source : @ Louis Charbonneau-Lassay)

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Henri Schersch le Mar 09 Mar 2010, 15:22

Le dictionnaire des symboles (jean Chevalier et Alain Gheerbrant) donne la définition suivante de l'ouroboros :

Le serpent (parfois dragon) qui se mord la queue symbolise un cycle d'évolution refermée sur elle-même.
Ce symbole renferme en même temps les idées de mouvement, de continuité, d'autofécondation et, en conséquence, d'éternel retour. La forme circulaire de l'image a donné lieu à une autre interprétation : l'union du monde chthonien (du grec khthôn : « qui est né de la terre »), figuré par le serpent, et du monde céleste, figuré par le cercle. Cette interprétation serait confirmée par le fait que l'ouroboros, dans certaines représentations serait moitié noir, moitié blanc. Il signifierait ainsi l'union de deux principes opposés, soit le ciel et la terre, soit le bien et le mal, soit le jour et la nuit, soit le Yang et le Yin chinois, et toutes les valeurs dont ces opposés sont les porteurs.

Ouroboros gravé sur un disque de bronze du Bénin
(Afrique Occidentale)
(Histoire de la civilisation africaine, Frobenius, 1936).

Une autre opposition apparait dans une interprétation à deux niveaux : le serpent qui se mord la queue, en dessinant une forme circulaire, rompt avec une évolution linéaire, marque un changement tel qu'il semble émerger à un niveau d'être supérieur, le niveau de l'être céleste ou spiritualisé, symbolisé par le cercle ; il transcende ainsi le niveau de l'animalité, pour avancer dans le sens de la plus fondamentale pulsion de vie ; mais cette interprétation ascendante ne repose que sur la symbolique du cercle, figure d'une perfection céleste. Au contraire, le serpent qui se mord la queue, qui ne cesse de tourner sur lui-même, s'enferme dans son propre cycle, évoque la roue des existences, le Samsâra, comme condamné à ne jamais échapper à son cycle pour s'élever à un niveau supérieur : il symbolise alors le perpétuel retour, le cercle indéfini des renaissances, la continuelle répétition, qui trahit la prédominance d'une fondamentale pulsion de mort.

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Calcédoine le Jeu 18 Mar 2010, 21:56

Bonjour.

CheminCroisé Ici plus haut, Logos a posté l'image d'une lame du tarot : CheminCroisé la Maison-Dieu. Une tour.

Dans le CheminCroisé Tombeau de François II, Entre les mains de la statue représentant La Force, on retrouve aussi une tour, associée à un dragon qu'on en extirpe par une brèche, fissure, lézarde :



N'est-ce pas là une allusion à la kundalini ? Dans la représentation orientale, la kundalini est une force (énergie) vitale, née du mariage de l'énergie tellurique (montant du sol) et de l'énergie du ciel (prâna, collecté par l'inspir de l'air), et localisable dans le bassin (ensemble d'os jouant ici pleinement son rôle de réceptacle). Vue comme un dragon sauvage, cette force, puissante et terrible, à tendance à s'éparpiller et s'épandre sur un plan horizontal (via la sexualité). Domptée, elle peut s'élever dans un plan vertical, comme canalisée dans une tour (colonne vertébrale), jusqu'aux zones les plus élevées (sommet de la tête) et participer à l'éveil du "troisième œil".

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Charly Alverda le Jeu 18 Mar 2010, 22:31

Bonjour

Bravo pour la lézarde, Calcédoine.

En ce qui concerne la Maison-Dieu, je ne retiens que l'aspect "prana" pour l'athanor, mais j'abonde pour la vision de la kundalini, y a pas d'lézard (arff !)

Voici une image de la Pandora, ouvrage alchimique de Jérôme Reussner :
(descendre avec la glissière)

@ http://traditiontarot.com/forum/viewtopic.php?id=159&p=2

Avec les 2 dragons en bas de la tour en F

Cordialement,

C...a

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Nelly Foulcat le Mar 23 Mar 2010, 14:30

Pour Fulcanelli, l'ouroboros est un des symboles majeurs du Grand Oeuvre. Voici la description qu'il en donne dans "Les Demeures Philosophales", partie "Le merveilleux grimoire du château de Dampierre", chapitre VII (caisson 4) :

Voici maintenant l’un des symboles majeurs du Grand-Oeuvre : la figure du cercle gnostique, formé par le corps du serpent qui dévore sa queue, avec, pour devise, le mot latin

. AMICITIA .


L’amitié. L’image circulaire est, en effet, l’expression géométrique de l’unité, de l’affinité, de l’équilibre et de l’harmonie. Tous les points de la circonférence étant équidistants du centre et en étroit contact les uns avec les autres, ils réalisent un orbe continu et fermé, lequel n’a point de commencement et ne peut avoir de fin, de même que Dieu dans la métaphysique, l’infini dans l’espace et l’éternité dans le temps.

Les grecs nommaient ce serpent l’Ouroboros, des mots oura, queue, et boroV, dévorant. Au moyen âge, on l’assimilait au dragon en lui imposant une attitude et une valeur ésotériques semblables à celles du serpent hellénique. Telle est la raison des associations de reptiles, naturels ou fabuleux, que l’on rencontre presque toujours chez les vieux auteurs. Draco aut serpens qui caudam devoravit ; serpens aut lacerta viridis quoe propriam caudam devoravit, etc., écrivent-ils fréquemment. Sur les monuments, d’autre part, le dragon, permettant plus de mouvement et de pittoresque dans la composition décorative, semble plaire davantage aux artistes ; c’est lui qu’ils représentent de préférence. On peut le remarquer au portail nord de l’église Saint-Armel, à Ploërmel (Morbihan), où plusieurs dragons accrochés aux rampants des gables, font la roue en se mordant la queue. Les célèbres stalles d’Amiens offrent également une curieuse figure de dragon à tête de cheval, au corps ailé, terminé par une queue décorative dont le monstre dévore l’extrémité.

Etant donné l’importance de cet emblème, — il est, avec le sceau de Salomon, le signe distinctif du Grand Oeuvre, — sa signification reste susceptible d’interprétations variées. Hiéroglyphe d’union absolue, d’indissolubilité des quatre éléments et des deux principes ramenés à l’unité dans la pierre philosophale, cette universalité en permet l’usage et l’attribution aux diverses phases de l’Oeuvre, puisque toutes visent au même but et sont orientées vers l’assemblage, l’homogénéité des natures premières, la mutation de leur antipathie native en amitié solide et stable. Généralement, la tête du dragon ou de l’Ouroboros marque la partie fixe, et sa queue la partie volatile du composé. C’est ainsi que l’on entend le commentateur de Marc Fra Antonio : « Cette terre, dit-il en parlant du soufre, par sa sécheresse ignée et innée, attire à soy son propre humide et le consume ; et à cause de cela, elle est comparée au dragon qui dévore sa queue. Au reste, elle n’attire et n’assimile à soy son humide que parce qu’il est de sa mesme nature. » D’autres philosophes en font une application différente, témoin Linthaut, qui le rapporte aux périodes colorées : « Il y a, écrit-il, trois couleurs principales qui se doivent montrer en l’Oeuvre, le noir, le blanc, le rouge. La noirceur, première couleur, est nommée des Anciens dragon venimeux, quand ils disent : le dragon dévorera sa propre queue. » L’ésotérisme est équivalent dans le Trés précieux Don de Dieu, de Georges Aurach. David de Planis Campy, plus éloigné de la doctrine, n’y voit qu’une version des cohobations spagyriques.

Quant à nous, nous avons toujours compris l’Ouroboros comme un symbole complet de l’ouvrage alchimique et de son résultat. Mais, quelle que soit l’opinion des savants de notre époque sur cette figure, on peut du moins être certain que tous les attributs de Dampierre, placés sous l’égide du serpent qui se mord la queue, sont exclusivement relatifs au Grand Oeuvre et présentent un caractère particulier, conforme à l’enseignement secret de la science hermétique.

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Nelly Foulcat le Mer 24 Mar 2010, 15:48

Calcédoine a écrit:Dans le Tombeau de François II, Entre les mains de la statue représentant La Force, on retrouve aussi une tour, associée à un dragon qu'on en extirpe par une brèche, fissure, lézarde :
Dans "Les Demeures Philosophales", partie "Les Gardes du corps de François II, duc de Bretagne", (chapitre IV), j'ai retrouvé le passage où Fulcanelli décrit la tour et le dragon de la statue de la force.

Voici ce passage :
Hermétiquement, on peut donc considérer la tour comme l’enveloppe, le refuge, l’asile protecteur, — les minéralogistes diraient la gangue ou la minière, — du dragon mercuriel. C’est d’ailleurs la signification du mot grec purgoV, tour, asile, refuge. L’interprétation serait encore plus complète si l’on assimilait à l’artiste la femme qui extirpe le monstre de son repaire, et son geste mortel au but qu’il doit se proposer dans cette pénible et dangereuse opération. Ainsi, du moins, pourrions-nous trouver une explication satisfaisante et pratiquement vraie, du sujet allégorique servant à révéler le côté ésotérique de la Force. Mais il nous faudrait supposer connue la science secrète à laquelle se réfèrent ces attributs. Or, notre statue se charge elle-même de nous renseigner à la fois sur sa portée symbolique et sur les branches connexes de ce tout qu’est la sagesse, figurée par l’ensemble des Vertus cardinales. Si l’on avait demandé au grand initié que fut François Rabelais quelle était son opinion, celui-ci eût certainement répondu, par la voix d’Epistémon, que tour de fortification ou de chasteau fort c’est autant dire que tour de force ; et tour de force réclame « couraige, sapience et puissance : couraige, pource que dangier y a ; sapience, car deuë connoissance y est nécessairement requise ; puissance, car cil qui oncques ne peult, rien entreprendre ne doibt. » D’autre part, la cabale phonétique, qui fait du mot français tour l’équivalent de l’attique touroV, vient compléter la signification pantagruélique du tour de force. En effet touroV est mis et employé pour to oroV; to (lequel, ce qui), oroV (but, terme, objet que l’on se propose) marquant ainsi la chose qu’il faut atteindre, ce qui est le but proposé. Rien, on le voit, ne saurait mieux convenir à l’expression figurée de la pierre des philosophes, dragon enclos en sa forteresse, dont l’extraction fut toujours tenue pour un véritable tour de force. L’image d’ailleurs, est parlante ; car si l’on éprouve quelque peine à comprendre comment le dragon, robuste et volumineux, ait pu résister à la compression exercée entre les parois de son étroite prison, on ne saisit pas davantage par quel miracle il passe tout entier à travers une simple lézarde de la maçonnerie. Là encore se reconnaît la version du prodige, du surnaturel et du merveilleux.

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Lun 29 Mar 2010, 18:02

Une courte étude sur le symbolisme de la gueule du dragon.
je ne sais pas si tout est juste, mais en tout cas c'est intéressant

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Sam 03 Avr 2010, 01:27

SERPENT COSMOGONIQUE (je colle ici la symbolique, que j'imagine fortement de mèche avec le dragon... gardien du seuil)

Mais en plus de son caractère terrestre, le serpent symbolise aussi et surtout la nature primordiale. En effet, «les enfers et les océans, l’eau primordiale et la terre profonde ne forment qu’une matière première, une substance primordiale, qui est justement celle du serpent. Esprit de l’eau première, il est l’esprit de toutes les eaux, que ce soit celles du dessous, celles qui courent à la surface de la terre, ou celles du dessus». Ainsi le serpent est-il lié à la froide, gluante et souterraine nuit des origines : «Tous les serpents possibles, écrit Hermann von Keyserling, forment ensemble une unique multiplicité primordiale, une indénombrable chose primordiale, qui ne cesse de se détériorer, de disparaître et de renaître.» Le serpent symbolise donc la vie. En effet, quelle est donc cette chose primordiale sinon la vie dans sa latence, ou, comme le dit Keyserling, la couche de vie la plus profonde ? Elle est le réservoir, le potentiel d’où proviennent toutes les manifestations. «La vie des bas-fonds doit précisément se refléter dans la conscience diurne sous la forme d’un serpent», ajoute cet auteur, et il précise : «les Chaldéens avaient un seul mot pour Vie et Serpent». Pour René Guénon, le symbolisme du serpent est effectivement lié à l’idée même de la vie ; en arabe, le serpent se dit al hayyah, et la vie al hayat». Et d’ajouter, ce qui est capital, qu’al Hay, l’un des principaux noms divins, doit se traduire non par le vivant, comme on le fait souvent, mais par le vivifiant, celui qui donne la vie ou qui est le principe même de la vie. Le serpent visible n’apparaît donc que comme la brève incarnation d’un Grand Serpent invisible, causal et atemporel, maître du principe vital et de toutes les forces de la nature. C’est un vieux dieu premier et viscéral que nous retrouvons au départ de toute les cosmogenèses, avant que les religions de l’esprit ne le détrônent. Il est ce qui anime et ce qui maintient. Sur le plan humain, il est le double symbole de l’âme et de la libido: «Le serpent, écrit Gaston Bachelard, est un des plus importants archétypes de l’âme humaine.»


«Tous les serpents possibles, écrit Hermann von Keyserling, forment ensemble une unique multiplicité primordiale, une indénombrable chose primordiale, qui ne cesse de se détériorer, de disparaître et de renaître.» Le serpent symbolise donc la vie.


C'est typiquement le genre de visions, et le "ressenti", que procurent les potions végétales type ayahuasca, principalement consommées dans la forêt amazonienne.

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Henri Schersch le Dim 07 Nov 2010, 22:09

J'ai trouvé une petite explication concernant la symbolique du dragon sur le site @ cgjung.net (Les Amis de l'Alchimie). On y dit qu'en Alchimie, il représente l'impur, le grossier, l'écailleux, une sorte de chaos ténébreux rempli d'aquosité, donc propice à servir de terreau humide favorable aux germinations. Il est aussi gardien de l'arbre aux CheminCroisé Pommes d'Or, elles-mêmes représentant le résultat du travail intérieur sur soi-même. Dragon-gardien toujours éveillé, symbolisant donc aussi l'état de celui qui a pu faire tomber de ses yeux les écailles qui lui masquent la vérité sur la nature de la création.

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Dragon-vouivre

Message  Henri Schersch le Jeu 06 Jan 2011, 15:26

Le dragon-vouivre renvoie à l'homme l'image de sa nature cachée, à la fois de son chaos intérieur et, étant ailé, de la transcendance qui l'habite. Il personnifie aussi bien le chaos des origines que l'esprit universel, le Logos. Sous l'aspect de l'Ouroboros, il personnifie le temps, et son regard est fascinant. (source : @ Robert Régor Mougeot - "Le miroir - symbole des symboles")


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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Charly Alverda le Ven 17 Juin 2011, 12:52

Bonjour,

En relation avec CheminCroisé La carte du Tarot "le Chariot", Logos avait cité fort à propos le texte du Chevalier Inconnu : La Nature à découvert :

"L’air est le chariot de l’Esprit du monde, et il est appelé l’entretien du feu parce qu’il demande un lieu spacieux convenable à sa nature plus rare et plus spirituelle. Médée avait son chariot attelé de deux serpents.”

Oui, Médée la magicienne. Dans son mouvement universel ( uni vers sel) de corporification des “mixtes” la Nature est symbolisée par le serpent qui dévore sa queue, mais pour mieux percevoir ce mouvement incessant de descente et remontée de l’énergie mercurielle, les anciens lui substituaient deux dragons, l’un ailé et l’autre aptère le plus souvent (Flamel, Charles VI...) se dévorant l’un l’autre.

. . .

Selon la mythologie Médée, qui était prétresse de Hécate maitresse du monde chtonien également associée à la dimension sombre de la lune, finira par s’enfuir par la voie de l’air :

“Experte en magie, elle donna à son amant un ONGUENT dont il devait s'enduire le corps pour se protéger des FLAMMES du dragon qui veillait sur la Toison d'or. Elle lui fit aussi présent d'une PIERRE, qu'il jeta au milieu des hommes armés, nés des dents du dragon (...) Après ces crimes, elle s'enfuit à Athènes sur un char attelé par deux dragons ailés...”
@ http://mythologica.fr/grec/medee.htm © Cleveland Museum (Ohio)

Cordialement,

C...a


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La symbolique du serpent~dragon

Message  LeMat le Ven 11 Nov 2011, 23:15

Le serpent symbolise plusieurs choses :

- la vie tout d'abord car graphiquement il prend l'apparence d'une onde. Quoi de plus représentatif du mouvement ? De l'onde découle le principe de la période avec ses deux phases distinctes. L'équivalent tridimensionnel de l'onde est la spirale que l'on retrouve sur le caducée.

- l'immortalité car il mue. Il abandonne sa vieille peau et repart avec une peau fraîche et jeune, signe manifeste de l'éternelle jeunesse et donc de l'immortalité. C'est sans doute pour cela qu'on le retrouve encore sur les enseignes de pharmacie.

- la matière car il rampe le ventre à terre et se cache sous les pierres.

Si on mixe tout ça, cela donne:

Le serpent symbolise le mouvement terrestre donc la Vie sur terre et surtout, le serpent est le symbole de l'âme. D'origine divine mais pervertie car elle a voulue CONNAÎTRE les plaisirs de la chair (de la matière).

Le texte de la Genèse est très intéressant de ce point de vue car que fait le serpent dans cette scène sinon être à l'origine de l'action ? Il représente bien le Désir, l'en-vie d'Adam et Ève de goûter.

Pour ce qui est de la figure alchimique des deux dragons et fort de ce constat, le dragon sans aile représente nos désirs charnels et le dragon ailé représente les désirs spirituels ce que je définis comme étant tout ce qui flatte l'Ego.

J'ai aussi beaucoup aimé le rapprochement avec la Kundalini, serpent qui représente l'énergie vitale (mais aussi sexuelle car en lien avec le tantrisme), que le yogi en ouvrant ses chakras, fait remonter du bas ventre vers le sommet du crâne, pour que sa propre énergie se connecte au grand-tout et qu'il connaisse l'illumination ou Nirvana.

Merci Charly Alverda pour vos nombreuses interventions sur le forum qui m'interpelle à chaque fois et un grand merci au créateur de ce blog. Il y a si peu d'endroits où parler de ce genre de choses.

Cordialement,

LeMat

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La symbolique du serpent~dragon

Message  Calcédoine le Sam 12 Nov 2011, 09:06

Bonjour LeMat,

Merci pour ton intervention éclairante.
Je me permets un petit supplément à ton analyse :
Il abandonne sa vieille peau et repart avec une peau fraîche et jeune, signe manifeste de l'éternelle jeunesse et donc de l'immortalité. C'est sans doute pour cela qu'on le retrouve encore sur les enseignes de pharmacie.
Dans l'imaginaire populaire, le serpent est aussi un animal venimeux, mortellement dangereux (pas toutes les espèces, bien sûr, mais même l'inoffensive couleuvre fait peur). Or, le venin de serpent est aussi recueilli pour réaliser des remèdes pharmaceutiques. Ce qui tue peut aussi sauver la vie : tout est question de dosage et de connaissance, d'où – à mon sens – sa présence dans le symbolisme de la pharmacie.

Plus loin, entre vie et mort, le poison de serpents entre dans la composition de préparations de chamanes pour provoquer des états (contrôlés) de presque-mort utilisés dans des rituels initiatiques. Cependant, dans ce cas particulier, le poison du serpent n'est plus qu'un ingrédient, au même titre qu'un poison d'origine végétale ou minérale, et perd son caractère symbolique universel pour n'être plus – au mieux – qu'un symbole rattaché à une tradition locale.

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Chèvre le Sam 12 Nov 2011, 11:00

je rebondis sur le supplément de Calcédoine pour rappeler qu'en grec ancien, le mot neutre φάρμακον , pharmakon, signifie aussi bien «remède», «drogue», «philtre», que «poison» ou «venin», ou encore «teinture».

@ http://fr.wikipedia.org/wiki/Pharmakos

@ http://jeanpierre.gadbois.pagesperso-orange.fr/mot_pharmacie.htm pour les pharmakos vivants

@ http://www.freud-lacan.com/articles/article.php?url_article=jchassaing131004 pour un article de l'Association Lacanienne Internationale (A.L I.) sur Jacques Derrida, la déconstruction et le pharmakon.

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l'autre face du serpent

Message  LeMat le Sam 12 Nov 2011, 22:24

Bonjour,

Tout à fait, le symbolisme du serpent est profondément duel. Et puisqu'il est symbole de vie, il est aussi symbole de mort. On peut donc voir dans les deux serpents, le principe de vie (construction) et de mort (destruction) qui luttent l'un contre l'autre. C'est la lutte éternelle du bien contre le mal.

Un combat de serpents se retrouve dans l'Exode lorsque Moïse et Aaron affrontent les mages du pharaon :

"Moïse et Aaron allèrent auprès de Pharaon, et ils firent ce que l'Éternel avait ordonné. Aaron jeta sa verge devant Pharaon et devant ses serviteurs; et elle devint un serpent.
Mais Pharaon appela des sages et des enchanteurs; et les magiciens d'Égypte, eux aussi, en firent autant par leurs enchantements.
Ils jetèrent tous leurs verges, et elles devinrent des serpents. Et la verge d'Aaron engloutit leurs verges." (Ex; 7,10-12)

Ici, les VERGES sont JETÉES à TERRE et prennent VIE sous la forme de SERPENTS qui se BATTENT. Dans cette version trouvée rapidement sur le Net, il n'est pas stipulé que le SERPENT du SERVITEUR de Dieu est d'AIRAIN.
Il est alors normal alors qu'il ENGLOUTIT tous les autres. Certains voient dans ce serpent un présage du Messie.

Cet engloutissement rappelle fortement la figure de l'Ouroboros qui mange sa queue, la Vie qui se nourrit de la Vie en tuant ses proies. Mais Ouroboros peut aussi être lu dans l'autre sens, la Vie qui dégueule la Vie.

Si on reprend le symbole de nos pharmacies, l'absence du second serpent sur le caducée s'explique si l'on considère que les deux serpents représentent le couple vie/mort puisque le but de la médecine est de sauver des vies et pas (ou plus si on les associe aux apothicaires Sans voix ) tuer les gens.

Je viens d'interpréter les deux serpents sous l'angle de la dualité vie/mort pour répondre à Calcédoine mais ce n'est pas à mon avis, l'interprétation la plus fine, mais elle est toutefois parfaitement cohérente.

Si l'on va plus loin, puisque le serpent représente à la fois la vie et la mort, il représente le cycle dans son ensemble :

naissance -> mort -> re-naissance -> re-mort -> re-re-naissance... allez j'arrête Très heureux

Je me suis amusé à faire un tour de trop dans la boucle, le mot important et qui exprime à lui seul le CYCLE de la VIE est bien entendu le mot RENAISSANCE ou encore RÉSURRECTION.

De là s'expliquent les croyances ophites et naasènes qui associaient l'image du serpent au Christ. puisque sa fonction première est d'incarné la volonté divine lors de chaque fin des temps (apocalypse) où il DÉTRUIT l'ordre ancien pour CRÉER un ordre nouveau ORDO AB CHAO !!! Vous connaissez la signification de l'anagramme INRI sur le crucifix :

"IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA"


Dans l'hindouisme, Shiva est à la fois un dieu destructeur et créateur. Il est représenté avec le serpent autour du cou, il est le dieu de l'illumination où toute l'énergie est spiritualisée. Il est le dieu de la plupart des sâdhu. La "version" inachevé de Shiva est Ganesh qui, lui, porte le serpent à la ceinture ; il et le dieu de la fertilité, c'est un éléphant qui a de l'embonpoint. L'éléphant est symbole de force incontrôlée (qui panique devant une petite souris) et maladroite (donc à ne pas mettre dans un magasin de porcelaine), sa faiblesse (ou sa faute) nous est montrée par ses formes, il se laisse aller aux plaisirs de la chair. Autre chose intéressante, il est le scribe des dieux tel Hermès.
Une chose intéressante dans la culture hindouiste : les ascètes ne sont pas forcément des saints comme en occident, par contre ils acquièrent tous par leurs ascèses des pouvoirs spirituels. Ils peuvent se mettre en colère et châtier qui ils veulent en les maudissant.

Enfin, une des dimensions les plus importantes de ce symbole est la LUTTE, le COMBAT ou encore l'AFFRONTEMENT. La VIE sur terre n'est rien d'autre que la somme des vies (ou des Égos) qui s'affrontent sur terre. Le venin symbolise la capacité d'empoisonner, de TEINDRE ou CORROMPRE l'Ennemi afin qu'ils prennent ses couleurs (cela me rappelle furieusement la poudre de projection).

Le sang du dragon est liquide (donc une EAU) ROUGE (ferreux donc MÉTALLIQUE) qui apporte l'immortalité à Siegfried, cela me rappelle l'élixir de longue vie.

Dans la légende d'Achille, ce sont les EAUX du Styx qui jouent se rôle, on tourne autour de la tour ou plutôt on s'acharne sur le gardien Très heureux
Et puisqu'on y vient, il existe une relation entre la vie qui se répand sur terre avec les méandre des cours d'eau du règne minéral, avec la sève du règne végétal et avec le sang qui coule dans nos veines. C'est pour cela que l'on parle de nos humeurs ou de se faire du mauvais sang.

Attention, le sang est une EAU IGNÉE, il est EAU par sa forme LIQUIDE et IGNÉ par sa nature ANIMALE (VIVANTE).

Désolé, je me suis un peu lâché et j'ai écris un roman mais c'est un sujet qui me passionne. Je tiens à dire qu'il y a beaucoup de visions personnelles dans ce texte, particulièrement l'analyse du venin et du sang, qui est totalement improvisée. Il est donc probable que je me plante, mais au cas où cela vous inspire...

cordialement,

LeMat

ps: bonjour Chèvre, je suis d'accord avec toi, je suis content que tu viennes confirmer le lien teinture/venin qu'y m'est apparu en écrivant les lignes précédentes.

LeMat

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addendum

Message  LeMat le Sam 12 Nov 2011, 22:38

J'ai oublié de citer Paracelse, pauvre de moi :

"Toutes les choses sont poison, et rien n'est sans poison ; seule la dose fait qu'une chose n'est pas un poison."


Voilà qui est corrigé.

Cordialement,

LeMat

LeMat

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