Noël

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Noël

Message  Abbé+Pierre le Lun 21 Déc 2009, 15:30

A quelques jours de Noël, il est bon de se remémorer les symboles de cette grande fête.

Noël vient du latin "natalis" qui signifie natal, jour de naissance. On lui donne parfois la signification « Nouvel Helios », nouveau soleil, par contraction des mots grecs νέος (néos) et ήλιος (élios). La nature renaît dans l’invisible à Noël au solstice d'hiver. Noël est la fête de la naissance de la lumière.

"A l'origine,  les chrétiens ne fêtaient pas la naissance du Christ dont la date précise est inconnue. Le solstice d'hiver est fixé le 25 décembre par Jules César et les romains fêtent la naissance du soleil le 24 au soir.

Le descriptif des mages date du moyen âge et la coutume de la galette, au plus tôt, à la fin de la période médiévale. Les premières crèches apparaissent également au moyen-âge et le sapin au XVIème siècle. Il symbolise l'arbre avec le fruit défendu, alors identifié à la pomme, ancêtre des boules." (Source : Noël, origine historique). Le sapin, au fil des ans est décoré de bougies, de guirlandes et d'autres décorations. Il est considéré comme symbole de la Vie éternelle, puisqu'il demeure toujours vert.
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Re: Noël

Message  Abbé+Pierre le Lun 21 Déc 2009, 21:00

La date du 25 décembre

La grande proximité du solstice d'hiver est évidemment l'indice principal révélant la nature essentiellement solaire de l'être christique. Le solstice est ce moment de l'année où le soleil inverse sa course apparente d'un pôle vers l'autre. Le solstice d'hiver, qui tombe toujours aux alentours du 21 décembre, est calculé précisément par les astronomes. Il peut y avoir quelques fluctuations minimes autour de cette date, à cause de la durée de l'année astronomique qui ne correspond pas à un nombre entier de jours (en fait, elle vaut 365,2422 jours).

Dans l'hémisphère nord, le solstice d'hiver correspond au moment où la courbe quotidienne du soleil cesse de descendre un peu plus chaque jour sur l'horizon sud pour commencer à remonter peu à peu dans le ciel. Le soleil étant assimilé à la source de la lumière et de la vie, sa disparition progressive à la fin de l'automne était assimilée à la mort. D'ailleurs, en hiver, la végétation meurt, le froid s'installe, et la mortalité animale (et humaine) est importante. Au contraire, la réapparition progressive de la lumière est assimilée à la renaissance, à la réincarnation, à la régénération. Le nouveau cycle se concrétisera un peu plus tard par le retour des bourgeons végétaux et les naissances dans le règne animal.
Ensoleillé
Il se fait que dans l'antiquité, la grande majorité des calendriers étaient basés sur le cycle lunaire. La durée entre deux nouvelles lunes étant de 29,53 jours (arrondi à 30 jours pour faire un mois commode), il était difficile de faire coïncider un calendrier lunaire avec le cycle annuel du soleil, car 365,24 divisé par 29,53, cela donne 12,37 cycles lunaires par année solaire. Pas pratique pour faire des comptes ronds. En plus de ça, le calendrier hérité des étrusques comptait dix mois d'une trentaine de jours et une soixantaine de jours… hors calendrier. Jules César réforma tout ça en -47 en décrétant un calendrier de 365 jours et 1/4, répartis en 12 mois, et dans la foulée, il fixa certaines dates-repères, dont le solstice d'hiver qui fut fixé au 25 décembre et connu comme fête du "soleil invaincu" : SOL INVICTVS.

Le problème est que l'année solaire n'est pas exactement de 365,25 jours, mais bien de 365,2422 jours. Ce décalage dérisoire, négligeable à l'époque, provoqua cependant une petite dérive qui devint conséquente au fil des siècles, c'est pourquoi Noël reste aujourd'hui fixé au 25 décembre (par décret du pape Liberius en 354, confirmé par Grégoire XIII en 1582) alors que le solstice d'hiver est observé par les astronomes vers le 21 décembre. Les dates sont donc désormais distinctes, mais l'origine était commune : on fêtait logiquement la (re)naissance de la divinité (solaire) dès le solstice d'hiver dépassé. Pour rester logique, c'est aussi juste après le solstice d'hiver que devrait commencer la nouvelle année légale si on la voulait calquée sur le cycle solaire, mais c'est là un autre débat.

Dans l'empire romain, avant que s'y impose la religion chrétienne, un autre culte était prépondérant : le mithraïsme. Le culte de Mithra apparut durant le 2ème siècle avant Jésus-Christ en Méditerranée orientale; il se diffusa dans l'Empire romain pour culminer durant les 3ème et 4ème siècles avant d'être interdit en 391 par l'Edit de Thessalonique signé de la main de l'empereur byzantin Théodose le Grand. Cet édit instituait la religion chrétienne comme religion officielle d'Etat. On voit donc que le mithraïsme et le christianisme étaient en concurrence à cette époque; il fallait donc tout faire pour que la nouvelle religion s'impose face aux cultes concurrents, définis comme "païens" avec toutes les connotations péjoratives qu'on imagine aisément. C'est pourquoi la fête de la naissance du Christ fut instaurée en remplacement de la fête de la naissance de Mithra, laquelle avait lieu… le 25 décembre !

La raison de ce choix symbolique est donc essentiellement politique et ne correspond nullement à un événement historique. Mais là n'est pas le principal, ce qu'il y a lieu de fêter le 25 décembre, c'est un événement : l'irruption du Divin dans l'Histoire. Peu importe à quel moment du calendrier s'est produit (se produit) cet événement intemporel.
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Re: Noël

Message  Abbé+Pierre le Sam 26 Déc 2009, 11:14

Né d'une vierge

Jésus-Christ est dit né d'une vierge. Cette circonstance hors-norme est destinée à frapper les esprits par son caractère extraordinaire, magique, soulignant ainsi la nature divine de l'enfant. En fait, cette caractéristique, le Christ la partage avec quelques autres prédécesseurs considérés aussi comme des avatars de la divinité. Ces incarnations du divin partagent avec le Christ d'autres particularités qui montrent que les symboles appliqués à Jésus remontent à une antiquité plus ancienne. C'est pourquoi Saint Augustin a pu écrire : "Le christianisme existait déjà avant la venue du Sauveur".
Plutôt qu'une histoire originale, la vie de Jésus doit être perçue comme le support à la réactualisation d'un mythe qui accompagne l'humanité depuis des millénaires.

Bouddha, dont les traces historiques sont floues tant les récits légendaires abondent, aurait été enfanté par une vierge (ou presque). Sa mère, CheminCroisé Māyā , était la première épouse du roi Shuddhodana, mais serait restée vertueuse depuis plusieurs incarnations afin d'être pure pour enfanter CheminCroisé Siddharta Gautama. Comme dans la scène biblique de l'Annonciation, Māyā est contactée par le Divin avant d'enfanter, comme on peut le lire dans CheminCroisé La Vie du Bouddha, Partie I, Chapitre 2.

Horus, divinité égyptienne, est lui aussi né de façon magique. Son père Osiris fut tué et découpé en morceaux par Seth avant d'avoir pu concevoir. Les morceaux furent dispersés dans toute l'Egypte. Isis, à la fois sœur et veuve d'Osiris, se lance dans une quête pour réunir les morceaux de son défunt époux. Elle retrouva tout, sauf le pénis, qu'elle reconstitua avec de la boue du Nil (obélisque). Des conséquences de cette reconstitution survint la naissance virginale d'Heru, fils d'Isis et Osiris, fils de la terre noire d'Egypte et des eaux du Nil, renommé Horus par les Grecs. On se souvient que les Hébreux (Habirous) vécurent longtemps en territoire égyptien et furent donc culturellement imprégnés par ce mythe. La figure chrétienne de la "Madone à l'enfant" rappelle presque à l'identique Horus enfant porté par sa vierge-mère Isis. Les statues de vierges noires qui peuplent discrètement, aujourd'hui encore, églises et chapelles, font partie de l'héritage occulte reçu d'Egypte par le Christianisme.

Krishna, en Inde, considéré comme une incarnation de Vishnou, a aussi une naissance entourée de péripéties symboliques et magiques liées aux combats des forces contraires, comme le montre CheminCroisé Wikipédia :
Selon la tradition, Krishna naît à Mathurâ, d'un cheveu noir de Vishnou, fils du prince Vasudeva et de Devakî. Kamsa, un râja de la lignée des Bhoja, cruel et immoral, règne sur Mathurâ après avoir renversé son père, Ugrasena. Kamsa est aussi le frère de Devakî et il est amoureux de sa sœur qui doit épouser le prince Vasudeva. Alors qu'il conduit le char qui mène Devakî à son nouvel époux, il entend une voix céleste qui lui prédit que le huitième enfant de sa sœur causera sa chute. Fou de rage, il tire Devakî par les cheveux hors du char et lorsque Vasudeva voit cela, il lui promet de lui remettre ses enfants à naître. Le couple tient sa promesse pour ses six premiers enfants, mais le septième, Balarâma, est confié en secret à Rohinî, une des femmes de Vasudeva. Lorsqu'il apprend qu'il a été trompé, Kamsa emprisonne le couple. Devakî met bientôt au monde un nouvel enfant, Krishna, et grâce à un miracle qui endort les soldats de Kamsa, Vasudeva réussit à s'échapper pour un temps, se rend au village de Gokula et confie Krishna à une autre de ses épouses, Yashoda qui le lui échange contre une de ses filles, Yoga Mâyâr. Au matin, Kamsa apprend la naissance d'un nouvel enfant, s'empare et tue Yoga Mâyâ qui se transforme en créature céleste et lui rappelle la prédiction. Kamsa - comme Hérode - fait tuer tous les nouveau-nés, mais Krishna lui échappe. Il lui envoie ensuite plusieurs démons pour le combattre, mais sans succès.
Attis, une divinité grecque d'origine phrygienne naît aussi d'une vierge : Nana, fille du dieu-fleuve Sangarios, devient enceinte après avoir mangé un fruit d'un amandier qui avait germé du sang d'Agditis, une divinité hermaphrodite (en fait émasculée parce que trop puissante) engendrée par Zeus lui-même.

Mithra, divinité importante en Perse, naquit aussi de façon magique : il s'est autogénéré au départ de la roche. Ceci renforce l'idée qu'une incarnation divine ne peut que rompre avec la chaîne normale de transmission de la vie et échapper aux lois biologiques.

On voit donc que le thème de la naissance virginale de jésus ne constituait pas une innovation il y a deux millénaires. Au contraire, c'était plutôt dans l'air du temps, et déjà depuis quelques siècles.
Est-ce à dire que Jésus n'a pas existé ? Absolument pas !
Est-ce à dire que les éléments mythiques sont à rejeter par la raison ? Pas non plus !
Le mythe expose une réalité qui n'est pas celle du monde physique analysé par l'intellect.

Même si les traces historiques de l'existence possible de Jésus sont rarissimes, le personnage a pu réellement vivre au Proche-Orient sous l'occupation romaine, dans l'entourage du roi Hérode, le monarque local installé par l'autorité de l'envahisseur. Jésus serait né entre -7 et -5 selon la plupart des historiens qui tiennent compte des dates connues de règne d'Hérode et d'autres détails historiques permettant de cerner l'époque la plus plausible. Selon Gérald Messadié, Marie aurait été liée à la famille proche d'Hérode (plausible), et des indices montrent que Jésus aurait pu naître de ses fréquentations avec un officier romain, ce qui aurait provoqué un scandale vite étouffé. Marie aurait été placée sous la tutelle de Joseph, charpentier mais aussi membre influent du conseil des prêtres du Temple de Jérusalem; l'officier romain aurait été illico muté en Gaules. On comprend alors pourquoi le Massacre des Innocents visait Jésus : ce fils illégitime proche du pouvoir et fruit d'une union judéo-romaine nuisait à la propagande présentant Hérode comme un Juif indépendant de Rome. Il devait disparaître. Dans le même ordre d'idées, la Fuite en Egypte prendrait alors aussi tout son sens. Rien de tout cela n'est certain, bien sûr, ce sont des déductions d'érudits, aussi plausibles et logiques soient-elles. Cependant, ces éléments nous rappellent qu'il faut distinguer deux choses. Il y a d'une part un personnage nommé Jésus, et d'autre part un thème essentiel et important qui lui est accolé : l'intervention du divin sur Terre. Par moments, les deux fusionnent pleinement, mais pas toujours.
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Re: Noël

Message  Abbé+Pierre le Mer 16 Nov 2011, 19:06

Bonjour,

En privé, FreedomForKingKong m'a demandé d'expliciter quelque peu la conclusion de mon post précédent :
Cependant, ces éléments nous rappellent qu'il faut distinguer deux choses. Il y a d'une part un personnage nommé Jésus, et d'autre part un thème essentiel et important qui lui est accolé : l'intervention du divin sur Terre. Par moments, les deux fusionnent pleinement, mais pas toujours.
Certes, nous débordons alors un peu du strict cadre du symbolisme de Noël, mais pas tant que ça. Au début de l'ère zodiacale des Poissons, Noël est la réactualisation d'un mythe solaire plus ancien qui a pris comme support une biographie existante en l'aménageant "quelque peu". Lorsque l'empereur romain Constantin (272 - 337) institue la religion chrétienne comme religion d'Etat, pour des raisons essentiellement politiques, il sait qu'il ne peut éradiquer d'un trait de plume toutes les croyances anciennes des diverses peuplades de l'Empire. C'est pourquoi la religion populaire qui émerge à partir des années 310/315 va mélanger des éléments chrétiens et "païens" (druidiques, mithraïques, dionysiaques, etc.) pour constituer peu à peu une religion qui juxtapose deux courants :
- un fond ésotérique remontant aux temps anciens, fondamentalement religieux en ce sens qu'il offre une opportunité à chacun d'établir une relation (reliance) avec le Divin ;
- un support didactique populaire (exotérique), partiellement imaginaire mais très parlant (puisque très "imagé"), qui contient une foule d'indices permettant à tout qui veut prendre la peine de chercher ce que voile le symbolisme, de trouver une voie qui conduise à ce fond ésotérique, lequel, donc, ouvre la voie à la relation avec le Divin.

Aux deux points ci-dessus, j'ajouterai cependant deux remarques d'importance :
- il est parfaitement possible de trouver sa voie vers le Divin par la pratique de la religion exotérique (je pense par exemple au Padre Pio);
- à tous ceux qui ne peuvent percevoir l'extraordinaire ouverture au Divin vers laquelle peut conduire une pratique religieuse, et qui considèrent qu'une religion n'est qu'une fraternité humaine qui prône des vertus, de l'entraide, de la solidarité, une conduite sociale exemplaire et une morale, eh bien, ce n'est déjà pas si mal ! Il faut juste veiller à ce que ce type de compréhension de la religion ne devienne pas une forme "d'opium du peuple", comme disait Karl Marx, c'est-à-dire une forme d'enfermement de la pensée plutôt qu'une démarche libératoire.

Noël, c'est précisément le symbolisme d'une nouvelle naissance, ou de la naissance d'un nouveau paradigme, ou, si vous voulez, d'une nouvelle manière d'aborder la relation Homme-Dieu. Dans cet ordre d'idée, il ne devrait pas y avoir de date précise pour Noël : ce pourrait être Noël n'importe quand ! A chaque fois qu'un être humain franchit un seuil conceptuel et établit une forme de relation plus étroite avec l'Univers, c'est un Noël !

Ceci explique (un peu) en quoi le thème de Noël, c'est-à dire l'intervention du Divin sur Terre pour offrir à chacun des occasions d'effectuer la démarche permettant de se (re)connecter au dit Divin (démarche initiatique) est le thème essentiel ; mais que sans le support exotérique qui lui est accolé, plus aisément accessible, la transmission de ce savoir ésotérique se diluerait et se perdait au cours des siècles. Le personnage de Jésus, sur lequel on sait historiquement bien peu de choses mais qui pourrait bien avoir réellement vécu aux alentours de l'an zéro de notre ère, est un support idéal pour rendre accessible au plus grand nombre l'idée d'une possibilité de fusionner au Divin. Ce qui n'irait pas de soi s'il n'y avait pas une évolution progressive, pas à pas, didactique, partant de l'histoire d'un Dieu "humanisé" pour conduire au concept d'humain "divinifié".

Dieu qui s'incarne en Homme pour que l'Homme puisse se désincarner en Dieu, telle est un des symboles de Noël.

Quant à la phrase "Par moments, les deux fusionnent pleinement, mais pas toujours.", je voulais signifier que parfois les éléments historiques sont totalement en phase avec le mythe et son symbolisme, mais parfois pas exactement, et c'est là que la légende dorée vient "combler les lacunes" survenant immanquablement entre l'archétype (au sens jungien) et sa concrétisation terrestre.
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Re: Noël

Message  Garfield le Lun 09 Jan 2012, 19:34

De l'Etoile en tant qu'indice du bon cheminement sur la voie alchimique, Nicolas Valois nous dit, dans une formulation imagée et ambigüe, et en ancien français : "C'est cette Estoile qui conduisoit les Sages à l'enfantement du Fils de Dieu, et cette mesme qui nous fait voir la naissance de ce jeune Roy."

On l'a déjà écrit sur ce forum, CheminCroisé l'Etoile est un signe, une indication du parcours vers la réalisation du Grand Œuvre. En ce qui concerne les "Sages" (les "Rois-Mages"), c'est mots signalent que la symbolique de la Nativité est aussi à décoder. En ce qui concerne une éventuelle réalité historique de l'événement, nous savons peu de choses, car les traces sont ténues après tant de siècles; par contre, au niveau de la légende populaire, un peu de recherche nous conduit à des éléments intéressants.

Voici ce que nous pouvons lire dans l'évangile apocryphe du pseudo-Mathieu :
Ils aperçurent l'Etoile qui s'avançait devant eux, jusqu'à ce qu'elle alla s'arrêter au-dessus de la Caverne. Alors, changeant de forme, elle devint semblable à une colonne de lumière qui allait de la Terre au Ciel.

Ils pénétrèrent dans la Caverne et ils y trouvèrent Marie, Joseph et l'Enfant enveloppé de langes et posé dans la crèche. Ils lui présentèrent leur adoration et leurs offrandes et firent le salut à Joseph et Marie.

(…)le troisième jour après la naissance du Seigneur, Marie sortit de la grotte, entra dans une étable et elle déposa l'enfant dans la crèche, et le bœuf et l'âne l'adorèrent.

Ainsi fut accompli ce qui avait été dit par le prophète Isaïe : "le bœuf a connu son maître, et l'âne la crèche de son maître." Ces animaux, donc, qui avaient l'enfant entre eux, l'adoraient sans cesse. Ainsi fut accompli ce qui avait été dit par le prophète Habacuc "Tu te manifesteras au milieu des deux animaux".
Constatons qu'il est un peu difficile de savoir si Jésus est né dans une grotte (ou caverne) plutôt qu'une étable, ou s'il est né dans une grotte puis transféré dans une étable trois jours plus tard. La tradition populaire réunit parfois les deux en installant l'étable dans une caverne ou sous un imposant rocher protecteur.

Historiquement, il est plausible qu'une étable ait pu être aménagée dans un creux rocheux naturel : le relief de la région s'y prête, c'est économique et pratique car moins difficile que bâtir un abri très occasionnel pour animaux. Symboliquement, la caverne ou la grotte évoquent la matrice, à la fois lieu de conception et protection naturelle. Alchimiquement, cela renvoie à la maxime V.I.T.R.I.O.L. : "Visite l'intérieur de la Terre…"

De la grotte protectrice, on passe à la crèche, la mangeoire remplie d'herbes et de paille pour les animaux, donc un endroit naturellement confortable et chaud pour un fragile nouveau-né. A proximité se trouvent l'âne et le bœuf, dont le comportement est pour le moins intrigant : on dit qu'il adoraient l'enfant sans cesse ! Certes, bien des animaux peuvent avoir des attitudes protectrices envers un enfant, mais de là à dire qu'ils l'adorent, il y a une transposition anthropocentrique qui interpelle, non ?

Information intéressante : le texte apocryphe indique "ces animaux, donc, qui avaient l'enfant entre eux…". Confirmation nous en est donnée par la prophétie d'Habacuc : "Au milieu de deux animaux tu te manifestera". Cette insistance sur la disposition des protagonistes, associée à l'indication stellaire ayant guidé les Rois-Mages, devrait attirer notre attention sur une corrélation Terre-Ciel, puisque l'Etoile, "changeant de forme, devint semblable à une colonne de lumière qui allait de la Terre au Ciel". Les savants matérialistes modernes ont cherché à associer cette colonne de lumière de l'étoile baladeuse à la queue d'une comète, espérant ainsi, par recoupement avec des tables astronomiques, pouvoir dater la naissance du Christ.

Pourquoi pas ? Mais, comme le fait remarquer Guy Béatrice dans son ouvrage "Des Mages alchimistes à Nostradamus" (Guy Trédaniel, 1982) :
Si l'on a voulu sur un plan symbolique grossier, que l'âne représentât les Gentils et le bœuf le peuple juif, derrière cette annonce se cache, en fait, une vérité marquée au double sceau de l'enseignement astrologique et du travail alchimique.
Pour ce faire, rappelons ici au lecteur quelques détails astronomiques peu connus ; dans la constellation du Cancer, «…on remarque δ et γ qui sont comme α, de quatrième grandeur. C'est entre ces deux étoiles que palpite d'un faible éclat l'amas de la Crèche, perceptible à l'œil nu. Cette dénomination de la Crèche a un aspect d'origine chrétienne; mais ce n'est là qu'un aspect trompeur car elle est fort antérieure au christianisme. On lit dans Pline l'Ancien (23-79) : "Sunt in signa Cancri duae stellae parvae, aselli appellatae, exiguum inter illas spatium"…"nubecula quam praesepia appelant". Il y a dans le signe du Cancer deux petites étoiles nommées les Ânes ; elles sont séparées par un petit espace où se trouve une nébuleuse que l'on appelle les "Crèches". Pline dit "Les Crèches" au pluriel mais dès son temps, on disait généralement "praesepe", au singulier : "la Crèche". D'après cette vieille tradition, les deux Ânes seraient, comme on le voit, les étoiles γ et δ.»
(citation reprise de l'astronome Camille Flammarion : « Les Etoiles et les Curiosités du Ciel », p.332)


En astronomie moderne, les deux Ânes sont toujours là, à proximité de l'amas de la Crèche (M44), lequel contient environ 500 étoiles et galaxies, ce qui lui confère cet aspect nébuleux bleuté :

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Re: Noël

Message  Aube-Aurore le Sam 27 Déc 2014, 10:58

Bonjour ! Ensoleillé

J'ai déniché une autre explication de l'origine de la fête de Noël. Bien que différente, elle ressemble globalement aux informations déjà fournies ci-dessus par d'autres contributeurs, puisqu'elle évoque une ancienne fête astronomique païenne récupérée par le christianisme.

Dans l'ancien culte nordique, le solstice d'hiver se nommait "Yule", ou "Jul" et était consacré à @ Odin (ou Wotan, ou Wodan selon les variantes locales). Lorsque le christianisme devint l'officielle religion d'Etat dans l'Empire romain, les références aux anciens cultes furent supprimées, ou christianisées si l'éradication n'était pas possible.

Je ne réfute pas l'origine latine fournie par Abbé+Pierre, mais j'entends que le nom même de Noël sonne étrangement comme l'expression allemande "Neue Helle" (Nouvelle clarté), ce qui fait indéniablement penser au solstice d'hiver, au retour de la lumière, et à la promesse du retour à la vie de la nature endormie.

Quant à la figure mythique du Père Noël, j'ai découvert que certains auteurs la voyaient comme résultant d'un subtil mélange entre trois personnages mythologiques : le dieu Wotan/Odin, la déesse Freyja (deux divinités pourvoyeuses symbolisant, l'abondance et la fertilité), et le CheminCroisé Saint Nicolas chrétien, constituant lui aussi une figure pourvoyeuse de vie et, subrepticement, de cadeaux. D'ailleurs, aux Etats-Unis, la référence à saint Nicolas est flagrante, puisque le Père Noël s'y nomme Santa Claus ou Santa Klaus, altération du germanique "Sankt Niklaus".

Amitiés. Fleur
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