Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

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Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

Message  Logos le Lun 15 Fév 2010, 18:09

C'est un extrait de "Mystère du Graal" de Evola... Ça me laisse penser que notre époque de grande confusion serait aussi celle du "réveil" de forces boréennes, solaires... La re-manifestation d'une spiritualité héroïque, guerrière et désirante (nouvelle virilité) ? "Excellent est l'âge de Kâli !"... Voilà, à titre de partage...

"Nous rencontrons d'abord, dans la tradition hindoue, le thème de Mahâkâçyapa qui dort dans une montagne, mais s"éveillera, au son des conques, lors de la re-manifestation du principe, déjà apparue sous la forme du Bouddha. Cette période correspond à celle de la venue d'un "Seigneur Universel" - çakravarti - portant le nom de Çankha ; or, çankha veut dire précisément "conque" ; à travers cette assimilation phonétique, s'exprime ainsi l'idée d'un réveil en fonction de la nouvelle manifestation du "Roi du Monde" et de la tradition primordiale, que le récit en question conçoit précisément comme renfermée dans une conque pendant les périodes intermédiaires de crise. Une tradition iranienne analogue se réfère au héros Kereshâspa qui, blessé par une flèche alors qu'il était plongé dans le "sommeil" (c'est le même symbole qui apparaît encore) survit, en état de létargie, au cours des siècle (de même que le roi Arthur blessé demeure en vie dans l'île des femmes habiles dans l'art de guérir) : mais il réapparaîtra à l'époque de Çaoçyant et luttera à ses côtés. Çaoçyant est le Seigneur d'un futur royaume triomphal du "Dieu de Lumière" et le destructeur des forces obscures ahrimaniques.

Paraçue-Râma est une des images les plus typiques du représentant héroïque de la tradition olympienne-hyperboréenne primordiale. Alors que les ancêtres des colonisateurs aryens de l'Inde se trouvaient encore dans une région septentrionale, il aurait exterminé, avec sa hache, les guerriers rebelles et tué aussi sa mère coupable : symboles du double dépassement qui caractérise "l'esprit héroïque" - dépassement de la virilité dégradée aussi bien d'une spiritualité passée sous le signe féminin-maternel selon une involution et une dégradation de sens opposé.

Paraçue-Râma comme maître spirituel, et après avoir été initié à la Science Sacrée, obtient l'investiture royale. Il avait reçu, entre temps de Çiva, un cheval blanc ailé, un perroquet omniscient, et une épée lumineuse. On peut rappeler ici que c'est également monté d'un cheval blanc que le roi Arthur, dit-on, se manifestera de nouveau le même symbole jouant d'autre part un rôle notoire dans "Apocalypse" de Jean : on peut rappeler l'épée disparue qu'Arthur ressaisira et qui, de temps en temps, émergeait des eaux en jetant de vives lueurs. Guidé par oiseau, Kalki obtint la "femme" c'est à dire qu'il épousa Padmâ, une fille du roi, que personne n'avait jamais pu posséder parce que tout homme qui s'éprenait d'elle se transformait, par la volonté divine, en femme - symbole qui a une signification profonde se rattachant au sens métaphysique de désir. Kalki, escorté de ses guerriers, traverse à pied sec une mer qui s'est magiquement solidifiée devant lui, et atteint de nouveau son pays natal, Shambhala."
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Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

Message  aliboron le Mer 17 Fév 2010, 16:30

Bonjour,

Je ne partage pas du tout le point de vue des pères-fouettards "traditionnalistes", ni celui, (assez voisin tout compte fait) néo-punk des "rebelles" du Chaos-maggick; pour ne mentionner que les versions virulentes exprimant cette orientation.
(La version molle n'en retiendra que le concept du "maître intérieur", soluble dans le psychologisme et les stages ou conférences; bref on est déjà plus convivial... passant du bruit de bottes aux glissement des pantoufles.)

L'inflation de l'égo (Moi = justicié masqué, auto-initié, gardien de la Vérité, etc...) rend stupide, plus encore en cette matière que dans les autres domaines constituant le théatre humain.

Point commun fréquent à ces "milices" et donneurs de leçons : un recours plus ou moins explicite à certaines traditions asiatiques, ou plutôt à ce qu'ils en ont retenus.

Kali-yuga, Chakravartin, art de la guerre "spirituelle", chevaucher le tigre (hi hi...), guerre occulte mais revancharde façon Shamballah, etc... Le tout mixé de manière aléatoire avec des grumeaux bien de chez nous : templiers, contre-initiation, roi dormant, hyperborée, oeuvre au noir, héroïsme, etc...

Et, touche finale, histoire d'activer le "circuit imprimé" ou, mandala théorique récapitulant cette tambouille : le tantrisme, wahooooooou !
Indispensable tigre dans le moteur pour quiconque entend surfer sur l'abominable fin de cycle...
Evola, Abellio, dotés d'un bon cerveau et d'une plume persuasive, s'en tirent pas trop mal; l'effet "Rambo" qu'ils émettent peu séduire. Leurs émules par contre ?

Mais zoomons un peu sur leurs assertions "tantriques", clef de voûte de leur discours, se résumant (en gros) à vilipender le versant féminin (voir, "mystique", dirait Guénon), caractérisé selon eux par une déplorable passivité...
Lequel versant, non maitrisé, fait facheusement tourner l'initiatique sauce... Sans parler de tous les innombrables maux affligeant l'Occident... et qui résultent de cette féminoïde bouillasse.
Il y aurait beaucoup à dire sur leurs analyses socio-économico-politiques et historiques, (du sous-Guénon en général) mais concentrons nous sur le nerf de leur guerre, localisé dans l'attribut viril par excellence : le zizi.

Fait étrange, quand on s'approche sans à priori du dit tantrisme (indou, bouddhiste ou taoïste), on est rapidement averti que le postulat de base soustendant ces voies est exactement l'inverse que celui asséné par nos farouches "guerriers" !

"Connaitre le masculin, et pourtant garder le féminin, c'est devenir la vallée du monde"; (Lao Tseu).
Et toute l'alchimie chinoise, interne (tantrique à souhait) ou laborantine, immémoriale, de s'être engagée dans cette direction. Je vous passe les subtilités de la dialectique entre le yin et le yang, purs ou non, pour ne creuser que le rôle, majeur, du féminin ici.

"La grande caractéristique du tao est qu'il ne se limite point à l'esprit des choses, mais cherche la réalité dans le corps vécu lui-même. L'adepte dans ce monde possède "le Réel" en lui et doit le cultiver. Il est une mère, une mère avec un enfant (l'Embryon d'immortalité), et doit vivre concrêtement cette gestation en adoptant une personnalité féminine";
nous résume K. Schipper.
Un passage célèbre du Tao Te King montre du doigt cette ... lune : "l'Esprit de la Vallée ne meurt pas, il s'appelle la Femelle Obscure".

Schipper développe : "Ici l'opposition entre les modalités masculines et féminines de l'existence correspond, pour la première, à la conscience et pour la seconde, au garder, couver, nourrir et protéger en tant que pures fonctions physiques; cette seconde modalité met en oeuvre l'intuition non-consciente, les impulsions vitales qui gouvernent spontanément l'accomplissement de l'oeuvre cosmique en nous".
Bref ça couve un max, un peu comme le grand ange de la Melencolia...

"Connaitre la clarté, et pourtant garder l'obscurité, c'est devenir la mesure de toutes les choses", dira un adepte. Celui qui est telle une vallée, une telle mesure, "la puissance constante du Tao ne le quittera point, il retournera à l'état de l'embryon".

"Le corps du Tao, on peut l'affirmer sans hésitation, est, dans ce monde, un corps de femme; le seul corps véritablement complet, le seul à pouvoir accomplir la transformation, l'oeuvre du Tao".
Et en cette voie tantrique, contrairement aux hommes, les femmes sont considérées comme avantagées, possédant déjà la panacée, et n'ayant donc pas besoin de la produire; ainsi dans l'alchimie interne féminine, on parle de "respiration", mais pas d'embryon. De plus, dès que le "mouvement interne" (proprement alchimique) apparait chez elles, son "cheminement" est comparativement beaucoup plus rapide que chez les hommes.

Quant à l'aspect "volonté"(parée d'une majuscule impressionnante par les Evola, Abellio et consort), détermination nécessaire pour mettre en oeuvre de telles voies, rappellons juste ce qu'en dit cette tradition, où "la souplesse de toutes choses l'emporte sur la rigidité de toutes choses".

La notion de "YI", essentielle dans leurs arts martiaux par exemple, se traduirait au mieux par intention, en aucun cas par volonté. Ce YI est émis par le coeur, il est le maître dont le corps suit les injonctions.
Sa nature le rapproche de celle de l'imagination créatrice puisqu'il véhicule une re-présentation, une in-formation. Au stade de la maîtrise, lorsque le corps répond instantanément à la "pensée" émise, cette "parole du coeur" s'écoule d'elle-même; sans effort conscient.

Pour en finir avec le taoïsme, dans le Tchouang Tseu, (2ème bible après le Tao Te King), de nombreuses femmes figurent parmi les initiées...

Je vous laisse établir les parallèles possibles avec notre tradition alchimique, laquelle, (d'après nos traditionnalistes), se cantonnant au "cosmologique" (petits mystères) ne concernent que les kshattryas, soit la caste des "guerriers"... redresseurs de tort comme on le sait.
Etonnant, non ? ... ce manque de courtoisie envers bobonne (voir Jung sur l'anima, par ex), de la part de ceux que les galipettes entre Mars et Vénus regardent, en premier chef.

Avant d'en venir au rayon indouiste du tantrisme, plus souvent "sollicité" par nos Supers-Dupont, permettez-moi de souligner que dans la tradition islamique, pourtant peu susceptible de féminisme... on trouve chez de grands maîtres (Rûmi, Ibn Arabi, Ruzbehan, etc...) des considérations voisines sur le féminin, "théophanie par excellence", comme ils disent.
Par ailleurs, concernant la "chevalerie spirituelle" (futuwah), dont nos templiers, fantasme récurrent chez nos revanchards, seraient les détenteurs, elle concerne certes la noblesse du caractère (Mahomet en soulignera l'importance, préalable à toute ambition spirituelle).
Les définitions convergentes qu'en donnèrent tous les soufis peuvent s'amorcer par ce proverbe malicieux : "prie Dieu, mais attache ton chameau d'abord !"
Une fois ce minimum accompli, plus gravement : le service du Fata (racine de futuwah), étant un service divin, il ne peut donc qu'être la traduction (comportementale) d'une compassion sur-naturelle. Qu'elle doive parfois s'exprimer fermement, ne change rien au fond.

Tantrisme indien : d'emblée on devine que dans son ensemble il repose sur une conception plus "dynamique" du féminin : la Shakti. (Soit la fameuse énergie, fond de commerce de nos purs et durs, comme de leurs pendants new age. Complémentarité fixes-volatils ?).

En conséquence, le yoga tantrique est centré sur la présence de la Shakti dans l'être humain, à la fois sous la forme de Kundalini et sous celle du souffle de vie, prâna-hamsa.

Un peu de "physiologie subtile" nous en apprendra plus; mais n'ayant ni la place ni les compétences pour developper, je vous invite juste à entrevoir en quoi la réalité (indienne) contredit radicalement la version bodybuildée qu'en donne nos "surhommes".

A la base chez tous les humanoïdes, ojas : vitalité profonde et fondamentale. Chez les hommes elle se manifeste plutot en virya (efficience, puissance aussi bien spirituelle que sexuelle); chez les femmes par contre, le mode prâna prédomine.

"Le guru tantrique agit donc à l'égard du disciple masculin, sur son efficience virile, essence du semen, pour la faire parvenir jusqu'au chakra nommé brahmarandhra, ce qui n'est pas sans offrir de grandes difficultés, les nadis (canaux subtils) de l'homme étant étroites, rigides et leur expansion malaisée.

Le prana étant plus abondant chez la femme, le maître se sert du souffle pour agir à son égard, et la montée de la kundalini s'effectue aisément : en effet si l'homme émet, la femme absorbe, elle peut assimiler de forts pouvoirs et se montrer plus puissante que l'homme.
A la fin de ces processus, il n'y a plus ni virya ni prana, mais une très pure essence nommée mahârasa"; extrèmement précieuse pour parcourir les étapes ultimes.

"A ces stades, la dite conscience-énergie est apaisée chez l'homme mais épanouie chez la femme; et donc à elle seule le guru doit transmettre intégralement la doctrine secrète, nous dit un traité majeur. Et, par son intermédiaire, grâce à la pratique de l'union... elle la transmet aux hommes."

Tradition décidemment peu macho puisqu'on y hésite pas à affirmer ceci : "le résultat acquis par un adepte masculin (sadhaka), adonné à cette pratique durant une année entière, en un seul jour une femme l'obtient".
Pour ceux qui doute que Dieu soit féministe, voir la remarquable traduction commentée d'où je tire ces quelques précisions, "La kundalini", édition les Deux océans, par L. Silburn.

Pour en revenir un chouïa sur cette fabuleuse virilité (vyria) le point de vue d'Abhinavagupta, sans doute le plus grand maître en ce domaine, ne manque pas d'intéret. Il considère qu'une telle efficience (transmuttée chez le yogi) est identique au Soi; que le flot de plaisir suscité par la liberté se transforme en une "intense prise de conscience dont l'acte vibrant (spanda) échappe aux limites spatiales et temporelles".

"Quant à ceux qui n'ont pas accru intérieurement leur efficience virile et ne font aucune place au plaisir du dieu de l'amour, ils demeurent comme des rocs en présence d'une belle fille et de ses chants mélodieux, privés qu'ils sont d'ivresse et de félicité. C'est que virilité et ravissement vont de pair : le ravissement augmente en proportion de la puissance virile : Manquer de virilité, dit-il, c'est manquer de vie, c'est manquer la faculté de s'émerveiller".

NO COMMENT.... mais juste une petite histoire "pédagogique" comme en utilisent les soufis d'asie centrale, afgans par exemple, grands guerriers d'après l'armée rouge...

"Le Roi chargea Nasrudin d'entreprendre des recherches sur les connaissances possédées par les maîtres mystiques orientaux de tout acabit.
Tous perpétuateurs de ces lignées lui rapportèrent les miracles accomplis et les paroles proférées par les fondateurs, depuis longtemps disparus, de leurs écoles respectives.
Lorsqu'il fut de retour, il soumit au Roi son rapport - qui tenait en un mot : "carottes" !!!
Sommé de s'expliquer, il dit alors au Roi :

"la meilleure part est enterrée;
rares sont ceux qui, en dehors du fermier, savent, à la vue des feuilles vertes, qu'il y a de l'orange sous la terre;
si l'on y travaille pas, ça se déteriore;
enfin, un grand nombre d'ânes sont associés à l'affaire".

cordialement
aliboron.
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Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

Message  Logos le Mer 17 Fév 2010, 19:48

Merci beaucoup pour tes développements.

Je connais mal les "pères-fouettards", mais pour moi, ce "zizisme" est l'équivalent de la "noblesse de caractère", ou courage, etc... N'est-ce pas ce qu'on entend pas héroïsme ? Et toujours selon moi, cet "héroïsme" entraîne un devenir-femme (supérieure en un sens à l'homme)... Il ne s'agit donc pas de chasser bobonne, bien au contraire.

Pourquoi ôter la féminité des attributs guerriers ? (C'est peut être ce que fait Evola, mais je ne vois pas où)
C'est aussi pour ça que j'ai parlé de "nouvelle virilité"... Il ne s'agit pas d'une virilité machiste de mes couilles portée en étendard... C'est plutôt un phallus sublimé (condition du Désir) dans ma conception du moins

"Peut-être devrez-vous être durs, mais ne perdez pas votre tendresse.
Peut-être devrez-vous couper les fleurs, mais cela n'empêchera pas le retour du printemps"
(Ernesto Guevara)

Il y a guerre parce qu'il y a violence, intensité et puissance (et ça n'engage pas que la masculinité)

(en tout cas merci pour la référence "kundalinik" de L. Siburn)
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Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

Message  aliboron le Jeu 18 Fév 2010, 10:43

Ave Logos,

Malgrè les apparences, je ne m'oppose pas "systématiquement" à tes points de vue; au contraire même.
En fait, étant sur une tribune publique, je profite de tel ou tel thème proposé pour parfois développer une approche si possible plus générale. Ce qui me semble plus approprié qu'un dialogue réduit à 2 personnes, aussi interressant puisse-t'il être (nos emails privés sont là pour ça).

Je constate néanmoins qu'il en résulte, plus souvent que je ne l'aurai cru, un silence radio qui me laisse songeur... Mais qu'importe, comme disait Cocteau de ses productions (autrement plus géniales que mes "planches") : "un tirage de plus de 3OO exemplaires ? ça ne peut qu'être un malentendu !"

Je ne sévis sur des forums que depuis peu, sans doute mû par une illusion, celle du partage de ce que l'on croit savoir, dans le but but d'approcher (en agréable compagnie) ce qui échappe aux mots. De faire, d'un bouquet de questions ou de réponses temporaires, une seule... mais en flammes. "Accomplissement du désir demeuré désir", comme dit le poète.
Mais, force m'est de constater que la plupart s'engage en ces sujets de la même façon que dans tout le reste : à moitié. Sans passion. Patchwork de lieux communs, à la sauce du jour, etc...

"Il ne suffit pas d'aimer la vérité, il s'agit aussi de se faire aimer d'elle".

"Ne cherches pas tant que tu n'es pas cherché, ce que tu trouverais serait semblable à toi-même".

Concernant Evola and co, la réalité de leurs attitudes facheuses dépasse copieusement la fiction qu'est mon compte-rendu. Que tu ne le saches point ne me gène pas (on ne peut pas tout savoir), d'autant que son "fascisme" (assumé clairement) me gène infiniment moins que la bonne conscience des lâches et autres nains qui le jugent en deux coups de cuillère à pot.
De plus, ce site n'ayant pas vocation à politiser, à propos de ces "pères-fouettard" je ne relève et critique que les distorsions qu'ils font subir, à dessein, aux traditions requisitionnées. Autant faire profiter des clartés dont on a soi-même bénéficié.

Un exemple : Evola dans "le yoga tantrique" (p.144 et ss), s'attèle à justifier une préoccupation personnelle (quoique partagée par moult de ses Kamarades de l'époque) qu'on retrouvera dans quasiment tous ses autres ouvrages, y compris dans "le fascisme vu de droite"; soit le thème de la volonté pure-et-dure.
Il sollicite donc la mythologie indoue tantrique, pour laquelle la déesse Uma incarne, (d'après lui), cet attribut...au sens où il l'entend.

Il cite un tantra :"La Shakti en tant qu'Uma, celle qui n'est l'épouse d'aucun";
et de conclure aussitot : le vîra ou héros (de vyria, tel que je l'ai abordé) doit posséder la Vierge; il doit lui arracher les vétements et la violer nue sur son trône, ce qui signifie qu'il doit s'approprier la nature du pouvoir élémentaire qui n'est que lui-même".
Jusque là, ça semble se tenir, encore que la notion d' "appropriation" (par "qui" ?) laisse dubitatif...

Dans "la Bakti dans le shivaïsme du Cachemire" (edition de Boccard) ouvrage commis par un des seuls auteurs occidentals initiés au tantrisme, p. 36, cette même déesse est mentionnée.
Il est question de ce qui distingue un yogi accompli, de la Grâce qui le visite, parfois au point de le foudroyer...

"D'un tel yogin, les Sivasutra déclarent " : Sa volonté est l'énergie vierge Uma". Et Ksemaraja (un maitre) explique : volonté invincible qui détruit l'illusion, c'est la vierge Uma, ardente en amour qui ne s'attache à rien, pur sujet qui ne peut jamais devenir objet de jouissance. Dès que le yogin s'identifie à cette énergie indéfinissable, et aussi inséparable de Siva que les rayons, du soleil; il puise à son grè dans son efficience illimitée".

L. Silburn poursuit : "Uma personnifie l'amour de Siva pour lui-même. Et ce parfait amour qui est d'aimer Siva du même amour dont il s'aime, c'est lui que désirait Uptaladeva (un autre maitre) lorsqu'il chantait, s'adressant à Siva : "La déesse qui a la saveur d'une béatitude infinie et que Tu chéris plus que tout, ne peut être séparée de Toi; ainsi, que mon amour ne fasse plus qu'un avec moi".
Uptala ne souhaite pas tant posséder l'amour que s'identifier à lui, à la manière de Siva qui est un avec son énergie mais ne la possède pas."

Je te laisse apprécier la différence d'approche... et de niveau; différence qu'on retrouve quasiment dans la plupart des "études" faites par les traditionnalistes sur ces exotiques traditions...

Bref, en cette vierge matière, le sujet n'est peut-etre pas celui qu'on croit...
De même, à la question "qu'est-ce que la prière ?", sujet d'un fil récent, m'est avis que la proposition suivante, soufie en l'occurence mais au fond sans étiquette, dit l'essentiel : " Ce que tu peux Lui demander de mieux, c'est ce qu'Il demande de toi".

Histoire drôle (?) :
"Timour est excédé des vols qui sont commis presque chaque jour dans son palais, et impunément dans la plupart des cas. Il réunit son conseil, dont fait partie Nasr Eddin.
- Voici ma décision, annonce l'empereur : je vais faire surélever l'enceinte, de manière à empêcher tout voleur de s'introduire. Y a-t-il une objection ?
Chacun approuve sans réserve. Seul Nasr Eddin ne semble pas très convaincu.
- Holà ! bouffon, tu es contre ?
- Oui, moi je pense, à l'inverse, qu'il faut rabaisser les murs.
- Rabaisser les murs ? Tu veux ma ruine, imbécile ?
- Au contraire, seigneur. Les voleurs de l'intérieur sont beaucoup plus redoutables que ceux de l'extérieur, et il faut leur faciliter la sortie..."
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Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

Message  Logos le Jeu 18 Fév 2010, 13:21

Salut Aliboron


Autant faire profiter des clartés dont on a soi-même bénéficié.
Oui j'apprécie beaucoup, et les sujets sont là pour ça.
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Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

Message  initiatis le Dim 13 Jan 2013, 11:46

Pour une vision chevaleresque de l'existence
par Mario Serrano

Dans notre vie quotidienne, nous avons tous « de mauvaises heures » pour reprendre l'expression de Cyrano de Bergerac ; ce sont des vicissitudes inévitables de l'existence humaine, et dans ces moments difficiles, on peut s'interroger sur le sens des difficultés et des épreuves de la vie quotidienne. Le concept de la chevalerie peut aider et soutenir celui qui cherche à comprendre. Mais aujourd'hui, que peut représenter pour nous ce concept ?

Dans son livre intitulé Le Secret de la chevalerie, Victor Emile Michelet, qui fut président de plusieurs sociétés de poètes et Grand Maître de l'Ordre Martiniste Traditionnel, rappelle en préambule que la chevalerie représente dans le concept populaire le symbole de l'héroïsme au service de la justice : est chevalier quiconque prend la défense de la faiblesse contre la force. Les concepts populaires peuvent selon lui témoigner d'une grande sagesse. Nous tenterons en effet de souligner que bien que le concept de chevalerie ait évolué à travers le temps, celle-ci repose sur une réalité universelle transcendante et peut véritablement servir de support à la réalisation spirituelle de l'homme. La chevalerie doit même être considérée comme une voie initiatique dans la mesure où elle nous révèle qui nous sommes en réalité, avec nos capacités latentes et notre aptitude à résoudre nos difficultés, en nous appuyant sur notre dimension spirituelle qu'il nous appartient de découvrir et de valoriser, ainsi que nous le dirions aujourd'hui, car elle est notre héritage.

La conception de la chevalerie a évolué à travers le temps car à l'origine, les chevaliers étaient avant tout des guerriers à cheval, que ce soit du côté du monde gréco-romain ou du côté des Barbares, c'est-à-dire des Germains qui les combattaient régulièrement. On peut penser que le fait de combattre sur le dos d'un équidé nécessitait adresse, courage, vaillance, etc. Mais il n'y a pas de défense du faible ici. Le concept populaire dont nous parle Michelet est quant à lui teinté de spiritualité chrétienne, et évoque la notion fondamentale de service.

Au Moyen Âge, le chevalier se met volontairement au service d'un seigneur, sur les terres duquel il est chargé de faire régner l'ordre et la justice, mais il se doit aussi de le soutenir et de combattre à ses côtés en cas de guerre défensive ou agressive : il est son vassal. Le seigneur sert-il alors seul de référence quant aux lois qui devront être appliquées et respectées ? C'est possible, mais pas seulement. Pendant les croisades, à l'extérieur de l'Europe ou contre les Albigeois, c'est l'Église qui tente de diriger l'action des chevaliers. Dans les romans de chevalerie, on voit bien que c'est un idéal qui lui sert de but. Plus tard, Dante n'est-il pas contraint, pour échapper aux bûchers de l'Inquisition, de faire « cavalier seul » puisque cette dernière n'était manifestement pas en mesure de reconnaître la nature de l'inspiration qui le guidait ?

Ceux qui dans l'imaginaire représentent le plus, aujourd'hui encore, l'abnégation et la défense du faible et même le combat du bien contre le mal sont sans aucun doute les Templiers, et cela malgré l'historique campagne de dénigrement dont ils furent l'objet il y a maintenant plusieurs centaines d'années. D'ailleurs que sait-on réellement des Templiers ? N'étaient-ils pas aussi des guerriers occupés à manier l'épée ?
Pourtant, une force invisible semble les entourer d'un halo de gloire.
Cette force invisible ne repose-t-elle pas largement sur leur idéal, cet idéal de vertu, d'intégrité, de courage et de loyauté ? Dans son film Kingdom of heaven, « Le Royaume des cieux », le réalisateur fait dire à son héros, défenseur de Jérusalem pendant les croisades : « Jérusalem est un royaume de la conscience ou ça n'est rien ». Il s'agit en fait de transcendance, celle qui élève l'homme à un rang supérieur et dont chacun rêve secrètement : le rang de chevalier !

En fait, les héros de l'Antiquité tels Héraclès ou Hector, étaient déjà dans la proximité des dieux et porteurs de l'idéal chevaleresque. Plus proche de nous, Edmond Rostand nous peint à travers le personnage héroïque de Cyrano le symbole même du chevalier sans peur au service d'un idéal d'absolu. Plus réellement, Oscar Schindler et Aristide de Susa Mendès furent eux aussi animés par Dieu sait quelle certitude sur ce qui est juste pour décider seuls et contre tous de sauver héroïquement au péril de leur vie des milliers de juifs condamnés par la barbarie nazie. Dans un autre ordre d'idée, Charlie Chaplin diffuse aussi courageusement, dès 1940, son film Le dictateur pour défendre la tolérance et l'humanisme face à ce qu'il pressent que sera la barbarie nazie, et cela alors même que 90% des Américains sont hostiles à la guerre et que, selon certains historiens, une trop large proportion est encore à cette époque antisémite.

Aujourd'hui encore, la force de cet idéal chevaleresque perce de temps à autre pour qui sait le reconnaître dans notre monde désenchanté. Ainsi Jacques Brel, tel un troubadour moderne, nous exhorte en véritable guide spirituel : « // ne faudrait avoir que des ambitions, disons, relativement nobles, et alors, il est urgent d'y succomber. Même si c'est impossible, surtout si c'est impossible ». N'a-t-il pas incarné le Don Quichotte de Cervantès, auteur qui aurait combattu aux côtés des chevaliers de l'Ordre des Hospitaliers à la bataille de Lépante en 1571. Lorsqu'on demande à Jacques Brel qui il préfère parmi les hommes, il répond avec une grande tendresse : « Les faibles, les gens timides, les gens sensibles, ceux qui disent : « ça me fait mal » ; car en réalité ce sont des gens qui ont mal aux autres. »

Dans la littérature symbolique occidentale, le Graal, qui peut représenter l'idéal et la Force absolue de tout chevalier, disparaît temporairement du monde des hommes, rappelle Victor Emile Michelet, et il est remonté dans les cieux par des anges, quand aucun être humain n'est digne d'entrer en sa possession. On peut alors se demander d'où vient cet idéal qui anime le chevalier, idéal de bien et de justice ? Et à ce point on rejoint la spiritualité.

En effet, traditionnellement, agir en chevalier, c'est aussi agir en défenseur de la foi, c'est-à-dire qu'il faut savoir trouver en soi la force de conserver la foi, et ceci en restant au contact du monde qui nous entoure, dans notre « circonférence », comme le dirait Louis-Claude de Saint-Martin : rester relié au monde spirituel pour s'en nourrir et pour bénéficier de l'inspiration qui en découle, tout en étant confronté aux épreuves de la vie terrestre ; résister aux incitations continuelles à mal penser, mal dire et mal agir ; plus encore, considérer les inévitables difficultés de la vie comme autant de supports pour « muscler » notre volonté à bien agir. Pour un Rosicrucien, la chevalerie c'est précisément d'être au contact de la vie profane, tout en conservant sa foi, entretenue vivante et grandissante par un travail intérieur constant.

La chevalerie est donc une sagesse, car elle vise à orienter l'homme dans ses choix ; elle le guide et l'aide à exercer positivement son libre arbitre et lui donne la force de choisir le bien contre le mal. « Le seul combat qui soit noble, c'est le combat intérieur » nous dit un sage amérindien. Et Morihei Ueshiba, fondateur de CheminCroisé l'Aïkido et grand mystique, ajoute : « II n'y a pas de gagnant ni de perdant, car il n'y a pas de combat ; se battre signifie combattre l'esprit de dispute qu'on porte en soi ». Agir en chevalier nécessite donc de cultiver le discernement, et de faire preuve de discipline. Le terme de discipline ne contient-il pas le mot « disciple » ? Et il ne peut y avoir de disciple que s'il y a un maître. Le chevalier saura donc trouver les deux en lui-même, assujettissant la partie matérielle de lui-même (le disciple) à sa partie spirituelle (le maître, l'idéal). En cela aussi il s'agit d'une quête spirituelle. Le véritable chevalier a su faire alliance avec le monde spirituel, à force de courage, de patience, de constance et de foi, il a su trouver et parcourir le chemin. Dans une approche spiritualiste de la psychologie, c'est à un état supérieur de satisfaction et d'équilibre auquel l'homme accède en faisant le choix de la discipline. La maîtrise progressive de l'ego ne conduit pas à la frustration, mais au contraire à une plus grande liberté de pensée et d'action. N'était-ce pas ce que symbolisait la monture du chevalier qui, si elle s'avérait être un mauvais maître, pouvait devenir le meilleur des serviteurs ?

Mais l'enjeu de cette vie de service est aussi de permettre l'intervention du monde spirituel dans la vie des hommes. Dans son aspect mystique, il s'agit de servir de pont aux vertus spirituelles afin qu'elles entrent par l'homme dans le monde et qu'ainsi le monde en soit pourvu. Le monde serait ténébreux sans l'homme employant sa volonté à offrir un passage aux forces de l'Esprit. Ainsi, c'est par l'homme spiritualisé que la réalité divine, invisible, intangible, entre dans le monde. C'est "l'affaire" des hommes que d'établir ce lien avec les forces de l'Esprit, qu'eux seuls peuvent puiser au fond d'eux-mêmes et du monde dans lequel ils ont été placés pour cela. D'une certaine manière, Dieu a besoin des hommes pour cette opération ; ou si l'on préfère, c'est de cet "Office" que Dieu a pensé puis décidé que Sa gloire se réaliserait.

L'homme, au rang de chevalier, peut devenir le représentant de Dieu sur Terre. Une voie de service n'est-elle pas la plus sûre façon d'avoir l'approbation et la bénédiction du Cosmique ?

C'est la raison pour laquelle un recul quotidien sur nos comportements peut être utile pour réaliser lesquelles ont pu nous échapper parmi les opportunités de pouvoir manifester la volonté, la gloire ou la présence divine, ainsi que les moments où nous avons su être dignes de notre existence, voulue par Dieu dans le seul but de Le manifester ici et maintenant. Cela nous permet aussi de mesurer notre état de conscience, le point où nous en sommes sur le chemin qui nous conduit à Le manifester en toute pureté et en parfaite dignité. Telle est sans doute la véritable chevalerie spirituelle : manifester Dieu là où il nous est demandé, et aussi donné, de cheminer.

« L'intention de Dieu, c'est que chaque être, dans la mesure où sa propre mesure le permet, reproduise la Bonté divine » écrit Dante dans La Monarchie. Et parallèlement, L.-C. de Saint-Martin ajoute dans L'esprit des choses : « L'objet de la végétation est de nous transmettre les rayons de beauté, de couleur et de perfection, qui ont leur source dans la région supérieure et qui ne tendent qu'à s'introduire dans notre région inférieure ; ainsi chaque grain de semence est un petit chaos dont le débrouillement doit nous montrer l'origine des choses temporelles, la séparation de la lumière d'avec les ténèbres et la régularité vive de toutes les formes à la place de ce néant, que, sans elles, l'espace nous offrirait. » À l'homme aussi de se « débrouiller » sur son plan pour témoigner de la grandeur de son Créateur. On pourrait y voir la « réconciliation » chrétienne qui est de faire Sa volonté en faisant la nôtre, qui serait de Le servir pour notre plus grand service.

« Au service les uns des autres, nous trouvons notre liberté » est-il écrit sur une des représentations de la Table ronde, car l'homme trouve la liberté et l'égalité par le moyen de la fraternité. L'a-t-on bien compris ? Et les chevaliers de cette même table symbolique prononcent cette invocation avant leurs réunions de travail : « Seigneur, donne-nous la sagesse de percevoir ce qui est juste, la volonté de le choisir et la force de le défendre en toute circonstance. » Ailleurs, Cyrano, sur le point d'affronter seul une centaine d'hommes qui menace la vie de son ami, poète comme lui, se justifie ainsi : « Marche Gascon, fais ce que dois ! »

Alors bien sûr, cela nous semble bien souvent « difficile » ; comme si cela n'était pas naturel car, qui sait si les oiseaux du ciel, eux, peinent à voler, et les fleurs à éclore ? Cela renvoie à la philosophie de Saint-Martin, pour qui nos difficultés découlent du fait que depuis la chute de l'homme, conséquence de sa faute, nous sommes « extra-lignes » ; car comment se fait-il que nous ayons tant de difficultés à faire ce pourquoi nous sommes faits ? Pour ce grand ésotériste, la conscience de notre souffrance, et notamment de nos insuffisances, est une preuve même de l'existence du plan divin. Peut-on en effet imaginer que nous puissions à la fois être souffrants et conscients de l'être et que cela n'ait, de surcroît, aucun sens, aucune finalité ? Est-ce un (malheureux) hasard de plus dans la Création de l'univers ?

Ou bien l'impression de difficulté n'est-elle que la prise de conscience des ressources qui nous manquent pour faire ce que nous « sentons » que nous devrions faire ? Ainsi, nos manques ne sont-ils peut-être que la conscience des ressources qui, précisément, nous font défaut. Un des éléments caractéristiques du chevalier accompli n'est-il pas la Force qui l'anime, son "pouvoir", dirait-on plutôt aujourd'hui, celui que nous attribuons aux "super-héros" de notre époque ?

C'est à l'homme de bâtir son monde comme Dieu veut qu'il soit fait par l'homme, c'est-à-dire pour la part de création qu'il nous a réservée, qui nous revient. Nous aurait-il fait créateur, à son image, sinon ? Et il nous faut pour cela nous doter des ressources nécessaires pour agir positivement, dépassant graduellement notre peur et notre impression d'incomplétude. «Si Jésus te demande quelque chose, c'est qu'il sait que tu en es capable » dit pour nous réconforter Thérèse de Lisieux.
N'est-il pas dans l'ordre des choses que nous puissions devenir ce que nous pouvons être un jour ?

Les hommes sont tous des chevaliers spirituels en devenir, c'est-à-dire des héros qui peuvent aller chercher dans le monde spirituel l'inspiration et la Force de vivre le quotidien.
Puissions-nous ne pas l'oublier, ne pas le remettre sans cesse à plus tard, et nous réconcilier avec notre dimension spirituelle, afin que celle-ci puisse être accueillie en conscience et non pas seulement furtivement, à travers les rêves pendant notre sommeil.

Étant enfants, nous le savions, puisqu'on nous disait encore : « Qu'est-ce que tu veux être quand tu seras plus grand ? » Puis, le temps passant, on oublie de continuer à devenir ce que nous voulions être. Est-ce pour cela que les hommes ne veulent pas "grandir" ? Est-ce là aussi ce qui désespère les poètes ?

Un conte soufi raconte l'histoire d'un homme qui, après avoir observé que les animaux trouvaient facilement de quoi se nourrir dans la nature environnante, décida de s'asseoir au pied d'un arbre dans la forêt, et d'attendre, oisivement, que la nature le nourrisse. Évidement, il dépérit rapidement et devint vindicatif, reprochant à Dieu les difficultés de l'existence des hommes de la Terre. C'est alors qu'il vit marcher dans la forêt un très jeune enfant innocent, et manifestement abandonné. Puis il vit une meute de chiens affamés qui reniflaient ses pas.

Alors, le pressentiment de ce qui allait arriver le mit dans une colère noire et il s'écria vers le ciel, en s'adressant au Créateur : « Comment, laisseras-tu cet enfant être la proie de ces animaux, ne feras-tu rien pour lui ? » C'est alors qu'il entendit une voix lui dire : « Pour cet enfant encore fragile, je t'avais fait, toi ! »
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Re: er re Le chevalier désirant et l'esprit héroïque

Message  arjuna le Lun 18 Aoû 2014, 22:12

Bonjour Aliboron

"A ces stades, la dite conscience-énergie est apaisée chez l'homme mais épanouie chez la femme ; et donc à elle seule le guru doit transmettre intégralement la doctrine secrète, nous dit un traité majeur. Et, par son intermédiaire, grâce à la pratique de l'union... elle la transmet aux hommes."

"Dans le yoga du Cachemire les femmes initiées enseignaient aux Brahmanes. Pas question ici de la femme née d'une côte d'Adam ce qui est une mauvaise traduction avec les conséquences que nous connaissons, le texte dit : née à côté d'Adam, ce qui est tout différent."

"Mais nous savons la chasse faite aux Déesses Mères par les premiers Evèques venu d'Orient évangéliser nos contrées au Vème siècle comme Saint Martin"
A ce sujet lire l'excellent livre de Bernard Rio : L’arbre philosophal, L’Age d’Homme, 2001.

Pour revenir au Yoga du Cachemire :
Dans ce texte, la femme et son énergie sont à leur juste place ; féminin et masculin sont les deux polarités fondamentales qui président à toute manifestation lors de la rupture d'équilibre de l'Un.

Très beau texte, à méditer.
J'en possède la copie , je la transmet volontiers. Mais par quel moyen ???
Me faire signe !!

Cordialement

Arjuna


Tantra Yoga, Le tantra de la "connaissance suprême"
Albin Michel, collection "Spiritualités vivantes"

"Seule cette condition de Bhaïrava reconnue comme suprême est la grande Déesse."

Le Vijñânabhaïrava tantra, écrit au début de notre ère dans l'école shivaïte du Cachemire, présente la "quintessence de tous les tantras". Il porte en lui la concision et la grâce d'expression qui rendent possibles cette saisie intuitive, ce retour spontané à la spatialité du Soi, cette reconnaissance immédiate de sa propre nature.
Le texte est tout d'abord présenté dans sa forme dépouillée, pour la joie des intelligences intuitives. Puis une seconde partie présente une introduction au shivaïsme cachimirien.
Des commentaires spontanés du texte sont donnés dans une dernière partie.
Le texte de référence pour l'exploration et la mise en pratique des enseignements. A la fois invitation au yoga et chant d'amour et de reconnaissance envers Devi.
 
7-10. Ô Seigneur, que ta grâce abolisse mes doutes!
Parfait! Parfait! Tes questions, Ô Bien-aimée, forment la quintessence des Tantra. Je vais t'exposer un savoir secret. Tout ce qui est perçu comme une forme composée de la sphère de Bhaïrava doit être considéré comme une fantasmagorie, une illusion magique, une cité fantôme suspendue dans le ciel. Une telle description n'a comme objet que de pousser ceux qui sont en proie à l'illusion et aux activités mondaines à se tourner vers la contemplation.
De tels enseignements sont destinés à ceux qui sont intéressés par les rites et les pratiques extérieures et sont soumis à la pensée dualisante.

11-13. Du point de vue absolu, Bhaïrava n'est associé ni aux lettres, ni aux phonèmes, ni aux trois Shakti, ni à la percée des chakra, ni aux autres croyances, et la Shakti ne compose pas son essence. Tous ces concepts exposés dans les écritures sont destinés à ceux dont l'esprit est encore trop immature pour saisir la réalité suprême. Ils ne sont que des friandises destinées à inciter les aspirants à une voie de conduite éthique et à une pratique spirituelle afin qu'ils puissent un jour réaliser que la nature ultime de Bhaïrava n'est pas séparé de leur propre Soi.

14-17. L'extase mystique n'est pas soumise à la pensée dualisante, elle est totalement libérée des notions de lieu, d'espace et de temps. Cette vérité ne peut être touchée que par l'expérience. On ne peut l'atteindre que lorsqu'on se libère totalement de la dualité, de l'ego, et qu'on s'établit fermement dans la plénitude de la conscience du Soi. Cet état de Bhaïrava est gorgé de la pure félicité de la non différenciation du tântrika et de l'univers, lui seul est la Shakti. Dans la réalité de sa propre nature ainsi reconnue et contenant l'univers entier, on touche à la plus haute sphère. Qui donc pourrait être adoré? Qui donc pourrait être comblé par cette adoration? Seule cette condition de Bhaïrava reconnue comme suprême est la grande Déesse.

arjuna

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