Stephen Jourdain - L'IRREVERENCE DE L'EVEIL

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Stephen Jourdain - L'IRREVERENCE DE L'EVEIL

Message  Chèvre le Ven 03 Sep 2010, 11:39

Classer Stephen Jourdain dans la rubrique 'Spiritualistes' ne l'aurait pas forcément réjoui... Mais comme il est 'parti' le 19 février 2009, il y a relativement peu de chances pour qu'il revienne m'engueuler à ce sujet... Et puis, l'édition de nombre de ses oeuvres chez ACCARIAS L'ORIGINEL, Dervy, Editions du Relié ou Les Deux Océans autorise ce 'classement' hâtif.

Un extrait de l'entretien à 3 voix avec Gilles Farcet et Denise Desjardins, sur le sujet de l'ego, extrait de L'IRREVERENCE DE L'EVEIL, peut être lu sur ce Forum, ici ( et maintenant ! ) CheminCroisé .

Pour faire connaissance avec le 'personnage', qui a de quoi dérouter, quelques vidéos ( on en trouve pas mal sur youtube ) :

première partie :


deuxième partie :


troisième partie :


et pour continuer à se faire une idée du bonhomme :

Le début d'une conférence au Québec, précédée de deux remarques liminaires, dans lesquelles une métaphore originale se propose de rendre compte de "l'expérience libératrice" :


Et la bande annonce (au son, hélas, pourri) d'un film de Carole Marquand :





Sur le site 'officiel' , se trouve une page intitulée :

Si seules quelques lignes écrites par moi devaient me survivre, lesquelles choisirais-je ?

Un appel étrange venu d’ailleurs


Dans quel contexte « l’éveil » s’est-il produit ? Je veux dire : qui était ce jeune garçon que vous étiez alors ? Avait-il des centres d’intérêt particuliers ?

Il en avait essentiellement un, qu’il creusait avec un zèle peu commun, excessif même : son propre centre.

Expliquez-vous…

Chaque homme, je le suppose, une fois au moins dans son existence, est tombé en arrêt, comme foudroyé, devant ce mystère des mystères : mon être intérieur s’apparaissant à lui-même. Devant le phénomène de la conscience.
Je me sais !!! Et que resterait-il de ce moi sans cette connaissance ?!!!
Une telle rencontre est plus qu’un dessillement, c’est un choc.
Eh bien, pendant toute mon enfance cette commotion a été là, à l’état diffus… Au cours des mois qui ont précédé « l’éveil », elle a acquis des traits précis.


Quels étaient-ils ?

La conscience de moi m’apparaissait clairement comme étant un infini. La saisie consciente, en s’accomplissant, ouvrait en son propre sein une profondeur dans laquelle elle se réitérait un nombre infini de fois ; chaque nouvelle saisie se trouvant comme emboîtée dans la précédente, et relançant le développement du phénomène. Je me sais engendrait je me sais me sachant qui engendrait je me sais me sachant me sachant qui engendrait… qui engendrait…
Le processus ne tendait pas vers l’infini, il l’atteignait : au cœur du potache que j’étais se dilatait un infini des plus sérieux …
Un fait m’intriguait énormément. En vérité, bien plus qu’à ma curiosité, c’est à ma vie qu’il lançait un défi …La conscience de moi était un infini, cet infini était en moi, s’accomplissait en moi – ceci indéniablement ; …et pourtant, je ne réussissais à pénétrer personnellement, humainement, que sa frange ; je me sais m’était accessible, je me sais me sachant l’était aussi, je me sais me sachant me sachant l’était encore – mais déjà la difficulté était devenue immense ; en fait, c’était là une barrière infranchissable. L’infini de la conscience de moi était en mon esprit, mais, d’une certaine façon, j’en étais séparé, exclu ; il m’était impossible de l’assumer en tant que personne humaine.
Dans les jours qui ont précédé immédiatement « l’éveil », j’ai tenté cent fois d’entrer plus avant dans cette conscience, de forcer la barrière dont je parlais. En vain…
Et puis, un soir, à l’occasion d’une empoignade intellectuelle farouche, féroce même, avec une énigme philosophique tout à fait étrangère à mon travail sur la conscience de moi, « l’éveil », soudain, a surgi.
Et ce fut comme si l’infini de la conscience de moi, pris de pitié pour ce garçon qui, avec tant de zèle, cherchait à y entrer, avait, d’un coup, décidé d’accéder à son vœu, pur de toute arrière-pensée d’appropriation ; et lui avait ouvert grandes ses portes, qui, après tout, étaient celles de sa maison …


Et c’est ainsi qu’un galopin affublé de Knickerbockers fut transmué en un infini de conscience…

Vous faites erreur : je portais déjà des pantalons longs.



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