Voie du cinabre

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Voie du cinabre

Message  Myriam le Sam 12 Avr 2008, 15:52

Bonjour à tous,

Lorsqu’on parle de la voie du cinabre, on ne peut s’empêcher d’évoquer Roger Caro, un des plus grands Alchimistes de notre temps, qui a réalisé le Grand Oeuvre dans trois voies soit : Humide, Sèche et Sacerdotale.

● La voie Humide ou longue est la plus connue car elle est la plus décrite avec un maximum de détails par les alchimistes du passé. Elle est relativement plus facile, moins toxique et surtout moins dangereuse pour la réalisation du Grand Œuvre.
● La voie Sèche est moins connue que la précédente quoique plus rapide. Les Alchimistes se servent de leur Sel qui n’a pas été altéré par l’humidité de l’air. Il est donc plus actif, cuit la matière plus vivement et peut faire éclater le ballon tant la chaleur qui s’en dégage est puissante.
● La voie Sacerdotale est non réalisable par un homme qui n’est pas l’Elu de Dieu. Il est devenu « Fils de Dieu » par l’épuration de son Moi et est donc apte à reproduire l’Œuvre du Créateur divin. Il a recréé dans son ballon ce que Dieu a créé lors de la Genèse. Sa pratique est celle de la voie sèche, mais tout se fait tout seul, d’une manière chronologique et sans manipulation sauf pour couper la tête au corbeau (soit ôter la partie supérieure qui est dans le ballon).

La voie du cinabre permet de pouvoir pratiquer aussi bien la voie humide que sèche sans utilisation de four ni de creusets. La voie sèche diffère de la voie humide seulement au départ. Le sel utilisé sous sa forme solide est beaucoup plus énergétique et permet de raccourcir d’environ un tiers le déroulement de Solve (seconde phase du Grand Oeuvre). La réaction étant plus vive, elle est déconseillée à l’étudiant de l’Art car à part un gain de temps, elle n’apporte rien de plus que la voie humide. Selon la Tradition primordiale, il ne faut qu’un seul ballon, une seule Minière (rien d’étranger à sa nature ne doit lui être ajouté) et un seul feu. Le feu nécessaire à toute l’oeuvre sera toujours le Feu Secret soit celui manifesté par le Sel des Sages. La Véritable Alchimie doit permettre au chercheur sincère, même s’il est isolé de toute civilisation, de pratiquer la recherche du Grand Œuvre avec les moyens dont il dispose sans tous ces accessoires sophistiqués et coûteux que l’on trouve dans les commerces spécialisés.

Dans la voie du cinabre, on distingue :

● Première phase du Grand Œuvre : la préparation qui consiste à broyer des blocs de Materia Prima dans un mortier et à mettre cette matière pilée avec de l’eau philosophale dans l’athanor, en appliquant le cinquième feu.
● Deuxième phase du Grand Œuvre : Solve qui comprend 2 stades soit la putréfaction et la végétation et durant laquelle apparaît la couleur noire.
● Troisième phase du Grand Œuvre : Coagula qui contient trois degrés de feu durant lesquels apparaissent les couleurs blanche, orangée et rouge. C’est à la fin de ce stade qu’apparaît la première Pierre au rouge. Toutefois pour que cette Pierre ait quelques vertus notables, il lui faudra passer par :
● Quatrième phase du Grand Œuvre : Multiplication qui est la dernière phase du Magistère. Elle consiste à épurer davantage la matière en considérant la granulation (fin de Coagula), exactement comme s’il s’agissait de la minière primitive. A noter que, plus on réitère le nombre de multiplications, plus on augmente la force de la poudre de projection et le temps de fabrication se trouve de plus en plus réduit.

La plupart des informations de la voie du cinabre sont issues du Dictionnaire de Philosophie Alchimique par Kamala-jnana (pseudonyme de Roger Caro) – Edition Georges Charlet – Argentière 1961)

L’Alchimie est une Science divine et existe depuis l’aube de l’humanité. Elle est donc dépositaire de la Connaissance et de la Vérité.
Roger Caro précise que l’Enseignement des Frères Aînés de la Rose + Croix qui se transmet depuis des siècles est la philosophie alchimique, sainte Science apprise par les Templiers du temps de Saladin. Il est bon de préciser que les F.A.R+C ne sont pas les continuateurs des Templiers ; mais les Membres fondateurs étaient néanmoins d’anciens de cette milice dissoute, ils possédaient l’Enseignement occulte mais leur règle et leur unique mission séculaire n’ont rien de commun avec l’Ordre du Temple. Les frères Aînés de la R.+C. ne sont ni moines, ni soldats.

Beaucoup interprètent mal le terme Alchimie et le traduisent automatiquement par transmutation. C’est pourquoi nous voyons régner tant de confusion. La véritable Alchimie a deux critères immuables qui la font reconnaître :
1° Le processus chronologique opératoire DOIT expliquer Toute VERITE, qu’elle soit humaine, cosmique, religieuse ou métaphysique.
2° Elle part d’UNE minière contenant TROIS corps et se parfait seule sans RIEN lui ajouter d’étranger.

S’il en était autrement et si le Grand Œuvre signifiait uniquement transmutation, nos chimistes actuels seraient tous des Alchimistes ce qu’ils ne sont pas. (Légenda des Frères Aînés de la Rose + Croix – Editions Roger Caro – Saint-Cyr-sur Mer – 1970)

Evidemment, celui qui n’a pas réalisé le G. Œ. ne connaît pas la Materia Prima. Seul Dieu ou un Adepte de l’Art peut nous la dévoiler, à condition que notre Esprit soit libéré de toutes les impuretés de nos actes et de nos pensées malveillantes. En effet, il ne faut pas oublier l’influence de l’Esprit de l’observateur (ici l’alchimiste) sur la matière. La Materia Prima a une fréquence harmonique propre suivant sa pureté alchimique à laquelle vient se superposer la propre vibration de l’opérateur. Si toutes ses vibrations sont harmoniques, il y a alors résonance, une réaction énergétique se produit et permet de dégager cette énergie divine universelle contenue dans la Pierre philosophale. Comme nous dit Paracelse :
Nul ne peut transmuter s'il ne s'est transmuté lui-même.

Et Philalèthe confirme cette affirmation en faisant dire à la Pierre dans son dialogue avec l’alchimiste :
Sois pur toi qui veut purifier la matière.

En effet, à quoi bon vouloir purifier la matière sans s’être d’abord purifier soi-même ! Tout un programme... Je n’en suis pas là, malheureusement. L’Alchimie est une philosophie qui se vit chaque jour, qui demande beaucoup de patience, une perpétuelle vigilance, de l’humilité, de la simplicité, de la discrétion et un travail constant sur soi-même. Beaucoup de travail avant même de pouvoir entrer dans le laboratoire, ou, en quelque sorte, avant de s’être rendu digne franchir le portail du Temple.

Bien amicalement.


Dernière édition par Myriam le Ven 30 Mai 2008, 15:45, édité 1 fois

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Re: Voie du cinabre

Message  Myriam le Ven 30 Mai 2008, 15:38

Bonjour à tous,

La majorité des chercheurs dans l'Art vont acheter leur cinabre dans le commerce. Ce cinabre provient souvent d’Espagne notamment d’Almaden, ou de Monte Amiata en Italie, d’Abbadia, de San Salvatore ou même d’Idria en Yougoslavie etc... Le cinabre se forme au voisinage des sources chaudes ou dans des laves liées à une activité volcanique. (source : Guide pratique "Roches et Minéraux", collectif, collection Nature Poche, éd. Gründ).
Or, pourtant, un auteur écrit noir sur blanc que le soufre et le mercure qui sont extraits de ce minerai de sulfure de mercure sont des corps MORTS, tués par le feu qui a servi à les séparer de leur gangue. Certains Philosophes comme Hermès l'ont cité en tant que MATERIA PRIMA, mais il ne faut l'entendre que comme objet de comparaison, la minière des Sages ne se traitant pas de la même façon; analogue mais non pareil, semblable mais non identique. (source : Dictionnaire de Philosophie Alchimique par Kamala-Jnana (Roger Caro)- Edition Georges Charlet - 1961)

Donc, le cinabre minéral est une allégorie.

Bien amicalement.

Myriam

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Re: Voie du cinabre

Message  Henri Schersch le Jeu 24 Juil 2008, 10:53

Bonjour.
Si la voie de Roger Caro est dite 'voie du cinabre' et que le cinabre est un sulfure naturel de mercure (donc à la fois sel, soufre et mercure) qui paraît logique comme materia prima, pourquoi Caro préconise-t-il de commencer par du KOH ?

Henri Schersch

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Re: Voie du cinabre

Message  Garfield le Ven 25 Juil 2008, 13:26

Le KOH soit la potasse caustique est un sel. On ne peut commencer le Grand Oeuvre sans avoir préalablement préparé son sel, soit le sel philosophique qui est obtenu d’une façon purement chimique. Sa fabrication demande beaucoup de temps, de patience et d'énergie. Ce n’est pas facile d’obtenir les cristaux blancs d’un éclats vitreux qui sont absolument indispensables à l’alchimiste qui veut réussir le Grand Oeuvre.

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Re: Voie du cinabre

Message  Garfield le Lun 10 Nov 2008, 15:17

Je viens de trouver sur un site de naturopathie, un historique du cinabre ou sulfure de mercure employé pour guérir certaines maladies. Ce qui est étonnant, c’est qu’on ne retrouve pas le sulfure de mercure dans la liste des médicaments naturels proposés pour la France contrairement à celle proposée pour d’autres pays.
Toutefois, en alchimie comme le dit Myriam : « le cinabre minéral est une allégorie », mais je trouvais tout de même intéressant de vous le faire découvrir.

Le cinabre, ou sulfure de mercure, de couleur vermillon, était déjà utilisé pour la peinture vers l’an 2000 av. J.-C., à l’âge du bronze, à l’époque prémycénienne. Comme il s’agit là de l’un des rares composés du mercure que l’on trouve dans la nature, son histoire est étroitement liée, à travers les siècles, à celle du vif-argent. Dès le 1er siècle de notre ère, on savait comment extraire le mercure du cinabre. En brûlant le soufre, on obtenait le mercure sous la forme extrêmement toxique de vapeur qui était ensuite condensée pour récupérer le métal pur (HgS + O2 = Hg + SO2 ). Les mineurs et les ouvriers des deux principaux gisements de Sisapo (= Almadén), en Espagne, et d’Idria, en Slovénie, étaient bientôt atteints des symptômes typiques de l’intoxication au mercure, déjà décrits par Dioscoride. On connaissait encore, au début du 20ème siècle, ces symptômes de l’intoxication chronique au mercure comme l’écriture tremblée, révélatrice de lésions du système nerveux, les sinusites purulentes, l’exanthème et la formation d’ulcères de type syphilitique dont souffraient les miroitiers étameurs, les doreurs à chaud et les chapeliers. Le sujet reste d’actualité puisqu’on fabriquait encore récemment des désinfectants au mercure et que certains dentistes utilisent encore aujourd’hui des amalgames au mercure. L’usage du mercure comme remède est pratiquement aussi ancien que les symptômes d’intoxication. Au 9ème siècle, les médecins arabes utilisaient des onguents au mercure contre les affections cutanées de type parasitaire, eczémateux ou lépreux. Les applications de pommades mercurielles («onguent napolitain») étaient déterminantes pour la thérapie de la syphilis, qui commença à se propager en Europe vers 1490, sous le nom de «mal de Naples». Pour les cas récalcitrants, on procédait à des fumigations au cinabre. A cet effet, on plaçait le patient nu dans une sorte de tonneau – avec un peu de chance, sa tête en sortait encore - sous lequel on chauffait sur des braises de 15 à 30 g de cinabre. Ce procédé se répétait de six à neuf fois, jusqu’à ce que le patient commence à saliver et à avoir la diarrhée. On pensait éliminer ainsi du corps le poison vénérien. Ces terribles tortures ont entraîné la mort de nombreux patients dans des conditions pitoyables. Hahnemann fut le premier à franchir le pas entre le poison et le remède en réalisant une préparation spéciale au mercure, «Mercurius solubilis Hahnemanni». Selon la théorie des alchimistes, qui se développa en Egypte à partir du 3ème siècle environ, les métaux et les solides seraient constitués de vif-argent et de soufre. Le vif-argent était considéré comme l’élément volatil et fusible, conférant aux matériaux leur nature métallique, tandis que le soufre les rendrait combustibles. En raison de sa volatilité et de sa rapidité, le vif-argent fut attribué comme symbole à Mercure aux pieds ailés, le messager des dieux. Jusqu’au 18ème siècle, le mercure a eu en alchimie une position clé, comme «mère des sept métaux» et comme principe féminin, le soufre étant considéré comme le principe masculin. Depuis le 13ème siècle, les alchimistes désignaient le vif-argent sous le nom de Mercurius et de nos jours, il a conservé ce nom en homéopathie. Le nom Hydrargyrum vient du grec hydrargyros qui signifie «argent liquide». Les Romains l’appelaient argentum vivum, c’est-à-dire «vif-argent». Le grec kinnabari (cinabre) viendrait de l’arabe apar (poudre rouge), à moins que le mot ne soit d’origine indienne ou persane. Les Romains appelaient le cinabre «minium». Le cinabre était pour les peintres une couleur précieuse, faisant souvent l’objet de falsifications comme par exemple avec un ajout d’oxyde de plomb rouge, le minium que nous connaissons. Le nom de «minium» est ainsi passé du produit véritable à son succédané.

Le sulfure de mercure est un minerai remarquable, d’une belle couleur rouge vermillon, avec diverses nuances. Cette version rouge (cinabre) est constituée de cristaux hexagonaux, mais il existe aussi sous la forme d’une poudre noire, composée de petits cristaux tétraédriques. Le cinabre se dissout très difficilement dans l’eau et sa dissolution se fait très lentement, même dans des acides minéraux concentrés. La formule chimique du minerai est HgS; il a un poids moléculaire de 232,7.

Le cinabre est le minerai de mercure que l’on trouve le plus souvent à l’état naturel, soit pur, soit mélangé à d’autres minerais. Dans la plupart des gisements, le cinabre s’est déposé en période d’activité volcanique, à partir de solutions aqueuses très chaudes. On en trouve surtout à Almadén (Espagne) et à Idria (Slovénie), mais aussi en Italie, au Pérou, en Californie, au Mexique, au Japon et en Russie. Toutefois, la majeure partie du cinabre que l’on emploie résulte de la production artificielle, à partir de mercure et de soufre, selon diverses méthodes.

On utilise au laboratoire une trituration homéopathique de Hydrargyrum sulfuratum rubrum obtenu à partir de minéral naturel de cinabre contenant au moins 90% de HgS.

Sources:http://www.avogel.ch/fr/encyclopaedie-plantes/cinnabaris.php

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Re: Voie du cinabre

Message  Calcédoine le Lun 10 Nov 2008, 19:18

Bonjour Garfield,

Instructif, ton post. Et pas du tout hors sujet, loin de là !
Deux informations ont particulièrement attiré mon attention.

D’abord, cette dénomination de vif-argent (argent vivant !), qui est encore un nom symbolique qui interpelle, puisque la démarche alchimique consiste précisément à faire s’exprimer la Vie hors de la gangue de matérialité présente en toute particule en ce monde.

Ensuite, ce texte met bien en évidence le risque de toxicité des vapeurs de mercure, et les lésions cérébrales qui en découlent. Ne dit-on pas d’ailleurs que plusieurs laborants opératifs sont devenus fous en prenant au pied de la lettre certains textes, et en utilisant des composés chimiques mercuriels, sans avoir auparavant correctement perçu la signification que ce terme avait pour les Alchimistes ? Il n’y a qu’à observer certains forums sur la toile pour constater que cette problématique est encore très présente à l’époque actuelle.

Mais, dans cette « folie », je vois surtout une analogie patente avec une carte du tarot : la lame XXII, le Mat (à comparer à l’anglais the mad, le fou), cette lame « errante » dans le jeu, puisque comme un joker (joker = farceur), on lui donne parfois la valeur zéro, la plaçant ainsi avant la lame I (Le Bateleur), pour qu’elle représente le laborant en chemin depuis le tout début de l’œuvre jusqu’à la fin, passant par chacune des lames représentant les phases du Grand-Œuvre, ou bien en soulignant la ressemblance entre les fonctions du Bateleur (jongleur, prestidigitateur de foire, magicien, un peu saltimbanque) et le Mat, le fou du Roi, qui sous des dehors d’amuseur de Cour est le seul à pouvoir exprimer certaines vérités.
Ce sujet mériterait bien un développement entier dans la section consacrée au tarot. Si je trouve un peu de temps, je pourrais peut-être m’y atteler.

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Re: Voie du cinabre

Message  Myriam le Mer 19 Nov 2008, 12:02

Bonjour à tous,

Il ne faut pas confondre argent-vif et vif-argent nous dit Kamala-Jnana (Roger Caro) dans son Dictionnaire de Philosophie Alchimique (Edition Georges Charlet – 1961) car leurs significations sont très différentes.

Contrairement au mercure vulgaire, qui est dénommé vif-argent (quoique tué par le feu), l’argent-vif est le mercure teingeant, parce qu’il transmet la vie à la Pierre. Le vif-argent n’est qu’un mercure vulgaire, tandis que l’argent-vif représente la quintessence des 3 corps : sel, soufre mercure des Philosophes. Il y a un abîme entre les deux significations.
Bien amicalement.

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Re: Voie du cinabre

Message  Sherlock le Mer 19 Nov 2008, 21:17

Argent-vif ? Vif-argent ?
Hahum...

Bonsoir Myriam.

Vif-argent est un des anciens noms du mercure. Du mercure « vulgaire », comme on dit dans le petit monde des fans d’alchimie. Vif-argent, probablement parce que la couleur du mercure est d’un gris métallique brillant semblable à celui de l’argent, et parce que ce métal est liquide à température ambiante, comme vivant. A moins que ce soit parce que les archimistes/préchimistes/alchimistes des temps anciens, par-delà le mercure vulgaire, faisaient allusions à certaines propriétés associées à ce corps, à tort ou à raison ; propriétés avérées, ou propriétés supposées, ou propriétés attribuées par analogie. Je pense en particulier à ce caractère de « vif », « vivant ».

Il me semble que les alchimistes ont eu de bonnes raisons de nommer leur mercure « vif-argent », par rapport à leur façon d’alors de concevoir les relations entre les matières chimiques. Et c’est précisément cet aspect « vivant » qui a été mis nettement en avant.

Maintenant, tu nous dit que Kamala-Jnana niait que le vif-argent fut vivant (parce que « tué » par le feu), et qu’il fallait appeler « argent-vif » le mercure teignant qui transmet la vie à la pierre.

N’est-ce pas là une façon de chicaner ? Pour qui connaît la musique, vif-argent et argent-vif, n’est-ce pas comme Schubert et Berchoux ? A la nuance près qu’avec les siècles, un glissement de sens s’est produit, et ce qu’on nommait auparavant vif-argent parce que « vivant » est devenu, avec les temps, tellement synonyme du mercure vulgaire que plus personne ne percevait en quoi ce mercure vulgaire pouvait être vivant, d’où le souhait légitime de marquer la différence en créant ce néologisme d’argent-vif.

Je vois là un exemple typique d’un mot qui a changé de sens au cours du temps, d’où l’éternel problème de compréhension des chercheurs qui surfent d’un auteur à l’autre, d’une époque à l’autre. Que ceux qui se sentent plus d’affinités avec un auteur ancien s’en tiennent à cet auteur, et que ceux qui se sentent plus à l’aise dans les ouvrages de Caro se tiennent à Caro. Mélanger les sources, c’est prendre le risque de s’emmêler les pinceaux. Le cas le plus flagrant ces temps-ci est la confusion récurrente entre le cinabre allégorique de Kamala-Jnana et le minerai de sulfure de mercure, et aussi la confusion entre Feu et feu.

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Re: Voie du cinabre

Message  arcana le Mer 19 Nov 2008, 21:53

Bonsoir,

L'usage du mercure métallique vulgaire mérite d'être mentionné en tant que capteur et support d'un feu salin et sulfureux.

Flamel et sa voie du Mercure animé est sans doute celui qui a le plus valorisé cette pratique de l'Hydrargyre vulgaire. Certes Limojon de St-Didier s'est amusé de l'emploi du mercure vulgaire et il l'a tourné en ridicule dans son très célèbre "triomphe hermétique".

Mais peut-être est-il bon de lire ou relire "Le Bréviaire de Flamel" éventuellement annoté et commenté par Molinier qui offre au lecteur un éclairage honnête des principes généraux du travail opératoire.

Le mercure ordinaire possède en effet la singulière propriété d'absorber, de "photographier" le feu séminal des métaux au point de s'en trouver modifié et de devenir identique au dissolvant ...

Sans être grand astrologue, je reconnais là les attributs des signes d'air et en particulier d'une de leur planète maîtresse, Mercure .

Bonne soirée,

arcana

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Re: Voie du cinabre

Message  Laposse le Ven 21 Nov 2008, 22:39

Bonsoir la compagnie !

Ici au dessus arcana écrivait
Mais peut-être est-il bon de lire ou relire "Le Bréviaire de Flamel" éventuellement annoté et commenté par Molinier qui offre au lecteur un éclairage honnête des principes généraux du travail opératoire.
Possible mais pas sûr. Plus j'essaie de relire ce texte attribué à Flamel, plus je trouve que c'est du charabia. Choqué !
Pour moi, ce truc est illisible. Scratch Je ne dis pas que ça ne peut pas faire frémir de plaisir certains, mais moi c'est vraiment pas ma tasse de thé. L'alchimie oui, mais pas ÇA ! Et je ne jurerais pas que les annotations ne sont pas destinées à embrouiller plutôt qu'à aider.
Bon. Soit ! Admettons que là n'est pas ma voie. C'est normal, il en faut pour tous les goûts; chacun son chemin.

Mais même, j'ai quand même retenu de mes tentatives de décodage que ce texte servait à expliquer la multiplication par la poudre de projection, donc on est là en toute fin de l'oeuvre. Il n'y aurait pas des textes qui expliqueraient plutôt comment commencer ?
Tête au mur

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Re: Voie du cinabre

Message  Trinity le Sam 22 Nov 2008, 08:25

Pour Laposse : je suis d’accord sur le caractère Tête au mur du texte flamellien, mais pas sur les commentaires qui sont bien là pour éclairer. Comme tu dis, chacun sa Voie. Ce qui parle aux uns ne parle pas aux autres et vice versa. C’est pourquoi il y a tant de voies. A chacun de trouver celle qui lui est la plus adéquate.

Pour arcana : il me semble effectivement avoir lu – je ne sais plus où – que le mercure vulgaire était utilisé comme substrat pour multiplier de l’or à l’aide de la poudre de projection, grâce à cette propriété mimétique du mercure.

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Re: Voie du cinabre

Message  boscanio le Mar 25 Nov 2008, 13:43

Vif-argent, probablement parce que la couleur du mercure est d’un gris métallique brillant semblable à celui de l’argent, et parce que ce métal est liquide à température ambiante, comme vivant. A moins que ce soit parce que les archimistes/préchimistes/alchimistes des temps anciens, par-delà le mercure vulgaire, faisaient allusions à certaines propriétés associées à ce corps, à tort ou à raison ; propriétés avérées, ou propriétés supposées, ou propriétés attribuées par analogie. Je pense en particulier à ce caractère de « vif », « vivant ».

Il me semble que les alchimistes ont eu de bonnes raisons de nommer leur mercure « vif-argent », par rapport à leur façon d’alors de concevoir les relations entre les matières chimiques. Et c’est précisément cet aspect « vivant » qui a été mis nettement en avant.

Bonjour sherlock,

le probème avec le mercure (le vif argent) ou comme l'antimoine (un des plus cités après le mercure) c'est que l'on cherche toujours la symbolique alchimique à travers la chimie alors que les hermetistes utilisaient d'autres sciences. Par exemple l'astrologie ou la Kabbale (sans parler de l'art magna, la magie, l'occultisme..) qu'ils maîtrisaient parfaitement.
Par exemple, personne ne s'étonne de ce rapport entre le mercure et la lune des philosophes, deux noms pour une seule et même chose. Ce que les uns nomment mercure est nommé par les autres (voir par les même dans d'autres passages de leur écris) lune ou mère des métaux; de la même manière que le soufre est nommé soleil ou or philosophique.

lorsque l'on connait le rapport des astres et des métaux (ce qui est vraiment un minimum en alchimie) on voit donc que l'argent se rapporte à la Lune et le vif argent à Mercure, ce qui chimiquement n'a rien à voir.
Et pourtant le lien est systematique dans les écris des philosophes. Le mercure en tant que mère des métaux fait bien office de lune dans le grand oeuvre puique celle ci est aussi ainsi définie (à savoir le mercure alchimique et la lune des philosophes sont tout deux la mère des métaux).
Plus encore, si l 'on tient compte de la kabbale (que les alchimistes maîtrisaient parfaitement sans pour autant la mentionner directement) on s'apercevra dans l'arbre séphiortique (arbre de vie) que la spère ou séphira Iesod (dont Fulcanelli décrypte la signification "le fondement" pour définir le mercure alchimique) est attribuée à la lune. que cette séphira sous l'égide de l'archange Gabriel (archange lunaire qui préside aux naissance ou à la nativité) porte un des dix nom de Dieu, "Chadaï El Haï" signifiant:"Dieu tres Vivant". J'ajouterai à titre d'indication, que les entitées habitant cette séphira lunaire sont les anges dont le nom signifie: messagers attribue d'Hermes ou mercure (le messager des dieux).
il est interressant de noter que cet arbre a une correspondance avec le corps humain (tout comme le zodiaque) et que cette correspondance attribue Iesod aux organes génitaux parceque justement c'est là que ce créé (physiquement) ou se perpetue la Vie (on comprend alors pourquoi l'archange lunaire Gabriel est justement lié à la "visitation" (hum hum) et à la nativité).

voilà toute la pierre d'angle de notre si mysterieux mercure et de son rapport avec la lune, à un tel point qu'il est autant représenté par le serpent que par le croissant lunaire. Même le mercure philosophique est nommé Lune philosophique, la seule chose qui différencie ce mercure commun ou universel du mercure chimique ou de l'argent (sous l'égide astrologique de la lune) est justement ce qualificatif de Vivant !
Il est interressant de remarquer que le mercure philosophique ou "mercure double" est représenté par la vierge ailée (la femme aux ailes du grand aigle de l'Apocalypse) avec une lune ou un serpent sous l'un de ses pieds (l'une et l'autre ayant la même signification).

Vous pourrez bien chercher ce mercure dans toute sorte de métaux ou matériaux, contrairement à la chimie, l'Alchimie travaille avec la vie, c'est pourquoi l'argent Vif est tellement mis en honneur dans les écris hermetiques, parceque ce métal par son nom et sa signification ésotéque est un support permettant de désigner le sujet principal de l'oeuvre: LA VIE
"Les corps n'ont point d'action sur les corps, seul les esprits sont agissants!"

Maintenant pour en revenir au mercure astrologique (qui est représenté par la séphira Hod sur l'arbre séphirotique) celui ci possède toute les qualité de la lune (et par extension de l'eau, de la mer ...) sur le plan aerien (mental) ne serait ce que par sa fluidité et sa mobilité. si l'on prend l'un des noms attribué au mercure (à savoir le fou du grand oeuvre) celui ci tire son nom (selon fulcanelli) de Fol, Follis signifiant soufflet.
or le mot soufflet se rapporte au souffle dont le nom spiritus nous a donner le mot "Esprit" (le corps n'ont point d'action sur les corps seul les esprits sont agissants).
Notre mercure est un esprit invisible et insaisissable qui pourtant se manifeste par la vie, ou ses effets sur la vie de la même manière que le vent invisible se manifeste à notre vue par ses effets sur le mouvement des arbres ou des nuages. En cela se retrouve ce très étrange lien entre , entre le mercure et la lune entre le vif argent e l'argent entre l'esprit et la vie qui ne font radicalement qu'un, l'un manifestant les qualitées invisibles de l'autre.

voilà, excusez moi encore pour la longueure de ces posts mais je passe de plus en plus rarement au cyber, aussi au vu de tout ce qui a été écris il m'est difficilement difficile de faire autrement.
Cela dit que ce soit l'esprit ou la vie il faut bien un support materiel (ne serait ce que l'air pour le vent) pour les manifester ici bas; aussi pense je que le mercure, cynabre ou autre metalloïdes n'ont rien à voir (sinon il ne serait pas aussi souvent directement mentionné) et que la matière peut être plus clairement définie à travers la signification kabbalistique mentionnée ci dessus.
Ce n'est qu'un avis de ma part, qui en tout cas en voie interne porte des fruits.

boscanio

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Voie du cinabre

Message  arcana le Mar 25 Nov 2008, 14:43

Bonjour,

J'ai lu boscanio ton post avec beaucoup d'intérêt , j'ajoute juste un complément d'informations visuelles sur le mercure vulgaire.

En alchimie métallique et en particulier dans la voie du cinabre , il est aisément vérifiable que lorsque nous versons un peu de mercure dans un ballon celui-ci épouse la forme du cul du réceptable et se présente alors sous nos yeux émerveillés en forme de quartier lunaire très caractéristique...

De même, le soufre minéral s'approprie les caractéristiques du soleil toujours dans le ballon (éclat,chaleur, rougeur...).

Dans ces conditions , nous pouvons supputer que ce sont peut-être les aspects visuels qui ont été valorisés par une relation analogique avec les descriptions des astres connus à cette époque. De même, cette classification fut peut-être le signe d'une volonté partagée d'harmoniser les connaissances autour de ces expérimentations.

Sommes-nous dans une pré-chimie ? Je le crois, d'autant plus que cette classification fonctionna durant des siècles avant d'être supplantée par la chimie.

Enfin dans le domaine de l'alchimie métallique, il n'y a lieu d'opposer les fondamentaux de l'alchimie à la chimie mais ceci reste un avis personnel...

Cordialement,

arcana

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Re: Voie du cinabre

Message  Calcédoine le Mar 25 Nov 2008, 21:12

Bonjour à tous !

En complément des messages postés ci-dessus, voici quelques liens et renvois éventuellement utiles.

Like a Star @ heaven Le Mercure est également traité, entre autres, ici, comme sujet principal :

Like a Star @ heaven Un tableau de comparaison entre les métaux et les planètes, inspiré des 7 régimes de Philalèthe commentés par Fulcanelli, est visible sur notre blog :

Ce tableau est discutable, car certaines correspondances sont approximatives ou incomplètes.

Like a Star @ heaven La distinction entre alchimie et chimie est ébauchée ici :

Like a Star @ heaven Les aspects liés à la kabbale ne sont malheureusement pas encore développés sur ce forum.

En vous priant de m'excuser pour cette parenthèse récapitulative, je vous invite à poursuivre ci-dessous la discussion sur la Voie du cinabre.

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voie du cinabre

Message  arcana le Mar 25 Nov 2008, 21:50

Bonsoir,

Pour prolonger cette classification, je m'interroge aussi sur le graphisme qui prévaut dans la représentation de chaque planète.

Un cercle, une croix et un croissant sont les seuls éléments retenus par nos Anciens pour nous les transmettre visuellement.

Le cercle=soleil, la croix pour l'alchimiste s'identifie au creuset ou au sel quant au croissant il se réfère au cycle de la lunaison.

Toutes nos planètes et pas seulement notre septénaire sont construites soit avec un croissant lunaire et une croix ou un cercle solaire et une croix...bien entendu et cela confirme la qualité androgyne du mercure celui-ci est représenté avec les trois éléments, une croix surmonté d'un disque solaire couronné d'un croissant lunaire. Le mercure n'est pas sans évoqué pour ma part le bateleur du Tarot et son identification au premier élément de Mendeliev...

A partir de cette représentation construite avec ces trois éléments, nous pouvons tenter de réflechir, me semble-t-il, sur le sens du symbole associé à chaque planète, héritier à n'en point douter d'une profonde sagesse reculée.

Toujours dans le cadre d'une alchimie métallique, des voies opératives se sont construites autour d"un mercure philosophique composé de métaux blancs ou lunaires ou féminins (jupiter,saturne et lune) et autour d'un soufre philosophique composé quant à lui de métaux rouges ou solaires ou masculins (soleil, vénus et mars).

Cette approche simple de premier abord révèle de nombreuses contradictions après étude ...pourquoi par exemple , vénus appartient-elle aux métaux qualifiés de masculins...idée à contre courant de l'opinion communément acquise ...faut-il revoir notre sémantique , etc ...

Chose qui mérite aussi réflexion, cette voie des métaux solaires et lunaires illustrent deux triangles séparés par le fléau de la balance ou le mercure...

Bonne soirée,

arcana

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Re: Voie du cinabre

Message  Calcédoine le Mar 25 Nov 2008, 21:59

Ah oui, arcana. En effet, cette réflexion est interpellante. Elle mériterait un débat dans un fil séparé, distinct de la présente Voie du cinabre (pour créer un nouveau fil, cliquer sur le bouton orange et bleu "nouveau"). Et peut-être même plusieurs nouveaux fils distincts.

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voie du cinabre

Message  arcana le Mar 25 Nov 2008, 22:08

Bonsoir Calcédoine,

Ce que j'essaie d'expliquer, sans doute avec maladresse, est que la voie du cinabre est celle d'un soufre et d'un mercure.

Ceux-ci sont peut-être un soufre philosophique et un mercure philosophique construits ou obtenus avec des matières physiques ou symboliques appartenant à d'autres éléments que ceux communément acquis par les tenants de cette voie.

Toute démarche alchimique est la voie du cinabre ou celle d'un soufre et d'un mercure.

Cordialement,

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Re: Voie du cinabre

Message  Montaléchel le Mer 26 Nov 2008, 21:45

Voilà des propos pleins de bon sens, arcana ! Daccord

Bien sûr que la voie du cinabre est symboliquement celle d’un soufre et d’un mercure ! Symboliquement, c'est même un sel associant soufre et mercure ! A ma connaissance, la figure emblématique de la voie du cinabre, c’est Roger Caro, et à ma connaissance toujours, lui n’a jamais dit qu’il fallait prendre du minerai de cinabre matériel pour débuter le grand oeuvre contrairement à ce qu’essaient de faire croire quelques faux disciples qui, sur internet, prétendent l’avoir connu. Je crois plutôt avoir lu qu’il insistait plutôt sur le KOH. Et encore, c’est peut-être là encore une image allégorique.

Ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et vont réellement acheter des blocs de sulfure de mercure HgS pour les broyer, les fondre, et espérer faire de l'alchimie avec ça risquent de pétriner encore longtemps dans la panade ! Et je suppose que pour acquérir le Feu secret, ils envisagent de dérober une chaudière de la DGSE ? Yeux au ciel Désolé

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Re: Voie du cinabre

Message  Laposse le Jeu 27 Nov 2008, 14:41

Montaléchel, ton post m’inspires une façon bien comique de faire de l’alchimie ! Clin d'oeil

Prenez 200g de cinabre bien frais, si possible bio.
Faites-le fondre à feux doux durant un petit mois philosophique (thermostat 3).
Filtrez les terrestréités ; ajoutez un peu de plomb dans votre cervelle, et laissez refroidir.
Passez à l’oratoire, et vous orez ensuite un substrat bien coagulé.
Dans l’intimité occulte de votre laboratoire, remettez fondre votre substrat sur une chaudière made in DGSE, et grâce à ce feu secret, laissez bouillonner jusqu’à obtention d’un ménisque flottant sur une liqueur jaune-dorée, et un oxyde de mercure coulé au fond.
Présentez ce résultat à quelques amis, faites quelques photos que vous mettrez en ligne au format JPEG, et obtenez ainsi le statut officiel d’alfumiste.
L’huile obtenue étant sans intérêt, même pour assaisonner une salade, jetez le tout en tenant compte des lois locales concernant l’environnement et le recyclage des déchets.

Tire-langue (2)
Cette voie est finalement assez proche de la Voie du Cynar. Ivre
La recette est imparable : vous n’obtiendrez évidemment pas d’or potable. Désolé
Mais une bonne tranche de rigolade entre potes a, à court terme, le même effet sur la santé qu’un élixir de jouvence !
Bière
Sauf au niveau du foie, malheureusement (voir, dans la section R+C, le fil "6 roses" ) ! Malade

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Re: Voie du cinabre

Message  Trinity le Jeu 27 Nov 2008, 18:01

Laposse, tu m’as bien amusée avec ta « recette » de la fondue au cinabre.
Mais redevenons sérieux. La voie du cinabre n’est pas la seule à piéger les débutants qui viennent avec des concepts de chimie moderne en s’imaginant pouvoir aisément les transposer en Alchimie. C’est même pratiquement une constante dans la plupart des voies. Bien des matières sont indiquées dans les traités d’Alchimie soit comme des « principes », en fonctions de leurs « qualités », soit comme des analogies, pour faire comprendre les principes.

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Re: Voie du cinabre

Message  ORVAL le Mer 14 Jan 2009, 21:37

Bonsoir à tous les intervenants,

A mon humble avis, le cinabre est en réalité le minerais qui porte en son sein le soufre et le mercure à cela, j'ose ajouter un feu secret en insuffisance, puisque la Nature n'a pas de notion de temps, autrement dit, tout est en gestation dans cette pierre en évolution.

Le cinabre, symboliquement, pourrait être notre minière dans son vaisseau en attente de son agent géniteur que nous nommons de différente manière tel que le mercure des philosophes, engrossé par le feu igné issu de l'univers.

Cordialement,

ORVAL.


Dernière édition par ORVAL le Jeu 15 Jan 2009, 20:40, édité 1 fois

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Re: Voie du cinabre

Message  Calcédoine le Jeu 15 Jan 2009, 17:53

Bonjour ORVAL,

J'aime assez ton résumé synthétique : le cinabre, symboliquement, vu comme minière.
Reste à voir à quoi se rattache le symbole.

Je souhaiterais (si j'en ai le temps Yeux au ciel) développer un sujet consacré à la définition du symbole. Car tout symbole est relié à la chose qu'il symbolise, et permet de manipuler celle-ci. Le symbole n'est jamais arbitraire : il est l'outil adéquat qui permet d'agir sur le réel.

Le problème généralement rencontré est l'insuffisante connaissance des lois qui régissent les interactions au sein de la classe de symboles qu'on escompte utiliser. Prenons un exemple pour mieux nous comprendre.

Les chiffres sont des symboles. En base dix, ils sont dix : 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
On peut les associer de différentes manières comme les accoler entre eux pour former des nombres, leur accoler des unités pour exprimer des grandeurs, ou les faire interagir en leur appliquant les lois qui s'appliquent à leur classe : addition, soustraction, multiplication, division, élévation en puissance, racine, dérivation, inversion, rotation, factorisation, mise en matrice, etc. Ces symboles ont un rapport avec la réalité qu'ils représentent, et permettent d'agir sur elle. Ainsi, si une ouvreuse de cinéma sait que la salle contient 23 rangs de 17 sièges, sans être obligée de les compter un par un, elle saura que sa salle contient 23 x 17 = 391 sièges, et si son rouleau de tickets débute au numéro 11274, elle saura qu'elle ne peut pas en vendre au-delà du numéro 11665. Savoir manipuler les symboles, c’est avoir prise sur le réel.

D’où, question : en quoi le symbole du cinabre nous aide-t-il ? A représenter la minière ? Soit ! C’est même certain. Mais la minière est aussi un symbole ! Alors, quid ?

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Re: Voie du cinabre

Message  ORVAL le Jeu 15 Jan 2009, 20:47

Bonsoir Calcédoine,

Je ne suis pas sûre que le terme "symbolique" soit le plus judicieux, toujours est-il, que le cinabre pour l'opératif n'est pas nécessairement le minerais du nom. mais une réunion de ce qui le constitue...

En ce qui concerne le symbole, pour moi il est évolutif avec la perception que l'on s'en fait à différent moment de sa vie.

Voila,
Cordialement,

ORVAL.

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Re: Voie du cinabre

Message  Charly Alverda le Jeu 15 Jan 2009, 21:10

Bonjour

Calcédoine écrit : " tout symbole est relié à la chose qu'il symbolise, et permet de manipuler celle-ci. Le symbole n'est jamais arbitraire : il est l'outil adéquat qui permet d'agir sur le réel."
En effet, c'est la base de toute magie opérative, mais il y a la problématique soulevée par le Message Retrouvé qui énonce : " Ce qui touche l'oeil n'est pas vu " et " Quand le symbole est une réalité, il est impossible de le découvrir sans l'aide de Dieu. L'évidence du mystère aveugle les plus savants." N'oublions pas que la plate pensée humaine est impuissante à résoudre ce qui est de l'ordre de la Révélation : Materia prima et Feu secret.

Cordialement,

C...a

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Re: Voie du cinabre

Message  ORVAL le Jeu 15 Jan 2009, 21:37

Bonsoir à vous Charly,

Je conçois ce que vous venez de nous exposer, le symbole est dans la mouvance de nos perce-ption du jour, seul la "mémoire Uni-vers-elle ...feu secret nous frôle, voir nous pénètre et influence notre conscient.Le recepteur reçoit le tout, encore faut-il qu'il soit réglé avec justesse là est notre état en devenir.

Amicalement,

ORVAL.

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Re: Voie du cinabre

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