chemins qui ne mènent nulle part
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chemins qui ne mènent nulle part
Chemins qui ne mènent nulle part
entre deux prés,
que l'on dirait avec art
de leur but détournés,
chemins qui souvent n'ont
devant eux rien d'autre en face
que le pur espace
et la saison.
*
Le temps que nous passons dans ce monde n'a point de prix
sans vin et sans chanson;
il n'a pas de prix sans les sons mélodieux de la flûte.
J'ai beau observer les choses d'ici-bas,
je n'y vois que la foi et l'amour qui aient du prix:
le reste n'est rien.
(extrait des Robaïyat, Quatrain 52, Omar Khayyâm)
"Je suis un oiseau du jardin céleste,
Je ne suis pas d'ici, de ce monde terrestre
On m'a fait une cage de ce corps mortel
Pour que dans la cage quelques jours je reste"
(Jalâl al-Dîn Rûmî)
"Se retrouver dans un état d'extrême secousse, éclaircie d'irréalité, avec dans un coin de soi-même des morceaux du monde réel"
(Antonin Artaud)
« Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement. Or, c'est en vain qu'on chercherait à l'activité surréaliste un autre mobile que l'espoir de détermination de ce point »
(André Breton, Second Manifeste du surréalisme, 1930)
kali yag "Le Soleil aime exclusivement la Nuit et dirige vers la terre sa violence lumineuse, verge ignoble, mais il se trouve dans l'incapacité d'atteindre le regard ou la nuit bien que les étendues terrestres nocturnes se dirigent continuellement vers l'immondice du rayon solaire."
(extrait de l'Anus solaire, G. Bataille)
"Fuis la lutte contre les hommes pour retrouver la lutte pure, la lutte contre les éléments. Fuis là-haut où souffle un vent rude et fort."
(Ainsi parlait Zarathoustra - Nietzsche)
"Dans nos cavernes, qui nous aidera à descendre ? Qui nous aidera à retrouver, à reconnaître, à connaître notre être double qui, d'une nuit à l'autre, nous garde dans l'existence. Ce somnambule qui ne chemine pas sur les chemins de la vie, mais qui descend, toujours descend à la quête des gîtes immémoriaux."
(La poétique de la rêverie, BACHELARD)
Gracieusement livré par mon ami Stelio
entre deux prés,
que l'on dirait avec art
de leur but détournés,
chemins qui souvent n'ont
devant eux rien d'autre en face
que le pur espace
et la saison.
*
Le temps que nous passons dans ce monde n'a point de prix
sans vin et sans chanson;
il n'a pas de prix sans les sons mélodieux de la flûte.
J'ai beau observer les choses d'ici-bas,
je n'y vois que la foi et l'amour qui aient du prix:
le reste n'est rien.
(extrait des Robaïyat, Quatrain 52, Omar Khayyâm)
"Je suis un oiseau du jardin céleste,
Je ne suis pas d'ici, de ce monde terrestre
On m'a fait une cage de ce corps mortel
Pour que dans la cage quelques jours je reste"
(Jalâl al-Dîn Rûmî)
"Se retrouver dans un état d'extrême secousse, éclaircie d'irréalité, avec dans un coin de soi-même des morceaux du monde réel"
(Antonin Artaud)
« Tout porte à croire qu'il existe un certain point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l'incommunicable, le haut et le bas cessent d'être perçus contradictoirement. Or, c'est en vain qu'on chercherait à l'activité surréaliste un autre mobile que l'espoir de détermination de ce point »
(André Breton, Second Manifeste du surréalisme, 1930)
kali yag "Le Soleil aime exclusivement la Nuit et dirige vers la terre sa violence lumineuse, verge ignoble, mais il se trouve dans l'incapacité d'atteindre le regard ou la nuit bien que les étendues terrestres nocturnes se dirigent continuellement vers l'immondice du rayon solaire."
(extrait de l'Anus solaire, G. Bataille)
"Fuis la lutte contre les hommes pour retrouver la lutte pure, la lutte contre les éléments. Fuis là-haut où souffle un vent rude et fort."
(Ainsi parlait Zarathoustra - Nietzsche)
"Dans nos cavernes, qui nous aidera à descendre ? Qui nous aidera à retrouver, à reconnaître, à connaître notre être double qui, d'une nuit à l'autre, nous garde dans l'existence. Ce somnambule qui ne chemine pas sur les chemins de la vie, mais qui descend, toujours descend à la quête des gîtes immémoriaux."
(La poétique de la rêverie, BACHELARD)
Gracieusement livré par mon ami Stelio

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
Allons, aujourd'hui, j'irai ivre,
Me faire d'un crâne une coupe et un calice
J'erre aujourd'hui ivre par cette ville ;
Je cherche un sage pour le rendre fou.
Notre ivresse ne provient pas du vin vermeil,
Et ce vin n'existe que dans la coupe de mon imagination.
Tu es venu pour répandre mon vin ?
Mais le vin dont je m'enivre est invisible.
******************
Quand je m'embrase du feu de mon essence
Je voudrais t'oublier un instant.
J'ai une âme qui enivre la raison,
Viens dans ma coupe, je te boirai toi-même.
******************
O jour, lève-toi ! Des atomes dansent.
Les âmes, éperdues d'extase, dansent.
La voûte céleste, à cause de cet Etre,danse,
A l'oreille je te dirai où l'entraîne cette danse.
******************
Nous avons appris à l'ami( ...) à boire le vin.
Nous possédons le feu de l'amour qui brûle l'amour même.
Depuis l'éternité le temps ne nous a pas vus dormir,
Pendant toutes ces nuits que nous avons changé en jour.
******************
Je ne suis pas moi-même, tu n'es pas toi, tu n'es pas moi ;
Et cependant, je suis moi, tu es toi et tu es moi.
L'état où tu m'a mis est tel, ô idole de Khotan
Que je ne sais si je suis toi, ou si tu es moi.
******************
J'étais un homme pieux, tu as fait de moi un chanteur
Un pilier de cabaret toujours assoiffé de vin.
J'étais assis gravement sur mon tapis de prière,
Tu as fait de moi la risée des enfants du quartier.
******************
Nous le nommons tantôt le vin, et tantôt la coupe,
Tantôt l'or, ou bien l'argent brut.
Tantôt l'appât, tantôt le gibier, tantôt le piège.
Mais pourquoi toutes ces métaphores ? Pourquoi ne pas dire son nom ?
******************
O âme du monde, j'ai perdu et l'âme et le monde,
O ma lune, j'ai perdu et la terre et le ciel.
Ne mets pas la coupe dans ma main, porte la à ma bouche,
Car enivré de toi, j'ai perdu le chemin de ma bouche
******************
Tu n'es pas fait d'eau et de terre,
Tu es hors de ce monde errant, ce monde d'eau et d'argile.
Le corps est un ruisseau, l'âme l'eau de Jouvence qui y coule...
Là où tu te trouves, tu ne te soucies ni de l'un, ni de l'autre.
******************
Je suis cette âme unique qui possède cent mille corps.
Mais que faire ? J'ai la bouche scellée!
J'ai vu une multitude d'homme qui tous n'étaient que moi-même :
Mais entre tous, je n'ai pas vu celui-là même que je suis.
******************
RUMI's groove
Me faire d'un crâne une coupe et un calice
J'erre aujourd'hui ivre par cette ville ;
Je cherche un sage pour le rendre fou.
Notre ivresse ne provient pas du vin vermeil,
Et ce vin n'existe que dans la coupe de mon imagination.
Tu es venu pour répandre mon vin ?
Mais le vin dont je m'enivre est invisible.
******************
Quand je m'embrase du feu de mon essence
Je voudrais t'oublier un instant.
J'ai une âme qui enivre la raison,
Viens dans ma coupe, je te boirai toi-même.
******************
O jour, lève-toi ! Des atomes dansent.
Les âmes, éperdues d'extase, dansent.
La voûte céleste, à cause de cet Etre,danse,
A l'oreille je te dirai où l'entraîne cette danse.
******************
Nous avons appris à l'ami( ...) à boire le vin.
Nous possédons le feu de l'amour qui brûle l'amour même.
Depuis l'éternité le temps ne nous a pas vus dormir,
Pendant toutes ces nuits que nous avons changé en jour.
******************
Je ne suis pas moi-même, tu n'es pas toi, tu n'es pas moi ;
Et cependant, je suis moi, tu es toi et tu es moi.
L'état où tu m'a mis est tel, ô idole de Khotan
Que je ne sais si je suis toi, ou si tu es moi.
******************
J'étais un homme pieux, tu as fait de moi un chanteur
Un pilier de cabaret toujours assoiffé de vin.
J'étais assis gravement sur mon tapis de prière,
Tu as fait de moi la risée des enfants du quartier.
******************
Nous le nommons tantôt le vin, et tantôt la coupe,
Tantôt l'or, ou bien l'argent brut.
Tantôt l'appât, tantôt le gibier, tantôt le piège.
Mais pourquoi toutes ces métaphores ? Pourquoi ne pas dire son nom ?
******************
O âme du monde, j'ai perdu et l'âme et le monde,
O ma lune, j'ai perdu et la terre et le ciel.
Ne mets pas la coupe dans ma main, porte la à ma bouche,
Car enivré de toi, j'ai perdu le chemin de ma bouche
******************
Tu n'es pas fait d'eau et de terre,
Tu es hors de ce monde errant, ce monde d'eau et d'argile.
Le corps est un ruisseau, l'âme l'eau de Jouvence qui y coule...
Là où tu te trouves, tu ne te soucies ni de l'un, ni de l'autre.
******************
Je suis cette âme unique qui possède cent mille corps.
Mais que faire ? J'ai la bouche scellée!
J'ai vu une multitude d'homme qui tous n'étaient que moi-même :
Mais entre tous, je n'ai pas vu celui-là même que je suis.
******************
RUMI's groove

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
Les 12 signes du zodiaque version printemps 
http://miroska78.free.fr/PeintureA.htm
http://miroska78.free.fr/PeintureAB.htm

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Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
A propos de la contre-initiation (stelios) :
La voie de la main gauche (vacamara) aux indes c'est la voie de la femme et du serpent qui vient baver sur certains dogmes vediques c'est en effet une forme de ce qu'on a appellé la contre-initiation...mais il existe aussi la non-initiation qui est la forme la plus extreme de contre-initiation car elle nie toute forme de dualité ontologique c'est ce qu'ici avec un sens de la formule volontairement grotesque (calquant ma conduite sur celle des hommes du blame du soufisme) j'ai appellé sentier empoisonné ou hors-piste ou fuck spirituality...et ce courant,vieux comme le monde et sinueux et secret comme une couleuvre a une histoire qui n'est pas celle de la tradition et qui encule (au sens Deleuzien du terme) les concepts classiques d'initiation...contre-initiation donc comme on parle de contre-champs...(alors que la contre-initiation traditionelle s'apparente plutot a un contre-pouvoir...le contre-pouvoir n'existe qu'en relation avec le pouvoir alors que le contre-champs existe meme sans le champs car il est tout ce qui est)...
Car le champs n'est qu'une délimitation arbitraire mais rassurante de l'infinité du contre-champs...le vivant qui ne porte pas de nom mais qui devient contre-reflet de ce qui se proclame pouvoir,initiation,tradition,contre-pouvoir ou contre-initiation....et le vivant qui porte le masque de la contre-initiation qui est une non-initiation n'a ni nom,ni visage...comme le raconte Melville dans Moby Dick "elle ne figure sur aucune carte,c'est le propre des endroits vrais"...et pour appuyer tout ça il faut préciser qu'initier c'est initiare..commencer...alors que la non-initiation emane d'une vision du monde comme processus sans debut et sans fin...je porte dans le coeur un chemin qui n'arrive jamais disent les calos...
je viens,je ne sais d'ou
je suis,je ne sais qui,
je meurs,je ne sais quand
je vais,je ne sais ou,
Et je m'etonne d'etre heureux
Quand a la prétention a l'indépendance il ne faut pas confondre indépendance et liberté...les etres qui sont libres sont des princes...ils se tiennent droit comme des godes independamment de ce qui peut leur arriver...independamment de leur condition...quand j'etais petit garçon les vieux grecs disaient qu'on est tous des hommes mais que parmis nous il faut savoir reconnaitre ceux qui sont des princes en regardant la flamme qui brille dans leurs yeux...la non-initiation c'est juste cela...enterrez moi debout des roms (qui sont de la race des heretiques (astinganos en grec byzantin qui a donné tziganes) et au milieu des epines je marche...
Les tziganes qui s'auto-proclament princes parmis les hommes car ils le disent eux meme...la misere t'apprendra tout...et on s'appauvrit lorsqu'on a peur et l'on s'enrichit lorsqu'on se soumet au destin qui est le vent qui souffle toujours ou il veut...
la non-initiation et je ne parle pas de la contre-initiation dogmatique qui est issue de la scission belial-melchidsedek qui du Royaume de Perse s'est diffusé a travers les livres saints zoroastriens et les ecrits hebraiques de l'ancien testament,la contre-initiation c'est le vivant qui fait alterner ombre et lumière face au coeur immobile de celui qui danse...comme la pluie et le soleil degouline face a la terre impassible qui se nourrit de tout en se transformant toujours...etre nomade meme sans bouger comme le dit Deleuze...
La voie de la main gauche (vacamara) aux indes c'est la voie de la femme et du serpent qui vient baver sur certains dogmes vediques c'est en effet une forme de ce qu'on a appellé la contre-initiation...mais il existe aussi la non-initiation qui est la forme la plus extreme de contre-initiation car elle nie toute forme de dualité ontologique c'est ce qu'ici avec un sens de la formule volontairement grotesque (calquant ma conduite sur celle des hommes du blame du soufisme) j'ai appellé sentier empoisonné ou hors-piste ou fuck spirituality...et ce courant,vieux comme le monde et sinueux et secret comme une couleuvre a une histoire qui n'est pas celle de la tradition et qui encule (au sens Deleuzien du terme) les concepts classiques d'initiation...contre-initiation donc comme on parle de contre-champs...(alors que la contre-initiation traditionelle s'apparente plutot a un contre-pouvoir...le contre-pouvoir n'existe qu'en relation avec le pouvoir alors que le contre-champs existe meme sans le champs car il est tout ce qui est)...
Car le champs n'est qu'une délimitation arbitraire mais rassurante de l'infinité du contre-champs...le vivant qui ne porte pas de nom mais qui devient contre-reflet de ce qui se proclame pouvoir,initiation,tradition,contre-pouvoir ou contre-initiation....et le vivant qui porte le masque de la contre-initiation qui est une non-initiation n'a ni nom,ni visage...comme le raconte Melville dans Moby Dick "elle ne figure sur aucune carte,c'est le propre des endroits vrais"...et pour appuyer tout ça il faut préciser qu'initier c'est initiare..commencer...alors que la non-initiation emane d'une vision du monde comme processus sans debut et sans fin...je porte dans le coeur un chemin qui n'arrive jamais disent les calos...
je viens,je ne sais d'ou
je suis,je ne sais qui,
je meurs,je ne sais quand
je vais,je ne sais ou,
Et je m'etonne d'etre heureux
Quand a la prétention a l'indépendance il ne faut pas confondre indépendance et liberté...les etres qui sont libres sont des princes...ils se tiennent droit comme des godes independamment de ce qui peut leur arriver...independamment de leur condition...quand j'etais petit garçon les vieux grecs disaient qu'on est tous des hommes mais que parmis nous il faut savoir reconnaitre ceux qui sont des princes en regardant la flamme qui brille dans leurs yeux...la non-initiation c'est juste cela...enterrez moi debout des roms (qui sont de la race des heretiques (astinganos en grec byzantin qui a donné tziganes) et au milieu des epines je marche...
Les tziganes qui s'auto-proclament princes parmis les hommes car ils le disent eux meme...la misere t'apprendra tout...et on s'appauvrit lorsqu'on a peur et l'on s'enrichit lorsqu'on se soumet au destin qui est le vent qui souffle toujours ou il veut...
la non-initiation et je ne parle pas de la contre-initiation dogmatique qui est issue de la scission belial-melchidsedek qui du Royaume de Perse s'est diffusé a travers les livres saints zoroastriens et les ecrits hebraiques de l'ancien testament,la contre-initiation c'est le vivant qui fait alterner ombre et lumière face au coeur immobile de celui qui danse...comme la pluie et le soleil degouline face a la terre impassible qui se nourrit de tout en se transformant toujours...etre nomade meme sans bouger comme le dit Deleuze...

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
A propos des chorégraphies "rituelles" (stelios) :
cette choregraphie de geste est d'ailleurs un des rites initiatiques spontanées que vivent tous les fils du vent entre 10 et 14 ans...et c'est en interpretant cette gestuelle spontanée que l'on sait (les kakous ou sorciers) ce que doit devenir l'enfant...mais bon c'est un truc mysterieux,un truc de tradition orale qui debarque d'Orient...et les gestes des petits garçons sont interprétés differemment de ceux des petites filles...en tout cas c'est a ces gestes qu'on identifie qui deviendra sorcier...
Il s'agit donc d'une gratuité totale mais qui a du sens...pas un sens symbolique ou psychologique mais il s'agit d'un langage naturel...certains trucs liés a ce langage sont inscrit dans les mudras hindous (les roms viennent du rajasthan...plutot ont longtemps tournés la bas) ou la gestuelle flamenco...ce code est un secret et l'enfant reçoit un nom secret (semblable au kombo bwitiste) qui est lié au monde animal (l'animal totem des traditions indiennes)..brutus,pacha,nies,grinna,lovenito...
et alors on trouve a ces archetypes animaux des correspondances florales..puis stylisés en bijoux personnels...mais seulement pour les garçons qui porteront constamment le signe materiel de leur nature (qui peut aussi etre tatoué sur la peau)...car l'homme est pour les nomades "la force manifestée" alors que la fille est "le secret"...(donc on ne peut fixer son geste dans la matière)....ils sont inscrits dans le temps et la fille ne l'exprimera que lors de danses rituelles ou si elle est une gavalli de noille (la femme ultime dont parle parfois Abellio) lors de l'acte d'amour le plus ultime et le plus radical....l'homme est espace et la fille est voilé de temporalité...
Le mirage c'est dans l'interpretation qu'il se deploie...reste le vecu,l'experimentation,accepter de se laisser saisir...voici ce que raconte a ce sujet Pietro Hartiss sorcier gitan...
"un jour tu verras c'est comme si tu recevais un coup de fouet en pleine gueule,tu deviens le prisonnier d'une puissance que tu as recherchée,et le jour ou tu crois posséder c'est elle qui te tient a merci.
De toute manière tu posséderas les deux,le merveilleux et le sordide.
Ils arriveront par surprise sans que tu aies fait un geste,ni meme pressenti le moment de leur venue"....
et il rajoutait
"la Magie n'existe pas,tout est inscrit dans l'ordre naturel des choses et ce que les hommes appellent miracle n'est qu'un mot qui habille leur ignorance"
cette choregraphie de geste est d'ailleurs un des rites initiatiques spontanées que vivent tous les fils du vent entre 10 et 14 ans...et c'est en interpretant cette gestuelle spontanée que l'on sait (les kakous ou sorciers) ce que doit devenir l'enfant...mais bon c'est un truc mysterieux,un truc de tradition orale qui debarque d'Orient...et les gestes des petits garçons sont interprétés differemment de ceux des petites filles...en tout cas c'est a ces gestes qu'on identifie qui deviendra sorcier...
Il s'agit donc d'une gratuité totale mais qui a du sens...pas un sens symbolique ou psychologique mais il s'agit d'un langage naturel...certains trucs liés a ce langage sont inscrit dans les mudras hindous (les roms viennent du rajasthan...plutot ont longtemps tournés la bas) ou la gestuelle flamenco...ce code est un secret et l'enfant reçoit un nom secret (semblable au kombo bwitiste) qui est lié au monde animal (l'animal totem des traditions indiennes)..brutus,pacha,nies,grinna,lovenito...
et alors on trouve a ces archetypes animaux des correspondances florales..puis stylisés en bijoux personnels...mais seulement pour les garçons qui porteront constamment le signe materiel de leur nature (qui peut aussi etre tatoué sur la peau)...car l'homme est pour les nomades "la force manifestée" alors que la fille est "le secret"...(donc on ne peut fixer son geste dans la matière)....ils sont inscrits dans le temps et la fille ne l'exprimera que lors de danses rituelles ou si elle est une gavalli de noille (la femme ultime dont parle parfois Abellio) lors de l'acte d'amour le plus ultime et le plus radical....l'homme est espace et la fille est voilé de temporalité...
Le mirage c'est dans l'interpretation qu'il se deploie...reste le vecu,l'experimentation,accepter de se laisser saisir...voici ce que raconte a ce sujet Pietro Hartiss sorcier gitan...
"un jour tu verras c'est comme si tu recevais un coup de fouet en pleine gueule,tu deviens le prisonnier d'une puissance que tu as recherchée,et le jour ou tu crois posséder c'est elle qui te tient a merci.
De toute manière tu posséderas les deux,le merveilleux et le sordide.
Ils arriveront par surprise sans que tu aies fait un geste,ni meme pressenti le moment de leur venue"....
et il rajoutait
"la Magie n'existe pas,tout est inscrit dans l'ordre naturel des choses et ce que les hommes appellent miracle n'est qu'un mot qui habille leur ignorance"

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
toujours sur la tradition tzigane (stelios) :
Ouai la tradition tzigane est incroyable...tout comme celle toute proche des sorciers d'asie-mineure qui semble couler de la meme source...mais il s'agit evidemment de tradition trés secrete,de la pure tradition orale.
C'est fou car on a plus de litterature sur les sorciers amérindiens ou africains que sur tout ce corpus et ces pratiques qui sont vieilles comme le monde et toujours en vigueur...Un mec de la trempe de Pietro Hartiss (ou d'autres kakou gitans ou sorciers orientaux) n'a rien a envier au Don Juan de Castaneda....
et il s'agit d'un savoir très structurée qui englobent l'art de rever,la connaissance des simples(plantes),le magnetisme,la vision,une forme particulière de fascination sexuelle,une maitrise occulte du feu et une connaissance incroyable de l'homme a travers sa morphologie,sa psychologie et une relation trés forte au vivant a travers le monde animal,le cosmique et le vegetal,pas du tout esoterique car il s'agit pour eux de lois subtiles de la nature,et tout ces hommes et femmes qui savent sont tout sauf des intellectuels (a ma connaissance que ce soit les grecs,les tziganes ou les turcs aucun ne savaient lire)...leur savoir vient de loin,trés loin..."nous etions deja vieux quand les hommes sont nés,car ce sont les Dieux qui nous ont appris à marcher"...(a rapprocher du dialogue entre Solon et Platon dans le Timée et de ce que raconte les vieilles grecques sur l'histoire du monde) et les vieux kakous rajoutent:
ton silence doit etre la mesure de ton savoir...
Quand il n'en fait pas,il en parle
Quand il n'en parle pas,il en reve.
Quand il n'en reve pas,il en pense
(et plus la mure est noire,plus elle est douce)
Car tous ces gens sont issues d'eternelles diasporas,ils n'ont ni pays ni histoires officielles..."nous venons et partons a un signal que personne ne donne et auquel nous obeissons,nous les tziganes de l'Univers"...apprendre a capter ce signal et a lui obeir c'est cela la loi des loups et dans ce monde ou regnent ceux qui ont le sang lourd,ceux qui possedent certitudes et pouvoirs,les fils du vent,ceux qui ont le sang leger doivent avancer en se cachant (et je parle la d'un devenir-tzigane qui n'est pas le propre du sang rom mais qui est un devenir qui s'ecoule d'orient depuis trés longtemps...le mat du tarot est l'archetype de ce devenir et c'est pas pour rien que l'emergence du tarot est associé a l'emergence des tziganes en occcident)...en n'hesitant pas a porter les vetements pailletés du mac ou les loques crades du miserables (que tes habits se dechirent mais que tu vieillisses en bonne santé) mais en avançant le coeur et les mains saturés de cet amour du vivant qui est la seule véritable liberté..."la main pleine ouvre toutes les portes et toutes les routes"
Ouai la tradition tzigane est incroyable...tout comme celle toute proche des sorciers d'asie-mineure qui semble couler de la meme source...mais il s'agit evidemment de tradition trés secrete,de la pure tradition orale.
C'est fou car on a plus de litterature sur les sorciers amérindiens ou africains que sur tout ce corpus et ces pratiques qui sont vieilles comme le monde et toujours en vigueur...Un mec de la trempe de Pietro Hartiss (ou d'autres kakou gitans ou sorciers orientaux) n'a rien a envier au Don Juan de Castaneda....
et il s'agit d'un savoir très structurée qui englobent l'art de rever,la connaissance des simples(plantes),le magnetisme,la vision,une forme particulière de fascination sexuelle,une maitrise occulte du feu et une connaissance incroyable de l'homme a travers sa morphologie,sa psychologie et une relation trés forte au vivant a travers le monde animal,le cosmique et le vegetal,pas du tout esoterique car il s'agit pour eux de lois subtiles de la nature,et tout ces hommes et femmes qui savent sont tout sauf des intellectuels (a ma connaissance que ce soit les grecs,les tziganes ou les turcs aucun ne savaient lire)...leur savoir vient de loin,trés loin..."nous etions deja vieux quand les hommes sont nés,car ce sont les Dieux qui nous ont appris à marcher"...(a rapprocher du dialogue entre Solon et Platon dans le Timée et de ce que raconte les vieilles grecques sur l'histoire du monde) et les vieux kakous rajoutent:
ton silence doit etre la mesure de ton savoir...
Quand il n'en fait pas,il en parle
Quand il n'en parle pas,il en reve.
Quand il n'en reve pas,il en pense
(et plus la mure est noire,plus elle est douce)
Car tous ces gens sont issues d'eternelles diasporas,ils n'ont ni pays ni histoires officielles..."nous venons et partons a un signal que personne ne donne et auquel nous obeissons,nous les tziganes de l'Univers"...apprendre a capter ce signal et a lui obeir c'est cela la loi des loups et dans ce monde ou regnent ceux qui ont le sang lourd,ceux qui possedent certitudes et pouvoirs,les fils du vent,ceux qui ont le sang leger doivent avancer en se cachant (et je parle la d'un devenir-tzigane qui n'est pas le propre du sang rom mais qui est un devenir qui s'ecoule d'orient depuis trés longtemps...le mat du tarot est l'archetype de ce devenir et c'est pas pour rien que l'emergence du tarot est associé a l'emergence des tziganes en occcident)...en n'hesitant pas a porter les vetements pailletés du mac ou les loques crades du miserables (que tes habits se dechirent mais que tu vieillisses en bonne santé) mais en avançant le coeur et les mains saturés de cet amour du vivant qui est la seule véritable liberté..."la main pleine ouvre toutes les portes et toutes les routes"

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
volando voy, volando vengo......en volant je vais,en volant je viens
por el camino yo me entretengo......par les chemins je ne fais que jouer
enamorao de la vida que aveces duele.....amoureux de la vie qui fait mal parfois
si tengo frio busco candela.....et si j'ai froid je me cherche du feu
y vola volando voy volando vengo vengo...en volant je vais,en volans je viens
por el camino yo me entretengo....par les chemins je ne fais que jouer

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
tziganni (hors-caste) toujours (stelios) :
Les gavalies de la noilles ou cavale de la nuit sont les filles de l'ombre de la tradition des gitans qui ne s'unissent qu'au sorciers...la face feminine du couple occulte...l'ombre et la lumière...le soleil qui baise la lune en projetant sur elle sa lumière spermatique,sa poussière d'etoile disent les kakous...
"J'existe deja quelque part.Je suis une petite fille que tu ne reconnaitras que le jour ou tu m'auras trouvée...
Cette personne deviendra un second moi meme et son pouvoir sur toi sera identique.
Vous serez indestructibles et pourtant on voudra vous détruire,vous serez amour et on vous haira,vous serez les seuls a respirer les fleurs de votre jardin,vous serez force parcequ'amour,et les gadjés (ceux au sang lourd) qui se retourneront sur vous subirons le cercle de l'aura selon ce que porteront leurs coeurs...amour ou haine"
(paroles incantatoires de sandra sorcière gitane)
le couple ultime composé par le sorcier et sa cavale possède les attributs magiques du couple soleil-lune..."et chaque fois la rencontre sera sexuelle et son temps de durée de quelques jours,parfois d'une lune" (derlon) et cette union est composé d'"accidents" qui interviennent dans le cheminement qui mène a l'acquisition de pouvoirs particuliers...
"Si on te donne une mesure de blé et que pour la recevoir tu ne possèdes qu'une demi-mesure,il te faudra chercher une autre demi-mesure pour profiter du tout sans quoi la moitié de ton bien pour toi sera perdue,alors qu'elle pourrait etre profitable a d'autres.
Or il n'est de bon profits que dans l'amour ou l'amitié.
Des deux l'amour est le plus fort.Il détruit parfois l'amitié et pour exister il lui faut trouver l'opposé de ce qu'il est.
Le jour est contre la nuit,le sec contre l'humide et l'on ne se marie jamais avec quelqu'un mais contre lui.Car la vie sous n'importe quelle forme nait de l'opposition.
Un jour le vase de ta vie débordera dans une autre vie.Il disparaitra de ta vie sitot que plein;il te quittera parce que comblé.
Ces choses te paraissent étrange.Elles feront corps avec toi quand tu les possèderas.
La rencontre arrivera au moment précis ou ce qui lie l'esprit et la chair ne pouura plus contenir les forces qui sont en lui.
Nous sommes fait toi et moi de trois corps différents:
le destructible qui pourrit un jour,l'indestructible qui ne meurt pas et le troisième invisible qui relie les deux.
Ce troisième corps est représenté dans certaines religions soit par une aureole ou par un soleil placé derriere la tete des statues et des idoles.
la statue représente la forme détruite,l'aureole le symbole du lien qui unissait l'ame et le corps.
Les disciplines que le sorcier s'impose sont essentiellement dirigés pour développer ses forces psychiques,et ces forces ne doivent jamais aller au dela du mouvement qui règle nos deux vies,celle qui pourrit et l'autre qui demeure.
Lorsque la mesure est pleine,il faut se débarasser du surplus pour recréer l'équilibre.
Le kakou versera donc la poussières des etoiles dans le lien d'une cavale de nuit.
Cette femme passera un jour surt ton chemin et recevra la force débordant de ton lien.Ne souris pas de ce que je te dis,car peu d'homme de ta race se sont nourris de notre savoir,et notre savoir est plus grand que tu ne l'imagines"
(Sandra sorcière gitane)
un jour je te rencontrerai,
tu me verras
et m'ayant vu
tu me mangeras
car je suis nourriture
je suis ta nourriture
tu es la mienne
nous sommes festin.
Les gavalies de la noilles ou cavale de la nuit sont les filles de l'ombre de la tradition des gitans qui ne s'unissent qu'au sorciers...la face feminine du couple occulte...l'ombre et la lumière...le soleil qui baise la lune en projetant sur elle sa lumière spermatique,sa poussière d'etoile disent les kakous...
"J'existe deja quelque part.Je suis une petite fille que tu ne reconnaitras que le jour ou tu m'auras trouvée...
Cette personne deviendra un second moi meme et son pouvoir sur toi sera identique.
Vous serez indestructibles et pourtant on voudra vous détruire,vous serez amour et on vous haira,vous serez les seuls a respirer les fleurs de votre jardin,vous serez force parcequ'amour,et les gadjés (ceux au sang lourd) qui se retourneront sur vous subirons le cercle de l'aura selon ce que porteront leurs coeurs...amour ou haine"
(paroles incantatoires de sandra sorcière gitane)
le couple ultime composé par le sorcier et sa cavale possède les attributs magiques du couple soleil-lune..."et chaque fois la rencontre sera sexuelle et son temps de durée de quelques jours,parfois d'une lune" (derlon) et cette union est composé d'"accidents" qui interviennent dans le cheminement qui mène a l'acquisition de pouvoirs particuliers...
"Si on te donne une mesure de blé et que pour la recevoir tu ne possèdes qu'une demi-mesure,il te faudra chercher une autre demi-mesure pour profiter du tout sans quoi la moitié de ton bien pour toi sera perdue,alors qu'elle pourrait etre profitable a d'autres.
Or il n'est de bon profits que dans l'amour ou l'amitié.
Des deux l'amour est le plus fort.Il détruit parfois l'amitié et pour exister il lui faut trouver l'opposé de ce qu'il est.
Le jour est contre la nuit,le sec contre l'humide et l'on ne se marie jamais avec quelqu'un mais contre lui.Car la vie sous n'importe quelle forme nait de l'opposition.
Un jour le vase de ta vie débordera dans une autre vie.Il disparaitra de ta vie sitot que plein;il te quittera parce que comblé.
Ces choses te paraissent étrange.Elles feront corps avec toi quand tu les possèderas.
La rencontre arrivera au moment précis ou ce qui lie l'esprit et la chair ne pouura plus contenir les forces qui sont en lui.
Nous sommes fait toi et moi de trois corps différents:
le destructible qui pourrit un jour,l'indestructible qui ne meurt pas et le troisième invisible qui relie les deux.
Ce troisième corps est représenté dans certaines religions soit par une aureole ou par un soleil placé derriere la tete des statues et des idoles.
la statue représente la forme détruite,l'aureole le symbole du lien qui unissait l'ame et le corps.
Les disciplines que le sorcier s'impose sont essentiellement dirigés pour développer ses forces psychiques,et ces forces ne doivent jamais aller au dela du mouvement qui règle nos deux vies,celle qui pourrit et l'autre qui demeure.
Lorsque la mesure est pleine,il faut se débarasser du surplus pour recréer l'équilibre.
Le kakou versera donc la poussières des etoiles dans le lien d'une cavale de nuit.
Cette femme passera un jour surt ton chemin et recevra la force débordant de ton lien.Ne souris pas de ce que je te dis,car peu d'homme de ta race se sont nourris de notre savoir,et notre savoir est plus grand que tu ne l'imagines"
(Sandra sorcière gitane)
un jour je te rencontrerai,
tu me verras
et m'ayant vu
tu me mangeras
car je suis nourriture
je suis ta nourriture
tu es la mienne
nous sommes festin.

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
Ce troisième corps est représenté dans certaines religions soit par une aureole ou par un soleil placé derriere la tete des statues et des idoles.
Ne retrouve-t-on pas le paraclet (inter-cesseur) Saint Esprit de la trinité chrétienne, figuré par un oiseau ?
et analogue de l'Âme... ?
et qu'on retrouve dans Le Bateleur du tarot


Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
Pierre Derlon est un homme, qui à dix-neuf ans, sauva la vie d’un patriarche gitan. C’était en 1939, 4 jours avant la déclaration de la guerre. Ce patriarche, un sorcier gitan, l’adopta et lui transmis son savoir. Il est l’unique non-gitan de son époque à avoir eu accès à ce savoir.
Certains disent de Pierre Derlon
qu'il est marginal.
Jacques Breyer pense que tout ce qui est marginal
vit un destin particulier situé au-dessus ou au -dessous de l'ensemble, donc tout ce qui est marginal représente le meilleur ou le pire
notamment par le fait de pouvoir plus ou pouvoir moins.
Pour devenir marginal il faut cesser d'ètre les autres et oser ètre soi.
je ne pense pas que pierre ait osé
Seul le destin voulut qu'il naisse marginal
et sa famille d'abord puis son maitre d'école,enfin la société qui n'admet pas le meilleur lorsqu'il est différent des normes qu'elle a instituées.
C'est vrai Pierre est marginal
mais seulement comme le loup l'est aux hyènes et aux chacals
Lorsqu'il s'évadera de la chaleur de la louve
il te faudra avec ta peau lui donner la chaleur du soleil,
et puis encore le parfum des étoiles travers ton regard
la force à travers l'étreinte et l'amour.
lorsque le posant au sol il regardera vivre les deux sources de son existence.
"Vivant a cheval sur deux civilisations, la votre et celle des gitans, mon mode d'exister va du soleil a la pluie. J'ai respecté entièrement la loi des loups pour l'éducation de mes 4 derniers enfants. La société qui est notre en tant que mode de vie, ne put, sur eux, poser son empreinte qu'a partir de leur septième année, ou, jamais avant ce cap franchi ils ne connurent en tant que présence affective, que celle de leurs parents.
L'experience fut fantastique.
Vingt ans aprés, ma cavale et moi récoltons les fruits de ce que dans l'amour et l'instinct avons construit tous deux.
Car la loi des loups dit : " Il ne suffit pas de semer la vie de tes enfants, il faut également la construire ",
S'il vous arrive un jour de rencontrer un des patriarches de grande route,un vrai,authentique voyageur,
qui jamais ne consentit a dormir a l'interieur d'une maison,
qu'il soit ce jour-la tout aussi bien,
accoté au talus d'un fossé,
les yeux face au soleil,
ou bien encore en hiver, les mains tendues au feu,
regardez-le vivre ce patriarche.
regardez-le ce patriarche,
ce fils maudit parmi les hommes :
il n'a pas de lunettes, et pourtant , il voit loin
il est sec, et pourtant, il marche
il sourit comme le loup, car il a toutes ses dents,
et pourtant, oui pourtant, il a 96 ans
presque un siècle, et cependant,
il marche
il rit
il va.
Mais quel est le chemin ?
la route qu'il lui a fallu parcourir pour arriver a cette plénitude qui fait sa force.
Cela commença neuf mois avant qu'il ne jette son premier cri aux 96 années qu'il se devait de vivre... le jour ou son père, sa mère, firent l'amour pour créer la vie. Car le tzigane, le vrai, celui que n'a pas pourri notre civilisation, ne fait l'amour a sa cavale que pour cela, et prend son plaisir animal, tout comme le loup, a perpétuer ce qui se doit de vivre, sans faux-semblant.
L'amour pour l'amour et récolter le fruit, l'enfant, l'enfant-roi, le petit loup.
La future maman de ce patriarche, par vous rencontrée au bout d'une halte, le soir en sa roulotte prètait son ventre riche de vie a la parole de rom.
Et l'homme, ce gitan inculte, parlant au ventre de sa romnie, chantait la chanson de la loi des loups et pour la vie a venir, elle chantait cette bouche ; tout près de la peau tendue par cette promesse de vie, elle chantait :
" Je t'ai fait fort petit loup
avec mon sang
avec ma peau.
Et si tu es louve,
je t'ai faite tendre et forte,
deja la ou tu es,
tu es ma mère
fille des hommes, sans qui ne nous serions pas.
Viens dans ma roulotte
eclate a la lumière, je protègerai tes yeux.
eclate au vent, je protègerai ton souffle.
eclate au feu, je protègerai ta peau.
eclate a l'eau, elle et moi purifierons ton corps;
car tu seras fille ou fils de la pluie et du vent,
et frère ou soeur du soleil ".
CE QUI N'EST PAS DONNE ou PARTAGE, EST PERDU
( proverbe Gitan)
(source : L'Originel)
Certains disent de Pierre Derlon
qu'il est marginal.
Jacques Breyer pense que tout ce qui est marginal
vit un destin particulier situé au-dessus ou au -dessous de l'ensemble, donc tout ce qui est marginal représente le meilleur ou le pire
notamment par le fait de pouvoir plus ou pouvoir moins.
Pour devenir marginal il faut cesser d'ètre les autres et oser ètre soi.
je ne pense pas que pierre ait osé
Seul le destin voulut qu'il naisse marginal
et sa famille d'abord puis son maitre d'école,enfin la société qui n'admet pas le meilleur lorsqu'il est différent des normes qu'elle a instituées.
C'est vrai Pierre est marginal
mais seulement comme le loup l'est aux hyènes et aux chacals
Lorsqu'il s'évadera de la chaleur de la louve
il te faudra avec ta peau lui donner la chaleur du soleil,
et puis encore le parfum des étoiles travers ton regard
la force à travers l'étreinte et l'amour.
lorsque le posant au sol il regardera vivre les deux sources de son existence.
"Vivant a cheval sur deux civilisations, la votre et celle des gitans, mon mode d'exister va du soleil a la pluie. J'ai respecté entièrement la loi des loups pour l'éducation de mes 4 derniers enfants. La société qui est notre en tant que mode de vie, ne put, sur eux, poser son empreinte qu'a partir de leur septième année, ou, jamais avant ce cap franchi ils ne connurent en tant que présence affective, que celle de leurs parents.
L'experience fut fantastique.
Vingt ans aprés, ma cavale et moi récoltons les fruits de ce que dans l'amour et l'instinct avons construit tous deux.
Car la loi des loups dit : " Il ne suffit pas de semer la vie de tes enfants, il faut également la construire ",
S'il vous arrive un jour de rencontrer un des patriarches de grande route,un vrai,authentique voyageur,
qui jamais ne consentit a dormir a l'interieur d'une maison,
qu'il soit ce jour-la tout aussi bien,
accoté au talus d'un fossé,
les yeux face au soleil,
ou bien encore en hiver, les mains tendues au feu,
regardez-le vivre ce patriarche.
regardez-le ce patriarche,
ce fils maudit parmi les hommes :
il n'a pas de lunettes, et pourtant , il voit loin
il est sec, et pourtant, il marche
il sourit comme le loup, car il a toutes ses dents,
et pourtant, oui pourtant, il a 96 ans
presque un siècle, et cependant,
il marche
il rit
il va.
Mais quel est le chemin ?
la route qu'il lui a fallu parcourir pour arriver a cette plénitude qui fait sa force.
Cela commença neuf mois avant qu'il ne jette son premier cri aux 96 années qu'il se devait de vivre... le jour ou son père, sa mère, firent l'amour pour créer la vie. Car le tzigane, le vrai, celui que n'a pas pourri notre civilisation, ne fait l'amour a sa cavale que pour cela, et prend son plaisir animal, tout comme le loup, a perpétuer ce qui se doit de vivre, sans faux-semblant.
L'amour pour l'amour et récolter le fruit, l'enfant, l'enfant-roi, le petit loup.
La future maman de ce patriarche, par vous rencontrée au bout d'une halte, le soir en sa roulotte prètait son ventre riche de vie a la parole de rom.
Et l'homme, ce gitan inculte, parlant au ventre de sa romnie, chantait la chanson de la loi des loups et pour la vie a venir, elle chantait cette bouche ; tout près de la peau tendue par cette promesse de vie, elle chantait :
" Je t'ai fait fort petit loup
avec mon sang
avec ma peau.
Et si tu es louve,
je t'ai faite tendre et forte,
deja la ou tu es,
tu es ma mère
fille des hommes, sans qui ne nous serions pas.
Viens dans ma roulotte
eclate a la lumière, je protègerai tes yeux.
eclate au vent, je protègerai ton souffle.
eclate au feu, je protègerai ta peau.
eclate a l'eau, elle et moi purifierons ton corps;
car tu seras fille ou fils de la pluie et du vent,
et frère ou soeur du soleil ".
CE QUI N'EST PAS DONNE ou PARTAGE, EST PERDU
( proverbe Gitan)
(source : L'Originel)

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
PRINCES PARMI LES HOMMES
"La religion est une musique,
le souffle de la flute est le chemin vers la sagesse,
un sermon fonctionne mieux avec des sons"
aphorisme zen
La musique tzigane est un continent vaste,coloré,magique...les roms pillent tous les styles de musiques du nord des indes jusqu'au sud de l'espagne pour les liberer comme on libère des chevaux sauvages...j'ecoute du son tzigane tout le temps,le jour et la nuit...elle constitue avec le quawali soufi,le baile funk des favelas et l'afrobeat des yorubas electriques la musique sacré qui enflamme les nuits que je passe sous la lune dans les collines depuis toujours...le groove infernal de la terre joué par les derniers hommes sauvages..
Fulgurances melodiques et rythmiques qui constituent a mes yeux l'expression la plus radicale du vivant,l'autre nom du sacré...le vivant c'est le sacré quand il s'incarne dans la chair,le sang,le vent et le desir,son devenir-viande...
Alors pour commencer la fanfare ciocarlia...une putain de fanfare déjantée qui lache du pur gypsy sound..des moldaves qui bouffent la vie,cultivent toujours leur lopin de terre, et preferent jouer dix heures de suite dans les mariages que dans les festivals...j'ai vecu les raves sauvages du debut des années 90 et j'ai adoré ça mais je dois dire qu'une fanfare tzigane qui joue a plein tube pour un public de roms et de romnies déchainés c'est le truc le plus dionysiaque que je connaisse...
"La religion est une musique,
le souffle de la flute est le chemin vers la sagesse,
un sermon fonctionne mieux avec des sons"
aphorisme zen
La musique tzigane est un continent vaste,coloré,magique...les roms pillent tous les styles de musiques du nord des indes jusqu'au sud de l'espagne pour les liberer comme on libère des chevaux sauvages...j'ecoute du son tzigane tout le temps,le jour et la nuit...elle constitue avec le quawali soufi,le baile funk des favelas et l'afrobeat des yorubas electriques la musique sacré qui enflamme les nuits que je passe sous la lune dans les collines depuis toujours...le groove infernal de la terre joué par les derniers hommes sauvages..
Fulgurances melodiques et rythmiques qui constituent a mes yeux l'expression la plus radicale du vivant,l'autre nom du sacré...le vivant c'est le sacré quand il s'incarne dans la chair,le sang,le vent et le desir,son devenir-viande...
Alors pour commencer la fanfare ciocarlia...une putain de fanfare déjantée qui lache du pur gypsy sound..des moldaves qui bouffent la vie,cultivent toujours leur lopin de terre, et preferent jouer dix heures de suite dans les mariages que dans les festivals...j'ai vecu les raves sauvages du debut des années 90 et j'ai adoré ça mais je dois dire qu'une fanfare tzigane qui joue a plein tube pour un public de roms et de romnies déchainés c'est le truc le plus dionysiaque que je connaisse...

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
Raw flesh à couper le souffle
tziganes du rajasthan...musafir...du rock'n roll archaique,la transe de Shiva...une explosion de couleurs et de sons et les danses les plus sublimes...



latcho drom (bonne route)
tziganes du rajasthan...musafir...du rock'n roll archaique,la transe de Shiva...une explosion de couleurs et de sons et les danses les plus sublimes...



latcho drom (bonne route)

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
quelques images... la danse de Shiva


Ne dit-on pas que lorsque Shiva danse, ses pieds soulèvent la poussière de l'Histoire, qui en retombant, crée un monde nouveau ?


Ne dit-on pas que lorsque Shiva danse, ses pieds soulèvent la poussière de l'Histoire, qui en retombant, crée un monde nouveau ?

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
encore des fanfares dionysiaque...mahala rai banda de roumanie...balkan rock'n roll...a ecouter fort fort fort...

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
"Le plus délaissé des objets usuels de la philosophie est le Monde, ce monde où nous ne
savons plus vivre. ( ... ) Lisez ce qui paraît en France depuis ma naissance, au titre de philosophie, vous n'y trouverez pas une racine d'arbre, une cascade, un fleuve, la plaine, un animal."
(michel serres)
"Penser doit se faire plutôt dans le rapport du territoire et de la terre."
(Deleuze-Guattari)
"Les hommes suivent des chemins divers; qui les suit verra apparaître d'étranges figures,
des figures qui semblent appartenir à la grande écriture que l'on peut voir partout: sur les ailes
des oiseaux, dans les nuages, dans les cristaux."
(Novalis)
"L'on sent crépiter partout cette intellectualité admirable, dans la trame serrée des gestes,
dans les modulations infiniment variée de la voix, dans cette pluie sonore, comme d'une immense forêt qui s'égoutte et s'ébroue".
"Dans la montagne tarahumara tout ne parle que de l'Essentiel, c'est à dire des principes
suivent lesquels la Nature s'est formée; et tout ne vit que pour ces principes: les Hommes, les
orages, le vent, le silence, le soleil, les animaux...".
(Artaud)
"Ici au pays blanc,
Tout arbre est un totem,
Tout rocher un autel,
Découvre...C'est ici même!
Ce sol est mortel,
Et annihile
Tout ce qui n'est pas l'essentiel,
Poète...Ton royaume."
"Au dire du vieil homme,
Ici dans la montagne,
Tout contre le ciel,
Chaque rocher est un lotus."
(Kenneth White)
savons plus vivre. ( ... ) Lisez ce qui paraît en France depuis ma naissance, au titre de philosophie, vous n'y trouverez pas une racine d'arbre, une cascade, un fleuve, la plaine, un animal."
(michel serres)
"Penser doit se faire plutôt dans le rapport du territoire et de la terre."
(Deleuze-Guattari)
"Les hommes suivent des chemins divers; qui les suit verra apparaître d'étranges figures,
des figures qui semblent appartenir à la grande écriture que l'on peut voir partout: sur les ailes
des oiseaux, dans les nuages, dans les cristaux."
(Novalis)
"L'on sent crépiter partout cette intellectualité admirable, dans la trame serrée des gestes,
dans les modulations infiniment variée de la voix, dans cette pluie sonore, comme d'une immense forêt qui s'égoutte et s'ébroue".
"Dans la montagne tarahumara tout ne parle que de l'Essentiel, c'est à dire des principes
suivent lesquels la Nature s'est formée; et tout ne vit que pour ces principes: les Hommes, les
orages, le vent, le silence, le soleil, les animaux...".
(Artaud)
"Ici au pays blanc,
Tout arbre est un totem,
Tout rocher un autel,
Découvre...C'est ici même!
Ce sol est mortel,
Et annihile
Tout ce qui n'est pas l'essentiel,
Poète...Ton royaume."
"Au dire du vieil homme,
Ici dans la montagne,
Tout contre le ciel,
Chaque rocher est un lotus."
(Kenneth White)

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
Je partage ! Sous prétexte de chercher à atteindre les sommets de l'esprit (philosophes) ou le Divin (religieux), les chercheurs de sublime s'engagent parfois (souvent ?) dans des voies discursives intellectocrates d'où la nature est de plus en plus absente, elle qui nous offre pourtant - en toute discrétion - toutes les clés utiles à notre épanouissement et à notre évolution.
Un comble !

Un comble !


Abbé+Pierre- Nombre de messages: 74
Date d'inscription: 09/04/2008
Re: chemins qui ne mènent nulle part
"Même le suicide, pauvre Loup des steppes, ne te servirait à rien ; tu devras malgré tout suivre le chemin le plus long, plus pénible et plus difficile du devenir humain ; tu devras souvent encore multiplier ta dualité, compliquer ta complexité. Au lieu de réduire ton espace, de simplifier ton âme, tu deviendras de plus en plus le monde, tu devras finalement faire entrer l'univers entier dans ta poitrine douloureusement élargie, pour parvenir peut-être un jour au repos, à la fin."
Extrait du livre de Hermann Hesse "Le Loup des steppes"
Ce qui me rappelle :
"Quand nous aurons tout séparé, tout classé, tout étiqueté, et tout empaillé, il nous faudra finalement tout réunir et tout unifier dans la vie, sous peine de rester scellés dans la lettre et dans le nombre de la mort" (Cattiaux)
Tony Allen (batteur de Fela) - Secret Agent
Mogongo bwitiste (arc en bouche)
Extrait du livre de Hermann Hesse "Le Loup des steppes"
Ce qui me rappelle :
"Quand nous aurons tout séparé, tout classé, tout étiqueté, et tout empaillé, il nous faudra finalement tout réunir et tout unifier dans la vie, sous peine de rester scellés dans la lettre et dans le nombre de la mort" (Cattiaux)
Tony Allen (batteur de Fela) - Secret Agent
Mogongo bwitiste (arc en bouche)

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
"La vie est si douce et tranquille , et pour tant elle est hors de notre prise .
Elle ne saurait être prise .
Essayez de prendre possession d'elle ,elle disparaît; de l'empoigner, elle se confond en poussière; de la maîtriser, et vous voyez votre propre image vous rire au nez avec le rictus d'un idiot.
Qui veut la vie doit aller vers elle avec douceur ; comme on ferait s'il s'agissait de s'approcher d'un cerf, ou d'un faon blotti au pied d'un arbre. Un geste trop brusque, une trop volontaire et trop brusque affirmation de soi, et la vie n'est plus devant vous : il vous faut de nouveau partir à sa recherche. Et c'est avec douceur et légèreté, dans votre main comme dans votre démarche, c'est le coeur débordant mais exempt de tout égoïsme que vous devez vous approcher d'elle à nouveau, et trouver enfin le contact avec elle . Quand ce ne serait qu'une fleur, tout ce que vous agripperez violemment s'évanouira à jamais de votre vie .
Abordez avec avidité et égoïsme un autre homme, et vous n'étreindrez qu'un démon hérissé d'épines qui vous laissera des blessures empoisonnées .
Mais par la douceur, par le renoncement à toute affirmation de soi, par la plénitude de notre moi véritable et profond, nous pouvons nous rapprocher d'un autre être humain et connaître ainsi le meilleur et le plus délicat de la vie : le contact. Contact des pieds sur le sol, contact des doigts sur un arbre, sur un être vivant. Contact des mains et des seins . Contact de tout ce corps et d'un autre corps; mutuelle pénétration de l'amour passionné.
Voilà la vie .
Et c'est par le contact que nous vivons , tous , autant que nous sommes."
D. H. Lawrence, "Lady Chatterley et l'homme des bois"
Elle ne saurait être prise .
Essayez de prendre possession d'elle ,elle disparaît; de l'empoigner, elle se confond en poussière; de la maîtriser, et vous voyez votre propre image vous rire au nez avec le rictus d'un idiot.
Qui veut la vie doit aller vers elle avec douceur ; comme on ferait s'il s'agissait de s'approcher d'un cerf, ou d'un faon blotti au pied d'un arbre. Un geste trop brusque, une trop volontaire et trop brusque affirmation de soi, et la vie n'est plus devant vous : il vous faut de nouveau partir à sa recherche. Et c'est avec douceur et légèreté, dans votre main comme dans votre démarche, c'est le coeur débordant mais exempt de tout égoïsme que vous devez vous approcher d'elle à nouveau, et trouver enfin le contact avec elle . Quand ce ne serait qu'une fleur, tout ce que vous agripperez violemment s'évanouira à jamais de votre vie .
Abordez avec avidité et égoïsme un autre homme, et vous n'étreindrez qu'un démon hérissé d'épines qui vous laissera des blessures empoisonnées .
Mais par la douceur, par le renoncement à toute affirmation de soi, par la plénitude de notre moi véritable et profond, nous pouvons nous rapprocher d'un autre être humain et connaître ainsi le meilleur et le plus délicat de la vie : le contact. Contact des pieds sur le sol, contact des doigts sur un arbre, sur un être vivant. Contact des mains et des seins . Contact de tout ce corps et d'un autre corps; mutuelle pénétration de l'amour passionné.
Voilà la vie .
Et c'est par le contact que nous vivons , tous , autant que nous sommes."
D. H. Lawrence, "Lady Chatterley et l'homme des bois"

Logos- Nombre de messages: 553
Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
"la vérité c'est entre l'apparaitre et le disparaitre... c'est transparaitre"

Avoir peur de ses propres peurs (et donc de ses desirs) c'est un peu avoir peur de soi mème...
Et tout ce chapelet de peurs qui se tressent autour de la peur générique de soi-mème peut trés bien etre analysé sous l'angle de la topologie...
Quelle place occupe l'individu?
La révolution Copernicienne a permis de decentrer la place de la terre dans l'univers...et la terre devenant une etoile comme les autres (ce que raconte le tarot sur le processus d'individuation qui est stellaire et ce qu'ont posé Crowley le sorcier et le funky-junky Sly Stone...everybody is a star) un rafraichissant processus d'émancipation a poussé dans le dos (la théorie de l'enculage couronné) une humanité en devenir...le peuple a venir et la communauté qui vient...
"les décentrages - ceux de la terre ou du "sujet" - favorisent les hommes réels, et seuls les défenseurs de systèmes d'illusions au pouvoir refusent ce genre d'évolution"
(Sloterdijk)
Lorsque la terre etait centre de l'Univers c'est au centre de ce centre qu'on situait l'enfer...infernocentrisme...
Si par analogie on pense a la place de l'individu,isolé et centre de l'univers (l'egoisme produit par l'economie de marché et le spectacle),il est facile de se rendre compte a quel point le fait de se poser comme centre nous invite a penser l'enfer tout au fond de nous...l'homme devient une prison,une centrale qui produit son propre enfer intime (sous forme de phobies,d'angoisse qu'on se représente peupler notre intériorité)et qui fini par contaminer l'extériorité...nos représentations produisent des mondes...
Et se décentrer c'est la tache,le labeur de ceux qui pensent que le Sens n'est ni dans un Absolu inaccessible,ni dans l'homme pris comme centre...le Sens est créé a partir du flux relationnel qui est processus de production infini...Devenir-etoile du sujet (une etoile tisse son processus au sein d'une constellation qui resonne au sein d'une galaxie etc...processus de relation infini)
L'intoxication volontaire du sentier empoisonné est un décentrage...une désintoxication du poids du Un qui nous ecrase et produit des peurs qui sont l'effet secondaire de notre devenir-centre...il faut ètre localisé et disponible pour devenir cible commerciale et producteur d'affects tristes et plombants...
Plus l'individu mais l'entre-deux (bardo),la croisée des chemins (tranca-rua)...la faillite de l'Un (qui n'existe pas) qui permet le couronement du 2...Enculé par le Dehors qui porte le nom de l'Ouvert (sagesse de la dilatation) et qui est creation de situations nouvelles qui produiront des nouveaux sujets...
"Le sens est présenté comme Principe,Réservoir,Réserve,Origine.
Principe celeste,on dit qu'il est fondamentalement oublié et voilé;principe souterrain,qu'il est profondemment raturé.
Mais sous la rature comme sous le voile,on nous appelle a retrouver et a restaurer le sens,soit dans un Dieu qu'on n'aurait pas assez compris (la religion,la mystique),soit dans un homme qu'on aurait pas assez sondé (humanisme et psychologisme).
Il est donc agréable que resonne aujourd'hui la bonne nouvelle:
le sens n'est jamais principe ou origine,il est produit.
Il n'est pas a découvrir,a restaurer ni a re-employer,il est a produire par de nouvelles machineries"
(Deleuze-logique du sens)
(Stelio)




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Date d'inscription: 23/12/2009
Re: chemins qui ne mènent nulle part
LE NECTAR AU COEUR DU POISON
Comme le disait le poète visionnaire Jean Carteret : "Il faut traverser le pire pour atteindre le meilleur". Merveilleuse coïncidence : Carteret n'avait pas lu Ainsi parlait Zarathoustra à qui Nietzsche fait dire "Je ne sais qu'une chose au monde, c'est que l'homme a besoin de ce qu'il a de pire en lui pour parvenir à ce qu'il a de meilleur". Vision proche de celle de Schlegel partagée par Novalis : "Ce n'est que dans l'enthousiasme de la destruction que se révèle le sens de la création divine. Ce n'est qu'au milieu de la mort que fulgure la vie éternelle".
Le staretz Grégoire Efimovitch Novy, surnommé Raspoutine, membre de la secte des Khlystis, enseignait la sanctification au moyen du péché . L'usage rituel, extatique et "sacré" des orgies sexuelles était destiné à humilier, en vue de l'anéantir, l'égo des participants. La mort philosophale ou solve de la conscience profane de soi la conduit à s'ouvrir au coagula abyssal de sa propre transcendance intérieure.
Processus purificateur et cathartique par lequel le poison du sexe se transforme en remède.
Le fascinum érotique ou la fièvre amoureuse est parfois ressentie comme une sorte d'infection ou de poison du sang. Par sa lucidité et son pouvoir de distanciation, la conscience transcendantale possède l'art alchimique de se nourrir de cette ivresse du sang en échappant à toute perturbatio aliénante. Cela résulte de la mort du "moi" (l'obscur despote selon Rûmï) et de la mutation de l'ivresse aveugle en ivresse lumineuse issue - et de la lumière du coeur - et de l'éveil en lui de la kundalini : force éveilleuse dite aussi Puissance du Serpent - la plus grande force magique de la Nature - à laquelle Novalis fait allusion en évoquant deux échelles inverses : l'une descendante "par laquelle l'âme descend" vers le corps, l'autre montante "le long de laquelle le corps monte" vers l'âme. Métaphores des courants d'énergies (prâna-vayu et âpana-vayu ) en jeu dans le Yoga tantrique. Lorsque "l'âme et le corps se touchent" au cours de l'étreinte sexuelle, Novalis y voit le lieu d'une "illumination vertigineuse".
Le principe tantrique fondamental de la Voie de la Main Gauche , "c'est l'emploi, aux fins de la libération, des mêmes forces qui ont conduit ou peuvent conduire à la chute ou à la perdition", autrement dit la transformation du poison en "nectar". Aleister Crowley, initiateur d'une magia sexualis opérative et qui voyait dans l'acte sexuel un acte sacré, le plus magique des sacrements, "parle aussi de poisons à transformer en nourriture ; il prescrit de " chercher les choses qui pour toi sont des poisons, même des poisons les plus violents, pour les faire tiens au moyen de l'amour ".
Comment expérimente-t-on dans la vie ce principe de transmutation alchimique ? Prenons le cas des phantasmes chez un artiste comme Hans Bellmer qui se libère de ses obsessions par la maîtrise qu'il exerce sur elles par son art. Sujet que j'ai longuement développé dans Les avatars de l'oeil chez Bellmer. Il n'était pas l'esclave de ses phantasmes, il les gravait pour les tenir en son pouvoir et pour en contrôler la magie : la folie. Ce n'est pas pour rien qu'en exergue à son Anatomie de l'image il cite Paracelse : " Le scorpion guérit le scorpion ". C'est ce qu'on appelle : guérir le mal par le mal. Rien n'est toxique pour celui qui transforme le poison en remède.
La transgression de certains interdits peut emprunter la même voie d'autotransformation et de conversion du négatif en positif. On a découvert dans de vieilles églises d'Irlande des figurines représentant une femme retroussée qui expose et entrouvre sa vulve avec ses doigts. Selon les traditions locales, on se protégeait du mauvais oeil en regardant fixement la beauté sidérante de la vulve. En France aussi, la vue du sexe féminin était considérée au Moyen Âge comme un moyen de guérison. En levant cotte et chemise sous les yeux de leur époux alité et malade, les femmes s'écriaient : - Ami, regarde le con, et te guéris !.
L'empoisonnement de la psyché par le mauvais oeil continue de sévir dans certaines régions d'Europe comme en Afrique. Autre cas - plus universel - d'empoisonnement de la psyché : l'incessante identification de la conscience à toutes les formes de la vie. Comme l'observe Ouspensky, " L'homme est toujours en état d'identification, seul change l'objet de son identification ". Les êtres humains ont naturellement tendance à s'identifier à leur corps comme à leur multiple "moi", à leurs humeurs et leurs idées, à leurs émotions et leurs passions. Seul le détachement absolu par l'époquè ou la "réduction phénoménologique" conduit Edmund Husserl à un état de libération et de non-identification de la conscience.
L'homo sui transcendentalis qu'il est devenu au terme de son ascèse se nourrit de ce qui aliénait et empoisonnait sa psyché avant la conversion de sa conscience naturelle en conscience transcendantale.
On a beaucoup écrit sur les poisons de la drogue et ses ravages dont les gens du monde au pouvoir (ceux de la première faim) ne comprennent ni la nécessité négative ni la secrète positivité. Certains amoureux, ceux de la seconde faim (la faim érotique), savent que l'ingestion d'une faible dose de haschisch peut être vécue comme un don des dieux, comme un aphrodisiaque euphorisant et dynamique intensifiant l'éveil de la conscience dans la communion des sens. Quant à ceux qui s'adonnent aux drogues dures, ils y cherchent une réponse à une faim essentielle, subconsciente ou inconsciente, que la société, dans laquelle ils tentent en vain de vivre, est incapable de formuler. Les drogués, victimes de la société selon Charles Duits, sont les signaux d'alarme d'un corps social métaphysiquement aveugle et sourd, qui a perdu le sens de sa destinée spirituelle, dirait Kierkegaard. Aux yeux de Charles Duits, c'est le corps social qui est "halluciné" par sa croyance naïve à la réalité sensible. L'homme occidental est devenu l'homo ignorantus méprisant ce qu'il appelle les "primitifs" qui, eux, n'ont pas tout à fait perdu le secret de "la communication directe c'est-à-dire non-verbale" ou de la "connaissance silencieuse" pour reprendre l'expression de l'indien yaqui, Don Juan Matus.
Evidence que l'ethnologue Jean Servier, au milieu des années soixante, avait lumineusement exposée dans L'homme et l'Invisible , un livre merveilleusement clairvoyant.
Henri Michaux a passé des années à expérimenter toutes sortes de drogues sous contrôle médical. S'il en a fait des oeuvres poétiques pour le moins génialement exubérantes ou tragiquement vibrantes (Misérable miracle et L'infini turbulent étant plus disruptives que Connaissance des gouffres ), son témoignage est plutôt du ressort du "sacré de dissolution" (Roger Caillois) que du "sacré de cohésion", bien que "le prix du témoignage de Michaux, selon Duits, réside précisément dans l'opiniâtreté avec laquelle il s'est défendu contre la dissolution : donnant ainsi à l'horreur l'occasion de déployer l'éventail complet de ses mirages". Reste que les incursions de Michaux dans les paradis et les enfers articifiels sembleraient davantage servir de repoussoir que d'appel.
Dans un tout autre sens, l'oeuvre de Charles Duits fait partie de ces livres positivement dangereux ( que Jean Paulhan évoque dans sa préface à l'Histoire d'O ) qui ne nous laissent pas tels que nous sommes, qui nous éveillent et nous transforment. Dans Le pays de l'éclairement , si Charles Duits nous donne l'envie de communier avec ce bulbe de cactus que les Indiens de l'Arizona appelaient "le don du Christ à l'homme rouge", c'est que le sens même de son expérimentation est toujours orientée vers l'éveil, l'élévation, l'accroissement vertical de conscience.
La voie singulière de Charles Duits est proche de la voie tantrique de la main gauche, car il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir transformer le poison hallucinogène en remède "lucidogène" . Comme il le dit lui-même, "les illimiteurs sont des armes ambivalentes, à double tranchant" . Celui qui ose "chevaucher le tigre" (Julius Evola) ne sait pas d'avance s'il ne sera pas dévoré. Charles Duits y fait allusion en disant :"...si je perdais le commandement de la force qui m'habitait...". Sans cette force qui l'habitait, qu'il appellera la Force du Ciguri ou du "dieu vert", peut-être serait-il devenu toxicomane comme Roger Gilbert-Lecomte, mort à 36 ans.
De même, René Daumal, mort lui aussi à 36 ans, a payé de sa santé ses expériences d'états modifiés de conscience vécues dans sa première jeunesse en inhalant un poison très toxique : le tétrachlorure de carbone. Il en évoque les visions dans un texte inoubliable intitulé "Une expérience fondamentale ". En ce sens, Charles Duits fut un héritier du Grand Jeu . C'était un homme habité par la troisième faim, la faim métaphysique. Il était tout le contraire d'un intellectuel spéculatif comme le sont la presque totalité des universitaires, à quelques exceptions près. Il était un apprenti-sorcier opérant sur lui-même et payant physiquement de sa personne, un chercheur de vérité à travers et au-delà des mots dont l'impuissance lui sautait aux yeux : " le point de vue de la licorne échappe à la parole". Selon lui, le Peyotl accomplissait la transfiguration de la banalité. On pourrait dire du Peyotl qu'il est comme le sexe : mortis et vitae locus , lieu de vie et de mort. Le génie de Charles Duits est d'avoir transformé en lui la force hallucinogène de Peyotl en "illimiteur" de l'éveil visionnaire de la conscience. " Le Peyolt m'a libéré de mon "moi", conclut l'alchimiste Charles Duits après avoir découvert le nectar au coeur du poison.
(il a le "feu sacré" ... Hermès joueur)
Comme le disait le poète visionnaire Jean Carteret : "Il faut traverser le pire pour atteindre le meilleur". Merveilleuse coïncidence : Carteret n'avait pas lu Ainsi parlait Zarathoustra à qui Nietzsche fait dire "Je ne sais qu'une chose au monde, c'est que l'homme a besoin de ce qu'il a de pire en lui pour parvenir à ce qu'il a de meilleur". Vision proche de celle de Schlegel partagée par Novalis : "Ce n'est que dans l'enthousiasme de la destruction que se révèle le sens de la création divine. Ce n'est qu'au milieu de la mort que fulgure la vie éternelle".
Le staretz Grégoire Efimovitch Novy, surnommé Raspoutine, membre de la secte des Khlystis, enseignait la sanctification au moyen du péché . L'usage rituel, extatique et "sacré" des orgies sexuelles était destiné à humilier, en vue de l'anéantir, l'égo des participants. La mort philosophale ou solve de la conscience profane de soi la conduit à s'ouvrir au coagula abyssal de sa propre transcendance intérieure.
Processus purificateur et cathartique par lequel le poison du sexe se transforme en remède.
Le fascinum érotique ou la fièvre amoureuse est parfois ressentie comme une sorte d'infection ou de poison du sang. Par sa lucidité et son pouvoir de distanciation, la conscience transcendantale possède l'art alchimique de se nourrir de cette ivresse du sang en échappant à toute perturbatio aliénante. Cela résulte de la mort du "moi" (l'obscur despote selon Rûmï) et de la mutation de l'ivresse aveugle en ivresse lumineuse issue - et de la lumière du coeur - et de l'éveil en lui de la kundalini : force éveilleuse dite aussi Puissance du Serpent - la plus grande force magique de la Nature - à laquelle Novalis fait allusion en évoquant deux échelles inverses : l'une descendante "par laquelle l'âme descend" vers le corps, l'autre montante "le long de laquelle le corps monte" vers l'âme. Métaphores des courants d'énergies (prâna-vayu et âpana-vayu ) en jeu dans le Yoga tantrique. Lorsque "l'âme et le corps se touchent" au cours de l'étreinte sexuelle, Novalis y voit le lieu d'une "illumination vertigineuse".
Le principe tantrique fondamental de la Voie de la Main Gauche , "c'est l'emploi, aux fins de la libération, des mêmes forces qui ont conduit ou peuvent conduire à la chute ou à la perdition", autrement dit la transformation du poison en "nectar". Aleister Crowley, initiateur d'une magia sexualis opérative et qui voyait dans l'acte sexuel un acte sacré, le plus magique des sacrements, "parle aussi de poisons à transformer en nourriture ; il prescrit de " chercher les choses qui pour toi sont des poisons, même des poisons les plus violents, pour les faire tiens au moyen de l'amour ".
Comment expérimente-t-on dans la vie ce principe de transmutation alchimique ? Prenons le cas des phantasmes chez un artiste comme Hans Bellmer qui se libère de ses obsessions par la maîtrise qu'il exerce sur elles par son art. Sujet que j'ai longuement développé dans Les avatars de l'oeil chez Bellmer. Il n'était pas l'esclave de ses phantasmes, il les gravait pour les tenir en son pouvoir et pour en contrôler la magie : la folie. Ce n'est pas pour rien qu'en exergue à son Anatomie de l'image il cite Paracelse : " Le scorpion guérit le scorpion ". C'est ce qu'on appelle : guérir le mal par le mal. Rien n'est toxique pour celui qui transforme le poison en remède.
La transgression de certains interdits peut emprunter la même voie d'autotransformation et de conversion du négatif en positif. On a découvert dans de vieilles églises d'Irlande des figurines représentant une femme retroussée qui expose et entrouvre sa vulve avec ses doigts. Selon les traditions locales, on se protégeait du mauvais oeil en regardant fixement la beauté sidérante de la vulve. En France aussi, la vue du sexe féminin était considérée au Moyen Âge comme un moyen de guérison. En levant cotte et chemise sous les yeux de leur époux alité et malade, les femmes s'écriaient : - Ami, regarde le con, et te guéris !.
L'empoisonnement de la psyché par le mauvais oeil continue de sévir dans certaines régions d'Europe comme en Afrique. Autre cas - plus universel - d'empoisonnement de la psyché : l'incessante identification de la conscience à toutes les formes de la vie. Comme l'observe Ouspensky, " L'homme est toujours en état d'identification, seul change l'objet de son identification ". Les êtres humains ont naturellement tendance à s'identifier à leur corps comme à leur multiple "moi", à leurs humeurs et leurs idées, à leurs émotions et leurs passions. Seul le détachement absolu par l'époquè ou la "réduction phénoménologique" conduit Edmund Husserl à un état de libération et de non-identification de la conscience.
L'homo sui transcendentalis qu'il est devenu au terme de son ascèse se nourrit de ce qui aliénait et empoisonnait sa psyché avant la conversion de sa conscience naturelle en conscience transcendantale.
On a beaucoup écrit sur les poisons de la drogue et ses ravages dont les gens du monde au pouvoir (ceux de la première faim) ne comprennent ni la nécessité négative ni la secrète positivité. Certains amoureux, ceux de la seconde faim (la faim érotique), savent que l'ingestion d'une faible dose de haschisch peut être vécue comme un don des dieux, comme un aphrodisiaque euphorisant et dynamique intensifiant l'éveil de la conscience dans la communion des sens. Quant à ceux qui s'adonnent aux drogues dures, ils y cherchent une réponse à une faim essentielle, subconsciente ou inconsciente, que la société, dans laquelle ils tentent en vain de vivre, est incapable de formuler. Les drogués, victimes de la société selon Charles Duits, sont les signaux d'alarme d'un corps social métaphysiquement aveugle et sourd, qui a perdu le sens de sa destinée spirituelle, dirait Kierkegaard. Aux yeux de Charles Duits, c'est le corps social qui est "halluciné" par sa croyance naïve à la réalité sensible. L'homme occidental est devenu l'homo ignorantus méprisant ce qu'il appelle les "primitifs" qui, eux, n'ont pas tout à fait perdu le secret de "la communication directe c'est-à-dire non-verbale" ou de la "connaissance silencieuse" pour reprendre l'expression de l'indien yaqui, Don Juan Matus.
Evidence que l'ethnologue Jean Servier, au milieu des années soixante, avait lumineusement exposée dans L'homme et l'Invisible , un livre merveilleusement clairvoyant.
Henri Michaux a passé des années à expérimenter toutes sortes de drogues sous contrôle médical. S'il en a fait des oeuvres poétiques pour le moins génialement exubérantes ou tragiquement vibrantes (Misérable miracle et L'infini turbulent étant plus disruptives que Connaissance des gouffres ), son témoignage est plutôt du ressort du "sacré de dissolution" (Roger Caillois) que du "sacré de cohésion", bien que "le prix du témoignage de Michaux, selon Duits, réside précisément dans l'opiniâtreté avec laquelle il s'est défendu contre la dissolution : donnant ainsi à l'horreur l'occasion de déployer l'éventail complet de ses mirages". Reste que les incursions de Michaux dans les paradis et les enfers articifiels sembleraient davantage servir de repoussoir que d'appel.
Dans un tout autre sens, l'oeuvre de Charles Duits fait partie de ces livres positivement dangereux ( que Jean Paulhan évoque dans sa préface à l'Histoire d'O ) qui ne nous laissent pas tels que nous sommes, qui nous éveillent et nous transforment. Dans Le pays de l'éclairement , si Charles Duits nous donne l'envie de communier avec ce bulbe de cactus que les Indiens de l'Arizona appelaient "le don du Christ à l'homme rouge", c'est que le sens même de son expérimentation est toujours orientée vers l'éveil, l'élévation, l'accroissement vertical de conscience.
La voie singulière de Charles Duits est proche de la voie tantrique de la main gauche, car il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir transformer le poison hallucinogène en remède "lucidogène" . Comme il le dit lui-même, "les illimiteurs sont des armes ambivalentes, à double tranchant" . Celui qui ose "chevaucher le tigre" (Julius Evola) ne sait pas d'avance s'il ne sera pas dévoré. Charles Duits y fait allusion en disant :"...si je perdais le commandement de la force qui m'habitait...". Sans cette force qui l'habitait, qu'il appellera la Force du Ciguri ou du "dieu vert", peut-être serait-il devenu toxicomane comme Roger Gilbert-Lecomte, mort à 36 ans.
De même, René Daumal, mort lui aussi à 36 ans, a payé de sa santé ses expériences d'états modifiés de conscience vécues dans sa première jeunesse en inhalant un poison très toxique : le tétrachlorure de carbone. Il en évoque les visions dans un texte inoubliable intitulé "Une expérience fondamentale ". En ce sens, Charles Duits fut un héritier du Grand Jeu . C'était un homme habité par la troisième faim, la faim métaphysique. Il était tout le contraire d'un intellectuel spéculatif comme le sont la presque totalité des universitaires, à quelques exceptions près. Il était un apprenti-sorcier opérant sur lui-même et payant physiquement de sa personne, un chercheur de vérité à travers et au-delà des mots dont l'impuissance lui sautait aux yeux : " le point de vue de la licorne échappe à la parole". Selon lui, le Peyotl accomplissait la transfiguration de la banalité. On pourrait dire du Peyotl qu'il est comme le sexe : mortis et vitae locus , lieu de vie et de mort. Le génie de Charles Duits est d'avoir transformé en lui la force hallucinogène de Peyotl en "illimiteur" de l'éveil visionnaire de la conscience. " Le Peyolt m'a libéré de mon "moi", conclut l'alchimiste Charles Duits après avoir découvert le nectar au coeur du poison.
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