La connaissance de soi

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Re: La connaissance de soi

Message  Trinity le Mar 20 Juil 2010, 22:10

Bertrand a écrit:édition : je suis désolé je réponds encore une fois à côté de la plaque du fil de discussion initial... à déplacer ou effacer donc !
Pas nécessairement, Bertrand : les courts hors-sujets ne nécessitant pas un développement spécifique dans un autre fil qui leur serait spécialement dédiés sont parfaitement tolérables, du moment qu'on en revient rapidement au fil principal.
Je pense que c'est le cas ici.
Par contre, si un hors-sujet s'avérait mériter de nouveaux développements, ne pas hésiter à créer un nouveau fil, éventuellement dans une autre section.
Par exemple, on pourrait expliquer (ailleurs, donc) ce qu'est un générateur d'épicycloïdes , parce que, pour ma part... Interloqué (1) Scratch

Mais revenons-en donc ci-dessous à "La Connaissance de Soi".


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Re: La connaissance de soi

Message  Logos le Mar 20 Juil 2010, 22:37

Alors je glisse 2 doublets de Cattiaux sur le thème...

17. Celui qui peut se connaître et s'amender devient facilement maître de soi-même et du monde.

17'. Il n'y a qu'un petit nombre d'hommes capables d'apprécier l'obscure origine du ciel et de la terre.

18. La connaissance de soi-même permet de supporter tous les jugements et tous les abandons en silence.

18'. Celui qui se lèvera à la fin des temps commandera au ciel et à la terre, et tous lui obéiront comme le coeur se soumet à l'amour.

... pour Trinity : une épicycloïde c'est par exemple la figure que décrit la valve d'une roue de vélo (dans le référentiel terrestre)

http://www.youtube.com/watch?v=jhW0GE95fMI
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Re: La connaissance de soi

Message  Charly Alverda le Mer 25 Aoû 2010, 10:02

Bonjour

Maître Aliboron me fournit un support de réflexion pour une présentation de l’éveil, en voici une (petite) synthèse tirée des meilleurs auteurs. Je le cite :

“ Quid de notre «personnalité" DANS l’éveil prolongé, et pas seulement en son vestibule oû domine l’extinction, la dissolution du gros de nos modes d’être antérieurs ? “

Il y a - selon des éveillés de l’advaïta et quelques autres - éveil... ou non, jamais “ d’éveil prolongé “. La personnalité est habituellement conscience de quelque chose, un “beau” jour la conscience sans objet SE libère de la personnalité. Cette conscience sans objet, notre vraie nature, est la source de tous les “états” de conscience dont certains peuvent être suffisamment “distendus” pour donner une illusion de libération. Mais ce n’est qu’un avant-goût (une sensation) donc soumis au temps, mortel parce que né. cela se produit chaque fois que nous amenons l’un des sens au-delà de lui-même à l’occasion d’expériences de : drogue, méditation intensive, danger intense, sentiment amoureux extrême, escalade de haute(s) montagne(s)...

L’éveil se produit, une fois pour toutes, quand est brisée la tyrannie du “singe ivre” par l’absence d’identification aux données des sens, alors notre vraie nature, la pure conscience sans objet, s’est rappelée à nous, dissolvant ce “nous”. La personnalité peut continuer de s’agiter sur la scène, la conscience devenue sans objet (êtreté) est tombée de la scène et demeure témoin. La nature de cette conscience étant amour, intelligence, lumière... fait que désormais toutes les actions de l’éveillé sont en pure harmonie avec la situation émergente.

CITATION :
“ Quid des «choses", de tout le créé perceptible par rapport à l’Océan des Mystères (qualificatif parmi d’autres) ? Est-il pure illusion ? Mauvais ? Chuté ? Etc...”

Roger Godel a parfaitement répondu à cette question dans son ouvrage : “ Un compagnon de Socrate, Dialogues sur l’expérience libératrice ”. Nous sommes l’océan-source de la production de toutes les métamorphoses, vagues de la phénoménalité.

Cattiaux, l’hermétiste, qui utilise le concept de dieu en ce sens : “ " Lui, le feu secret qui suscite les Univers, qui les entretient, et qui les consume. " présente ainsi ces “choses” :

“ Les choses créées sont irréelles par rapport à Dieu, mais elles sont réelles entre elles, pendant le temps de leur apparition. “

“ Le monde actuel n'est ni réel, ni irréel, ni bon, ni mauvais.
Il est formé par une portion de la lumière divine fractionnée à l'infini dans les ténèbres du non-être.”

“ Dieu subsiste éternellement au-dedans et au-dehors, sans pourquoi ni comment. Tel est le mystère de l'éternité. “

L’ésotérisme chrétien à cette vision parallèle :

" Rien n'existe réellement que ce qui a l'existence en soi et par soi. Or, l'esprit seul est cet être en soi, aséité qui constitue la personnalité.
Tout ce qui n'a pas la vie en soi et par soi " n'a de l'être que I'apparence (57) ", et est ainsi sans personnalité. Voilà pourquoi le monde impersonnel des corps n'est que simple phénomène, pure apparence, selon qu'il est écrit qu'il n'est que " l'inanité, le néant et le vide (58)

"J'al regardé la terre, dit le Prophète, et je n'y ai trouvé qu'un vide et un néant (59) ".

"Voici, vous êtes le néant, et votre oeuvre le non-être (60) ".

L'Esprit infini ou Dieu est seul l'être en soi et par soi, selon qu'il est écrit : " Je suis Celui qui Suis " (61) et Il est ainsi l'unique personnalité absolue.

Sera-t-il infécond ? "Moi, qui fais enfanter les autres, n'enfanterai-je point aussi moi-même, dit le Seigneur ? Mol, qui donne aux autres la fécondité, demeurerai-je stérile, dit le Seigneur, votre Dieu ? (62)
" Non, "parce que l'Esprit du Seigneur remplit tous les mondes, et comme il contient tout, il a la science de la parole (63) ". Et cette parole est la création d'êtres vivants comme lui.
" Étant lui-même le Tout-Etre (64), il conçoit en lui tous les esprits (65) ". Mais, parce que l'esprit est l'être en soi et par soi, l'homme ne peut acquérir en l'Esprit pur sa personnalité relative que par son oeuvre propre, et en passant ainsi d'abord par une forme apparente qui, sans être lui ni rien de lui, serve comme de médium et de matrice à la formation de sa personnalité par elle-même.

Tel est l'ineffable et sublime mystère de la création conçue par I'Esprit divin (66) ".

Fragile et passagère enveloppe de la personnalité humaine qui se forme, langes débiles de son berceau, le corps est le simulacre et le moule où Dieu jette en fusion l'esprit, pour qu'il s'y personnalise par son action elle-même, comme l'or qui, versé bouillant dans le creuset, y prendrait l'empreinte divine par sa propre énergie.

Ainsi, fils de lui-même et formé en l'Esprit pur par sa propre action, " l'homme est créé immortel et fait à l'image de la ressemblance de Dieu (67) ".

Scène fugitive des apparences, ou espèces sensibles, cet univers n'est donc que le réceptacle vide où s'opèrent, au sein des formes qui meurent, la conception et l'enfantement de notre personnalité immortelle. C'est l'immense officine où s'élabore, à travers le fantôme passager des corps, la création de la personnalité éternelle des esprits purs.

Et c'est là le mystère du sacrifice universel, transsubstantiation eucharistique de la création sensible en création spirituelle, de l'homme en Christ, commune-union de la personnalité humaine et de la personnalité divine.

Comme la plante qui ne se forme qu'en sortant de la graine, sa périssable enveloppe, la personnalité humaine, semée dans la corruption, l'abjection et l'infirmité, se relève dans l'incorruption, la gloire et la Puissance.
Semée homme terrestre et dans l'animalité, se relève homme terrestre et pur esprit (68) .

" Parce que ni la chair, ni le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu (69) ", et que le Christ Lui-même a dit :

Ils seront comme les anges dans le ciel (70). Ils sont semblables aux anges (71) ".

Or, les anges étant de purs esprits, les hommes, égaux et semblables à eux, seront donc et sont aussi déjà de purs esprits.”

57 : Thomas à Campis, Sermons, 6
58 : Genèse 1 : 2 -Sag 11 :18 - Isaie 34 : 2, 40 : 17 : et 22 - Job 26 : 6 et 7 - Ps 38 : 6 etc
59 : Jérémie 4 : 23
60 : Isaie 41 :24
61 : Exode 3 : 14
62 : Isaie 66 : 9
63 : Sag 1 ; 7
64 : Idem
65 : Sag 7: 23
66 : Genèse 1 :2
67 : Sag 2 :23
68 : 1 Cor 15 : 36 38 42 49
69 : 1 Cor 15 : 50
70: Matth 22 : 30
71 : Luc 20 :36

CITATION :
“ De plus, dans le soufisme, par ex, ne pouvait enseigner (transmettre réellement et pas qu’en mots) que celui ou celle qui avait fait l’aller ET le retour; ce dernier supposant une attention (inspirée ET travaillée) sur les modes de manifestations du Silence. Pour le dire trop vite.
Il en résultait une capacité à distinguer de même les «états», et à adapter la pédagogie (même la «silencieuse» façon Maharshi) chez les vis à vis.”

Il n’y a que l’apparence - par le piège de la pensée DUALISANTE - d’une personnalité allant et atteignant un but. Personne ne revient, si ce n’est un corps-mental. Ramana en phase terminale d’un cancer disait : ‘ Ils me croient éveillé, mais ils s’inquiètent de savoir où je vais aller ! Où pourrais-je aller ? Je suis mort depuis si longtemps. “
Pour un “éveillé” il n’y a pas “d’autres”, il n’y a que la conscience, Ramana Maharshi dixit ; pas d’état à distinguer, ni aucune pédagogie possible. Un “éveillé” ne pouvant plus jouer aucun rôle, ne peut être un maître, il ne peut que porter un témoignage sans jamais être pédagogue. Le contraire signifierait que c’est la personnalité qui accéderait à la libération, or celle-ci ne peut connaître que des SENSations et des “états” de conscience, par nature éphémères.
Cependant l’éveillé est un miroir parfait (vu qu’il est vide !), mis en sa présence une “personnalité” selon son degré de conscience projettera sur ce miroir ses fantasmes et recevra par “réflection” uniquement ce qu’il peut voir en lui-même, ayant “ l’impression “ par le mental d’un enseignement. C’est en ce sens je crois que le “maître” apparaît quand le disciple est prêt, car la confrontation avec ce miroir peut provoquer l’éveil, si aucune curiosité malsaine apparaît. Bernard dit que l’idéal pour une visite à un éveillé est de mettre le mental à la porte et de le reprendre en sortant !
Le “gourou” mangeant des oranges, à Richard Alpert :
“ tu veux une orange ? Tu fais rire beaucoup de gens en Amérique ? “

Ce qui nous apparaît extraordinaire, c’est que Alpert, à des milliers de kilomàtres de chez lui, sur une colline avec des indiens assis sous un arbre aux pieds d’un vieillard enroulé sous une couverture, s’entende tout à coup dire par le vieux qui - en théorie - le voit pour la première fois : “ Tu as pensé à la maman hier, elle est morte d’une maladie de la rate n’est-ce pas ? “ Evidemment, là, Alpert devient complètement paranoÏaque et terrorisé ! Qui est ce vieux ? Qui le paie ? Le FBI ?... Puis il se met à pleurer, pleurer, et on l’emporte dans un bungalow. L’éveil peut être brutal !

Cordialement,

C...a

Charly Alverda

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Re: La connaissance de soi

Message  Chèvre le Lun 30 Aoû 2010, 17:55

Dans le fil Alchimie – Sujets variés, lisible ici CheminCroisé , Aliboron écrivait ceci, qui semble en rapport avec le sujet de ce fil, La Connaissance de Soi :


Précision en passant : je qualifie d’égo non pas notre «petit-moi», mais le mode hallucinogène qui le chevauche... comme on dit dans le vaudou. Qui le possède au point qu’il peut être tentant d’assimiler les deux et de tirer la chasse (en se dédoublant ?), quand... on se trouve encore, peu ou prou, teinté par ce funeste mélange. A l’insu de son plein grè ou, de «son» éveil... ouaf ouaf.

Ceci dit, pour en venir à une catégorie de «moyens» ou «techniques» néanmoins à la portée du petit-moi si pas trop identifié à sa maladie. Leur point commun étant, ce que faute d’inspiration, on peut qualifier d’abstraction profonde.
Oui, je sais; ça a l’air aux antipodes du «sentir», et tout et tout, mais à l’examen ça se tient plutot en plein coeur du «senti».

Suite en cours d’élaboration sur mon métier à tisser des âneries.


Je ne pense pas être le seul à baver dans l’attente de ces « moyens » ou « techniques » annoncés par Aliboron…

Dans l'intervalle, pour rebondir sur le sujet de la Connaissance de soi, du petit moi, du grand Moi, du « Je » avec un grand « J »…, de ce fameux ego, voici un extrait d’un entretien à trois voix : Denise Desjardins, Gilles Farcet et Stephen Jourdain (« Steve »). Bizarrement, alors que le propos de Jourdain me semblait limpide au début, je m’aperçois que je ne suis plus très sûr de comprendre ce qu’il dit… Vous ferez peut-être mieux…


Denise : Ne croyez-vous pas que ceux que vous avez mentionnés – qui se sont à un moment donné rapproché d’une bascule mais ont reculé – ont tout simplement eu peur ? Peur de perdre leur moi, leur ego…

Steve : Ont-ils eu peur de perdre leur moi ou la représentation extraordinairement réductrice qu’ils s’en étaient forgé ? Ont-ils eu peur de perdre leur ego ou l’ombre de celui-ci ? Il ne me semble pas qu’un esprit épris de vérité puisse éluder cette interrogation.
De l’existence d’un faux moi ai-je le droit d’induire que le moi est fausseté, mensonge ? Du fait que la santé est vulnérable, et que la défaillance ici s’appelle maladie, ai-je le droit d’induire que la santé est une maladie ?
En français, un tel comportement de l’intelligence a un nom : exaction logique. Quittons la France et élargissons notre champ de vision à tout l’Occident et tout l’Orient : ce qui me fige de stupeur et surtout d’effroi, c’est la séduction qu’exercent sur tant d’esprits de telles absurdités – parlons clair, de telles âneries.

Je me permets de faire une autre remarque.
En latin, « ego » veut dire « je ». En français aujourd’hui, et pas uniquement dans les cercles spiritualistes, l’ego c’est le diable et je c’est Dieu. N’y aurait-il pas ici comme un défaut ?

Gilles : Attends, Steve, explique-toi sur ce point précis : d’accord, « ego », mot latin couramment employé dans certains milieux pour désigner le diable (cela dont il faut se défaire), se traduit en français par « je ». J’en conclu donc que pour toi, « je » est l’un des noms de Dieu…

Steve : « Je » est le nom de Dieu. Mais si tu l’appelles « moi », il n’y verra aucune offense. A la vérité, mon impression est que Dieu préfère qu’on l’appelle « moi ». Le mot moi est le mot sacré.

Gilles : Et donc, mieux vaut ne pas en altérer le sens !

Steve : merci pour la perche tendue !
L’erreur commune, sinon universelle, commise moins par lâcheté que pour se conformer à la sirupeuse idéologie dominante, consiste à vider le mot moi de sa signification personnelle, ce qui revient à lui faire évacuer l’essentiel de sa substance. Danger mortel ! Meurtre de la Personne Intérieure ! Meurtre de la Conscience ! Meurtre de l’Esprit !

Gilles : Mais alors, que faire de toute la remise en cause du monde personnel qui semble fonder tant d’approches spirituelles ?

Steve : Bien sûr, il ne s’agit pas de faire stupidement l’apologie du personnel, je veux dire sans se demander ce que contient le paquet. Là encore, il y a confusion terminologique, légèreté dans l’emploi des mots. Et, là encore, ce qui pourrait n’apparaître de prime abord comme un détail de langage débouche sur une catastrophe. Qu’entend-on précisément par personnel ?
Ceux qui font de manière abusive le procès du « personnel » ne se sont pas posé la question élémentaire, mais vraiment essentielle : à quoi exactement rapportent-ils l’adjectif « personnel » ? Le rapportent-ils aux attributs de la personne ou à la personne intérieure elle-même ?
Si par « personnel » on ne désigne que les attributs du moi, que ses caractéristiques, alors le procès intenté est parfaitement justifié. Ce « personnel »-là est sans le moindre intérêt, nos caractéristiques individuelles, ce que beaucoup révèrent sous le nom de Ma personnalité, on s’en fout totalement. Je ne suis pas réductible à mes attributs, je ne suis pas réductible à mes déterminations, ni à leur somme. Je ne suis pas réductible à mon identité.
En revanche, si l’on étend, ne serait-ce qu’implicitement, le sens du même adjectif à ce « je » que je viens tout juste de prononcer, à la personne ou l’être intérieur, on a commis l’irréparable ; on a tué et Dieu et son enfant, l’Homme, on a châtré le Ciel et la Terre.
Donc, faire coûte que coûte la différence entre ce que nous sommes et nos misérables attributs, entre « je suis » et « cela que je suis ».
J’ajouterai que l’important n’est pas d’être heureux ni de ne pas souffrir, mais de se maintenir au tréfonds de soi-même dans son i-n-t-é-g-r-i-t-é.
La recherche de soi, c’est une chose ; une toute autre chose est la recherche de la non-souffrance, du bonheur, de la paix.

Gilles : Un péché contre l’esprit ?

Steve : On peut le dire comme ça, oui.

Gilles : Celui qui n’est jamais pardonné ?

Steve : Celui qui ne pardonne pas.



Extrait de LE GENIE EST UN ENFANT, in L’IRREVERENCE DE L’EVEIL de Stephen Jourdain et Gilles Farcet, Editions ACCARIAS L’ORIGINEL


Dernière édition par Chèvre le Lun 30 Aoû 2010, 17:58, édité 2 fois (Raison : pas assez de bave)
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La prise de conscience

Message  Aube-Aurore le Mar 28 Déc 2010, 13:03

Bonjour à tous ! Ensoleillé

La connaissance de Soi est une chose essentielle mais la prise de conscience de Soi est encore plus importante. La pratique journalière de la prise de conscience de soi, de notre corps, de nos sentiments, de nos émotions et de nos pensées nous permet de transmuer et transformer petit à petit tout notre être. (Source : CheminCroisé ici)

La prise de conscience de soi, la prise de conscience des choses, la prise de conscience des personnes et, au-dessus de tout, la prise de conscience de la Réalité contribuent chacune à leur manière au processus de notre Evolution vers la perfection. (Source : CheminCroisé http://www.centrebouddhisteparis.org/Bouddhisme/Prise_de_Conscience_Parfaite/realite.html)

Amitiés. Fleur
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Re: La connaissance de soi

Message  Henri Schersch le Mer 29 Déc 2010, 18:21

Bonjour Aube-Aurore ! Ensoleillé

J'ai suivi ton lien pour aller lire la page bouddhiste concernant la CheminCroisé prise de conscience de soi, et j'y lis que cette prise de conscience doit se passer à différents sous-niveaux, à savoir, plus particulièrement :
- la prise de conscience du corps,
- la prise de conscience des sentiments,
- la prise de conscience des pensées.

Je suis globalement d'accord sur certains aspects, comme par exemple le fait que nous sommes souvent peu conscients de toutes sortes d'automatismes : nous ne pensons pas à notre cœur qui bat, nous respirons par habitude (donc mal)), nous conduisons nos voitures en pensant au repas de midi, nous ne captons les signaux qu'envoie notre corps que lorsque nous avons mal, nous oublions que notre cerveau pense sans arrêt sautant d'un sujet à l'autre, etc. Bref, jamais conscients "ici et maintenant", nous subissons notre vie sans la maîtriser vraiment.

Mais, d'un autre côté, ces différentes prises de conscience, basiques, ne sont-elles pas celles qu'effectue le petit enfant peu après sa naissance ?
Et chercher à "prendre conscience de soi", n'est-ce pas une démarche qui amènerait à surdévelopper son égo ? Trop de gens ne sont-ils pas déjà "trop" conscients d'eux-mêmes et de leur propre "importance" ?

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Re: La connaissance de soi

Message  loup le Mer 29 Déc 2010, 23:36

bj, je me suis rendu compte, à travers mon "cheminement" que lorsque l'on "cherche", on trouve les réponses au travers de rencontres, quelquefois anodines, des films, ou tous autres supports .. rarement par des "conférences", car elles s'éloignent souvent du "vécu", et pour moi, seul le "vivant" peut être source de nourritures. ( la parole). Il faut que la personne qui parle, le vive .. et là très rare ... en plus, on peut ne pas "entendre" aujourdhui, et faire "tilt" plus tard, lorsqu'on est prêt ... pas de règle en la matière, pour moi .. et surtout comprendre, avec des années de "fausses croyances", que RIEN n'est à l'extérieur de l'homme, et ça c'est la Pierre d'achoppement .. cela vient progressivement, justement avec les recontres "opportunes", comme si un "aiguilleur" agissait .. le hasard étant une peinture que Dieu n'a pas signée ( je ne sais de qui c'est !!!!) Désolé ... Je parle pour mon cas, mais j'ai tendance à croire en cela ... Le "travail" est, maintenant, individuel, les portes sont ouvertes, par ceux qui ont vécu le chemin vivant (dans l'homme, donc, comme des "atomes "nouveaux qui "contaminent le corps entier) et les "ceusses" qui ont "faim" peuvent "aimanter" ce nouveau plan .. Je témoigne de ce en quoi je crois et de ce que cela m'a apporté, mais je comprends que l'on puisse "polémiquer" ... je ne pratique pas le ping-pong, n'aimant que les jeux collectifs ... Hello

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Re: La connaissance de soi

Message  aliboron le Jeu 30 Déc 2010, 18:38

Paul et Mickey vous donnent le bonjour,

En toute bonne foi, il y a une affirmation en votre mini conférence Hello que je ne saisis pas bien : " RIEN n'est à l'extérieur de l'homme". Vous serait il possible de développer un peu ? Ca m'interresse beaucoup et sincèrement. Peut être because suis enclin à postuler que rien n'est intérieur à l'homme. Vu que tout est dans tout, et inversement, on a des chances d'être raccord sur l'intérieur de l'extérieur.
Voir même sur le reste = rien. CheminCroisé Koan ?

Vous semblez dire que "cela vient progressivement", vous annoncez que "cela m'a apporté", bref que dans une certaine proportion vous en avez saisi (du cela) suffisemment pour être de ceusses, rares, qui peuvent en parler parce que le vivant. Ou, plus modestement, en mesure de les approcher, via les enseignements du vivant. Why not. Si ce n'est que sous-entendre aussi parcimonieusement n'est guère charitable pour notre collectivité dont je suis un des joueurs.
Donc : qu'est ce RIEN, puis l'extérieur, puis l'homme ? Non pas des définititions définitives bien sur, mais juste des indications si possible.
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Re: La connaissance de soi

Message  Logos le Jeu 30 Déc 2010, 22:23

Concernant les rapports intérieur-extérieur... je crois que le ruban de Mobius en est une belle illustration :



Et Henry Corbin : "Sortir du où, rentrer, passer à l'intérieur, et en passant à l'intérieur, se retrouver paradoxalement au dehors; c'est revenir chez soi, car c'est désormais le lieu qui réside dans l'âme".

Pour "notre" Henri, je dirais que la conscience du corps permet au contraire l'installation d'une conscience "temoin", et donc en fait un retrait des sens. Je propose quelques "méditations sur le corps" tirées des "112 méditations tantriques" de Pierre Feuga (il traduit des stances du célèbre Vijñâna-Bhairava Tantra, puis les commente) :

23. Que l'on évoque, juste un instant, l'absence de dualité en un point quelconque du corps : et c'est la vacuité même ! Libre de toute distinction mentale, on recouvre l'essence non duelle

N'importe quel point du corps peut être visé et vidé sur l'instant. On s'apercevra ainsi que certains endroits "répondent" mieux que d'autres et, le corps gardant une mémoire secrète des étapes conquises, on étendra peu à peu sa maîtrise. Une sensation de plus en plus légère, aérienne et rayonnante de son corps pourra se manifester, résolvant d'elle-même bien des conflits dont on cherchait vainement l'issue par des voies psychologiques.

24. Toute la substance qui forme le corps, il faut l'évoquer intensément comme imprégnée d'éther : et à la fin, ô Déesse aux yeux de gazelle, cette évocation deviendra permanente

A la sensation familière d'un corps opaque et étroitement limité - le corps dont nous avons accepté l'idée depuis l'enfance - se substitue celle d'une forme sans contours, sans résistance, homogène et omnipénétrante comme l'éther. Mais pour que cet état devienne permanent, il faut évidemment qu'il ait fait l'objet d'une évocation répétée intense, car notre corps est sous l'emprise de tamas, l'inertie, et possède une tendance quasi invincible à se resolidifier.

25. On doit méditer sur son propre corps comme s'il ne contenait rien à l'intérieur, la peau n'étant qu'un mur. Ainsi passera-t-on au-delà du méditable.

Dans l'évocation précédente, la vacuité était réalisée sur la substance du corps, son contenu, c'est à dire les os, les muscles, les viscères, etc... Ici, l'on médite sur le contenant, la peau qui marque la limite, le mur entre "dehors" et "dedans". "Dedans", à la suite du travail préalable est déjà vide, si bien que la peau se réduit à une sorte de pellicule imprécise entre 2 espaces également insaisissables, entre 2 vides, si une telle expression garde un sens. On est certes alors "au delà du méditable", puisqu'il n'y a plus aucun objet à méditer, le vide étant par nature impensable. On rejoint donc le pur Sujet.

(...)

Cette méthode du vide, habilement maniée, a une efficacité remarquable. A la manière d'un "rayon laser" elle foudroie sans pitié toute tendance à l'identification, à l'appropriation. Mais, encore une fois, elle ne doit pas procéder d'un raisonnement philosophique, mais d'un élan du coeur qui sait comme par instinct que là est son vrai royaume.
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Re: La connaissance de soi

Message  aliboron le Ven 31 Déc 2010, 00:00

Ave Logos,
Y a pas de témoin !!!
De qui, de quoi ?

Autrement, ce que tu cites comme "pratiques", me semble relever de ruses géniales... lesquelles sont ainsi "accompagnées" par Mister Yen Chan en son excellent bouquin : "la voie du bambou" : collection dirigée par P.Feuga...

Le principe de ces enseignements, dit-il, est d'utiliser les forces et l'intelligence de l'inconscient plutôt que "d'aller contre" en essayant de convaincre ce dernier de force. Le paradoxe est le levier fondamental, c'est samdhâya, abhisamdhi en sansktit, "la dissimulation de l'intention". Celle-ci permet d'atteindre par une approche crépusculaire, énigmatique ("le détour est l'accès"), la réalité inexprimable et insaisissable, à condition bien évidemment d'être suffisamment souple pour se laisser saisir par le paradoxe lui-même.
Lorsque le stratagème fonctionne, lorsque le ressort ji se déclenche, il y a la déflagration, c'est le rire libérateur du Bouddha, la ruade céleste de l'Eveillé qui désarçonne tout cavalier fantôme.

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Re: La connaissance de soi

Message  loup le Ven 31 Déc 2010, 00:22

bj, et bonne "future" année !!!! Aimer , ce que je voulais faire passer est que l'homme, par conditionnements successifs, s'est toujours tourné vers d'hypothétiques Dieux, Déeesses, icônes en tous genres, qui ne sont, pour moi, que des bâtons pour marcher; à force de lui mettre cela en tête, il est coupé de ses vraies racines. LUI ..il demande toujours aux "autres" de faire le "boulot" !!! Pas question , il ne sait plus que le "vrai" Divin est en chaque homme, que l'homme est "LA PORTE" par où tout passe... Même ses fausses croyances passent à travers sa propre "vision", on peut appeler cela le "gardien du seuil"... Telle est ma façon de fonctionner, que croyez vous que veux dire ... faire voir un "aveugle" ........lève toi et marche (pour un "paralysé")....etc... C'est à l'homme à donner l'ordre, grâce uniquement à la certitude que cela est !!!!! C'est le chemin de croix (croire) et ça, c'est le mystère de chacun..; Et le ''nouveau nom" est donné... Et en fait, on fait grandir, en soi, le futur "Homme" ou plus exactement le "nouvel" Homme... il ne s'agit bien sûr pas que du "mâle"!! Tire-langue (1) ..et les réponses aux questions, viennent, les lois se manifestent pour la compréhension du "pourquoi" !!! voilà, en gros, ce que je voulais dire ...se mettre à genoux devant un bout de bois ou une icône, n'est plus de mon "âge" ... Boum !

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Re: La connaissance de soi

Message  kunlun le Ven 31 Déc 2010, 07:20

Bonjour,

Il n'y a pas de témoin chez celui qui n'a pas éveillé le témoin ou l'attention.

Éveiller l'attention, c'est comme ouvrir un œil en soi.

Permettant d'observer ce qui est.

Ce passage cité par logos est très juste :

"23. Que l'on évoque, juste un instant, l'absence de dualité en un point quelconque du corps : et c'est la vacuité même ! Libre de toute distinction mentale, on recouvre l'essence non duelle

N'importe quel point du corps peut être visé et vidé sur l'instant. On s'apercevra ainsi que certains endroits "répondent" mieux que d'autres et, le corps gardant une mémoire secrète des étapes conquises, on étendra peu à peu sa maîtrise. Une sensation de plus en plus légère, aérienne et rayonnante de son corps pourra se manifester, résolvant d'elle-même bien des conflits dont on cherchait vainement l'issue par des voies psychologiques".


L'éveil de l'attention est le seul moyen d'aller au delà du mental.

Le bon chemin commence avec l'attention à la respiration.

Ensuite, on passe à ce qui est évoqué ci dessus ( l'observation du corps) et c'est ... le progrès, le mouvement avec la vie.

Ainsi on remet de l'ordre en soi.
L'injustice peut redevenir justice.

K.
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Re: La connaissance de soi

Message  Logos le Ven 31 Déc 2010, 07:52

Y a pas de témoin !!!
De qui, de quoi ?
Me suis peut-être emballé ?
Je voulais dire, plus modestement, que les sens peuvent devenir plus légers, plus intériorisés... permettant justement d'estomper la distance entre intérieur et extérieur.

Une autre méthode allant de sens, pour ceux que ça intéresse (tirée du yoga, parfois classée parmi les nettoyages, mais en fait redoutable pratique pour semer la pagaille dedans/dehors) : elle s'appelle "tratak".
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Re: La connaissance de soi

Message  Calcédoine le Ven 31 Déc 2010, 15:00

loup a écrit:voilà, en gros, ce que je voulais dire ...se mettre à genoux devant un bout de bois ou une icône, n'est plus de mon "âge"
Bj loup,
Je crois que la plupart des participants à notre forum applaudiront ton propos : à la Croisée des Chemins, nous proposons des cheminements libératoires, pas des voies conduisant à une quelconque soumission. Il est bon de rappeler qu'un Humain qui s'élève, qui grandit, qui se redresse, n'a pas à s'agenouiller devant une quelconque représentation iconographique. C'est d'ailleurs pour ça que plusieurs religions ont établi des interdits à ce sujet, par exemple :
- le Judaïsme interdit de prononcer le nom du Très-Haut (béni soit-il),
- l'Islam interdit toute représentation graphique d'Allah, et de son prophète (on se souvient de la polémique née des caricatures publiées dans la presse danoise),
- le Protestantisme, puis le Catholicisme d'après Vatican II (mais moins radicalement) ont supprimé les représentations de Saints dans les lieux de culte.

Précisément pour éviter la focalisation sur des représentations secondaires, et pour prôner le recentrage sur l'essentiel. L'essentiel est invisible pour les yeux.

Je profite de ce post pour prolonger la réflexion par une petite digression, en joutant que, par contre, suggérer que l'Homme aurait inventé Dieu pour combler une certaine carence à comprendre le sens de la vie et le fonctionnement de l'univers, c'est là une hypothèse bien audacieuse ! Je sais qu'elle est appréciée dans certaines obédiences maçonniques, chez les libre-penseurs, et chez certains scientifiques, mais, évidemment, cette hypothèse est sans valeur pour ceux qui ont pu expérimenter la présence divine, puisqu'elle a perdu toute pertinence face à la réalité de l'expérimentation.

En résumé, disons que poser l'hypothèse de l'inexistence de dieux est légitime, et favorise le développement d'une libre pensée autonome par rapport aux conditionnements parareligieux séculaires soigneusement entretenus pour fournir de l'opium au peuple (comme aurait dit Karl Marx). Cette hypothèse est importante pour rechercher la connaissance de soi (thème du présent fil). Mais il ne faut pas perdre de vue que cette hypothèse ne peut tenir la route que si elle est confrontée à l'expérience des faits, ce à quoi beaucoup se refusent ! Trop souvent, l'hypothèse de l'inexistence du Divin devient, à son tour, le postulat d'une autre sorte de religion (l'Athéisme) au lieu se laisser confronter à l'expérience. Et là existe le risque de "jeter le bébé avec l'eau du bain".

Les excès des religions (œuvres humaines), à corriger ou à rejeter (selon l'humeur de chacun), ne doivent pas servir de prétexte pour nier toute religiosité ni toute présence du Divin.

L'absence de preuves n'est pas la preuve de l'absence !
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Re: La connaissance de soi

Message  aliboron le Ven 31 Déc 2010, 19:32

Bonjour,

Petite précision : le « truc » rapporté par Logos n'a rien à voir avec des sensations à éprouver par un témoin. Au niveau « thérapeutique » envisagé par Kunlun, ce témoin n'est qu'un périscope : ou mezzanine « idéaliste » avec un rez de chaussée toujours aussi... foireux. Voir plus, vu l'amphisbène à l'oeuvre dans cette schizophrénie. Temporairement « utile », mais des plus problématiques si l'on s'y installe à demeure.
« La conscience d'une illusion n'est qu'une illusion de conscience ». Pas nulle (il y a des degrès d'allusion), mais rien à voir avec le Sujet du Vijñâna-Bhairava Tantra.

« L'esprit qui fonctionne à ce régime est nécessairement aveugle jusqu'à un certain point au mécanisme qui se joue en lui et qui le constitue; il s'éprouve comme acteur et spectateur; mais il s'ignore comme auteur. » Or, c'est l'Auteur que vise ce sublime tantra. On y reviendra si possible.

Quant à aller ainsi au delà du mental... sans même se rendre compte que les pratiques corporelles préconisées sont de nature profondément « sémantique »... sans même parler du fait que le corps lui-même fait Sens, (infiniment plus que le cogito)... qu'en dire avant de jeter l'éponge?

Quant au « Vide-Plénitude-Réel-etc » sensé faire risette à un témoin, du bout de la sensation, voyons un peu ce qu'en disent les adeptes-pratiquants de Nagarjuna, courant bouddhiste obsédé par la vacuité... ce qui ne les a pas empéché d'en voir le piège.

Stéphane Arguillère, qui sait de quoi il parle, résume le problème ainsi :
«En ce qui concerne ce travail d'auto-destruction des idées fictives par l'idée fictive de vacuité, qui s'emporte avec ce qu'elle nie, il s'agit de penser le fait que, pour comprendre finalement cet absolu qui «n'est pas du domaine de l'entendement», il nous faut tout de même commencer par mettre l'entendement en oeuvre. C'est moyennant un patient travail de déconstruction de l'imaginaire mondain, c'est grâce au discernement critique opéré par l'entendement, que la vacuité est d'abord entrevue. C'est l'esprit errant qui se subvertit lui-même, qui, coque d'ombre, se brise soi-même pour s'évanouir – et s'épanouir- dans la claire lumière de sa vraie condition naturelle d'Intelligence.

(Note de bibi : cette claire lumière est la désignation Dzogchen de l'éveil; l'intelligence : ou sagesse est considérée par ces éveillés comme indissociable du vide. Soit, ce tout = « l'auteur » évoqué plus haut, et à la nature duquel nous pouvons participer... quand il n'y a plus rien qui dit « nous ».)

Bref, «l'absolu inimaginable est d'abord imaginé; cette imagination comme toute autre est illusoire, mais elle a la singulière vertu de se corroder elle-même, de s'emporter soi-même dans le mouvement même par laquelle elle pulvérise tout autre construction.»

Le mode de « compréhension » nécessité par l'alchimie, et considérée comme un préalable indispensable avant tout passage à l'acte, présente beaucoup de point commun avec ce qui précède. D'autant que Nagarjuna est le saint patron des alchimistes du toit du monde...

La différence entre les pratiques corporelles de traditions séculaires comme ce bouddhisme, et celles qu'on nous préconise maintenant, c'est que ces voies ne négligeaient pas la pensée-méditation (dont les racines se mêlent inextricablement avec celles des sensations). L'exécution des «pratiques» était toujours effectué parallèlement et en affinité profonde avec celui portant sur l'entendement. Car le dit «mental », correctement nettoyé, éprouvé jusque dans le subtil des sensations et, retourné, n'est autre que la sagesse.

Et c'est là que je rejoins le bon sens de Calcédoine quant au bébé et à l'eau du bain. Que les anciennes religions et traditions aient, en grande partie dégénéré, est une chose évidente. Les évaluer seulement à partir du spectacle navrant que leurs actuels tenanciers nous proposent, c'est (en fait) se mettre au même niveau caca-boudin.
Notre laïcité n'étant qu'un dérivé profane de ces dernières, il conviendrait aussi d'en évaluer objectivement les vertus et plus encore leur portée. Surtout quand elle se pique d'avoir son mot à dire sur une Lumière qui manifestement lui fait défaut, vu qu'elle la cherche « ailleurs » qu'en elle-même...

« Se mettre à genoux devant un bout de bois ou une icône, n'est plus de mon "âge" », nous dit Loup.

Je partage jusqu'à un certain point, celui qui distingue deux attitudes vis à vis d'un panneau indicateur. Soit, on le déchiffre et le respecte assez pour tenir compte de l'indication fournie; et on prend le chemin montré...qu'on ne pourra parcourir que de façon singulière, inévitablement et providentiellement.
Soit, on le passe à l'or fin et on lui voue un culte idiot, sans bouger et collectivement si possible pour se persuader qu'ON a raison d'être aussi...con.
Notez, en passant, que cette lamentable propension est aussi le fait de notre modernité : Progrès - Droit de consommer pépère - Droit de l'hommisme, et plein d'autres -ismes.

Soit, on le néglige ou méprise, sûr de nos aptitudes à se dépasser pour se... rejoindre. Voir Pierre Dac pour les axiomes de base justifiant cet héroïsme...

Bout de bois, icône... c'est quoi ou qui dans le fond ces « choses » ?
En quoi ce fond serait-il si différent du notre ? Lequel ne nous appartient pas, faut le rappeler, ce pourquoi on en ressent, d'une manière ou d'une autre, le manque. Présence de l'absence ?

« Le mystère qui se cache n'est pas vraiment mystère. Au mieux : une énigme, quelque chose à résoudre. Plus grand est le mystère qui se montre. »

Que le destin nous jette d'emblée dans cet océan, où qu'il se fasse fenètre sur la belle, via une modeste flaque, ou bout de bois, ou icône... où est alors le problème ?

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Re: La connaissance de soi

Message  Logos le Ven 31 Déc 2010, 21:03

Très intéressant... je n'ai pas rapporté les propos de Feuga à propos du "dépassement du vide", mais il dit quelque chose comme : "il faut réaliser que le vide est vide"... et j'avais lu autre part que les Chinois voyaient le campement dans ce vide (encore imaginé) comme "la grande maladie"...

Quant à aller ainsi au delà du mental... sans même se rendre compte que les pratiques corporelles préconisées sont de nature profondément « sémantique »... sans même parler du fait que le corps lui-même fait Sens
J'ai l'impression que l'idée que le corps fasse Sens rejoint ce que dit Abhinavagupta :
"Le corps est gorgé de toutes les voies, rempli des diverses modalités du temps et le lieu de tous les mouvements spaciaux. Le corps recèle en lui toutes les divinités. Celui qui pénètre ce corps atteint à la libération"

La différence entre les pratiques corporelles de traditions séculaires comme ce bouddhisme, et celles qu'on nous préconise maintenant, c'est que ces voies ne négligeaient pas la pensée-méditation (dont les racines se mêlent inextricablement avec celles des sensations). L'exécution des «pratiques» était toujours effectué parallèlement et en affinité profonde avec celui portant sur l'entendement. Car le dit «mental », correctement nettoyé, éprouvé jusque dans le subtil des sensations et, retourné, n'est autre que la sagesse.
Peut-être qu'une relecture de cet article pourra être bénéfique :
http://shivaisme-du-cachemire.skynetblogs.be/archive/2006/01/25/peut-on-vivre-sans-fables.html
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Re: La connaissance de soi

Message  loup le Sam 01 Jan 2011, 10:30

bj, malgré le fait qu'il ne faille pas, selon moi, s'appuyer sur des "bâtons", l'humanité, heureusement pour elle, en a eu besoin tout au long de "son" parcours cahotique... Mais, moi, je crois en Dieu "révélation Vivante et omni-présente, "mais pas en ses "vicaires" Horreur Celui qui pense que tout ce "cinéma" est une création aléatoire de la Nature, pour moi, est un "nunuche" (et je suis cool SourireZen ) Il y a une sorte "d'aiguilleur" qui passe par nous pour "allumer" ou réactiver des parties d'ombres, et, pour moi cela passe par des visions et "paroles" qui sont suivies par des actes, car la compréhension des lois donne et fait vivre en action, dans la vie de tous les jours. Il ne faut pas "péter" plus haut que son "c.l", et penser que des "hypothétiques Maîtres" vont te prendre par la main et te "hisser" ... au C.P., on peut y croire Ivre 20 ans de F. M. m'ont bien ouvert les yeux Sommeil ...attention à l'abus d'alcool : comme "Esprit" sur les métaux, OK, mais sur l'homme... Ivre

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Re: La connaissance de soi

Message  FreedomForKingKong le Mar 27 Sep 2011, 22:42

Bonsoir,

Après avoir lu les différents posts, j'étais un peu paumé, ici ça a tiré dans tous les coins et il doit me manquer des notions de balistique pour reconstituer les rajectoires.
Une relecture s'imposera à tête reposée, j'ai comme un début de migraine ... Scratch

Pour clarifier et peut-être relancer le débat voici ce qu'on peut en lire sur Wikipedia :

"Différentes exigences:

En relation avec la relative diversité des personnes et de leur philosophie, la connaissance de soi peut répondre à des exigences diverses, mobilisant un individu plutôt qu'un autre, à tel moment de la vie ou à tel autre :

"nécessité intérieure" ; goût de l'introspection ; curiosité pour le "mystère personnel" : « Au lieu d'aller dehors, rentre en toi-même : c'est au cœur de l'homme qu'habite la vérité. » Saint Augustin
exigence de lucidité ; retour de l'esprit critique sur lui-même : « Connais-toi toi-même ! » Socrate d'après Charmide de Platon2 et une inscription sur le fronton du Temple de Delphes en Grèce.
culture du libre-arbitre : « Nous nous croyons libres que parce que nous ignorons les causes qui nous font agir ». Spinoza.
"agir en accord avec soi" ; effort de congruence ou de réelle motivation ; renforcement de l'estime de soi
l'individuation ; découverte de sa vocation, son potentiel, son "horizon des possibles" : « Deviens ce que tu es ! ». Pindare
maîtrise de soi-même ; s'améliorer ; améliorer ses relations : « Le pire état de l'homme, c'est quand il perd la connaissance et gouvernement de soi. »3 Montaigne
des choix pertinents ; maîtriser son destin ; anticiper : « Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin. » Carl Gustav Jung
le sens de sa vie : « Ce qui est le plus vrai d'un individu et le plus lui-même, c'est son possible que son histoire ne dégage qu'imparfaitement. » Paul Valéry ou encore « Le hasard, c'est toi-même qui t'arrive à toi-même. »

La question de la connaissance de soi renvoie avant tout à l'interrogation sur ce qu'il faut considérer comme le "soi".


Quel est le soi à connaître ?


Cette connaissance peut donc avoir tout ou partie des formulations suivantes :

Que suis-je en tant qu'humain ?… dans le cosmos ou dans la biosphère ?
Que suis-je en tant qu'être humain inscrit dans une histoire ?… en tant qu'homme ou femme... : en tant que membre de telle culture à telle époque ?… en tant qu'enfant de tel couple ? etc.
Qu'en est-il de mon caractère ? ma personnalité ?
Que suis-je comme être singulier (quelle est mon ipséité ?) ?
Que suis-je de plus que la résultante de mes déterminations et de mes conditionnements ? Suis-je un être libre ?
Suis-je conscient ou puis-je devenir conscient de tout ce qui me détermine ?

Une grande partie de la difficulté de cette quête provient de l'intrication de ces questions : comment se situer personnellement sans un début de réponse d'ordre cosmologique ? Comment cerner la place de l'homme sans avoir arpenté son propre univers intérieur ?

Ensuite, la question renvoie à celle de la connaissance elle-même : "je vois que je me désaltère parce qu'une sensation appelée soif m'y a poussé... ou que je suis violent parce que l'amour maternel a manqué...". Est-ce tout ce qu'il y a à connaître à ce propos ? Quand donc faut-il arrêter les investigations ? Comment intégrer les données fournies par autrui ? Quel degré d'incertitude accepter ? Quelle place effective tient cette connaissance : une information anonyme ou une véritable compréhension ?"


"Quelles sont les raisons qui nous poussent ?"
Noir Désir


Plus personnellement je dirai que la tenue d'un journal intime où l'on met des mots sur les expériences du quotidien et où on peut aussi écrire ses rêves est un exercice intéressant par la prise de recul sur le fonctionnement de sa pensée, le travail de la mémoire et le fait de se raconter.
Pour les nostalgiques, se relire des années après peut nous faire revivre certains sentiments.
Mais bon, dans mon expérience personnelle ça va bien un temps.

Avoir débuté le pèlerinage de St Jacques est une bonne expérience sur la voie de cette connaissance de soi, dans mon expérience personnelle.
La méditation marchée est pratiquée dans le zen, et prendre du temps pour soi dans la contemplation et le silence permet assurément d'avancer physiquement, lentement pas à pas, entraînant peut-être le mental à la suite.
Je me posais quelques questions sur certains choix dans ma vie, des réponses sont venues comme d'autres questions d'ailleurs.
Un de ces jours je ferai part de cette expérience plus en détail ...

Certains livres peuvent nous aider à prendre conscience de la façon dont nous fonctionnons et à avoir un plus grand contrôle, je pense au livre "La quête de l'harmonie" de Tarthang Tulku, grâce auquel j'ai pu comprendre que j'étais responsable de mon état intérieur, notamment de la colère, pour parvenir à plus de maîtrise.

Cela dit, chacun étant unique, certaines choses sont plus parlantes ou efficaces pour certains que pour d'autres.
Il n'y a pas de recette miracle toute faite; c'est simple : pour espérer trouver un jour, il faut commencer par chercher.
Mais comme toujours, le plus simple sur le papier se révèle souvent le plus difficile à pratiquer.

Bonne chasse !
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Re: La connaissance de soi

Message  loup le Mar 27 Sep 2011, 22:57

bj, c'est le "bonne chasse" qui m'a fait intervenir !! Très heureux
Chasse à quoi ? A des questions, qui donnent multitudes de réponses ??
Puis toutes les émotions... Interloqué (2)
Vivons le présent !!! Conjuguons le verbe être au présent, et là, peut-être, au centre de NOTRE croix, nous nous retrouverons...
Que de livres pour exprimer notre ignorance !!! Studieux
Témoigner est être témoin, ok, mais discourir fait dormir Sommeil ...
A plus Hello

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Re: La connaissance de soi

Message  Aube-Aurore le Mer 14 Déc 2011, 15:12

Bonjour à tous ! Ensoleillé

CheminCroisé Ramana Maharshi considère le Soi comme un Guru ; il n’y a aucune différence entre Dieu, le Guru et le Soi :

Le Guru, c’est le Soi… Il arrive parfois dans la vie d’un homme qu’il se sente insatisfait et que, non content de ce qu’il possède, il cherche la réalisation de ses désirs, grâce à des prières à Dieu, etc. Son esprit se purifie petit à petit ; il arrive à ressentir la nostalgie de connaître Dieu, davantage pour obtenir Sa grâce que pour satisfaire ses désirs matériels. Alors, la grâce de Dieu commence à se manifester. Dieu prend la forme d’un Guru, apparaît à son adorateur, lui enseigne la Vérité et qui plus est, purifie son esprit grâce à la relation qui s’établit entre Lui et l’homme. L’esprit de l’adorateur se fortifie. Bientôt il est en mesure de se tourner vers l’intérieur. La méditation le purifie de plus en plus, jusqu’à ce qu’il reste paisible, sans la moindre vague à sa surface. Cette calme étendue, c’est le Soi. Le Guru est à la fois extérieur et intérieur. De l’extérieur il donne une impulsion à l’esprit pour qu’il s’introvertisse ; de l’intérieur, il tire l’esprit vers le Soi et l’aide à se pacifier. C’est la Guru-kripâ. Il n’y a aucune différence entre Dieu, le Guru et le Soi.
Amitiés. Fleur
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Re: La connaissance de soi

Message  Laposse le Mer 14 Déc 2011, 17:55

Aube-Aurore a écrit que Ramana Maharshi a écrit:Son esprit se purifie petit à petit ; il arrive à ressentir la nostalgie de connaître Dieu, davantage pour obtenir Sa grâce que pour satisfaire ses désirs matériels. Alors, la grâce de Dieu commence à se manifester.
Je ne peux qu'établir une corrélation avec le Donum Dei, le Don de Dieu, qui est certes dispensés à tous et pour tous, mais n'est reçu que par quelques-uns.

Dans le CheminCroisé Tarot, il est représenté sur (entre autres) la carte CheminCroisé Le Soleil sous forme de "gouttelettes" émanant de l'astre solaire, figuration du Divin depuis l'Antiquité.


Version de Noblet
. .


Version de Vieville
Ramana Machin indique donc clairement qu'il ne suffit pas d'attendre benoîtement que le Donum Dei nous tombe dessus, un peu par hasard, comme le croient parfois naïvement certains, mais que cette sublime rencontre résulte d'une démarche : il faut peu à peu se mettre en état de réceptivité pour l'obtenir.
Une démarche, oui, mais, paradoxalement, immobile et silencieuse… Zen

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Re: La connaissance de soi

Message  Chèvre le Dim 18 Déc 2011, 16:20

Merci Laposse. (au passage, une petite bourde : c'est Ramana Maharshi, pas Machin).

sur
cette sublime rencontre résulte d'une démarche : il faut peu à peu se mettre en état de réceptivité pour l'obtenir
tu as peut-être à la fois globalement raison et marginalement tort : car si l'existence millénaire de toutes ces "Voies" (européennes, et bien sûr proche, moyen et extreme-orientales) abondent dans ton sens, rien n'indique que cette "sublime rencontre" ne puisse pas également te tomber dessus au débotté, fusses-tu le dernier des couillons (il y a des cas récents, semble-t-il. Parmi les classiques, il y a aussi Saint Paul, par exemple. Tu sais, ce persécuteur de chrétiens qui tombe de cheval sur le chemin de Damas...)
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Re: La connaissance de soi

Message  Laposse le Dim 18 Déc 2011, 19:48

Ah oui : juste !
Et il y a aussi Paul Claudel.
Et les Apôtres : réunis pour fêter la Pentecôte, ils reçurent tout d'un coup le Saint-Esprit sur la tête, sous forme de "langues de feu" (Actes des apôtres, chapitre II, versets 1 à 4).
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