Le chevalier désirant et l'esprit héroïque
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Le chevalier désirant et l'esprit héroïque
C'est un extrait de "Mystère du Graal" de Evola... Ça me laisse penser que notre époque de grande confusion serait aussi celle du "réveil" de forces boréennes, solaires... La re-manifestation d'une spiritualité héroïque, guerrière et désirante (nouvelle virilité) ? "Excellent est l'âge de Kâli !"... Voilà, à titre de partage...
"Nous rencontrons d'abord, dans la tradition hindoue, le thème de Mahâkâçyapa qui dort dans une montagne, mais s"éveillera, au son des conques, lors de la re-manifestation du principe, déjà apparue sous la forme du Bouddha. Cette période correspond à celle de la venue d'un "Seigneur Universel" - çakravarti - portant le nom de Çankha ; or, çankha veut dire précisément "conque" ; à travers cette assimilation phonétique, s'exprime ainsi l'idée d'un réveil en fonction de la nouvelle manifestation du "Roi du Monde" et de la tradition primordiale, que le récit en question conçoit précisément comme renfermée dans une conque pendant les périodes intermédiaires de crise. Une tradition iranienne analogue se réfère au héros Kereshâspa qui, blessé par une flèche alors qu'il était plongé dans le "sommeil" (c'est le même symbole qui apparaît encore) survit, en état de létargie, au cours des siècle (de même que le roi Arthur blessé demeure en vie dans l'île des femmes habiles dans l'art de guérir) : mais il réapparaîtra à l'époque de Çaoçyant et luttera à ses côtés. Çaoçyant est le Seigneur d'un futur royaume triomphal du "Dieu de Lumière" et le destructeur des forces obscures ahrimaniques.
Paraçue-Râma est une des images les plus typiques du représentant héroïque de la tradition olympienne-hyperboréenne primordiale. Alors que les ancêtres des colonisateurs aryens de l'Inde se trouvaient encore dans une région septentrionale, il aurait exterminé, avec sa hache, les guerriers rebelles et tué aussi sa mère coupable : symboles du double dépassement qui caractérise "l'esprit héroïque" - dépassement de la virilité dégradée aussi bien d'une spiritualité passée sous le signe féminin-maternel selon une involution et une dégradation de sens opposé.
Paraçue-Râma comme maître spirituel, et après avoir été initié à la Science Sacrée, obtient l'investiture royale. Il avait reçu, entre temps de Çiva, un cheval blanc ailé, un perroquet omniscient, et une épée lumineuse. On peut rappeler ici que c'est également monté d'un cheval blanc que le roi Arthur, dit-on, se manifestera de nouveau le même symbole jouant d'autre part un rôle notoire dans "Apocalypse" de Jean : on peut rappeler l'épée disparue qu'Arthur ressaisira et qui, de temps en temps, émergeait des eaux en jetant de vives lueurs. Guidé par oiseau, Kalki obtint la "femme" c'est à dire qu'il épousa Padmâ, une fille du roi, que personne n'avait jamais pu posséder parce que tout homme qui s'éprenait d'elle se transformait, par la volonté divine, en femme - symbole qui a une signification profonde se rattachant au sens métaphysique de désir. Kalki, escorté de ses guerriers, traverse à pied sec une mer qui s'est magiquement solidifiée devant lui, et atteint de nouveau son pays natal, Shambhala."
"Nous rencontrons d'abord, dans la tradition hindoue, le thème de Mahâkâçyapa qui dort dans une montagne, mais s"éveillera, au son des conques, lors de la re-manifestation du principe, déjà apparue sous la forme du Bouddha. Cette période correspond à celle de la venue d'un "Seigneur Universel" - çakravarti - portant le nom de Çankha ; or, çankha veut dire précisément "conque" ; à travers cette assimilation phonétique, s'exprime ainsi l'idée d'un réveil en fonction de la nouvelle manifestation du "Roi du Monde" et de la tradition primordiale, que le récit en question conçoit précisément comme renfermée dans une conque pendant les périodes intermédiaires de crise. Une tradition iranienne analogue se réfère au héros Kereshâspa qui, blessé par une flèche alors qu'il était plongé dans le "sommeil" (c'est le même symbole qui apparaît encore) survit, en état de létargie, au cours des siècle (de même que le roi Arthur blessé demeure en vie dans l'île des femmes habiles dans l'art de guérir) : mais il réapparaîtra à l'époque de Çaoçyant et luttera à ses côtés. Çaoçyant est le Seigneur d'un futur royaume triomphal du "Dieu de Lumière" et le destructeur des forces obscures ahrimaniques.
Paraçue-Râma est une des images les plus typiques du représentant héroïque de la tradition olympienne-hyperboréenne primordiale. Alors que les ancêtres des colonisateurs aryens de l'Inde se trouvaient encore dans une région septentrionale, il aurait exterminé, avec sa hache, les guerriers rebelles et tué aussi sa mère coupable : symboles du double dépassement qui caractérise "l'esprit héroïque" - dépassement de la virilité dégradée aussi bien d'une spiritualité passée sous le signe féminin-maternel selon une involution et une dégradation de sens opposé.
Paraçue-Râma comme maître spirituel, et après avoir été initié à la Science Sacrée, obtient l'investiture royale. Il avait reçu, entre temps de Çiva, un cheval blanc ailé, un perroquet omniscient, et une épée lumineuse. On peut rappeler ici que c'est également monté d'un cheval blanc que le roi Arthur, dit-on, se manifestera de nouveau le même symbole jouant d'autre part un rôle notoire dans "Apocalypse" de Jean : on peut rappeler l'épée disparue qu'Arthur ressaisira et qui, de temps en temps, émergeait des eaux en jetant de vives lueurs. Guidé par oiseau, Kalki obtint la "femme" c'est à dire qu'il épousa Padmâ, une fille du roi, que personne n'avait jamais pu posséder parce que tout homme qui s'éprenait d'elle se transformait, par la volonté divine, en femme - symbole qui a une signification profonde se rattachant au sens métaphysique de désir. Kalki, escorté de ses guerriers, traverse à pied sec une mer qui s'est magiquement solidifiée devant lui, et atteint de nouveau son pays natal, Shambhala."

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque
Bonjour,
Je ne partage pas du tout le point de vue des pères-fouettards "traditionnalistes", ni celui, (assez voisin tout compte fait) néo-punk des "rebelles" du Chaos-maggick; pour ne mentionner que les versions virulentes exprimant cette orientation.
(La version molle n'en retiendra que le concept du "maître intérieur", soluble dans le psychologisme et les stages ou conférences; bref on est déjà plus convivial... passant du bruit de bottes aux glissement des pantoufles.)
L'inflation de l'égo (Moi = justicié masqué, auto-initié, gardien de la Vérité, etc...) rend stupide, plus encore en cette matière que dans les autres domaines constituant le théatre humain.
Point commun fréquent à ces "milices" et donneurs de leçons : un recours plus ou moins explicite à certaines traditions asiatiques, ou plutôt à ce qu'ils en ont retenus.
Kali-yuga, Chakravartin, art de la guerre "spirituelle", chevaucher le tigre (hi hi...), guerre occulte mais revancharde façon Shamballah, etc... Le tout mixé de manière aléatoire avec des grumeaux bien de chez nous : templiers, contre-initiation, roi dormant, hyperborée, oeuvre au noir, héroïsme, etc...
Et, touche finale, histoire d'activer le "circuit imprimé" ou, mandala théorique récapitulant cette tambouille : le tantrisme, wahooooooou !
Indispensable tigre dans le moteur pour quiconque entend surfer sur l'abominable fin de cycle...
Evola, Abellio, dotés d'un bon cerveau et d'une plume persuasive, s'en tirent pas trop mal; l'effet "Rambo" qu'ils émettent peu séduire. Leurs émules par contre ?
Mais zoomons un peu sur leurs assertions "tantriques", clef de voûte de leur discours, se résumant (en gros) à vilipender le versant féminin (voir, "mystique", dirait Guénon), caractérisé selon eux par une déplorable passivité...
Lequel versant, non maitrisé, fait facheusement tourner l'initiatique sauce... Sans parler de tous les innombrables maux affligeant l'Occident... et qui résultent de cette féminoïde bouillasse.
Il y aurait beaucoup à dire sur leurs analyses socio-économico-politiques et historiques, (du sous-Guénon en général) mais concentrons nous sur le nerf de leur guerre, localisé dans l'attribut viril par excellence : le zizi.
Fait étrange, quand on s'approche sans à priori du dit tantrisme (indou, bouddhiste ou taoïste), on est rapidement averti que le postulat de base soustendant ces voies est exactement l'inverse que celui asséné par nos farouches "guerriers" !
"Connaitre le masculin, et pourtant garder le féminin, c'est devenir la vallée du monde"; (Lao Tseu).
Et toute l'alchimie chinoise, interne (tantrique à souhait) ou laborantine, immémoriale, de s'être engagée dans cette direction. Je vous passe les subtilités de la dialectique entre le yin et le yang, purs ou non, pour ne creuser que le rôle, majeur, du féminin ici.
"La grande caractéristique du tao est qu'il ne se limite point à l'esprit des choses, mais cherche la réalité dans le corps vécu lui-même. L'adepte dans ce monde possède "le Réel" en lui et doit le cultiver. Il est une mère, une mère avec un enfant (l'Embryon d'immortalité), et doit vivre concrêtement cette gestation en adoptant une personnalité féminine";
nous résume K. Schipper.
Un passage célèbre du Tao Te King montre du doigt cette ... lune : "l'Esprit de la Vallée ne meurt pas, il s'appelle la Femelle Obscure".
Schipper développe : "Ici l'opposition entre les modalités masculines et féminines de l'existence correspond, pour la première, à la conscience et pour la seconde, au garder, couver, nourrir et protéger en tant que pures fonctions physiques; cette seconde modalité met en oeuvre l'intuition non-consciente, les impulsions vitales qui gouvernent spontanément l'accomplissement de l'oeuvre cosmique en nous".
Bref ça couve un max, un peu comme le grand ange de la Melencolia...
"Connaitre la clarté, et pourtant garder l'obscurité, c'est devenir la mesure de toutes les choses", dira un adepte. Celui qui est telle une vallée, une telle mesure, "la puissance constante du Tao ne le quittera point, il retournera à l'état de l'embryon".
"Le corps du Tao, on peut l'affirmer sans hésitation, est, dans ce monde, un corps de femme; le seul corps véritablement complet, le seul à pouvoir accomplir la transformation, l'oeuvre du Tao".
Et en cette voie tantrique, contrairement aux hommes, les femmes sont considérées comme avantagées, possédant déjà la panacée, et n'ayant donc pas besoin de la produire; ainsi dans l'alchimie interne féminine, on parle de "respiration", mais pas d'embryon. De plus, dès que le "mouvement interne" (proprement alchimique) apparait chez elles, son "cheminement" est comparativement beaucoup plus rapide que chez les hommes.
Quant à l'aspect "volonté"(parée d'une majuscule impressionnante par les Evola, Abellio et consort), détermination nécessaire pour mettre en oeuvre de telles voies, rappellons juste ce qu'en dit cette tradition, où "la souplesse de toutes choses l'emporte sur la rigidité de toutes choses".
La notion de "YI", essentielle dans leurs arts martiaux par exemple, se traduirait au mieux par intention, en aucun cas par volonté. Ce YI est émis par le coeur, il est le maître dont le corps suit les injonctions.
Sa nature le rapproche de celle de l'imagination créatrice puisqu'il véhicule une re-présentation, une in-formation. Au stade de la maîtrise, lorsque le corps répond instantanément à la "pensée" émise, cette "parole du coeur" s'écoule d'elle-même; sans effort conscient.
Pour en finir avec le taoïsme, dans le Tchouang Tseu, (2ème bible après le Tao Te King), de nombreuses femmes figurent parmi les initiées...
Je vous laisse établir les parallèles possibles avec notre tradition alchimique, laquelle, (d'après nos traditionnalistes), se cantonnant au "cosmologique" (petits mystères) ne concernent que les kshattryas, soit la caste des "guerriers"... redresseurs de tort comme on le sait.
Etonnant, non ? ... ce manque de courtoisie envers bobonne (voir Jung sur l'anima, par ex), de la part de ceux que les galipettes entre Mars et Vénus regardent, en premier chef.
Avant d'en venir au rayon indouiste du tantrisme, plus souvent "sollicité" par nos Supers-Dupont, permettez-moi de souligner que dans la tradition islamique, pourtant peu susceptible de féminisme... on trouve chez de grands maîtres (Rûmi, Ibn Arabi, Ruzbehan, etc...) des considérations voisines sur le féminin, "théophanie par excellence", comme ils disent.
Par ailleurs, concernant la "chevalerie spirituelle" (futuwah), dont nos templiers, fantasme récurrent chez nos revanchards, seraient les détenteurs, elle concerne certes la noblesse du caractère (Mahomet en soulignera l'importance, préalable à toute ambition spirituelle).
Les définitions convergentes qu'en donnèrent tous les soufis peuvent s'amorcer par ce proverbe malicieux : "prie Dieu, mais attache ton chameau d'abord !"
Une fois ce minimum accompli, plus gravement : le service du Fata (racine de futuwah), étant un service divin, il ne peut donc qu'être la traduction (comportementale) d'une compassion sur-naturelle. Qu'elle doive parfois s'exprimer fermement, ne change rien au fond.
Tantrisme indien : d'emblée on devine que dans son ensemble il repose sur une conception plus "dynamique" du féminin : la Shakti. (Soit la fameuse énergie, fond de commerce de nos purs et durs, comme de leurs pendants new age. Complémentarité fixes-volatils ?).
En conséquence, le yoga tantrique est centré sur la présence de la Shakti dans l'être humain, à la fois sous la forme de Kundalini et sous celle du souffle de vie, prâna-hamsa.
Un peu de "physiologie subtile" nous en apprendra plus; mais n'ayant ni la place ni les compétences pour developper, je vous invite juste à entrevoir en quoi la réalité (indienne) contredit radicalement la version bodybuildée qu'en donne nos "surhommes".
A la base chez tous les humanoïdes, ojas : vitalité profonde et fondamentale. Chez les hommes elle se manifeste plutot en virya (efficience, puissance aussi bien spirituelle que sexuelle); chez les femmes par contre, le mode prâna prédomine.
"Le guru tantrique agit donc à l'égard du disciple masculin, sur son efficience virile, essence du semen, pour la faire parvenir jusqu'au chakra nommé brahmarandhra, ce qui n'est pas sans offrir de grandes difficultés, les nadis (canaux subtils) de l'homme étant étroites, rigides et leur expansion malaisée.
Le prana étant plus abondant chez la femme, le maître se sert du souffle pour agir à son égard, et la montée de la kundalini s'effectue aisément : en effet si l'homme émet, la femme absorbe, elle peut assimiler de forts pouvoirs et se montrer plus puissante que l'homme.
A la fin de ces processus, il n'y a plus ni virya ni prana, mais une très pure essence nommée mahârasa"; extrèmement précieuse pour parcourir les étapes ultimes.
"A ces stades, la dite conscience-énergie est apaisée chez l'homme mais épanouie chez la femme; et donc à elle seule le guru doit transmettre intégralement la doctrine secrète, nous dit un traité majeur. Et, par son intermédiaire, grâce à la pratique de l'union... elle la transmet aux hommes."
Tradition décidemment peu macho puisqu'on y hésite pas à affirmer ceci : "le résultat acquis par un adepte masculin (sadhaka), adonné à cette pratique durant une année entière, en un seul jour une femme l'obtient".
Pour ceux qui doute que Dieu soit féministe, voir la remarquable traduction commentée d'où je tire ces quelques précisions, "La kundalini", édition les Deux océans, par L. Silburn.
Pour en revenir un chouïa sur cette fabuleuse virilité (vyria) le point de vue d'Abhinavagupta, sans doute le plus grand maître en ce domaine, ne manque pas d'intéret. Il considère qu'une telle efficience (transmuttée chez le yogi) est identique au Soi; que le flot de plaisir suscité par la liberté se transforme en une "intense prise de conscience dont l'acte vibrant (spanda) échappe aux limites spatiales et temporelles".
"Quant à ceux qui n'ont pas accru intérieurement leur efficience virile et ne font aucune place au plaisir du dieu de l'amour, ils demeurent comme des rocs en présence d'une belle fille et de ses chants mélodieux, privés qu'ils sont d'ivresse et de félicité. C'est que virilité et ravissement vont de pair : le ravissement augmente en proportion de la puissance virile : Manquer de virilité, dit-il, c'est manquer de vie, c'est manquer la faculté de s'émerveiller".
NO COMMENT.... mais juste une petite histoire "pédagogique" comme en utilisent les soufis d'asie centrale, afgans par exemple, grands guerriers d'après l'armée rouge...
"Le Roi chargea Nasrudin d'entreprendre des recherches sur les connaissances possédées par les maîtres mystiques orientaux de tout acabit.
Tous perpétuateurs de ces lignées lui rapportèrent les miracles accomplis et les paroles proférées par les fondateurs, depuis longtemps disparus, de leurs écoles respectives.
Lorsqu'il fut de retour, il soumit au Roi son rapport - qui tenait en un mot : "carottes" !!!
Sommé de s'expliquer, il dit alors au Roi :
"la meilleure part est enterrée;
rares sont ceux qui, en dehors du fermier, savent, à la vue des feuilles vertes, qu'il y a de l'orange sous la terre;
si l'on y travaille pas, ça se déteriore;
enfin, un grand nombre d'ânes sont associés à l'affaire".
cordialement
aliboron.
Je ne partage pas du tout le point de vue des pères-fouettards "traditionnalistes", ni celui, (assez voisin tout compte fait) néo-punk des "rebelles" du Chaos-maggick; pour ne mentionner que les versions virulentes exprimant cette orientation.
(La version molle n'en retiendra que le concept du "maître intérieur", soluble dans le psychologisme et les stages ou conférences; bref on est déjà plus convivial... passant du bruit de bottes aux glissement des pantoufles.)
L'inflation de l'égo (Moi = justicié masqué, auto-initié, gardien de la Vérité, etc...) rend stupide, plus encore en cette matière que dans les autres domaines constituant le théatre humain.
Point commun fréquent à ces "milices" et donneurs de leçons : un recours plus ou moins explicite à certaines traditions asiatiques, ou plutôt à ce qu'ils en ont retenus.
Kali-yuga, Chakravartin, art de la guerre "spirituelle", chevaucher le tigre (hi hi...), guerre occulte mais revancharde façon Shamballah, etc... Le tout mixé de manière aléatoire avec des grumeaux bien de chez nous : templiers, contre-initiation, roi dormant, hyperborée, oeuvre au noir, héroïsme, etc...
Et, touche finale, histoire d'activer le "circuit imprimé" ou, mandala théorique récapitulant cette tambouille : le tantrisme, wahooooooou !
Indispensable tigre dans le moteur pour quiconque entend surfer sur l'abominable fin de cycle...
Evola, Abellio, dotés d'un bon cerveau et d'une plume persuasive, s'en tirent pas trop mal; l'effet "Rambo" qu'ils émettent peu séduire. Leurs émules par contre ?
Mais zoomons un peu sur leurs assertions "tantriques", clef de voûte de leur discours, se résumant (en gros) à vilipender le versant féminin (voir, "mystique", dirait Guénon), caractérisé selon eux par une déplorable passivité...
Lequel versant, non maitrisé, fait facheusement tourner l'initiatique sauce... Sans parler de tous les innombrables maux affligeant l'Occident... et qui résultent de cette féminoïde bouillasse.
Il y aurait beaucoup à dire sur leurs analyses socio-économico-politiques et historiques, (du sous-Guénon en général) mais concentrons nous sur le nerf de leur guerre, localisé dans l'attribut viril par excellence : le zizi.
Fait étrange, quand on s'approche sans à priori du dit tantrisme (indou, bouddhiste ou taoïste), on est rapidement averti que le postulat de base soustendant ces voies est exactement l'inverse que celui asséné par nos farouches "guerriers" !
"Connaitre le masculin, et pourtant garder le féminin, c'est devenir la vallée du monde"; (Lao Tseu).
Et toute l'alchimie chinoise, interne (tantrique à souhait) ou laborantine, immémoriale, de s'être engagée dans cette direction. Je vous passe les subtilités de la dialectique entre le yin et le yang, purs ou non, pour ne creuser que le rôle, majeur, du féminin ici.
"La grande caractéristique du tao est qu'il ne se limite point à l'esprit des choses, mais cherche la réalité dans le corps vécu lui-même. L'adepte dans ce monde possède "le Réel" en lui et doit le cultiver. Il est une mère, une mère avec un enfant (l'Embryon d'immortalité), et doit vivre concrêtement cette gestation en adoptant une personnalité féminine";
nous résume K. Schipper.
Un passage célèbre du Tao Te King montre du doigt cette ... lune : "l'Esprit de la Vallée ne meurt pas, il s'appelle la Femelle Obscure".
Schipper développe : "Ici l'opposition entre les modalités masculines et féminines de l'existence correspond, pour la première, à la conscience et pour la seconde, au garder, couver, nourrir et protéger en tant que pures fonctions physiques; cette seconde modalité met en oeuvre l'intuition non-consciente, les impulsions vitales qui gouvernent spontanément l'accomplissement de l'oeuvre cosmique en nous".
Bref ça couve un max, un peu comme le grand ange de la Melencolia...

"Connaitre la clarté, et pourtant garder l'obscurité, c'est devenir la mesure de toutes les choses", dira un adepte. Celui qui est telle une vallée, une telle mesure, "la puissance constante du Tao ne le quittera point, il retournera à l'état de l'embryon".
"Le corps du Tao, on peut l'affirmer sans hésitation, est, dans ce monde, un corps de femme; le seul corps véritablement complet, le seul à pouvoir accomplir la transformation, l'oeuvre du Tao".
Et en cette voie tantrique, contrairement aux hommes, les femmes sont considérées comme avantagées, possédant déjà la panacée, et n'ayant donc pas besoin de la produire; ainsi dans l'alchimie interne féminine, on parle de "respiration", mais pas d'embryon. De plus, dès que le "mouvement interne" (proprement alchimique) apparait chez elles, son "cheminement" est comparativement beaucoup plus rapide que chez les hommes.
Quant à l'aspect "volonté"(parée d'une majuscule impressionnante par les Evola, Abellio et consort), détermination nécessaire pour mettre en oeuvre de telles voies, rappellons juste ce qu'en dit cette tradition, où "la souplesse de toutes choses l'emporte sur la rigidité de toutes choses".
La notion de "YI", essentielle dans leurs arts martiaux par exemple, se traduirait au mieux par intention, en aucun cas par volonté. Ce YI est émis par le coeur, il est le maître dont le corps suit les injonctions.
Sa nature le rapproche de celle de l'imagination créatrice puisqu'il véhicule une re-présentation, une in-formation. Au stade de la maîtrise, lorsque le corps répond instantanément à la "pensée" émise, cette "parole du coeur" s'écoule d'elle-même; sans effort conscient.
Pour en finir avec le taoïsme, dans le Tchouang Tseu, (2ème bible après le Tao Te King), de nombreuses femmes figurent parmi les initiées...
Je vous laisse établir les parallèles possibles avec notre tradition alchimique, laquelle, (d'après nos traditionnalistes), se cantonnant au "cosmologique" (petits mystères) ne concernent que les kshattryas, soit la caste des "guerriers"... redresseurs de tort comme on le sait.
Etonnant, non ? ... ce manque de courtoisie envers bobonne (voir Jung sur l'anima, par ex), de la part de ceux que les galipettes entre Mars et Vénus regardent, en premier chef.
Avant d'en venir au rayon indouiste du tantrisme, plus souvent "sollicité" par nos Supers-Dupont, permettez-moi de souligner que dans la tradition islamique, pourtant peu susceptible de féminisme... on trouve chez de grands maîtres (Rûmi, Ibn Arabi, Ruzbehan, etc...) des considérations voisines sur le féminin, "théophanie par excellence", comme ils disent.
Par ailleurs, concernant la "chevalerie spirituelle" (futuwah), dont nos templiers, fantasme récurrent chez nos revanchards, seraient les détenteurs, elle concerne certes la noblesse du caractère (Mahomet en soulignera l'importance, préalable à toute ambition spirituelle).
Les définitions convergentes qu'en donnèrent tous les soufis peuvent s'amorcer par ce proverbe malicieux : "prie Dieu, mais attache ton chameau d'abord !"
Une fois ce minimum accompli, plus gravement : le service du Fata (racine de futuwah), étant un service divin, il ne peut donc qu'être la traduction (comportementale) d'une compassion sur-naturelle. Qu'elle doive parfois s'exprimer fermement, ne change rien au fond.
Tantrisme indien : d'emblée on devine que dans son ensemble il repose sur une conception plus "dynamique" du féminin : la Shakti. (Soit la fameuse énergie, fond de commerce de nos purs et durs, comme de leurs pendants new age. Complémentarité fixes-volatils ?).
En conséquence, le yoga tantrique est centré sur la présence de la Shakti dans l'être humain, à la fois sous la forme de Kundalini et sous celle du souffle de vie, prâna-hamsa.
Un peu de "physiologie subtile" nous en apprendra plus; mais n'ayant ni la place ni les compétences pour developper, je vous invite juste à entrevoir en quoi la réalité (indienne) contredit radicalement la version bodybuildée qu'en donne nos "surhommes".
A la base chez tous les humanoïdes, ojas : vitalité profonde et fondamentale. Chez les hommes elle se manifeste plutot en virya (efficience, puissance aussi bien spirituelle que sexuelle); chez les femmes par contre, le mode prâna prédomine.
"Le guru tantrique agit donc à l'égard du disciple masculin, sur son efficience virile, essence du semen, pour la faire parvenir jusqu'au chakra nommé brahmarandhra, ce qui n'est pas sans offrir de grandes difficultés, les nadis (canaux subtils) de l'homme étant étroites, rigides et leur expansion malaisée.
Le prana étant plus abondant chez la femme, le maître se sert du souffle pour agir à son égard, et la montée de la kundalini s'effectue aisément : en effet si l'homme émet, la femme absorbe, elle peut assimiler de forts pouvoirs et se montrer plus puissante que l'homme.

A la fin de ces processus, il n'y a plus ni virya ni prana, mais une très pure essence nommée mahârasa"; extrèmement précieuse pour parcourir les étapes ultimes.
"A ces stades, la dite conscience-énergie est apaisée chez l'homme mais épanouie chez la femme; et donc à elle seule le guru doit transmettre intégralement la doctrine secrète, nous dit un traité majeur. Et, par son intermédiaire, grâce à la pratique de l'union... elle la transmet aux hommes."
Tradition décidemment peu macho puisqu'on y hésite pas à affirmer ceci : "le résultat acquis par un adepte masculin (sadhaka), adonné à cette pratique durant une année entière, en un seul jour une femme l'obtient".
Pour ceux qui doute que Dieu soit féministe, voir la remarquable traduction commentée d'où je tire ces quelques précisions, "La kundalini", édition les Deux océans, par L. Silburn.
Pour en revenir un chouïa sur cette fabuleuse virilité (vyria) le point de vue d'Abhinavagupta, sans doute le plus grand maître en ce domaine, ne manque pas d'intéret. Il considère qu'une telle efficience (transmuttée chez le yogi) est identique au Soi; que le flot de plaisir suscité par la liberté se transforme en une "intense prise de conscience dont l'acte vibrant (spanda) échappe aux limites spatiales et temporelles".
"Quant à ceux qui n'ont pas accru intérieurement leur efficience virile et ne font aucune place au plaisir du dieu de l'amour, ils demeurent comme des rocs en présence d'une belle fille et de ses chants mélodieux, privés qu'ils sont d'ivresse et de félicité. C'est que virilité et ravissement vont de pair : le ravissement augmente en proportion de la puissance virile : Manquer de virilité, dit-il, c'est manquer de vie, c'est manquer la faculté de s'émerveiller".
NO COMMENT.... mais juste une petite histoire "pédagogique" comme en utilisent les soufis d'asie centrale, afgans par exemple, grands guerriers d'après l'armée rouge...
"Le Roi chargea Nasrudin d'entreprendre des recherches sur les connaissances possédées par les maîtres mystiques orientaux de tout acabit.
Tous perpétuateurs de ces lignées lui rapportèrent les miracles accomplis et les paroles proférées par les fondateurs, depuis longtemps disparus, de leurs écoles respectives.
Lorsqu'il fut de retour, il soumit au Roi son rapport - qui tenait en un mot : "carottes" !!!
Sommé de s'expliquer, il dit alors au Roi :
"la meilleure part est enterrée;
rares sont ceux qui, en dehors du fermier, savent, à la vue des feuilles vertes, qu'il y a de l'orange sous la terre;
si l'on y travaille pas, ça se déteriore;
enfin, un grand nombre d'ânes sont associés à l'affaire".
cordialement
aliboron.

aliboron- Nombre de messages: 208
Age: 54
Date d'inscription: 15/07/2009
Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque
Merci beaucoup pour tes développements.
Je connais mal les "pères-fouettards", mais pour moi, ce "zizisme" est l'équivalent de la "noblesse de caractère", ou courage, etc... N'est-ce pas ce qu'on entend pas héroïsme ? Et toujours selon moi, cet "héroïsme" entraîne un devenir-femme (supérieure en un sens à l'homme)... Il ne s'agit donc pas de chasser bobonne, bien au contraire.
Pourquoi ôter la féminité des attributs guerriers ? (C'est peut être ce que fait Evola, mais je ne vois pas où)
C'est aussi pour ça que j'ai parlé de "nouvelle virilité"... Il ne s'agit pas d'une virilité machiste de mes couilles portée en étendard... C'est plutôt un phallus sublimé (condition du Désir) dans ma conception du moins
"Peut-être devrez-vous être durs, mais ne perdez pas votre tendresse.
Peut-être devrez-vous couper les fleurs, mais cela n'empêchera pas le retour du printemps"
(Ernesto Guevara)
Il y a guerre parce qu'il y a violence, intensité et puissance (et ça n'engage pas que la masculinité)
(en tout cas merci pour la référence "kundalinik" de L. Siburn)
Je connais mal les "pères-fouettards", mais pour moi, ce "zizisme" est l'équivalent de la "noblesse de caractère", ou courage, etc... N'est-ce pas ce qu'on entend pas héroïsme ? Et toujours selon moi, cet "héroïsme" entraîne un devenir-femme (supérieure en un sens à l'homme)... Il ne s'agit donc pas de chasser bobonne, bien au contraire.
Pourquoi ôter la féminité des attributs guerriers ? (C'est peut être ce que fait Evola, mais je ne vois pas où)
C'est aussi pour ça que j'ai parlé de "nouvelle virilité"... Il ne s'agit pas d'une virilité machiste de mes couilles portée en étendard... C'est plutôt un phallus sublimé (condition du Désir) dans ma conception du moins
"Peut-être devrez-vous être durs, mais ne perdez pas votre tendresse.
Peut-être devrez-vous couper les fleurs, mais cela n'empêchera pas le retour du printemps"
(Ernesto Guevara)
Il y a guerre parce qu'il y a violence, intensité et puissance (et ça n'engage pas que la masculinité)
(en tout cas merci pour la référence "kundalinik" de L. Siburn)

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque
Ave Logos,
Malgrè les apparences, je ne m'oppose pas "systématiquement" à tes points de vue; au contraire même.
En fait, étant sur une tribune publique, je profite de tel ou tel thème proposé pour parfois développer une approche si possible plus générale. Ce qui me semble plus approprié qu'un dialogue réduit à 2 personnes, aussi interressant puisse-t'il être (nos emails privés sont là pour ça).
Je constate néanmoins qu'il en résulte, plus souvent que je ne l'aurai cru, un silence radio qui me laisse songeur... Mais qu'importe, comme disait Cocteau de ses productions (autrement plus géniales que mes "planches") : "un tirage de plus de 3OO exemplaires ? ça ne peut qu'être un malentendu !"
Je ne sévis sur des forums que depuis peu, sans doute mû par une illusion, celle du partage de ce que l'on croit savoir, dans le but but d'approcher (en agréable compagnie) ce qui échappe aux mots. De faire, d'un bouquet de questions ou de réponses temporaires, une seule... mais en flammes. "Accomplissement du désir demeuré désir", comme dit le poète.
Mais, force m'est de constater que la plupart s'engage en ces sujets de la même façon que dans tout le reste : à moitié. Sans passion. Patchwork de lieux communs, à la sauce du jour, etc...
"Il ne suffit pas d'aimer la vérité, il s'agit aussi de se faire aimer d'elle".
"Ne cherches pas tant que tu n'es pas cherché, ce que tu trouverais serait semblable à toi-même".
Concernant Evola and co, la réalité de leurs attitudes facheuses dépasse copieusement la fiction qu'est mon compte-rendu. Que tu ne le saches point ne me gène pas (on ne peut pas tout savoir), d'autant que son "fascisme" (assumé clairement) me gène infiniment moins que la bonne conscience des lâches et autres nains qui le jugent en deux coups de cuillère à pot.
De plus, ce site n'ayant pas vocation à politiser, à propos de ces "pères-fouettard" je ne relève et critique que les distorsions qu'ils font subir, à dessein, aux traditions requisitionnées. Autant faire profiter des clartés dont on a soi-même bénéficié.
Un exemple : Evola dans "le yoga tantrique" (p.144 et ss), s'attèle à justifier une préoccupation personnelle (quoique partagée par moult de ses Kamarades de l'époque) qu'on retrouvera dans quasiment tous ses autres ouvrages, y compris dans "le fascisme vu de droite"; soit le thème de la volonté pure-et-dure.
Il sollicite donc la mythologie indoue tantrique, pour laquelle la déesse Uma incarne, (d'après lui), cet attribut...au sens où il l'entend.
Il cite un tantra :"La Shakti en tant qu'Uma, celle qui n'est l'épouse d'aucun";
et de conclure aussitot : le vîra ou héros (de vyria, tel que je l'ai abordé) doit posséder la Vierge; il doit lui arracher les vétements et la violer nue sur son trône, ce qui signifie qu'il doit s'approprier la nature du pouvoir élémentaire qui n'est que lui-même".
Jusque là, ça semble se tenir, encore que la notion d' "appropriation" (par "qui" ?) laisse dubitatif...
Dans "la Bakti dans le shivaïsme du Cachemire" (edition de Boccard) ouvrage commis par un des seuls auteurs occidentals initiés au tantrisme, p. 36, cette même déesse est mentionnée.
Il est question de ce qui distingue un yogi accompli, de la Grâce qui le visite, parfois au point de le foudroyer...
"D'un tel yogin, les Sivasutra déclarent " : Sa volonté est l'énergie vierge Uma". Et Ksemaraja (un maitre) explique : volonté invincible qui détruit l'illusion, c'est la vierge Uma, ardente en amour qui ne s'attache à rien, pur sujet qui ne peut jamais devenir objet de jouissance. Dès que le yogin s'identifie à cette énergie indéfinissable, et aussi inséparable de Siva que les rayons, du soleil; il puise à son grè dans son efficience illimitée".
L. Silburn poursuit : "Uma personnifie l'amour de Siva pour lui-même. Et ce parfait amour qui est d'aimer Siva du même amour dont il s'aime, c'est lui que désirait Uptaladeva (un autre maitre) lorsqu'il chantait, s'adressant à Siva : "La déesse qui a la saveur d'une béatitude infinie et que Tu chéris plus que tout, ne peut être séparée de Toi; ainsi, que mon amour ne fasse plus qu'un avec moi".
Uptala ne souhaite pas tant posséder l'amour que s'identifier à lui, à la manière de Siva qui est un avec son énergie mais ne la possède pas."
Je te laisse apprécier la différence d'approche... et de niveau; différence qu'on retrouve quasiment dans la plupart des "études" faites par les traditionnalistes sur ces exotiques traditions...
Bref, en cette vierge matière, le sujet n'est peut-etre pas celui qu'on croit...
De même, à la question "qu'est-ce que la prière ?", sujet d'un fil récent, m'est avis que la proposition suivante, soufie en l'occurence mais au fond sans étiquette, dit l'essentiel : " Ce que tu peux Lui demander de mieux, c'est ce qu'Il demande de toi".
Histoire drôle (?) :
"Timour est excédé des vols qui sont commis presque chaque jour dans son palais, et impunément dans la plupart des cas. Il réunit son conseil, dont fait partie Nasr Eddin.
- Voici ma décision, annonce l'empereur : je vais faire surélever l'enceinte, de manière à empêcher tout voleur de s'introduire. Y a-t-il une objection ?
Chacun approuve sans réserve. Seul Nasr Eddin ne semble pas très convaincu.
- Holà ! bouffon, tu es contre ?
- Oui, moi je pense, à l'inverse, qu'il faut rabaisser les murs.
- Rabaisser les murs ? Tu veux ma ruine, imbécile ?
- Au contraire, seigneur. Les voleurs de l'intérieur sont beaucoup plus redoutables que ceux de l'extérieur, et il faut leur faciliter la sortie..."
Malgrè les apparences, je ne m'oppose pas "systématiquement" à tes points de vue; au contraire même.
En fait, étant sur une tribune publique, je profite de tel ou tel thème proposé pour parfois développer une approche si possible plus générale. Ce qui me semble plus approprié qu'un dialogue réduit à 2 personnes, aussi interressant puisse-t'il être (nos emails privés sont là pour ça).
Je constate néanmoins qu'il en résulte, plus souvent que je ne l'aurai cru, un silence radio qui me laisse songeur... Mais qu'importe, comme disait Cocteau de ses productions (autrement plus géniales que mes "planches") : "un tirage de plus de 3OO exemplaires ? ça ne peut qu'être un malentendu !"
Je ne sévis sur des forums que depuis peu, sans doute mû par une illusion, celle du partage de ce que l'on croit savoir, dans le but but d'approcher (en agréable compagnie) ce qui échappe aux mots. De faire, d'un bouquet de questions ou de réponses temporaires, une seule... mais en flammes. "Accomplissement du désir demeuré désir", comme dit le poète.
Mais, force m'est de constater que la plupart s'engage en ces sujets de la même façon que dans tout le reste : à moitié. Sans passion. Patchwork de lieux communs, à la sauce du jour, etc...
"Il ne suffit pas d'aimer la vérité, il s'agit aussi de se faire aimer d'elle".
"Ne cherches pas tant que tu n'es pas cherché, ce que tu trouverais serait semblable à toi-même".
Concernant Evola and co, la réalité de leurs attitudes facheuses dépasse copieusement la fiction qu'est mon compte-rendu. Que tu ne le saches point ne me gène pas (on ne peut pas tout savoir), d'autant que son "fascisme" (assumé clairement) me gène infiniment moins que la bonne conscience des lâches et autres nains qui le jugent en deux coups de cuillère à pot.
De plus, ce site n'ayant pas vocation à politiser, à propos de ces "pères-fouettard" je ne relève et critique que les distorsions qu'ils font subir, à dessein, aux traditions requisitionnées. Autant faire profiter des clartés dont on a soi-même bénéficié.
Un exemple : Evola dans "le yoga tantrique" (p.144 et ss), s'attèle à justifier une préoccupation personnelle (quoique partagée par moult de ses Kamarades de l'époque) qu'on retrouvera dans quasiment tous ses autres ouvrages, y compris dans "le fascisme vu de droite"; soit le thème de la volonté pure-et-dure.
Il sollicite donc la mythologie indoue tantrique, pour laquelle la déesse Uma incarne, (d'après lui), cet attribut...au sens où il l'entend.
Il cite un tantra :"La Shakti en tant qu'Uma, celle qui n'est l'épouse d'aucun";
et de conclure aussitot : le vîra ou héros (de vyria, tel que je l'ai abordé) doit posséder la Vierge; il doit lui arracher les vétements et la violer nue sur son trône, ce qui signifie qu'il doit s'approprier la nature du pouvoir élémentaire qui n'est que lui-même".
Jusque là, ça semble se tenir, encore que la notion d' "appropriation" (par "qui" ?) laisse dubitatif...
Dans "la Bakti dans le shivaïsme du Cachemire" (edition de Boccard) ouvrage commis par un des seuls auteurs occidentals initiés au tantrisme, p. 36, cette même déesse est mentionnée.
Il est question de ce qui distingue un yogi accompli, de la Grâce qui le visite, parfois au point de le foudroyer...
"D'un tel yogin, les Sivasutra déclarent " : Sa volonté est l'énergie vierge Uma". Et Ksemaraja (un maitre) explique : volonté invincible qui détruit l'illusion, c'est la vierge Uma, ardente en amour qui ne s'attache à rien, pur sujet qui ne peut jamais devenir objet de jouissance. Dès que le yogin s'identifie à cette énergie indéfinissable, et aussi inséparable de Siva que les rayons, du soleil; il puise à son grè dans son efficience illimitée".
L. Silburn poursuit : "Uma personnifie l'amour de Siva pour lui-même. Et ce parfait amour qui est d'aimer Siva du même amour dont il s'aime, c'est lui que désirait Uptaladeva (un autre maitre) lorsqu'il chantait, s'adressant à Siva : "La déesse qui a la saveur d'une béatitude infinie et que Tu chéris plus que tout, ne peut être séparée de Toi; ainsi, que mon amour ne fasse plus qu'un avec moi".
Uptala ne souhaite pas tant posséder l'amour que s'identifier à lui, à la manière de Siva qui est un avec son énergie mais ne la possède pas."
Je te laisse apprécier la différence d'approche... et de niveau; différence qu'on retrouve quasiment dans la plupart des "études" faites par les traditionnalistes sur ces exotiques traditions...
Bref, en cette vierge matière, le sujet n'est peut-etre pas celui qu'on croit...
De même, à la question "qu'est-ce que la prière ?", sujet d'un fil récent, m'est avis que la proposition suivante, soufie en l'occurence mais au fond sans étiquette, dit l'essentiel : " Ce que tu peux Lui demander de mieux, c'est ce qu'Il demande de toi".
Histoire drôle (?) :
"Timour est excédé des vols qui sont commis presque chaque jour dans son palais, et impunément dans la plupart des cas. Il réunit son conseil, dont fait partie Nasr Eddin.
- Voici ma décision, annonce l'empereur : je vais faire surélever l'enceinte, de manière à empêcher tout voleur de s'introduire. Y a-t-il une objection ?
Chacun approuve sans réserve. Seul Nasr Eddin ne semble pas très convaincu.
- Holà ! bouffon, tu es contre ?
- Oui, moi je pense, à l'inverse, qu'il faut rabaisser les murs.
- Rabaisser les murs ? Tu veux ma ruine, imbécile ?
- Au contraire, seigneur. Les voleurs de l'intérieur sont beaucoup plus redoutables que ceux de l'extérieur, et il faut leur faciliter la sortie..."

aliboron- Nombre de messages: 208
Age: 54
Date d'inscription: 15/07/2009
Re: Le chevalier désirant et l'esprit héroïque
Salut Aliboron
Oui j'apprécie beaucoup, et les sujets sont là pour ça.
Autant faire profiter des clartés dont on a soi-même bénéficié.
Oui j'apprécie beaucoup, et les sujets sont là pour ça.

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
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