Cantiques quantiques

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Cantiques quantiques

Message  aliboron le Sam 05 Déc 2009, 00:50

Calcédoine : Le fil ci-dessous, initialement titré 'Géomancie', a été renommé.
'Cantiques quantiques' se réfère à toutes les opportunités de rencontrer
les nombres qui sous-tendent la trame de l'univers, et leurs manifestations.
Bonjour à tous,

H. Coton-Alvart, dans "Les deux lumières" se donne la peine de revivifier un art divinatoire (la géomancie) en proposant une adéquation inédite entre les 16 figures propres à cet art et les étapes du Grand-Oeuvre. Il mentionne certes que les anciens chinois, combinant nos 4 éléments (Yi-King) en suivant les puissances de deux se sont arrétés, plus avant, à 64 figures...
D'aucun, comme Andreb (auteur d'un remarquable essai sur la géomancie), pense qu'un peu moins c'était mieux... Le débat n'est pas clos.

Les considérations "numérologiques" partant de ces puissances de deux ne sont pas étrangères à notre sphère culturelle : par exemple, de Leibniz (via ses échanges avec Knorr von Rosenroth), en passant par R. Guénon, auteur des "Principes du calcul infinitésimal"... jusqu'aux applications de ce langage binaire en... informatique. Aussi peut-on supposer que pour nous, à priori, ce n'est pas que du "chinois". Ouf !

Je note, en passant, que l'exposé de Mr H.C.A. semble avoir pour toile de fond (christique, et "numérologique" à souhait) l'Apocalypse de saint Jean, et que si la géomancie concerne bien "la découverte des choses cachées", il l'entend
"philosophiquement comme la connaissance de la science réservée, des principes et des voies de la métaphysique, du monde caché spirituel; la clef et le résumé de tout cet ensemble étant le Grand-Oeuvre".
Il rappelle, un peu plus loin, que
"la conception alchimique, pour être valable doit être en continuel chevauchement sur une vision mystique du monde et sur l'observation naturelle".
Soit.

Mais il y a une autre dimension (plus parlante bien sur) reliant géomancie et alchimie que H.C.A. n'a pas mentionné, en laissant la primeure à l'un de ses "collègues", René Alleau.
Ah, les Oeuvres à 4 mains... ou plus... !

Ce dernier, dans son article "alchimie" de l'encyclopedia universalis (p.671) considère qu'il faut distinguer trois "orientations" dans l'alchimie occidentale : la 1ère qualifiée de "chimie du moyen-age"; la seconde "physico-spirituelle", (pour résumer)... bien connue de nos services même si le spirituel à présent bat de l'aile (j'ai pu assister ça et là, au mieux, à des rase-mottes aussi débiles qu'effarants de vanité... excusez ma sincèrité ); et la 3ème :

"principalement magique, ressemblait, techniquement, à la précédente, mais à vrai dire, elle commençait là où l'autre se terminait. La "pierre philosophale" était en quelque sorte, la matière première de cette "haute science" dont le multiples applications s'étendaient à l'ensemble du savoir humain. En ce sens, son but était, symboliquement, l'Absolu ou l'Universel".

Pour ceux familiarisés avec ces deux auteurs, il parait évident que l'intrusion de la géomancie dans le "zoodiaque chimique", si l'on s'en tient à la deuxième orientation mentionnée, n'apporte rien, ou si peu...

Quelques auteurs, principalement dans le sillage de René Alleau, ont disséminé des indications sur cette magie. On en rencontre, "de la même eau" dans d'autres traditions; il en ressort, qu'en définitive, l'Art de Musique (via les nombres) y joue un rôle crucial.

Disons, pour aller vite, qu'il se pourrait que l'impitoyable réincrudation collective actuelle (hypothèse ) nous mette paradoxalement au diapason de modes d'appréhension du réel pratiquées dans la plus haute antiquité (age d'or ? ).

Ce dont il m'interesserait de discuter avec vous, c'est de l'usage de ces "nombres", envisagés à la fois sur leur versant symbolique et "matériel".
La géomancie et le yi-king, pouvant servir de socles. Le tout étant que ça fasse de la musique... du rock binaire au moins.
Voir : un peu de magie... au moins celle résultant de l'échange.

Cordialement
aliboron.

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Re: Cantiques quantiques

Message  Chèvre le Sam 05 Déc 2009, 15:40

Peut-être hors sujet, mais ne serait-ce que pour marquer mon enthousiasme pour ce nouveau fil, je donne ci-après quelques indications musicales : le lien, bien connu, des notes avec les fréquences.

Ce lien remonte à Pythagore, et j'invoque ce haut patronage en guise de circonstance atténuante, si ce qui suit n'a aucun rapport avec le potage, et tombe comme un cheveu sur la soupe primordiale géomantique.

La fréquence, c'est le nombre de battements, ou de vibrations, ou d'oscillations, ou d'occurences, si l'on veut, par seconde. Elle s'exprime en Hertz (en abrégé Hz), voire en kilohertz (kHz) ou megahertz (MHz), ou au-delà, pour les hautes et très hautes fréquences.

Ainsi, le "LA" du diapason actuel est appelé LA 440 (ou A 440 par les anglo-saxons), ce qui signifie qu'il vibre à 440 battements/seconde. Sa fréquence est donc 440 Hz.

Il n'en était pas de même du temps de Bach, par exemple. On considère généralement que le LA de Bach correspond à notre SOL# actuel: le diapason a donc monté, d'1/2 ton en deux siècles environ. Mais en réalité, la question est encore plus complexe qu'il n'y parait... car un beau foutoir régnait sur les fréquences. Entre 1495 et 1953 (date de la Conférence de Londres où il fut fixé à 440 Hz), le LA oscilla (justement...) entre 403 et 563 Hertz !!

J'ignore ce qu'il était du temps de Pythagore... et quels étaient les noms des notes...

Quoiqu'il en soit, il codifia l'échelle des sons à peu près comme ceci : "la hauteur du son est inversement proportionnelle à la longueur de la corde".

Voici, en pratique, ce que ça signifie (vous pouvez faire l'expérience chez vous, si vous avez de la corde Sarcastique )

Tu trouves une corde qui vibre à 1Hz : 1 vibration par seconde. C'est la fréquence du DO.
Si tu la coupes en 2. Ta demi-corde vibre à 2 Hz : c'est encore un DO (le DO à l'octave supérieure).
Tu coupes cette demi-corde en 2 : elle vibre à 4Hz : c'est encore un DO (le DO à l'octave encore supérieure).
et ainsi de suite.

Ainsi, voici les fréquences pythagoriciennes du DO : 1,2,4,8,16,32,64,128,256, 512, 1024, 2048 etc etc...

Fort bien, mais si on coupe la corde initiale en 3 ??

Eh bien, on obtient une corde qui vibre à 3Hz (3 vibrations secondes), ce qui donne un SOL (mais oui...)
Si l'on coupe cette corde de SOL en 2, on obtiendra bien sûr, un SOL à l'octave supérieure... 6Hz
Encore en 2 ? on obtiendra bien sûr, une corde qui vibre à 12 Hz : un SOL à l'octave encore supérieure

et ainsi de suite...

Je vous passe la corde initiale coupée en 4 : c'est la corde coupée en deux et recoupée en deux de tout à l'heure: 4 Hz, c'est un DO.

En coupant la corde initiale en 5, on obtient cette fois 5Hz : un MI
Celle ci coupée en 2 : 10Hz, on obtient un MI à l'octave supérieure.

Notons donc que les premières fréquences, obtenues en coupant notre corde, (ou mieux, sur un instrument, en la pinçant) sont :
1,2,3,4,5,6 c'est à dire:
DO DO SOL DO MI SOL

Les musiciens reconnaîtront là un accord de DO (et les autres prendront deux Dolipranes avec un verre d'eau )

Pour finir cet effleurement d'un trop vaste sujet, voici les 16 fréquences initiales :
1 Hz DO
2 Hz DO
3 Hz SOL
4 Hz DO
5 Hz MI
6 Hz SOL
7 Hz note entre le LA et le SIb (note "blues"?)
8 Hz DO
9 Hz RÉ
10 Hz MI
11 Hz (entre FA et FA#)
12 Hz SOL
13 Hz LA
14 Hz note entre le LA et le SIb
15 Hz SI
16 Hz DO

Et on remarque enfin que les 16 premières fréquences entières donnent tous les tons de la gamme (sauf le FA) : DO RE MI SOL LA SI DO (et même, en rab, deux notes bizarre, entre le LA et le SIb et entre FA et FA# , inconnues au bataillon chez nous, mais en usage dans d'autres musiques utilisant les 1/4, 1/8 ou 1/16èmes de tons).

FA n'est pas donné par le DO, mais en revanche, DO est le premier harmonique de FA (Une corde 3 fois plus longue que notre corde initiale donnerait un FA). On peut presque considérer FA comme "l'ancêtre invisible" de DO, un peu à la manière d'Ouranos et de Kronos.

Enfin, que la fréquence du DO soit justement 1Hz a de quoi surprendre, mais on voit tant de choses étonnantes de nos jours...

Un lien avec la Géomancie ?...

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Géomancie

Message  Montaléchel le Sam 05 Déc 2009, 21:47

aliboron a écrit:H. Coton-Alvart, dans "Les deux lumières" se donne la peine de revivifier un art divinatoire (la géomancie) en proposant une adéquation inédite entre les 16 figures propres à cet art et les étapes du Grand-Œuvre.
Pour les non initiés, un petit détour s'impose par CheminCroisé Wikipedia qui fournit aussi cette cette brève définition :
La géomancie est une technique de divination basée sur l'observation de cailloux ou d'objets jetés sur une surface plane ou posés dans un espace donné. Il peut aussi s'agir d'une divination par l'observation d'éléments disposés dans la nature sans intervention humaine. Les oracles géomantiques sont basés sur une série de figures, chacune composée de quatre lignes de points, pairs ou impairs, placés dans des cases appelées "maisons".
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Via

(La Voie)
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Cauda draconis

(La Queue du Dragon)
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Puer

(Le Jeune Garçon)
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Fortuna minor

(La Fortune Mineure)
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Puella

(La Jeune Fille)
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Amissio

(La Perte)
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Carcer

(La Prison)
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Laetitia

(La Joie)
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Caput Draconis

(La Tête du Dragon)
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Conjunctio

(La Conjonction)
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Acquisitio

(Le Gain)
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Rubeus

(Le Rouge)
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Fortuna Major

(La Fortune Majeure)
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Albus

(Le Blanc)
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Tristitia

(La Tristesse)
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Populus

(Le Peuple)

L'allusion à l'observation de la nature attire évidemment l'attention de l'aspirant alchimiste. Voici les pistes interprétatives que propose Henri Coton-Alvart dans "Les Deux Lumières" (présenté dans la CheminCroisé Thèque) :

VIA est le commencement du processus générateur, en Verseau, signe d'air fixe, signifiant : ciel invariable non soumis au changement. L'eau divine portant l'esprit du Seigneur est versée du ciel. C'est Via, la Voie Lactée, le fleuve de lait qui nourrit l'univers, l'unité dans les 4 éléments. (Voir aussi Mutus Liber, pl. 4,9, 12).
L'esprit vivant change tout ce qu'il touche. De même Via inverse toutes les figures auxquelles on l'additionne, car l'unité avec le pair le change en impair; l'unité avec l'impair le change en pair. Une substance douée de puissance transmutative ne la doit qu'à cet esprit de vie qu'elle doit recéler, faute de quoi elle ne peut que réagir chimiquement de façon passive.

CAPUT DRACONIS et CAUDA DRACONIS sont les deux fonctions continues dans cette eau lorsqu'elle est polarisée, qu'elle a fait paraître sa faculté dissolvante et sa faculté coagulante inverses l'une de l'autre; à la fois léthifère et vivifiante. Le mercure est toujours désigné comme un agent contradictoire qui présente les qualités opposées, tels les Poissons du zodiaque, parallèles et inversés. Tête et queue du Dragon représentent l'agent double, première forme terrestre de Via; Caput (partie volatile) indique que le haut est matérialisé, Cauda (partie fixe) indique que c'est le bas. (Voir aussi Flamel, Figures Hiéroglyphiques : les deux dragons)

ACQUISITIO et AMISSIO sont respectivement le Bélier et le Taureau et représentent le Régime des deux opérations alternées et réitérées. Amissio (Taureau) est la destruction du composé, le dessèchement qui lui fait perdre son esprit, terre fixe, support. Acquisitio rend l'esprit igné à la terre sèche qui en retient une partie et perd ensuite par Amissio ce qui ne s'est pas digéré en elle. Ces figures géomantiques inverses et complémentaires expriment ces deux opérations alchimiques : arrosement/dessèchement; vivification/mortification; gain/perte. Le régime de toute la vie est identique : alimentation/excrétion, aspir/expir, veille/sommeil, chaud/froid, etc.
NB: La sommation géomantique de Acquisitio et Amissio donne Via.

PUELLA et PUER sonnent comme les Gémeaux : les deux natures, féminine et masculine à l'état d'origine, mercure et souffre. C'est de leur mariage que naîtra le Rebis (du latin "res-bis" = chose double), ovule fécondé apte à se développer en embryon vivant et qui deviendra la Pierre Philosophale.
NB: La sommation géomantique de Puella et Puer donne Conjunctio.
Puella provient de la sommation de Caput Draconis et Fortuna Minor, qui est l'argent.
Puer provient de la sommation de Cauda Draconis et Fortuna Major, qui est l'or

FORTUNA MINOR (argent, lune métallique, Cancer) et
FORTUNA MAJOR (or, soleil métallique, Lion) sont les corps parfaits, mais morts, dont la vitalisation donnera le corps vivant métallique. La tête et la queue du dragon sont donc les deux formes de l'Agent; les deux Fortunes sont les deux formes du Patient. Fortuna Minor et Fortuna Major, ou métaux parfaits, sont à la fois les sources de la matière de la Pierre et les aboutissants de la transmutation, chaque chose engendrant son semblable.

TRISTITIA et LAETITIA sont les deux grandes phases de la gestation. Mort et résurrection. Trititia est la mort du composé, la noirceur consécutive à la conjonction de Puella et Puer. C'est la terre noire (al kymia) du tombeau qui purge le composé de sa tache originelle. C'est le corbeau que Noé lâcha de l'arche à la fin du déluge, et qui y retourna parce que la noirceur revient tant que la terre n'est pas sèche. Tristitia est l'épreuve du purgatoire d'où sort enfin la terre blanchie; Laetitia, la terre vierge, feuillée, la colombe que Noé lâcha après le retour du corbeau et la dessiccation des eaux; et qui revint avec la verdeur de la vie végétative dans son bec. Laetitia est la résurrection après la mort; c'est la terre spiritualisée dans laquelle, suivant le principe des Sept Chapitres d'Hermès, on doit semer l'or. Ces deux figures sont du signe de la Vierge : Tristitia la Vierge des Douleurs, Laetitia la Vierge en Assomption dans sa remontée au ciel en esprit et en corps. La Vierge est donc bien le signe de terre double, terre qui signale les deux événements de la cuisson de la Pierre : Noircissement et Ablution.

CONJUNCTIO et CARCER sont les deux condition (l'active et l'instrumentale) de la confection du Rebis. Cette conjonction n'est ni instantanée ni facile, exigeant des proportions précises. La Balance (signe vénusien) règle les poids et les durées pour la conjonction entre des mariés dont il faut éveiller l'affinité endormie. Carcer est la prison, le vaisseau où sont emprisonnés les conjoints, le lit nuptial. C'est le récipient qui contient le composé, mais c'est aussi la substance de base, le milieu où sont réparties les deux natures en conjugaison, jouant le rôle de dissolvant commun. Le vaisseau est réputé tenu à une chaleur continuelle tout le temps de la coction. Cette chaleur n'est pas celle que fournit la combustion, c'est une chaleur venue du vaisseau lui-même, analogue à la chaleur de la chaux vive. Le vaisseau, parfois appelé fourneau secret (Lulle), est comme l'œuf couvé par la chaleur de la poule. Carcer se rapporte au signe du Scorpion, signe d'eau fixe (eau non circulante, captive)
NB : Conjunctio provient de la sommation de Puer et Puella.

ALBUS et RUBEUS sont les deux états définitifs, et non plus de transition, de la Pierre Philosophale. La noirceur de Tristitia et la première blancheur de Laetitia étaient des signes démonstratifs de la bonne marche de l'opération. La deuxième blancheur d'Albus et la rougeur de Rubeus sont les signes démonstratifs de la perfection atteinte à ces deux degrés : perfection lunaire pour l'argent, perfection solaire pour l'or. Ce sont les deux ferments, les feux pénétrants, les teintures transmutatives, brûlant l'impur du métal et lui donnant la forme parfaite, ce qui les rattache au Sagittaire, le signe de feu double.
NB: La sommation de Albus (Pierre au blanc) et de Cauda Draconis donne Fortuna Minor (argent).
La sommation de Rubeus (Pierre au rouge) et de Caput Draconis donne Fortuna Major (or).

POPULUS, le grand nombre, correspond à la multiplication. C'est la corne d'abondance (Capricorne).
NB : Populus est la sommation géomantique de Via et… Via !

D'après Les Deux Lumières, H.Coton-Alvart, Dervy, 1996
La règle de sommation géomantique correspond à la logique binaire suivante :
1 et 1 donnent 2
1 et 2 donnent 1
2 et 2 donnent 2

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Yi-King

Message  Montaléchel le Dim 06 Déc 2009, 20:34

aliboron a écrit:Il mentionne certes que les anciens chinois, combinant nos 4 éléments (Yi-King) en suivant les puissances de deux se sont arrétés, plus avant, à 64 figures
D'accord, en gros; avec une petite nuance cependant, car le système taoïste ne se conçoit pas au départ des 4 éléments de l'alchimie occidentale (Terre, Eau, Feu, Air), mais procède d'un système à 5 éléments (Terre, Eau, Feu, Métal, Bois). Par contre, il y a bien une logique binaire dans le Yi-King, mais pour une autre raison.

Le Yi-King a son origine dans la philosophie du Tao. Tout part de l'Unité. Pour se manifester, l'unité se bipolarise, d'où découle une conception binaire du monde manifesté : haut/bas, chaud/froid, sucré/salé, fort/faible, masculin/féminin, source/réceptacle, gauche/droite, avant/arrière, donner/recevoir, pousser/tirer, blanc/noir, etc. La représentation ordinaire est le cercle mouvant, le taï ji.

Mais cette dualité peut aussi se représenter par de simples traits épais :
▄▄▄▄▄▄▄ (Yang) et ▄▄▄▄▄▄ (Yin)

De la dualité nait la complexité, d'abord par re-polarisation intermédiaire : entre ce qui est "très yang" et ce qui est "très Yin", il y a "ce qui est fortement yang mais avec un peu de yin", et "ce qui est très yin mais avec un peu de yang", ce qui se représente comme ceci :
▄▄▄▄▄▄▄
▄▄▄▄▄▄▄ Très yang

▄▄▄▄▄▄
▄▄▄▄▄▄▄ Plutôt yang

▄▄▄▄▄▄▄
▄▄▄▄▄▄ Plutôt Yin

▄▄▄▄▄▄
▄▄▄▄▄▄ Très Yin

En rajoutant des nuances, on finit peu à peu à tendre vers une infinité de combinaisons qui expriment la richesse des formes et des situations rencontrées dans le monde manifesté. Le cas le plus fréquemment exposé est celui des trigrammes, ou Pa Koua de Fou Hi, qui expriment déjà un peu plus de nuances :


Mais il n'y a pas lieu d'en rester là ! L'univers se décline à l'infini, et n'est pas limité à 8, 16, 32, ou 64 figures !
CheminCroisé http://www.afpc.asso.fr/wengu/wg/wengu.php?lang=fr&l=Yijing
Les 64 hexagrammes (qui portent des noms) ne sont qu'un aboutissement provisoire. C'est comme la fin d'un exposé didactique, certes, mais qui suppose que l'étudiant, ayant alors compris le système, peut désormais, de lui-même, aller plus loin dans sa compréhension de l'univers. A côté de cela, comme le dit Coton-Alvart, oui, il y a bien une utilisation de ces 64 symboles dans le cadre d'un système divinatoire, mais il me semble qu'il s'agit là d'une application particulière d'une approche plus fondamentale de la structure du monde manifesté, un peu comme les cartes du tarot servent aussi à fournir des clés interprétatives à des gens angoissés par l'incertitude de leur avenir, mais ce n'en est pas la fonction première.

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Re: Cantiques quantiques

Message  Charly Alverda le Dim 06 Déc 2009, 21:04

Bonjour

J'en profite pour rappeler ici que dans le Tarot les deniers désignent l'élément terre, par le Valet. La science de la terre (et des choses cachées) est esquissée par les figures VIA et POPULUS (8 de Deniers), CARCER (6 de Deniers) et ALBUS et RUBEUS (7 de Deniers), hautement illustratives du processus alchimique dans son résumé.

Cordialement,

C...a

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Re: Cantiques quantiques

Message  Henri Schersch le Dim 06 Déc 2009, 22:36

Pythagore a écrit:L'Évolution est la loi de la Vie
Le Nombre est la loi de l'Univers
L'Unité est la loi de Dieu
Impossible d'évoquer la mystique des nombres sans aborder le pythagorisme.

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Re: Cantiques quantiques

Message  Charly Alverda le Lun 07 Déc 2009, 00:02

En effet Henri !
Hé hé ! les séries des tarots sont éminemment pythagoriciennes avec les Epées qui n'apparaissent que dans les cartes impaires des séries, celles-ci commençant d'ailleurs par le nombre 2.

Cordialement,

C...a
Calcédoine : Cette intervention a engendré le
fil CheminCroisé Les cartes du Tarot "Les épées" dans la
section CheminCroisé Sujets connexes :: Symbolisme.

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Re: Cantiques quantiques

Message  aliboron le Lun 07 Déc 2009, 02:54

Bonjours à tous,

En particulier à Montaléchel, pour avoir pris soin de poser charitablement quelques bases, et rectifier mes imprécisions.
En effet, difficile de supposer que H.C.A. ait ignoré que pour le taoisme, il y avait cinq éléments. Sa collaboration étroite avec le docteur Emerit (ouvrage : "L'acupuncture traditionnelle; où sa contribution est sans cesse rappellée) en témoigne.

J'en profite pour signaler qu'en sa préface (p. XXXI à XXXIII) Emerit fait une longue citation de Schwaller... avant de finir par Paracelse.
A noter aussi (en passant) qu' Isha, épouse de Schwaller, dans "L'ouverture du chemin", s'interresse de près à ces "chinoiseries"... et que Paracelse n'est jamais bien loin. Et, cerise sur le gateau (honorable Arcana...), R. Godel y est cité .

Celà dit, H.C.A. dit bien :
"L'ancien sage Fou-Hi pose une baguette. Elle représente l'Unité. Il la rompt. Le Un est devenu Deux sans que rien ne soit entré ni sorti : la baguette est la même, ses deux extrémités sont seulement individualisées.
Développant son principe, Fou-Hi pose un étage supérieur et un étage inférieur. Quatre possibilités apparraissent. Elles correspondent à nos quatre éléments".

S'ensuivent donc le "très yang", "le plutôt"; le "très yin" et son "plutôt". Etc...

Montaléchel dit : "Mais il n'y a pas lieu d'en rester là ! L'univers se décline à l'infini, et n'est pas limité à 8, 16, 32, ou 64 figures ! Les 64 hexagrammes (qui portent des noms) ne sont qu'un aboutissement provisoire. C'est comme la fin d'un exposé didactique, certes, mais qui suppose que l'étudiant, ayant alors compris le système, peut désormais, de lui-même, aller plus loin dans sa compréhension de l'univers."

Je ne suis pas de cet avis; de fait, on constate qu'en alchimie interne (ou, "laborantine") les taoistes utilisent un nombre très réduit d'hexagrammes. Une dizaine tout au plus...
Alors que "tout étant dans tout" (et réciproquement) dans votre perspective un brin "scientiste", on pourrait supposer que ce Grand-Oeuvre réquisitionne des infinis... (indéfinis plutôt, dirait Guénon)

Ce n'est pas pour rien, je pense que H.C.A. inaugure son exposé en mentionnant une "baguette". On sait que pour tirer le Yi-king il en faut 50.

Wang Bi (grand ancètre...) dit : " Le nombre de la Grande immensité est 50; on n'en utilise que 49 et l'Un n'est pas utilisé. Il est utilisé en tant que non-utilisé et par là est présence universelle, il est nombre en tant que non-nombre, et par là accomplit le Taiji du Yi-king. 49 se rassemble en Un et se disperse en 49, et ainsi le Taiji est présent à l'intérieur".

Ceci juste pour rappeller que pour ces taoistes, les nombres sont des emblèmes (voir les recherches de M. Granet). Symboles, si l'on préfère mais au sens le plus rigoureux du terme : ils sont à la racine aussi bien du manifesté que de ce qui se passe en coulisse. Derrière le rideau de feu... Donc, 50 plutôt que 64.

De plus, l'addition est rédibitoire; 1X1X1X1X1.... (H.Corbin en a charitablement disserté) convient mieux à notre sujet.

H.C. A-grippa, (dans un enthousiasme qui n'aurait pas déplu à G. Bruno) dit même : "Les véritables caractères des cieux, c'est l'écriture même des anges (...)"; ce, dans un court chapitre consacré justement à la géomancie.

Lao Tseu disait quant à lui :
"Vague ! Insaisissable !
Au centre, il ya des Images.
Profond ! Obscur !
Au centre, il y a des Essences, des Essences très réelles... "

Honnètement, je ne sais pas quoi en penser, les ayant trop peu fréquenté; ça me rappelle juste qu' en contrées islamiques, les géomanciens ont souvent affaires avec les djinns... au moins.

Qu'est-ce qu'une image ?

Andreb, auteur de "A la découverte de la géomancie", titre d'une modestie frisant l'ironie ... (laquelle découverte est curieusement soutendue par l'Apocalypse de saint Jean... Encore !) va en apparence dans votre sens, cher Montaléchel, losqu'il dit : " Sur 16 lignes de points pairs ou impairs, on peut former 2 puissance 16 = 65536 figures. (...). Système à 65536 Figures de 16 lignes. (...). Elle est donc (la géomancie) un système extrèmement complexe et laisse loin derrière elle celui du Yi-king avec ses 64 figures seulement."

Et, dans dans les pas d'Agrippa, il conclut par " Ces 65536 Figures sont le ciel du géomancien. Leurs points sont des étoiles, simples ou doubles, elles sont donc, en fait, des constellations; c'est l'ensemble de toutes ces constellations qui forment le "rond", sorte d'immense roue céleste".

Mais, dans ce même chapitre, après avoir envisagé négativement la superposition géomancie-astrologie, il en retient néanmoins que si affinités il y avait, elles concerneraient la figuration ancienne des Maisons astrologiques, en "champ écartelé". Il fait remarquer qu'en cette réprésentation carré, chacune des maisons représentent un seizième de la surface totale, et non un douzième... H.C.A. (en son "zoodiaque planétaire") en profita, sans scrupules traçant les diagonales du fou en carré central pour y placer ce qui s'imposait.

Puis, comme s'il ne savait plus trop où caser ses 65536 figures, Andreb finit le chapitre avec 8 maisons, habitables par seulement 8 figures... (judicieusement mises en parrallèle avec l'haruspicine étrusque ), en dissertant sur la "voie du point" qu'il compare à la voix de la foudre chez les étrusques... Ce, en soulignant "l'extrème importance" de cet élément de jugement.

On sent que R. Alleau n'est pas loin. (Voir dans sa "Science des symboles", le chapitre "symbolique du cosmos").
Il y dit, entre autre (après avoir disserté sur les étrusques), ceci à propos du Yi-king: "Considérant cependant l'importance essentielle de ce "dépot" traditionnel dans la civilisation chinoise et son intéret assez évident pour la culture humaine, en général, puiqu'il témoigne d'une capacité d'abstraction et d'une "économie de pensée" qui ont retenus l'attention d'éminents mathématiciens et savants modernes, on est en droit de se demander si l'on ne se trouve pas en présence d'un "code universel" témoignant d'une logique toute différente de la notre et dont la symbolique générale peut contribuer utilement à éclairer les opérations et les structures".
(Cest bibi qui souligne).

Montaléchel dit : "A côté de cela, comme le dit Coton-Alvart, oui, il y a bien une utilisation de ces 64 symboles dans le cadre d'un système divinatoire, mais il me semble qu'il s'agit là d'une application particulière d'une approche plus fondamentale de la structure du monde manifesté"

Là non plus, je ne vous suis pas; il me semble au contraire que pour les taoistes en général, et les "protos-chinois" en particulier, la notion de "structure du monde manifesté" (au mieux platonicienne...) est impensable et, impensée. Bénéficiant, dans leur "primitivisme", d'une sorte d'age d'or (rugosités inclues...bien sur), on peut supposer que pour eux, (ceux qui ne pioncent pas) "le samsara est le nirvana"... "le crée, l'ornement du Vide".
D'où, comme s'attache à le décrire mon inévitable R. Alleau, ce penchant archaîque pour le sol, le lieu, la rose des vents et la magie en rapport... et j'en passe.
Au détriment de la theoria platonicienne, ficinienne, et de tout ce qui s'y loge hors de portée... et une chute plus loin : la Science....
Soit, la traduction paysanne (ou pastorale) de l'ici et maintenant. Lieu idéal d'observation !

A ce propos (magique ?), je profite de cette tribune pour rappeller qu'en la revue Arkall (disponible sur le net, on trouve un article d'un dénommé Eliel.
"Considérations libres sur Saint-Jean, les écrits qui lui sont attribués et le vocabulaire alchimique".
La première page est effectivement consacrée à St. Jean; les deux autres, plus opératives, (comme on dit sur certains forums ) aux techniques alchimiques de nos proto-chinois.
Mon esprit étant toujours aussi confus, je ne me rappelle pas du numéro de la revue; mais ça vaut le détour.... Al-Kindi et son traité des rayons ne sont pas loin.

Par ailleurs, cher camarade Chèvre, étant une quiche question accoustique (comme je te le l'avouais ailleurs), je potasse avant d'oser te répondre. Notamment un bouquin d'un dénommé Manfred Kelkel, intitulé "Musiques des mondes", où ce dernier se fend d'un chapitre alléchant : Rythmique générative et géomancie. Si j'en ressors moins bête, j'interviens...

Cordialement
aliboron.

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Re: Cantiques quantiques

Message  Charly Alverda le Lun 07 Déc 2009, 22:21

Bonjour

C'est toujours un grand plaisir de lire Aliboron, dont le style ne cède rien à l'érudition, fond et forme toujours équilibrés !

Je relève ceci :

" H.C. A-grippa, (dans un enthousiasme qui n'aurait pas déplu à G. Bruno) dit même : "Les véritables caractères des cieux, c'est l'écriture même des anges (...)"; ce, dans un court chapitre consacré justement à la géomancie. "

Or ! L'alchimie à l'époque d'Agrippa était qualifiée "d'astronomie inférieure", en ce sens (analogique) que les minéraux et métaux étaient les astres d'en-bas. L'anthropologie a fait la découverte, merci Philippe Descola, qu'il n'y avait que 4 façons de voir l'homme et sa relation à la nature.

“ L'intériorité est ce qui donne animation et conscience à la personne, on la connaît par ses effets et on peut la déceler chez des existants non humains. La physicalité, c'est la dimension matérielle, organique, des existants humains et non humains : la forme extérieure, les fonctions biologiques...
“ Il n’ y a que quatre façons de voir les relations entre existants, Si un homme considère qu'un élément du monde lui ressemble par l'intériorité mais diffère par la physicalité, il est dans un système animiste, si cet élément diffère de lui par l'intériorité et lui est semblable par la physicalité, c'est le naturalisme. S'il est semblable sur les deux plans: c'est le totémisme. S'il est différent sur les deux plans, c'est l'analogisme.... “ (Par delà nature et culture)

Il est ainsi possible de comprendre que les anciens chinois, avec les 10 000 essences, fonctionnaient comme Agrippa et Paracelse. L'universitaire Pierre Béhar dans son livre : "Les langues occultes de la Renaissance" a démontré que se servir du système de pensée d'Agrippa comme "grille de lecture" des oeuvres de la Renaissance, permettait de comprendre le talisman de Catherine de Médicis, l'oeuvre de Nostradamus ou la fonction du Cabinet de curiosité de Rodolphe II.
Il ne s'agit que d'utiliser le mode de raisonnement analogique, ce qui est maintenant à la portée du premier velu.

Cette modeste contribution, de ma part, pour donner une nouvelle "perspective", à ceux qui lisent les textes ou images des 15è et 16è siècle, voir plus pour l'achimie, avec les yeux des naturalistes de notre époque.

A propos de cette assertion : "l'addition est rédibitoire; 1X1X1X1X1".
Nous avons affaire à des nombres et non à des chiffres (qui en effet additionnent des quantités). Il y a qu'un nombre (appelé "as" pour les 4 "éléments" du Tarot, et mieux à l'époque : AZ), les autres "nombres" ne sont que les symboles des rapports à l'Unité, des fractionnements de celle-ci. C'est donc chinois à comprendre !

Cordialement,

C...a


Dernière édition par Charly Alverda le Lun 07 Déc 2009, 22:24, édité 1 fois (Raison : coquille)

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Re: Cantiques quantiques

Message  aliboron le Ven 11 Déc 2009, 23:10

Bonjour à tous,

Et à Charly en particulier que j'ai plaisir à retrouver.

La quaternité des modes cognitifs mise en lumière par ton cher Ph. Descola (lequel a le génie de ne pas les mettre en compétition... Enfin !) me rappelle fortement un article de R. Alleau, intitulé "la sortie d'Egypte", où il dégage une quaternité voisine.
Je vais le citer d'abondance, vu qu'il me semble apporter de l'eau à nos moulins... y compris étrangement à celui de Chèvre, plus haut sur ce fil, clignotant sur le nombre 16.

"(...) toute science est fondée sur des relations établies par l'intelligence entre deux ou plusieurs systèmes de concordance des coordonnées. L'univers ne peut constituer un système de lois que si les phénomènes répondent à des réseaux rationnels, filtrés et constitués par des opérations logiques capable de relier l'observation des successions phénoménales à l'abstraction de leurs relations causales.


Sans doute pourrait-on supposer que cette intelligence serait celle d'un être réel, infiniment supérieur à l'homme, et capable de fonder la matérialité des choses en même temps qu'il les relierait intellectuellement entre elles.
Cet a priori ontologique a été celui de la philosophie religieuse classique mais, depuis Kant, la philosophie scientifique moderne lui a préféré un a priori épistémologique. C'est ainsi, par exemple, que les théories cosmologiques d'Eddington et de Milne sont entièrement déduites de principes épistémologiques a priori.
Partant de ceux-ci; à l'aide de définitions relatives à la seule méthode scientifique, on se propose non pas de découvrir la structure "en soi" de l'univers mais seulement la façon dont l'intelligence humaine se propose d'analyser et de concevoir cette structure.
Eddington s'exprime fort clairement à ce sujet : " Nous devons maintenant montrer, dit-il, non pas qu'il y a n particules dans l'univers, mais que quiconque accepte certains principes élémentaires de mesure, doit, s'il est logique avec lui-même, croire qu'il y en a un tel nombre."

C'est pourquoi Eddington, dans sa "Théorie fondamentale", soutient que l'idée même de mesure implique nécessairement une structure déterminée de la pensée humaine qui, lorsqu'elle est appliquée à l'analyse des forces naturelles, produit pour ainsi dire automatiquement la forme des lois quantitatives de la gravitation, de l'électromagnétisme, etc.
Selon Eddington, toute mesure met en jeu quatres entités, deux pour la mesure de l'observable, deux pour l'étalon auquel il est comparé. Par exemple, pour une longueur (de corde ? ), il est nécessaire d'associer les deux extrémités de celle-ci au moins à deux marques sur une règle, en sorte que toutes nos mesures physiques ne sont, en fait, que des lectures de repères.

L'importance du quaternaire conceptuel en tant que forme imposée absolument à toute métrique possible conçue par notre intelligence et répondant, en quelque sorte, à la structure même de notre pensée, n'est pas moins évidente dans la théorie de la relativité générale : " On fait correspondre, dit Einstein, à l'ensemble des événements quatres variations spatiotemporelles X1, X2, X3, X4, de telle sorte qu'à chaque point-événement corresponde un système de valeurs des variables de X1, X2, X3, X4."

Eddington soutient que l'entité intellectuelle primordiale ne possédant que l'attribut d'existence ou bien de non-existence, la quantité mesurable fondamentale est nécessairement déterminées par quatres entités extrèmes dont les attributs d'existence sont, en principe, indépendants. Toutefois, cette quantité n'existe qu'à la condition que ces quatres entités existent toutes ensemble. De là, Eddington déduit un type d'algèbre "linéaire associative" qui compte seize opérateurs numériques fondamentaux à partir desquels on peut concevoir le motif structural des lois principales de la physique."

Sans pour autant suivre Eddington dans ses considérations simplistes (et velues...) sur l'intellect primordial, il me semble toutefois que cette algèbre linéaire associative se voit idoinement figurée par le mode des génération des figures géomantiques, et, (un "monde" plus loin) par celui des hexagrammes du Yi-king. Fractal à souhait... tout ça !

Quaternaire que l'on retrouvera, sur un autre versant de la réalité, chez le C. G. Jung de la "Réponse à Job", et qui lui valu une (seule) réponse... par Henri Corbin. Mais, c'est une autre facette de notre pierre (cubique), qu'il serait trop long d'inaugurer maintenant, vu qu'elle nous entrainerait loin du coté de l'Ame du monde... eaux supérieures desquelles jaillit dans le cerveau d'Agrippa, puis de Ficin, le concept de spiritus mundi...

Qu'est-ce qu'une idée ?

Pour en revenir, l'air de rien, à l'éventualité d'une "réincrudation" collective nous mettant en phase avec certaines appréhensions du monde anté-diluviennes, et qui superposerait (de façon inversée et croisée...) à notre moderne labyrinthe cognitif celui de ces lointains ancètres je note ceci, en vrac :

--- avant le 16, il y a le 8... que la tradition indoue (pour laquelle le nombre seize est synonyme de totalité...) associe aux nâgas, équivalents de nos vouivres et dragons.
Huit, car terre + eau = 4+4 = 8. Comme pour les vents de la rose.

Eléments à considérer en leur dimension philosophale, of course... et dans leurs accointances avec un certain "chaos primordial"...

Or ces nâgas, obstinément sous les eaux ou, dessous-terre comme nos vierges noires, sont les "gardiens" de la quintessence des voies reli-gieuses indiennes et tibétaines. Voir, leur emblème, orouborique...

Lilian Silburn, en préface à "La kundalini", rappelle que leur prototype est l' Ahirbudhnya que célèbre les Védas, et dont le culte était associé à la vénération des plus anciennes divinités (ancètres invisibles du DO , dirait Chèvre...).
Puis après avoir évoqué la science secrète liée à ces "dieux inconnus" (voir leurs homologues étrusques, ou Cabires dont disserta abondament Alleau in "Aspects de l'alchimie traditionnelle"), elle s'étend sur les effets de cette science générant une béatitude propre à la fusion de la vie de l'instinct et de la vie intérieure et mystique.

"Ainsi virya, puissance en acte, couvre toutes les formes de l'efficience et anime toutes les ferveurs, qu'elles soient amoureuses, artistiques ou mystiques."

"Telle est l'essence de l'énergie de la kundalini, source de tous les rythmes de la vie; ce qu'elle engendre n'est que rythme, aucun niveau ne lui échappant. C'est dans la perspective de ce frémissement divin dont elle est l'expression privilégiée et qu'elle reproduit à tous les stades qu'il faut la situer pour comprendre le rôle qu'elle joue dans l'homme et dans l'univers".

"Ainsi l'énergie kundalini n'est que vibration, ondulation vibrante de l'émanation, vibration de plus en plus subtile de la résorption, vibration de haute fréquence. Les physiciens mettent actuellement à jour l'importance de la vibration et son rôle fondamental comme principe d'unité."

Bref, il y a une prophétie dzogchen disant que notre époque (terminale, à leurs yeux) verra l'accomplissement de cette voie... quintessentielle.
Ou, plus près de chez nous, et en conséquence, sur un mode plus "tragique", L. Lallement ("La vocation de l'occident") disait de cete dernière vocation :

"... alors commencerait la quête des trésors de la terre, autre phase du Grand Oeuvre des dernier Temps, dont le vrai but, vite oublié, devait être de tout ramener, quand refleurirait la Rose, dans le filet d'or du grand Pécheur".

Art de musique tout ceci ?

Henri Michaux, poète s'il en est, parlait de l'ame comme "musicienne de la vérité"... Peut-être, considérer cette proposition comme ligne de partage des eaux... entre souffleurs et adeptes ?

On n'entend pas beaucoup de musik ces temps-ci... Sauf peut-être grace à Mr F. Trojani (aux éditions Dervy, "L'homme électromagnétique").


Par ailleurs, cher Charly, je soumets à ton attention une remarque d'Andreb (auteur d' "A la découverte de la géomancie") qui tente une passerelle "eddingtonienne" ... entre le Tarot et le dit "16". Peut-etre l'as-tu déjà relevé... et cogité ?



"Il faut noter que s'il y a un groupe de seize figures en géomancie, il y a aussi un groupe de seize figures dans le Tarot. En effet, les 56 arcanes mineurs, (...), se divisent en 4 groupes : sceptres, coupes, bâtons, deniers. Chacun de ces groupes de 14 cartes contient 4 personnages : rois, reines, cavaliers, valets, soit 16 personnages que l'on peut imaginer correspondre aux 16 figures de la géomancie. Si l'on ne voit guère sur quoi s'appuyer de façon certaine pour attribuer telle Figure à tel personnage, il n'en reste pas moins qu'une correspondance entre eux ne peut pas ne pas exister, par le seul fait qu'ils sont 16 en tout et pour tout dans la géomancie comme dans le Tarot qui ont en commun le même but, explorer le Monde."

Cordialement

aliboron.

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Re: Cantiques quantiques

Message  Abbé+Pierre le Dim 13 Déc 2009, 11:11

Le romancier populaire Bernard Werber nous propose une clé de décodage symbolique des chiffres axée sur le graphisme de ceux-ci. Elle trace un parallélisme entre les nombres et les niveaux de conscience des êtres.

Règles de base :
- une ligne horizontale signifie l'attachement
- une courbe est le signe de l'amour
- une croix marque un carrefour ou une épreuve

Décodage :
. . . . . . . . . . . .
Rien encore n'est manifesté.
Tout est potentiel.
C'est une courbe infinie : l'amour est infini, mais la courbe boucle sur elle-même, et l'amour ne s'exprime pas.
Ce niveau de conscience ne nous est pas perceptible, puisque non manifesté.
. . . . . . . . . . . .
Le minéral.
Un trait vertical.
Pas de trait horizontal, donc pas d'attachement.
Pas de courbe non plus, donc pas d'amour. La pierre n'est liée à rien et n'aime rien.
Pas de croix, donc pas d'épreuve.
On est juste dans le début de l'aventure de la matière. Juste la matière inerte.
. . . . . . . . . . . .
Le végétal.
La vie commence. Le trait horizontal en bas signifie l'attachement de la plante au sol. Elle ne peut bouger, fixée à la terre par sa racine. La courbe supérieure signifie l'amour qu'elle porte au ciel, au Soleil, à la lumière. Elle est liée au sol, aimant le ciel.
. . . . . . . . . . . .
L'animal.
Deux courbes. Il aime le ciel, il aime la Terre, il n'est fixé ni au ciel ni à la Terre. En fait l'animal c'est la bouche qui embrasse sur la bouche qui mord. Il n'est que pure émotion. Il ne vit que dans la peur et le désir. Sans attachement.
. . . . . . . . . . . .
L'homme.
Le croisement.
Le carrefour entre l'animal 3 et la phase supérieure qui est :
. . . . . . . . . . . .
L'homme conscient.
C'est l'inverse du 2. Une barre en haut signifie qu'il est lié au ciel, une courbe en-dessous montre qu'il aime la Terre. Il plane et observe l'humanité avec recul pour la comprendre et l'aimer.
. . . . . . . . . . . .
L'ange.
Une courbe d'amour montant vers le ciel en spirale.
Il est pure spiritualité.
. . . . . . . . . . . .
L'apprenti dieu.
Une croix. Encore un croisement. Visuellement, c'est presque l'inverse du 4.
L'apprenti dieu est le carrefour entre l'ange et le niveau au-dessus.
. . . . . . . . . . . .
Le dieu infini.
Une courbe d'amour qui n'en finit pas de se torsader, mais qui tourne en rond, sans monter ni descendre.
Le 8 a la même forme que l'infini tel que perçu par l'homme, à l'exception de son orientation verticale (infini spirituel) et non horizontale (infini matériel)
. . . . . . . . . . . .
Le dieu créateur.
Une spirale, inverse du 6 (l'ange). Un pur amour qui ici ne monte pas, mais descend du ciel sur la Terre.
Un apprenti dieu devenu maître dieu, prêt à manifester son amour infini dans un univers à créer, d'abord potentiellement (10), puis manifesté dans le minéral (11) qui évoluera en végétal (12), animal (13)…

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H. C.-A. -- Les Deux Lumières - page 105 - Zodiaque planétaire

Message  Chèvre le Mer 23 Déc 2009, 18:55


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H. C. A. "The Judge"

Message  Chèvre le Mer 23 Déc 2009, 20:52



And now you have the whole Figure of true judgement constituted according the true and efficatious reasons, whereby I shal shew you how you shall compleat it: the Figure which shall bee in the first House shall give you the signe ascending, which the first Figure sheweth; which being done, you shall attribute their signes to the rest of their Houses, according to the order of the signes; then in every House you shall note the Planets according to the nature of the Figure & then from all these you shall build your judgement according to the signification of the Planets in the signes and Houses wherein they shall be found, and according to their aspects among themselves, and to the place of the querent and thing quesited; and you shall judge according to the natures of the signes ascending in their Houses, and according to the natures and proprieties of the Figures which they have placed in the severall Houses, and according to the commisture of other Figures aspecting them: The Iudex of the Figure which the Geomancers for the most part have made, how it is found in the former Figure.

Henri Cornelius Agrippa

extrait de On Geomancy (une partie du Fourth Book of Occult Philosophy)



... mais qu'est-ce qu'ils sont nombreux, ces H. C. A. ?!

Chèvre

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Re: Cantiques quantiques

Message  aliboron le Jeu 24 Déc 2009, 01:53

Bonjour à tous,

Vu que Chèvre vient de remettre une pièce... jaune (radin ? ) dans la machine, je me sens obligé de l'animer un peu. Et du coup, c'est Mr Werber qui va trinquer... gentiment vu que j'ai jadis pris du plaisir à ses fictions.

"Dieu écrit droit avec des lignes courbes". (proverbe portugais), et Kandinsky faisait l'inverse dans ses oeuvres malgrè "Point, ligne, plan"; mais là... je suis perplexe !

Un test de Rorchach qui aurait mal tourné ?
Un énéagramme égaré, étalé sur une autoroute pavée comme l'enfer de bonnes intentions ?

Peut-être un effet secondaire de cette "liberté" qu'à la suite des avant-gardes artistiques, tout le monde s'accorde à présent. Or, je crains qu'en art comme ici, faute de génie, mieux vaut innover dans le cadre qu'à coté.
Ce que je persiste à commettre, fidèlement si possible, au risque de froisser encore quelques "libertés".

Les symboles, et Dieu sait si les chiffres en sont, sont certes une partition qu'il convient de re-jouer en phase avec notre présent, mais il vaut mieux faire ses gammes avant; laborieusement, traditionnellement en attendant mieux
Bref, je ne dis pas que c'est nul, (c'est pas ma vocation) mais suffisamment hors sujet pour que le peu de justesse contenu serve l'erreur, plutot que l'inverse.

Supposons un instant, comme Mr Werber, que le graphisme de nos chiffres romains soit un bon support à révélations "métaphysiques".
Donc, qu'en quelque sorte, il nous soit "révélé"...malgré l'usage déplorable, quantitatif à outrance, que l'occident en fait.

J'ose supposer que ça se serait su, et qu'on en aurait eu quelques échos dignes d'intérêt. Manque de bol, mis à part quelques délires maçonniques ou magick mieux bricolés mais plus tordus, on n'a que Werber !!!

Notons aussi le fait, qu'hormis quelques rares attardés (dont mézigue et vous autres), la révélation en question ne toucherait pas grand monde. D'autant plus que le mode d'emploi n'a pas été livré avec...

Il y a de quoi se poser des questions (insolentes) sur l'état de santé mentale de l'Intelligence agente... Compassion à revoir...?

Mais surtout, quid alors des graphismes antérieurs, (fort différents coté horizontales, courbes et croix; plus le reste...) pourtant matrices de ce dernier ?
Lesquels furent "proposés" à des civilisations autrement plus omnubilées par les Signes que la notre...
Moins méritantes, question révélations ? C'est vache !!!

De fait, en dernière analyse, (je vous passe les innombrables mutations formelles en cours de route) l'origine de notre notation numérique remonte aux chiffres nâgari indiens; la variante la plus régulière graphiquement étant la dénommée devanâgari, "écriture des dieux".
Soit, mais le moins que l'on puisse en dire, graphiquement parlant, c'est que Werber n'y retrouverait pas ses "règles de base", encore moins ses dieux à lui.

Il y a bien eu, jadis, quelques "révélations" semblables sur notre alphabet latin, en sa forme actuelle, notemment à la renaissance, mais le transfert de sens était inverse. Comme pour étayer l'usage "diplomatique" (hermétique) du français.
Trop polyglottes ces ancètres pour oser croire que ce graphisme tomba ainsi du ciel ou de l'inconscient collectif.


Il est vrai, qu'à la suite de G. Ifrah, (auteur d'une monumentale "Histoire universelle des chiffres") :
"On ne sera pas surpris d'observer que certaines unités numériques ont été représenté presque partout au moyen du même chiffre, tel le nombre "un", que l'on trouve figuré d'une manière quasi universelle au moyen d'un trait vertical; le nombre "cinq" est lui aussi bien souvent, quoique d'une manière moins répandue, représenté par une sorte de V diversemnt orienté, le nombre 10 par une sorte de X ou de trait horizontal, etc..."

Mais, on se rend vite compte, ne serait-ce qu'en feuilletant sa somme distrairement, que malgrè quelques similitudes lointaines, les différences graphiques restent considérables.


Et le bon sens (à défaut d'inspiration) veut qu'en la matière on regarde plutot vers la racine que vers les branches.

Mais admettons que ses règles de base ne soit qu'un prétexte pour nous instruire sur la valeur "théo-sophique" des chiffres en cause.

Là encore, je persiste à penser que vu son propos (architectonique), il eu mieux valu s'en tenir au septénaire (qui a fait ses preuves) plutot que de s'aventurer dans une ennade déguisée en dizaine (via le zéro) et mal fagottée.

Je passe sur le zéro, dont l'intention n'est "pas perceptible puisque non manifesté", pour convenir que les attributions des 1,2,3, et 4 au minéral, végétal, animal et humain tiennent la route. Juste les gros titres, pas les considérations "amoureuses" qui enrichissent ses exposés.

On retrouve dans ces attributions du 1 au 4 des révélations (moins personnelles) et sur lesquelles ont planchés des générations de pélerins (toutes civilisations confondues) qui ne se contentaient pas d'à peu près.

Je ne vois pour ma part, dans ses développements, que des lapalissades scientistes (niveau certificat d'étude) induisant (par la magie du DONC ?) une éxégèse gentiment infantile.
Ne souhaitant pas paraitre méchant, je les passe à l'as.

Par contre, j'ai vraiment du mal avec ses chiffres de 5 à 9...j'en perds mon romain.

Aussi plutot que de dire du mal d'un collègue, permettez-moi de renvoyer ceux d'entre vous qu'une révélation "moderne" interresse vraiment (question chiffres entre autre) à "Dialogue avec l'ange", édition Aubier.

L'ouvrage en question ayant été malheureusement récupéré par de bonnes âmes new-age pour faire d'interminables conférences, alors que seul un silence aimant, voir studieux, conviendrait à sa réception, son message "retrouvé" est quasiment resté sous le boisseau.
Dommage !

Cordialement
boron.

aliboron

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Re: Cantiques quantiques

Message  Charly Alverda le Sam 26 Déc 2009, 23:15

Bonjour

Aliboron écrit :

“ Par contre, j'ai vraiment du mal avec ses chiffres de 5 à 9...j'en perds mon romain.”

Ah ! If six was nine, I dont' mind ! C'était un des problèmes d'Hendrix.

Voici un extrait de " Nombres " de Henri Giriat, que j'ai eu l'honneur de préfacer. Voici la fin du 7 et le 8 d'abord, pour introduire un extrait du 9, c'est aussi intéressant à entendre qu'à lire ! :

Le nombre 7 en appelle à l'octave, à la formation.
Que nous dit 8 en son dessin ? Un détournement de l'être, l'existentiation, l'entrée dans le naturant, où génération est sans retour, le temps déployé est irréversible.
L'autre porte est nécessité, celle de la mort, 8 est le développement de 2 premier cube, Il octroie au monde les 3 dimensions, il détermine la 3è : substance.

Double du carré 4, le nombre 8 entraîne dans sa rotation l'expansion de l'espace par duplication infinie
Il coagule en instants discontinus le flux continu de la durée.
Double 4 en inversion, 8 affirme l'opposition des forces vitales et de l'inertie matérielle.

Lié au temps par l'indice de sa courbure, 8 est mobile, non plus d'engendrement comme 2, mais de génération de vie passante et trépassante.

" Non l'infini, mais l'indéfini dans la répétition des cycles de la Nature oscillant entre ses contraires montée et déclin, plaisir et douleur, don et refus. La troisième puissance de 2 resterait signe irréductible de contradiction si une troisième force n'intervenait, le 3 à la 2è puissance, le 9.

Sous l'apparente concrétion s'insère le mouvement discret, persistant, mélodique de la spirale.

9 ouvre ce qui était fermé, solution offerte à la coagulation.
Par 9, la mort est preuve d'espérance, la promesse de notre renaissance."
(Nombres, H. Giriat, Ed. Le Moulin de l'Etoile)

J'ai jamais aimé les chiffres, mais j'aime beaucoup les nombres ! Par exemple j'illustre le 8 par une loi autant mystique que physique : " Tout s'oppose par les milieux et se rejoint par les extrêmes. " C'est aussi l'alliance de deux éléments (contre les deux autres) à partir du 2 d'Epée et du 2 de Bâton du Tarot, jusqu'à 10

A quoi qu'à dix ? A dit rin.

http://www.koikadit.net/Accueil/mmntacc.html

Cordialement,

C...a

Charly Alverda

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Re: Cantiques quantiques

Message  Logos le Mer 13 Jan 2010, 00:09

Merci pour cette discussion très intéressante.

A propos de la remarque sur le quaternaire "très yang", "plutôt yang", "très yin", "plutôt yin" et les 64 hexagrammes du Yi King :
Chaque hexagramme est constitué de la concaténation de 3 éléments de ce quaternaire.

Par analogie, le code génétique s'appuie sur un quaternaire de bases symbolisées par les lettres C, G, T et A.
Le code génétique contrôle la synthèse des protéines, qui sont un assemblage d'acides aminés (atome informationnel)... Chaque acide aminé est synthétisé suite à la transcription de ce qu'on appelle un codon, c'est à dire la concaténation de 3 bases (C, G, T, A) génétiques. Il existe donc 64 atomes informationnels en génétique (mais il y a des redondances, car seulement une vingtaine d'acides aminés).
Enfin pour que l'analogie soit complète il est nécessaire d'observer que ces bases sont regroupées en couples d'opposition : T+A et C+G

Simple remarque.

C'est pourquoi Eddington, dans sa "Théorie fondamentale", soutient que l'idée même de mesure implique nécessairement une structure déterminée de la pensée humaine qui, lorsqu'elle est appliquée à l'analyse des forces naturelles, produit pour ainsi dire automatiquement la forme des lois quantitatives de la gravitation, de l'électromagnétisme, etc.
Selon Eddington, toute mesure met en jeu quatres entités, deux pour la mesure de l'observable, deux pour l'étalon auquel il est comparé. Par exemple, pour une longueur (de corde ? ), il est nécessaire d'associer les deux extrémités de celle-ci au moins à deux marques sur une règle, en sorte que toutes nos mesures physiques ne sont, en fait, que des lectures de repères.
Abellio et sa Structure Absolue peuvent y faire écho :

Alors je m'attaquai moi-même à ce phénomène de la perception, qui est le plus élémentaire de tous, et j'essayai de le mettre en structure, ce qui me fit retrouver presque immédiatement le symbolisme de la croix, un des sujets fondamentaux de l'ésotérisme. Les théories de la connaissance, depuis deux mille cinq cents ans, se posent la question : comment l'objet est-il appréhendé par le sujet ? Qu'implique cette perception de l'extérieur par l'intérieur ? Et depuis deux mille cinq cents ans, il faut bien le dire, toutes les théories de la connaissance ont été dualistes : elles ont opposé un sujet et un objet, et n'ont pu sortir de l'impasse de la dualité statique qu'en faisant à leur tour des présupposés : cela a été tantôt l'idéalisme, tantôt le matérialisme, tantôt tout était préformé dans l'esprit, tantôt inversement la pensée n'était plus qu'une conséquence, un épiphénomène sortant de la matière. Ces deux écoles, depuis deux mille cinq cents ans, se sont entrebattues, et ont disserté sans fin. Or, en réalité, dans une perception, il ne s'agit pas seulement d'un objet et d'un sujet en face l'un de l'autre, mais de quatre pôles et non de deux. Du côté du perçu, on a l'objet et le fond du monde sur lequel il s'enlève, et du côté du percevant, l'organe des sens et le corps tout entier. En effet, l'organe des sens est périphérique, et le cerveau, lui, est central : il est significatif que lorsque l'œil forme l'image d'un objet, le cerveau soit obligé de la renverser. La sensation reçue par l'organe des sens se fait alors perception : il y a une différence capitale entre sensation périphérique et perception centrale, ou globale. Et l'on s'aperçoit très vite que cet ensemble est génétique (les deux couples d'oppositions, "objet-fond du monde" et "organe des sens-corps global", tournent en sens inverse), ce qui crée un axe vertical de rotation, avec une descente et une montée, une incarnation et une assomption. L'objet est incorporé : il se fait outil . D'où la sphère à six pôles, le sénaire, qu'est la structure absolue.

Analogiquement, le quaternaire correspond aux quatre pôles "équatoriaux" (objet, fond du monde, organe des sens, corps global) qui sont 2 couples d'oppositions.
C'est cette répartition en 2 couples d'oppositions qui provoque la rotation de l'ensemble (croix) et provoque l'ouverture à un champ plus vaste (l'axe vertical...)
A noter qu'Abellio inclut au centre de son sénaire le Moi transcendantal (on retrouve encore l'idée que le Sept est un "retrait", qui évoque le Sabbat ou encore ce qu'évoque Charly quand il dit qu'il n'y a pas de polygone régulier à 7 côtés qui s'inscrive dans le cercle... Les 6 pôles étant dynamiques et le Centre étant statique mais perpétuellement germinatif)

La dualité objet-sujet cache donc une quaternité, deux couples d'oppositions et non un seul, et deux rotations en sens inverses s'établissent aussitôt entre ces quatre pôles, ce qui détermine un axe lui-même bipolaire. En tout une sphère à six pôles en état de permutation permanente et globale de ces pôles

Ce qui fera peut être plaisir à mon kiky descolien

Simples remarques, aussi.

[Chez Carteret] Les mots sont toujours des pôles inconnaissables, des pôles inaccessibles, des pôles insondables. Le sens dialectique ne peut jaillir que de la mise en proportion absolue des mots. Par exemple : la conscience est au corps ce que la distance est à la coïncidence. C’est là une équation qu’il faut saisir d’un seul coup dans une intuition vivante. Il n’y a jamais d’en-soi dans la vision de Carteret. Ni de monde en soi ni d’homme ou de femme en soi. En parlant de l’homme et de la femme, Jean Carteret reprend à son compte, par extension de sens, le vocabulaire de Jung. Il y a dans l’homme une féminité du monde (l’anima de Jung) comme il y a dans la femme une masculinité du monde (l’animus de Jung). Les « noces » ne sont donc pas seulement celles de l’homme et de la femme mais tout autant celles de la féminité et de la masculinité du monde dans une globalité quadripolaire dont il appartient à la conscience de l’homme et de la femme de vivre les hauteurs et les profondeurs. Le couple n’est donc pas un couple, mais une structure sénaire à quatre pôles horizontaux et deux pôles verticaux, du moins dans ce que Jean Carteret appelle les « noces ». Compte tenu du « centre » entre guillemets, cette vision de Jean Carteret coïncide avec la structure absolue que Raymond Abellio appelle la structure sénaire-septenaire. D’autres échanges se produisirent d’ailleurs au cours de leurs rencontres entre ces deux créateurs de langage. Comme chez Abellio il n’y a aucun dualisme dans la vision de Jean Carteret. Sa pensée échappe aux catégories antinomiques du spiritualisme et du matérialisme. Le monde visible et le monde invisible ne font qu’un seul et même monde qu’il appelle « le monde », la globalité du monde dans laquelle nous sommes compris. Le monde n’est pas un objet, c’est l’Être majuscule, c’est même notre sujet. C’est ainsi que Jean Carteret peut dire que "chaque être humain est le rêve du monde et que le monde épouse l’homme dans le rêve".

Désolé pour le freestyle, j'ai un peu dérapé
Ceci dit on retrouve bien l'idée que le Deux prime sur le Un illusoire ("les mots sont toujours des pôles, il n'y a jamais d'en-soi")... Ce qui fait écho à Sloterjidk : "les hommes n'existent que comme particules ou comme pôle de sphères, il n'existe que des couples et leur extension"... L'Homme processus de relation, de symbiose, de croisement (tranca-rua) et d'entre-deux (bardo) à partir de la scène primitive du 2 (symbiose primaire avec la Mère)
Pour préciser je parle bien de l'Un qui quantifie, de l'Un qui correspond à cette invention moderne qu'est l'individu... Pas de l'unité vivante qui est l'envers du Vide, son univocité.

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Re: Cantiques quantiques

Message  aliboron le Sam 16 Jan 2010, 11:20

En attendant de poursuivre, voici pour l'entracte un petit assortiment de textes sans prétention et, à mes yeux asins, aux vertus relaxantes.
En effet, à quoi bon se donner toute cette peine sachant qu'on finira tôt ou tard dans un "costume en sapin".
Pour ne pas mourir idiot ?
Encore que le sens étymologique du mot soit réjouissant...car il suppose d'être là, ici et maintenant, au comble d'une présence frisant l'hébétude.

Ainsi Lao Tseu d'en préciser les symptomes :

"Chacun gère ses possessions; seul, je parais démuni de tout.
Les gens du peuple savent tout; seul, je parais ignorant.
Lesgens du peuple sont affairés; seul,je parais calme.
Mon esprit est changeant comme la mer.
Il souffle léger comme le vent, libre comme l'air.
Chacun suit ses résolutions; seul, je parais gauche et inutile.
Seul, je diffère des autres et respecte ma Mère nourricière."

A défaut d'une approche taoiste, on peut picoler.

Clément Rosset dans "le réel, traité de l'idiotie", en décrit les propriétés "initiatiques":

A la différence des sobres, pour qui tout va de soi, "l'ivrogne est quant à lui, hébété par la présence sous ses yeux d'une chose singulière et unique qu'il montre de l'index tout en prenant l'entourage à témoin, et bientôt à partie si celui-çi se rebiffe : regardez là, il y a une fleur, c'est une fleur, mais puisque je vous dit que c'est une fleur...
Une chose toute simple, c'est à dire saisie comme singularité stupéfiante, comme émergence insolite dans le champ de l'existence. En quoi l'ivrognerie peut être invoquée comme une des voies d'accès possible à l'expérience ontologique, au sentiment de l'être; car l'ivrogne voit qu'il y a la rose, et qu'elle est sans pourquoi comme disait Angelus Silesius : la rose est sans pourquoi, fleurit parce qu'elle fleurit. N'a souci d'elle-même, ne désire être vue."

"Désignant une fleur épanouie dans la cour, Nan-ts'iuan (maitre du Tchan) dit : les gens du commun ne voient cette fleur que comme un rève".
"Large ouverte est la porte, mais si solitaire la scène !"


Voilà pour la fleur, mais quid des jardins où, à l'insu de notre plein grè, force est d'entrevoir parfois comme un motif dans le tapis. Un arrangement ?

Du motif à la motivation qui en met certains en route sur le ruban de Moebbius qu'est sans doute le réel (?), voici ce qu'en dit un discret "disciple" d'Henri Coton-Alvart, Jean Zaffiropoulo, qui, à la fin de son "Sensorium dei" ( sur Newton et l'alchimie) propose ceci :



Citation:
"Malgrè l'inévitable catastrophe à l'échelle humaine vers laquelle nous courons, l'histoire prouve, sans discussion possible, la fascination que l'idée de comprendre a toujours exercé sur l'homme. On n'en saurait trouver le ressort ailleurs que dans le profond besoin esthétique que chaque homo sapiens enclôt, même à son insu, dans son idée de sapiens. L'homme ne veut pas seulement pouvoir se débrouiller dans l'existence, il veut aussi l'ivresse d'avoir compris et pour cela il lui faut unir tout son savoir en une vaste perspective harmonieuse, même au prix d'un immense effort. Depuis les premiers mythes dont nous avons gardé la trace jusqu'à Einstein et de Broglie tous les penseurs ont cherché la même généralité, fut-elle transitoire.
En extrapolant ces édifices à l'Univers entier, l'homme finit par s'y enclore lui-même, lui-même et son destin irrationnel. Mais une nouvelle surprise l'attend ici : sur chaque perspective physique élaborée comme nous venons de le décrire schématiquement, on ne peut tendre, par extrapolation, qu'un seul ciel métaphysique, qu'il faut reprendre à chaque renouveau : le Démiurge de Platon demeure incompatible avec le premier moteur d'Aristote, l'impermanence est totale.
Maintenant dans ces vastes et fragiles édifices, qui semblent de quelques façon s'enchâsser sans fin les uns dans les autres, rationnel et irrationnel coexistent harmonieusement; si le besoin esthétique de l'homme, qui l'a poussé à entreprendre cette aventure éternelle, demeure bien, à travers les diverses solutions élaborées, l'accord de ce qu'il sait avec ce qu'il sent : de quelque manière il ne veut pas que les lois qu'il a édictées, dans sa théorie de la connaissance, ne soient plus valables pour la surface de la planète Jupiter simplement parce que des nuages trop denses l'empêchent d'observer cette surface.
Ce besoin de l'homme peut bien être sentimental, il constitue sûrement la base de l'esthétique, mais il représente aussi une nécessité psychologique dont aucun philosophe ne saurait s'affranchir.
En somme, le philosophe a fini par se faire jardinier, jardinier de concepts qu'il veut unir en de vastes perspectives harmonieuses, lui donnant l'ivresse d'avoir compris. Sur ce jardin de l'intellect, le jardinier veut tendre le ciel métaphysique correspondant, qui enclôt son propre destin et qui obéit à la loi esthétique de l'accord entre ce qu'il sait et ce qu'il sent. Ensuite, s'il n'est pas mort à la tâche, il contemple.
A quoi peut bien servir une carte ainsi tracée ? La réponse n'est peut-être pas évidente; mais à quoi servent les jardins ?
Les jardins ? Peut-être sont-ils le Sensorium de l'homme, le reflet le moins imparfait qu'il soit parvenu à confectionner du Sensorium Dei ?"


Pour ma part, j'entends le propos, non pas d'une façon laïque, et déprimante déclinant ses "à quoi bon?" en rôtant;
(relativisant tout sauf lui-même, archétype enfin triomphant du ... bidochon),
mais dans une dialectique relatif-absolu façon Henri Corbin qui, (dans son maitre-livre "l'imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn Arabi"), nous amène à com-prendre que, bonne intention et grâce aidant, le "dieu créé dans les croyances" se voit peu à peu transmuté et apte à se confondre avec le Réel.
Alléluia !

"L'abime n'admet pas l'ordre,
et le désordre non plus.
Et nous savons que tout est un abime.

Pourtant, le jeu de la feuille et du vent
s'achève toujours à l'endroit le plus exact". (R. Juarroz)

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Re: Cantiques quantiques

Message  Logos le Sam 16 Jan 2010, 14:51

Ce besoin de l'homme peut bien être sentimental, il constitue sûrement la base de l'esthétique, mais il représente aussi une nécessité psychologique dont aucun philosophe ne saurait s'affranchir.
En somme, le philosophe a fini par se faire jardinier, jardinier de concepts qu'il veut unir en de vastes perspectives harmonieuses, lui donnant l'ivresse d'avoir compris. Sur ce jardin de l'intellect, le jardinier veut tendre le ciel métaphysique correspondant, qui enclôt son propre destin et qui obéit à la loi esthétique de l'accord entre ce qu'il sait et ce qu'il sent. Ensuite, s'il n'est pas mort à la tâche, il contemple.
A quoi peut bien servir une carte ainsi tracée ? La réponse n'est peut-être pas évidente; mais à quoi servent les jardins ?
Les jardins ? Peut-être sont-ils le Sensorium de l'homme, le reflet le moins imparfait qu'il soit parvenu à confectionner du Sensorium Dei ?"

Je dirais que plus la carte du réel (qui n'est pas le territoire) est efficace (reflet le moins imparfait... A défaut d'être vraie... On ne deale jamais avec la vérité, seulement avec des cartes et des poèmes) plus grande est la puissance vitale de l'homme... C'est donc l'approfondissement du lien avec l'Unité vivante, son intensification (le jeu de la puissance), qui seul permet au moment où la troisième des Parques coupe le fil de la vie d'avancer vers la mort avec une conscience solaire (Sol Invictus)
Tant qu'on a pas appris à mourir on continuerait à s'incarner et le cercle ne se referme pas (comme le TET hébreu) ce qui constitue une tragédie... La vie n'est donc pas le lieu de la libération (seulement celui de l'intensification) et la mort est la plus grande chose à condition de jouer en profondeur le jeu de la vie comme puissance pour lui faire face... Et alors le cercle se referme : perfection/mort absolue
(La Grâce - transmutation - permettant d'accéder à une "intensité inégalable" dit Badiou)

bonne intention et grâce aidant, le "dieu créé dans les croyances" se voit peu à peu transmuté et apte à se confondre avec le Réel.

"Aide toi et le ciel t'aidera"

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