Le pélican, un drôle d’oiseau

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Le pélican, un drôle d’oiseau

Message  Logos le Lun 06 Sep 2010, 03:46

http://www.occitanie-cathare.com/amissabarthez/pelican.htm

Pernéty en cause un tout petit peu comme Oiseau :

"Les Philosophes ont pris assez ordinairement les oiseaux pour symbole des parties volatiles de la matière du grand œuvre, et ont donné divers noms d'oiseaux à leur mercure : tantôt c'est une aigle, tantôt un oison, un corbeau, un cygne, un paon, un phénix, un pélican; et tous ces noms conviennent à la matière de l'Art, suivant les différences de couleur ou d'état qu'elle éprouve dans le cours des opérations"
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Re: Le pélican, un drôle d’oiseau

Message  Logos le Lun 06 Sep 2010, 07:37

Il serait peut être plus judicieux de renommer ce topic Oiseaux... finalement

Pour les soufisants, un coup d'oeil ici ça a l'air de valoir le détour (lu en diagonale)... et parcourir le blog bien entendu :

http://www.journalsoufi.com/index.php?option=com_content&task=view&id=347&Itemid=2
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Re: Le pélican, un drôle d’oiseau

Message  Logos le Lun 06 Sep 2010, 11:43

DU CORBEAU (et donc en fait des mutations successives de ce Noir Messager... Ange de la mort doit être régénéré.
Vous trouvez pas que LAMORT du Noblet a une tête très aviaire !
l'Hermès aux sandales ailées


Depuis de nombreux siècles, le Corbeau englobant aussi les corneilles noires et grises, est au cœur de toutes les superstitions et croyances. Surnommé « Oiseau de malheur » ou « messager de la mort » cet animal est loin de laisser indifférent. Aussi, pourrait-on se demander pourquoi cet oiseau est connoté d’une manière si négative ?
Serait-ce seulement la couleur de son plumage qui lui donnerait mauvaise augure ? Peut-être, mais originellement il est important de savoir que dans la mythologie grecque il est stipulé qu’au départ son plumage était blanc mais qu’un jour Apollon décida de le punir de ses indiscrétions en transformant la blancheur de ses plumes par une noirceur prononcée.
On dit aussi que son chant, décrit comme « étranglé » et très désagréable à l’oreille, aurait la particularité d’annoncer les tragédies à venir. Son cri « Croâ, Croâ… » signifie même « demain, demain… » en latin révélant le fait qu’il connaisse l’avenir et qu’il a cette possibilité de décider de l’annoncer ou de le taire car c’est l’un des seuls oiseaux qui a le privilège de comprendre la signification de ses propres augures. Ainsi on a souvent reproché au corbeau dans le Christianisme primitif de n’avoir pas averti Noé de la fin du déluge.
Le fait qu’il se nourrisse de charogne, de gibier de potence et qu’il néglige volontairement ses petits contribua aussi à lui donner une réputation d’oiseau de malheur qui annonce la maladie, la guerre et la mort. A ce sujet, on a recensé d’immenses et incessants vols de corbeaux en France en 1551, en 1562 et en 1563, vols qui furent suivis par des épidémies de peste. Ses petits portent d’ailleurs le nom de Corbillats qui est facilement assimilable au nom de « corbillard » le véhicule mortuaire.

Mais selon les époques et les civilisations, la symbolique du corbeau ne cesse de changer faisant de lui un animal tantôt rusé et efficace tantôt malfaisant et dangereux. Par exemple, d’une façon plus positive, ce furent deux corbeaux qui indiquèrent à Alexandre Le Grand le chemin du sanctuaire d’Amon car avant tout le corbeau a ce rôle de messager.
Dans la mythologie nord-germanique, deux corbeaux appelés Hugi ( la pensée) et Munin (le souvenir) étaient les compagnons d’Odin qu’ils informaient de tous les événements qui se produisaient sur terre.
L’ancienne Chine considérait le corbeau a trois pattes comme l’animal du soleil car d’après la légende dix de ces oiseaux auraient autrefois répandu une chaleur insupportable sur terre jusqu’à ce qu’un archer en abatte neuf et arrive ainsi à réguler la chaleur.
Un corbeau rouge fut d’autre part le symbole des empereurs jusqu’à la dynastie Chou (256 av J-C) dont les membres se considéraient eux-mêmes comme les égaux du soleil. La déesse des fées, Hsi-Wang-Mu avait des corbeaux pour messagers qui lui apportaient également sa nourriture tandis que de nombreux indiens d’Amérique du nord identifiaient le corbeau à une figure de l’être suprême.
En Angleterre, on dit que lorsque les corbeaux disparaîtront de la Tour de Londres viendra la fin de l’actuelle dynastie royale. C’est pourquoi les gardiens de la tour nourrissent si généreusement les oiseaux. De plus, ils veillent soigneusement à ce que tout corbeau mort soit remplacé. Les anglais croient aussi que le roi Arthur survole de temps en temps son ancien royaume sous la forme d’un corbeau, aussi faut-il veiller à ne pas tuer l’un de ces oiseaux que ce soit par inadvertance ou malveillance.

En Inde, le Mahâbhârata assimile les corbeaux à des messagers de la mort alors qu’en Russie les corneilles qui volent la nuit sont assimilées à des sorcières. Tandis qu’en Afrique noire le corbeau sert à prévenir les hommes des dangers qui les menacent. Il est donc leur guide et symbolise un esprit protecteur.

Dans les légendes ukrainiennes rapportées par saint Golowin on disait que les corbeaux étaient pourvus au paradis de plumes multicolores mais qu’après la chute d’Adam et Eve ils commencèrent à se nourrir de charogne ainsi leur plumage devint noir. Ce n’est qu’à la fin des temps, dans un paradis nouveau, qu’ils pourront retrouver leur beauté perdue et que leur croassement se transformera en un chant harmonieux conçu pour célébrer Dieu.
La croyance populaire considère également le Corbeau comme un voleur c’est pourquoi en Islande on ne permet pas aux enfants d’utiliser les tiges des plumes de corbeaux en guise de pailles car cela les inclinerait au vol.

Les légendes celtiques, elles aussi, regorgent de corbeaux qui jouent principalement des rôles prophétiques. Par exemple, la Déesse celte de la guerre Morrigan ainsi que le Dieu Lug sont des Dieux toujours accompagnés de corbeaux. En Irlande, le nom de la Déesse Bodb veut dire « corneille ». Lorsqu’il s’agit de femmes entourées de corbeaux ce sont toujours des représentantes de la guerre et/ou de la mort. Chez les Celtes, le nom même de corbeau est sacré et signifie le déchirement de la chair dans les combats. Comme il se nourrit de charogne la poésie galloise utilise la métaphore « le corbeau t’a percé » pour signifier « tu es mort ». Comme les Celtes pensaient que les corbeaux accompagnaient le soleil dans sa course nocturne c’est à dire aux enfers ils représentaient donc l’emblème du mal.

Dans la symbolique alchimique, cet oiseau représente la materia prima noircie qui conduit à la pierre philosophale, il est alors représenté avec une tête blanche (signe de la purification qu’on attend de la transformation alchimique.)
Le corbeau est aussi présent dans l’art héraldique depuis le Moyen-Age : il apparaît entre autre dans les armes de la famille Corbet et de la famille Biron.

Le corbeau tout comme d’autres animaux dont le loup n’a acquis une symbolique négative que récemment et quasi uniquement en Europe. Vu en rêve, il est censé être un oiseau de mauvaise augure et les romantiques voient en lui l’oiseau noir qui vole au-dessus des champs de bataille pour se nourrir de cadavres.
D’un point de vue psychologique, il est le symbole de la solitude, de la retraite volontaire c’est à dire de l’isolement destiné à atteindre un niveau de conscience supérieur à la tristesse et le malheur. Symbolisant tout de même le côté noir de la psyché, il est pourtant susceptible de se transformer et de devenir bénéfique dès lors que la personne a pris conscience de ce versant et tenté de l’intégrer à la lumière de sa conscience.

Outre son aspect superstitieux et légendaire, le 20ème siècle en a également fait un terrible dénonciateur anonyme qui au moyen de lettres scandaleuses et compromettantes sème la terreur dans de nombreux villages. Mais d’où vient cette expression ? Comment s’est-elle colportée ?
En fait cette expression s’est diffusée suite au film « Le Corbeau » de H-G Clouzot en 1943. Il raconte l’histoire de notables de saint-Robin qui reçoivent des lettres anonymes signées le Corbeau dont le contenu est calomnieux. Les accusations se portent régulièrement sur le docteur Rémi Germain ainsi que sur d’autres personnes de la ville. Les choses se compliquent lorsque l’un des patients du docteur Germain se suicide à la suite d’une lettre qui lui aurait révélé qu’il ne survivrait pas à la maladie. Le docteur Germain démarre ainsi son enquête pour découvrir la personnalité de ce mystérieux corbeau.
Le film fut interdit à la Libération car à travers la lettre anonyme on ne pouvait s’empêcher de penser à la délation des années 40. De plus, la noirceur du film est telle qu’il fait penser à des films comme « M Le Maudit » et « Furie » de Fritz Lang. Et puis surtout il renvoie à un fait divers bien réel. En effet, de 1917 à 1922 une épidémie de lettres anonymes s’est abattue sur la ville de Tulle. Glissés dans les paniers, abandonnés sur les trottoirs, les rebords des fenêtres et jusque sur les bancs des églises ces centaines de courriers dénonçaient l’infidélité des uns, la mauvaise conduite des autres… si bien qu’un climat de suspicion intense rôdait sur la ville. Quand un greffier de la préfecture, troublé par la réception d’une lettre anonyme perd la raison et meurt au cours d’une crise de démence l’enquête policière s’accélère et la presse nationale se précipite à Tulle. C’est finalement une dictée collective qui permettra d’identifier le coupable. L’auteur des lettres anonymes signait « l’œil du tigre » et non par un dessin de corbeau comme dans le film de Clouzot mais c’est la remarque d’un journaliste du journal « Le Matin » qui écrivit dans son édition du 5 décembre 1922 que la coupable « était là, petite, un peu boulotte, un peu tassée, semblable sous ses vêtements de deuil à un pauvre oiseau qui a reployé ses ailes » qui fit immédiatement penser à l’allure du Corbeau bien que le terme ne fut pas prononcé. Clouzot choisit donc ce terme pour son film, cet oiseau de mauvaise augure et depuis l’expression n’a cessé de se répandre.

Il existe un corpus impressionnant de dictons, proverbes, contes et légendes, poésies populaires ou d’auteurs parlant du corbeau. Passant par la fameuse Fable du « corbeau et du renard » à la malédiction des « sept corbeaux » des Frères Grimm tout en étant l’hôte privilégié des ruines et châteaux hantés dans l’univers de la Bande-dessinée, cet animal n’a jamais cessé de nous surprendre. Parmi les œuvres les plus célèbres qui évoquent de près ou de loin les corbeaux on peut citer « The Raven », ce poème en prose de l’écrivain américain Edgar Allan Poe qui compte parmi les textes les plus forts de ce poète établissant sa réputation dans son pays et en Angleterre. Il paraît pour la première fois le 29 janvier 1845 dans le New York Evening Mirror. D’une grande musicalité et à l’atmosphère chargée et irréelle le poème raconte l’histoire d’une mystérieuse visite que reçoit le narrateur, celle d’un corbeau perché en haut de sa porte répétant inlassablement « Jamais plus ». Le poème fut traduit en français en deux versions l’une de Charles Baudelaire et l’autre de Stéphane Mallarmé.

Ce poème inspira ensuite le cinéma où l’on peut citer au moins deux films qui le mettent en scène : « The Raven » de l’américain Lew Landers en 1935. C’est un film fantastique qui se déroule au 15ème siècle en Angleterre et où le docteur Craven, qui vit reclus depuis la mort de sa femme, reçoit la visite de son confrère Bedlo transformé en corbeau par le magicien Scarabus.
Et le film « Raven » de l’américain Roger Corman sorti en 1963 qui reprend les thèmes essentiels du précédent.

Un autre film, beaucoup plus célèbre, vient venir rendre hommage au corbeau. Il s’agit de « The Crow » film américain réalisé par Alex Proyas et sorti en 1994. L’histoire raconte les destins tourmentés d’Eric Draven et de sa fiancée Shelly Webster qui la veille de leur mariage vont être assassinés dans leur appartement par un gang. Un an plus tard Eric est ramené à la vie par un corbeau. Ce dernier l’aidera alors à se venger afin que l’âme d’Eric puisse enfin trouver le repos. Très vite ce film devient culte en raison notamment de la similitude entre les destins tragiques d’Eric Draven et de son interprète Brandon Lee lui-même. En effet, lors du tournage, l’acteur principal trouve la mort accidentellement. Le réalisateur sera donc obligé de recourir à des techniques utilisant la numérisation afin de terminer le film en l’absence de Brandon Lee.
Adapté du Comics du même nom créé par James O’Barr The Crow réussit à conter une histoire d’amour dont même la mort ne parvient pas à mettre un terme. Le film devient ainsi une référence majeure pour le milieu gothique qui apprécie son esthétisme et son romantisme.

Ainsi, de toutes ces illustrations faites du Corbeau, que ce soit dans les légendes moyenâgeuses de nos campagnes ou dans les films d’épouvante, celui-ci ne laisse jamais indifférent car il est à la fois : Sage et stratège, goulu et imprévisible, devin et menteur, réveillé et étonné, entreprenant et lâche, guide et passeur, amical et vengeur…autant de contradictions où l’homme peut finalement se reconnaître.


Odéliane, pour la réunion du 07/06/08.
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Re: Le pélican, un drôle d’oiseau

Message  Chèvre le Ven 10 Sep 2010, 09:38

Dans le Tarot des barjos CheminCroisé , tu postes cette image :

avec ces mots :

Paon - Point – Pan

Les "100 yeux" du Paon : les confetti multicolores de la Maison-Dieu ?

Ailleurs, tu postes ce passionnant ‘résumé’ de Pierre Feuga Le Cœur dans le Shivaïsme tantrique du Cachemire CheminCroisé

Paon / tantrisme… Suite à la lecture de Pierre Feuga, j’ai ressorti mon VIJNÂNA BHAIRAVA . Après l'avoir dépoussiéré, qu'y lis-je ? (verset 32) :
.
Si l’on médite sur le quintuple vide (en prenant pour support) les cercles bariolés des plumes du paon, on s’abîme dans le Cœur, l’incomparable vide.

Les cercles des plumes de paon aux cinq nuances distinctes symbolisent pour les yogin les cinq organes des sens. Ils jouent un rôle analogue aux cercles magiques (mandala) ; spontanément l’attention de celui qui les fixe gravite vers le centre. On se trouve alors précipité dans le vide, c’est à dire le terme sans mode, le Cœur, lieu du repos.
Cette méditation met en œuvre la voie de Siva puisqu’elle concerne le vide.

.
Verset 32, page 84 du VIJNÂNA BHAIRAVA traduit et commenté par Lilian Silburn, Paris Collège de France (Diffusion E. De Boccard)
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Re: Le pélican, un drôle d’oiseau

Message  Chèvre le Ven 10 Sep 2010, 14:13

Post Scriptum:
Logos a écrit:Les "100 yeux" du Paon : les confetti multicolores de la Maison-Dieu ?
Le Vijnânabhairava Tantra a écrit:on s’abîme dans le Cœur, l’incomparable vide.
Lilian Silburn a écrit:[...]le vide, c’est à dire le terme sans mode, le Cœur, lieu du repos.
Cette méditation met en œuvre la voie de Siva puisqu’elle concerne le vide.
Dans le Tarot de Nicolas Conver (cf exemplaire B.N.), alors que le graveur sait parfaitement former des U bien ronds (cf. le pendU, le bateleUr, le jUgement, la jUstice, l'empereUp et la lUne) il choisit apparemment de graver un V, et orthographie explicitement MAISON - DIEV (ainsi d'ailleurs que L'AMOVREVX et LA ROVE DE FORTVNE.)

Faut il lire MAISON-DIEV = MAISON-VIDE ?
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Re: Le pélican, un drôle d’oiseau

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