Les Planètes (Gustav Holst)

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Les Planètes (Gustav Holst)

Message  Trinity le Ven 16 Avr 2010, 19:42

Les planètes ne sont pas que des objets astronomiques; ce sont aussi des corps vivants dont les "caractères" ont inspiré les métaphysiciens (voir aussi le fil CheminCroisé Zodiaque, Hermétisme et Alchimie) C'est ce point de vue qui a inspiré Gustav Holst (1874-1934) lors de la composition de l'opus qui a fait sa renommée.

Les Planètes de Holst relèvent de la métaphysique, non pas de l'astronomie : elles viennent d'une époque où la possibilité de l'explication rationnelle du monde était profondément remise en question par plusieurs côtés à la fois (et non le moindre, l'aspect musical avec l'atonalité de Schoenberg et les formes irrationnelles de Debussy et de Stravinsky). Et Holst était un homme de son temps, connaissant ses contemporains et familier des philosophies ésotériques, indiennes et du début du christianisme. Bien sûr, l'astrologie n'est peut-être pas la plus sérieuse des sciences secrètes, mais la peinture que fait Holst des caractères astrologiques des corps célestes produit une suite éclatante de pièces de genre. Il avait été initié à l'astrologie en 1913, par son ami Clifford Bax, le frère du compositeur Arnold Bax; la suite fut composée entre 1914 et 1916, mais ne fut pas jouée avant le 29 septembre 1918 par le Queen's Hall Orchestra, sous la direction d'Adrian Boult, à Londres.

Bien qu'il ait peut-être eu beaucoup plus à l'esprit des considérations musicales, Holst arrange les planètes par ordre de distance croissante à partir de la Terre. L'œuvre commence par une terrifiante marche en 5/4 pour "@ Mars, le Porteur de la Guerre" (comme la marche d'Alban Berg Op. 6, elle porte la date fatale d'août 1914). Puis survient un contraste total d'allure, de mètre et d'instrumentation, pour "@ Vénus, la Porteuse de la Paix", avec les vents aigus, les harpes et le célesta qui prédominent dans un Adagio en mesure simple. Le troisième mouvement, pour "@ Mercure, le Messager Ailé", en fait, le dernier à être composé, est un Scherzo en 6/8 qui vole rapidement d'un instrument ou d'un groupe d'instruments à l'autre. Ces trois mouvements suffiraient pour assurer à Holst une réputation de maître de l'orchestration brillante : il utilise l'effectif complet de l'orchestre symphonique de son époque, employant des instruments relativement inusités comme la flûte alto et le heckelphone (un hautbois baryton).

"@ Jupiter, le Porteur de la Jovialité" est représenté par un Allegro giocoso en 2/4 avec une section en trio Andante maetoso dont la large mélodie a attiré de nombreux hymnographes. "@ Saturne, le Porteur de la Vieillesse" était le mouvement que Holst préférait, peut-être à cause de la légitime fierté d'avoir achevé un Adagio qui soutient l'intérêt malgré son registre étouffé et son matériel thématique délibérément simple. "@ Uranus, le Magicien" montre, au cours d'un second Allegro en 2/4, ses artifices dans de perpétuelles métamorphoses d'une figure de quatre notes. Finalement, "@ Neptune le Mystique" revient à la mesure en 5/4 du premier mouvement, mais celle-ci est utilisée d'une manière tout à fait différente pour soutenir un Andante harmonieux qui représente des voix féminines sans paroles (il est possible que Holst ait pensé aux sirènes des Nocturne de Debussy) et qui dérivent vers l'espace.

Paul Griffiths (Traduction par Carole Boudreault, pour Deutsche Grammophon)
Information : Sur un thème voisin, voir aussi
le fil CheminCroisé Des planètes selon Basile Valentin
dans la section CheminCroisé Alchimie - Sujets variés.
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