Materia prima

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Materia prima

Message  Henri Schersch le Jeu 24 Juil 2008, 10:47

J'observe sur divers forums d'alchimie ce qui me semble une contradiction permanente :
- d'une part, aucun ancien auteur ne semble avoir jamais nulle part divulgué la materia prima, qui est le point de départ obligé de l'oeuvre;
- d'autre part, plein de chimistes oeuvrent à profusion au fourneau, partout dans le monde, évoquant leurs recherches sur des mercures, des sels, des sulfures, des pierres, etc.

Comment peut-on discourir si nombreux sur des étapes avancées de l'Oeuvre si aussi peu de gens connaissent la base nécessaire à entamer le processus ?

Henri Schersch

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Re: Materia prima

Message  Garfield le Jeu 24 Juil 2008, 11:19

Je ne sais malheureusement pas apporter de réponse à votre question très pertinente toutefois. Notamment je vais apporter mon grain de sel. Je rigole

La matière première désigne la minière des sages. Celle-ci contient son sel, son soufre et son mercure. Nous savons que toute pierre est sel, c’est Fulcanelli qui le dit. Nous pouvons donc ainsi dire que la minière, de même qu’un sel ordinaire, en quelque sorte, se compose de sel de sel, de soufre de sel et de mercure de sel.
Plusieurs Adeptes n’hésitent pas à parler de nitre ou salpêtre : sal petri = sel de pierre. A cause de sa ressemblance avec le sel fondu, les écrivains l’ont appelé le sel marin, le sel gemme, le sel alembroth, le sel de saturne, le sel des sels etc... C’est aussi le vitriol vert que Panthéus décrit comme étant la chrysocolle.

Garfield

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Re: Materia prima

Message  Nelly Foulcat le Mar 10 Fév 2009, 14:34

Bonjour à tous. Dans "Les Demeures philosophales", partie "Dampierre", chapitre VIII, Fulcanelli décrit la matière première en ces termes :
Notre matière première est solide ; le mercure qu’elle fournit se présente toujours sous l’aspect salin et avec une consistance dure. Et ce sel métallique, ainsi que le dit fort justement Bernard Trévisan, s’extrait de la Magnésie « par réitérée destruction d’icelle, en résolvant et sublimant.»
Dans « Le Mystère des Cathédrales » - partie "Amiens", Fulcanelli nous cite quelques auteurs qui ont décrit leur matière première qui contient l’agent indispensable :
L’auteur du commentaire de la Lumière sortant des Ténèbres écrit, page 108 : « L’essence en laquelle habite l’esprit que nous cherchons est entée et gravée en lui, quoy qu’avec des traits et des linéaments imparfaits ; la même chose est dite par Ripleus Anglois au commencement de ses Douze Portes ; et Ægidius de Vadis, dans son Dialogue de la Nature, fait voir clairement et comme en lettres d’or qu’il est resté, dans ce monde, une portion de ce premier Chaos, connue, mais méprisée d’un chacun, et qui se vend publiquement.» Le même auteur dit encore, page 263, que « ce sujet se trouve en plusieurs lieux et dans chacun des trois règnes ; mais si nous regardons à la possibilité de la nature, il est certain que la seule nature métallique doit être aidée de la nature et par la nature ; c’est donc dans le règne minéral seulement, où réside la semence métallique, que nous devons chercher le sujet propre à notre art ».
« Il est une pierre de grande vertu, dit à son tour Nicolas Valois et est dite pierre et n’est pas pierre, et est minérale, végétale et animale, qui est trouvée en tous lieux et tout temps, et chez toutes personnes. »
Flamel écrit de même : « Il y a une pierre occulte, absconsée et ensevelie au plus profond d’une fontaine, laquelle est vile, abjecte et nullement prisée ; et si est couverte de fiens et excrémens ; à laquelle combien qu’elle ne soit qu’une, on luy baille tous noms. Parquoy, dict le sage Morien, ceste pierre non pierre est animée, ayant vertu de procéder et engendrer. Ceste pierre est molle, prenant son commencement, origine et race de Saturne ou de Mars, Soleil et Vénus ; et si elle est Mars, Soleil et Vénus… »
« Il y a, dit Le Breton, un minéral connu des vrais Sçavans qui le cachent dans leurs écrits sous divers noms, lequel contient abondamment le fixe et le volatil.»

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Re: Materia prima

Message  Henri Schersch le Mar 10 Fév 2009, 18:07

« Il est une pierre de grande vertu, dit à son tour Nicolas Valois et est dite pierre et n’est pas pierre, et est minérale, végétale et animale, qui est trouvée en tous lieux et tout temps, et chez toutes personnes. »
Interloqué (2) Je suis perplexe. Une pierre qui n'est pas pierre ?
Choqué ! Une ''pierre'' qui soit minérale, végétale et animale ?
Pâle On dirait un rébus typique du sphynx. Ou un koan.
Scratch Si cette pierre peut être trouvée en tous lieux et en tous temps, et chez toutes les personnes, c'est donc qu'elle a un aspect d'universalité...

Henri Schersch

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Re: Materia prima

Message  Henri Schersch le Jeu 26 Aoû 2010, 19:22

Je relisais une CheminCroisé réponse de Myriam à un de mes posts dans le fil CheminCroisé Alchimie, voie d'éveil, et cette phrase, alors passée inaperçue, m'a interpellé ce matin :
Les Vrais Adeptes qui ont réalisés le Grand Œuvre n’ont jamais dévoilé clairement la Materia Prima, ni le Feu Secret. Certains distinguent même Materia Prima et Prima Materia.
Cette distinction m'intrigue.

Alors ? Materia Prima ? Prima Materia ? Où serait la différence ?
Résiderait-elle dans ce que certains appellent la Préparation, ou même la Pré-préparation ?

Henri Schersch

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Re: Materia prima

Message  Charly Alverda le Jeu 26 Aoû 2010, 22:40

Bonjour à tous et à Henri en particulier

Pour une entrée en matières, il faut entrer dans la terminologie de chaque auteur, en distinguant :

la première matière, employée par le Démiurge, issue de l'animation de l'Eau par le Feu, soit une "matière spermatique" composée des 4 éléments,

de la matière "seconde" que devra employer l'alchimiste pour en extraire cette quinte-essence.

A mon sens, Le Cosmopolite est le plus clair à ce sujet, on peut contourner le sujet pour faire un rapprochement utile en lisant la Révélation de la Parole Cachée :

sendspace.com dcrmct

Car ce n'est pas très important pour connaître le processus, et la connaissance de celui-ci ne sert de rien, si ce n'est principalement de distinguer les auteurs vrais ou faux.

Je reprends cette citation :

" J'observe sur divers forums d'alchimie ce qui me semble une contradiction permanente :
- d'une part, aucun ancien auteur ne semble avoir jamais nulle part divulgué la materia prima, qui est le point de départ obligé de l'oeuvre;
- d'autre part, plein de chimistes oeuvrent à profusion au fourneau, partout dans le monde, évoquant leurs recherches sur des mercures, des sels, des sulfures, des pierres, etc.
Comment peut-on discourir si nombreux sur des étapes avancées de l'Oeuvre si aussi peu de gens connaissent la base nécessaire à entamer le processus ? "

Discourir ? Henri, mais beaucoup travaillent au "fourneau" ! Tous ceux-là, s'ils connaissaient le processus s'arréteraient tout net !

En effet, il s'agit de tout d'abord confectionner un aimant, celui des Sages, pour capter le Feu secret capable d'ouvrir la matière pour en extraire cette quintessence appelée mercure. Le Fulcanelli du Mystère pointe sur le coke comme matière et celui des Demeures sur l'antimoine ?
Il faut chercher cette matière au règne métallique, il suffit de lire La Révèlation des Mystères des Teintures des Sept Métaux du pseudo Basile valentin, pour faire un choix.

La première opération consistant dans la mort/putréfaction de cette matière ne peut se faire que par la "clef" du Feu secret. Ce feu de la Nature est celui qui réanime toute chose au printemps, par un double mouvement incessant des influences célestes vers la terre et sa remontée. Le grand arcane est comment le capter - quand il descend - avant qu'il soit spécifié dans la terre. Ceux qui le captent spécifié ne peuvent faire que des "particuliers", jamais quitter le règne métallique, ce sont des spagyristes, pas des alchimistes. Les termes d'alchimistes et spagyristes étant parfois inversés aux XVIè et XVIIè siècle, il convient de privilégier les auteurs parlant de "philosophie naturelle".

Connaître la captation de ce Feu pour qu'il soit utilisable dans les trois règnes de la Nature, est impossible par la raison raisonnante, et le risque de folie est grand ! Seule la révélation le permet, et ce n'est pas un vain mot, il faut un esprit vide de tout concept, de tous désirs, pour recevoir cette "grâce".

Sans ce Feu, il devrait être évident que toute pratique est "insensée" ! De plus l'alchimie a beaucoup plus à voir avec l'agriculture que la métallurgie.

Cordialement,

C...a



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Re: Materia prima

Message  Henri Schersch le Ven 27 Aoû 2010, 20:49

Merci, Charly.
Encore une fois, tout ceci ne me paraît pas évident, probablement à cause d'un excès de "raison raisonnante", mais je pressens qu'il y a dans ce texte matière essentielle (à potasser).
Bonne soirée.

Henri Schersch

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Re: Materia prima

Message  Sakapus le Jeu 11 Nov 2010, 22:10

Bonsoir à tous,

La Materia Prima est selon ma compréhension, le Mercure des Sages ou Feu Secret.
Il s'agit de notre Pierre dans ce que l'on peut considérer être son premier état.
Par la première opération ou régme de Mercure, notre Pierre est amenée de son état volatil à un état fixe.
Cette opération consiste en un solve/coagula simultanés.

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Re: Materia prima

Message  Ludivine le Jeu 11 Nov 2010, 22:48

Il y a une sorte de "jeu de mots" entre "matière première" et "première matière", car "première" peut avoir deux sens :
a) ce qui est premier dans un ordre de succession, soit ce qui vient en numéro 1;
b) ce qui est premier en importance, ce qui est principal, primordial.

Ce qui vient en étape 1 n'est pas nécessairement ce qui est le plus important; ce qui est principal (premier) ne vient pas nécessairement en tête par ordre chronologique. C'est là de la logique élémentaire.

Mais la Première matière (principale) n'est évidemment pas sans rapport avec la matière première (celle du début), dans la mesure où il ne peut s'agir que de la même substance, mais à un stade différent, puisqu'elle a entretemps été travaillée, et signée.

Et là réside une subtilité, mais de taille ! Car existe-t-il un seul alchimiste qui aie jamais laissé une trace écrite des ses travaux initiaux ? Lorsqu'ils parlent de leur matière première, ils se réfèrent à la matière déjà préparée, stade à partir duquel le travail peut vraiment commencer. En passant sous silence toute une partie des travaux premiers, les auteurs partent donc du principe que l'artisan est déjà avancé dans son œuvre, et a déjà choisi et préparé sa matière.

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Re: Materia prima

Message  Ludivine le Jeu 25 Nov 2010, 21:39

Il y a beaucoup de palabres au sujet de la "matière première", et chacun y va de sa roche préférée, de son minerai, de sa substance, de sa poudre… Certains cherchent dans les mousses et les végétaux pourrissants, d'autres creusent au fond des mines à la recherche de leur minéral qui leur soit "propre", etc… Pourtant, il me semble que trop peu d'alchimistes se sont réellement préoccupés du sens qu'il fallait attribuer au mot "matière". Voici ce que nous en dit René Alleau dans "Aspects de l'alchimie traditionnelle" (Editions de minuit, 1953) :
Les alchimistes respectueux des règles de l'obédience philosophique, ont voilé le nom vulgaire de leur "sujet" ou de la "matière première" sous un symbolisme extrêmement complexe, non sans de pertinentes raisons dont l'une des plus importantes dut être que le néophyte se trouva dans l'obligation logique de réformer son entendement "profane" par ses seuls efforts personnels, en se pliant à une série d'exercices mentaux dominés par la cohérence interne et surrationnelle des symboles.

Faute de cette "préparation mentale" qui exige des années d'ardentes recherches, le plan expérimental proprement dit ne peut être atteint et aucun résultat d'ordre opératif ne saurait être obtenu. Il est indispensable, croyons-nous, d'insister sur ce point que trop d'auteurs traditionnels ont cru devoir laisser dans l'ombre. Même s'il connaissait la formule exacte et la suite des opérations alchimiques, aucun chimiste ne serait capable d'effectuer celles-ci, ce qui n'est pas plus mystérieux, d'ailleurs, que bien des cas analogues observables dans la pratique des arts où, par exemple, il ne suffit pas de savoir la composition des couleurs d'un tableau pour être en mesure de le refaire.

Dans un ouvrage qui compte parmi les plus importants de toute la littérature alchimique, "Les demeures philosophales" , Fulcanelli nous apprend à ce propos : "Nous ne devons pas oublier qu'il s'agit là d'une science ésotérique. Par conséquent, une vive intelligence, une excellente mémoire, le travail et la tension aidés d'une volonté forte ne sont point des qualités suffisantes pour espérer devenir docte en la matière." "Ceux-là s'abusent fort, écrivit Nicolas Grosparmy, qui cuident que nous n'ayons faict nos livres que pour eux mais nous les avons faicts pour en jecter hors tous ceulx qui ne sont point de nostre secte".

C'est pourquoi nous pouvons affirmer que toutes les interprétations "chimiques" de la "matière première" sont fausses et qu'on y a vu à tort, tantôt le cinabre, l'or, la magnésie, l'orpiment, le cuivre, le sel marin, l'antimoine, le soufre, le zinc, l'argent ou bien d'autres "corps" chimiques, tantôt des produits empruntés au règne végétal et même, parfois, au règne animal, en dépit de la recommandation expresse des anciens maîtres qui conseillent unanimement de chercher le mystérieux "sujet des sages" dans la "racine minérale et métallique".

Le "père" de cette "racine" est le Soleil et sa "mère", la Lune. Tel demeure le principe fondamental dont " l'investigateur de science" ne doit jamais s'écarter. Qu'il cherche donc à établir d'où vient ce terme de "racine" et, lorsqu'il l'aura compris, il aura découvert l'une des clés du groupe symbolique de la "matière première".

Ludivine

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Re: Materia prima

Message  Charly Alverda le Jeu 25 Nov 2010, 23:11

Bonsoir

Si les anciens " conseillent unanimement de chercher le mystérieux "sujet des sages" dans la "racine minérale et métallique"." Cela ne signifie pas (nécessairement) que ce soit la "materia prima", dont " Le "père" de cette "racine" est le Soleil et sa "mère", la Lune." et, très important pour "nous", : "Que le vent a porté dans son ventre."

Ce cher Alleau considérant : " un ouvrage qui compte parmi les plus importants de toute la littérature alchimique, "Les demeures philosophales"," n'a pas vu que Fulcanelli croyait parler d'alchimie en parlant de la chrysopée, les voies des transmutations ; ce grand homme, n'étant pas de "ceste secte fanatique" n'y a vu que du feu !

"Ceux-là s'abusent fort, écrivit Nicolas Grosparmy, qui cuident que nous n'ayons faict nos livres que pour eux mais nous les avons faicts pour en jecter hors tous ceulx qui ne sont point de nostre secte".

Et oui, c'est au ventre d'Ariés, c'est-à-dire au printemps que l'on piège le vent tout chargé des semences (y compris métalliques) que l'on extrait la "viande de l'air" selon la forte expression du Cosmopolite.
La "materia prima" est le mercure qui est dans le vent, c'est le prana des hindous, par la respiration et la nourriture (et le yoga) on n'en capte qu'une infime partie. Il faut un aimant puissant pour condenser "notre" mercure, cru c'est un lion vert, lion rouge il est mur. Il vivifie ce qui est vivant et dissous les germes de mort.

Pour avoir la Pierre, il vous faut un mercure agissant dans les TROIS règnes de la Nature, c'est l'unique voie de l'alchimie.

Pour réaliser une transmutation, le mercure des métaux suffit. Ce sont les voies de la Chrysopée par les "teintures".

Il vous faut lever les yeux de l'esprit ou abaisser les yeux de chair. Votre choix fait, si vous cherchez la pierre de "réintégration de l'être", je vous en prie, ne lisez pas les modernes qui appellent alchimie leur pratique de recettes de cuisine métalliques propres aux transmutations, recettes qu'ils habillent du "langage fleury" des alchYmistes !

Cordialement,

C...a

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Re: Materia prima

Message  Sakapus le Ven 26 Nov 2010, 10:35

Bonjour Charly, bonjour à tous,

Charly Alverda a écrit:Ce cher Alleau considérant : " un ouvrage qui compte parmi les plus importants de toute la littérature alchimique, "Les demeures philosophales"," n'a pas vu que Fulcanelli croyait parler d'alchimie en parlant de la chrysopée, les voies des transmutations ; ce grand homme, n'étant pas de "ceste secte fanatique" n'y a vu que du feu !
Si je comprends bien, la Chrysopée serait la voie des transmutations métalliques ?
Cela semble en contradiction avec le texte de Raymond Lulle intitulé "La Chrysopée du Seigneur" dans lequel il n'est question que de réintégration de l'être.

Charly Alverda a écrit:Et oui, c'est au ventre d'Ariés, c'est-à-dire au printemps que l'on piège le vent tout chargé des semences (y compris métalliques) que l'on extrait la "viande de l'air" selon la forte expression du Cosmopolite.
Je ne suis pas convaincu qu'il faille récolter notre sperme métallique au printemps.
Il est probable par contre que la Nature elle-même s'en charge à cette période et qu'il n'y ait plus dès lors qu'à la recueillir au bon endroit quand il nous plait de le faire.
L'expression viande de l'air est tout a fait appropriée et fait parfaitement echo à la notion de nourriture carnée qui intervient à un certain stade de l'oeuvre, et qui n'a rien à voir avec ce qu'en disent les "modernes".

Charly Alverda a écrit:si vous cherchez la pierre de "réintégration de l'être", je vous en prie, ne lisez pas les modernes qui appellent alchimie leur pratique de recettes de cuisine métalliques propres aux transmutations, recettes qu'ils habillent du "langage fleury" des alchYmistes !
Les "modernes" de ma bibliothèque, hormis Fulcanelli que je n'ai pas suffisament lu pour trancher, ont rejoint la place qui leur est due : la poubelle.
Je n'ai même pas cherché à les revendre tellement j'aurais eu le sentiment d'arnaquer les acquéreurs.

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Re: Materia prima

Message  Charly Alverda le Ven 26 Nov 2010, 12:08

Bonjour

Sakapus écrit : “Si je comprends bien, la Chrysopée serait la voie des transmutations métalliques ?
Cela semble en contradiction avec le texte de Raymond Lulle intitulé "La Chrysopée du Seigneur" dans lequel il n'est question que de réintégration de l'être. “

Contradiction ? La Chrysopée... du Seigneur ! Pas du pharmacien du coin.

“Je ne suis pas convaincu qu'il faille récolter notre sperme métallique au printemps. Il est probable par contre que la Nature elle-même s'en charge à cette période et qu'il n'y ait plus dès lors qu'à la recueillir au bon endroit quand il nous plait de le faire.”

Oui, pour la chrysopée on peut recueillir ce mercure dans les métaux en toutes saisons. Pour la Pierre, seulement au printemps, en lune montante, avant qu’il ne touche terre, et paraît-il dans une moindre quantité en automne, dans le sud (de la France).
Je précise : en lune montante, il faut se représenter la lune comme une jarre qui se remplit jusqu'à ce qu'elle soit pleine, lune.

Cordialement,

C...a

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Re: Materia prima

Message  Ludivine le Mar 11 Jan 2011, 15:03

Bonjour à tous,

En lisant l'ouvrage "Nouvelle Lumière Chymique" par Le Cosmopolite, j'ai retrouvé un passage où il décrit bien ce qu'il faut comprendre par première matière. Je laisse parler Le cosmoplite qui explique mieux que moi ce qu'est cette pemière matière et ce qu'il faut savoir avant de débuter toutes opérations dans son laboratoire :

Je vous livre ici le chapitre III intitulé : De la vraie et première matière des métaux

La première matière des métaux est double ; mais néanmoins l'une sans l'autre ne crée point un métal. La première et la principale est une humidité de l'air mêlée avec chaleur, et cette humidité a été nommée par les Philosophes Mercure, lequel est gouverné par les rayons du Soleil et de la Lune, en notre mer philosophique. La seconde est la chaleur de la Terre, c'est-à-dire une chaleur sèche, qu'ils appellent Soufre. Mais parce que tous les vrais Philosophes l'ont cachée le plus qu'ils ont pu, nous, au contraire, l'expliquerons le plus clairement qu'il nous sera possible, et principalement le poids, lequel étant ignoré, toutes choses se détruisent. De là vient que plusieurs d'une bonne chose ne produisent que des avortons. Car il y en a quelques-uns qui prennent tout le corps pour leur matière, c'est-à-dire pour leur semence ou sperme : les autres n'en prennent qu'un morceau, et tous se détournent du droit chemin. Si quelqu'un, par exemple, était assez idiot pour prendre le pied d'un homme et la main d'une femme, et que de cette commixion il présumât pouvoir faire un homme, il n'y a personne, pour ignorant qu'il fût, qui ne jugeât très bien que cela est impossible, puisqu'en chaque corps il y a un centre et un lieu certain où le sperme se repose et est toujours comme un point ; c'est-à-dire qui est comme environ la huit mille deux centième partie du corps, pour petit qu'il soit, voire même en un grain de froment : ce qui ne peut être autrement. Aussi est-ce folie de croire que tout le grain ou tout le corps se convertissent en semence ; il n'y en a qu'une petite étincelle ou partie nécessaire, laquelle est préservée par son corps de toute excessive chaleur et froideur, etc. Si tu as des oreilles et de l'entendement, prends garde à ce que je te dis, et tu seras assuré contre ceux non seulement qui ignorent le vrai lieu de la semence, et veulent prendre tout le corps au lieu d'icelle, et qui essaient inutilement de réduire tout le grain en semence, mais encore contre ceux qui s'amusent à une vaine dissolution des métaux, s'efforçant de les dissoudre entièrement, afin de créer un nouveau métal de leur mutuelle commixion. Mais si ces gens considéraient le procédé de la Nature, ils verraient clairement que la chose va bien autrement : car il n'y a point de métal, si pur qu'il soit, qui n'ait ses impuretés, l'un toutefois plus ou moins que l'autre, Toi donc, ami Lecteur, prends garde surtout au point de la Nature, et tu as assez; mais tiens toujours cette maxime pour assurée, qu'il ne faut pas chercher ce point aux métaux du vulgaire, car il n'est point en eux, parce que ces métaux, principalement l'Or du vulgaire, sont morts; au lieu que les nôtres, au contraire, sont vifs et ayant esprit; et ce sont ceux-là qu'il faut prendre. Car tu dois savoir que la vie des métaux n'est autre chose que le feu, lorsqu'ils sont encore dans leur mine; et que la mort des métaux est aussi le feu, c'est-à-dire le feu de fusion, Or la première matière des métaux est une certaine humidité mêlée avec un air chaud, en forme d'une eau grasse, adhérente à chaque chose pour pure ou impure qu'elle soit, en un lieu pourtant plus abondamment qu'en l'autre : ce qui se fait parce que la Terre est en un endroit plus ouverte et poreuse, et ayant une plus grande force attractive qu'en un autre. Elle provient quelquefois, et paraît au jour de soi-même, mais vêtue de quelque robe, et principalement aux endroits où elle ne trouve pas à quoi s'attacher. Elle se connaît ainsi, parce que toute chose est composée de trois principes; mais en la matière des métaux, elle est unique et sans conjonction, excepté sa robe ou son ombre, c'est-à-dire son Soufre.

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Re: Materia prima

Message  Chèvre le Mar 11 Jan 2011, 15:46

... Un point, c'est tout ! Pirate

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Re: Materia prima

Message  Ludivine le Ven 18 Fév 2011, 16:38

Bonjour à tous,

Dans le Rosaire des philosophes, l'auteur nous décrit la première matière choisie par l'alchimiste en ces termes :

Ils dirent aussi que notre pierre est faite d'une chose, et c'est vrai. Car tout le magistère est fait avec notre eau, puisqu'elle-même est le sperme de tous les métaux, et tous les métaux se dissolvent en elle-même, comme il est montré.
De même, le Sel des métaux est la pierre des Philosophes ; en effet, notre pierre est une eau congelée en or et en argent, et elle résiste au feu, et se résout dans son eau, de laquelle elle est composée dans son genre. Donc la réduction des corps en première matière ou en argent vif, n'est autre sinon la résolution de la matière congelée par laquelle la fermeture est ouverte par l'entrée d'une nature dans l'autre.

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Re: Materia prima

Message  Boral le Jeu 31 Mar 2011, 12:35

J'ai reçu ce curieux link et j'ai décide de le partager sans avoir aucune notion de sa véracité :
CheminCroisé http://bookofaquarius.forgottenbooks.org/

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Re: Materia prima

Message  Charly Alverda le Jeu 31 Mar 2011, 20:00

Bonjour,

Les premiers chapitres sont excellents, l’auteur a bien cerné l’esprit des véritables alchimistes en puisant aux meilleures sources et dit très justement que ce sont les derniers traités (du XVIIe) les plus clairs.

Pour ceux ne connaissant pas sa langue, je traduis quelques passages remettant quelques pendules à l’heure (de Printemps) :

“ L’alchimie est l’art d’imiter la Nature et d’accélérer son processus. C’est un art naturel et c’est une science. En alchimie nous ne fabriquons rien, nous ne faisons que pourvoir aux conditions nécessaires pour que la Nature exécute sa tâche. Ainsi la Pierre Philosophale n’est pas véritablement une production de l’alchimiste mais celle de la Nature, celui-ci ne faisant qu’aider la Nature. “

“ L’alchimiste produit sa Pierre de la même manière que nous plantons une graine pour obtenir un arbre au bout de quelques années. Si les conditions sont bonnes la graine se développe par elle-même en accord avec la Nature. “

“ Ainsi si vous trouvez une substance très pure et remplie de l’énergie de vie et que vous la placiez dans les conditions requises pour son développement, vous laisserez la Nature suivre son cours de manière accélérée. Une fois son travail accompli elle aura fait pour vous la Pierre. C’est à la fois très simple et entièrement naturel et en ceci consiste la plus grande part du secret.”

“ La Pierre est le nom de la chose que vous obtenez quand la Nature est au terme du travail qu’elle exécute quotidiennement. La Terre et l’univers entier subissent ce processus. Si, toutefois,vous trouvez une substance déjà mûrie par la Nature, nettoyez-la, et placez-la dans un système clos (ou microcosme), la Nature accomplira la chose bien avant le terme normal.

“ La Pierre est une énergie concentrée et purifiée au plus haut degré. C’est la même énergie que vos poumons absorbent, que vous mangez et que vous buvez. Elle est la puissance d’animation de toutes formes de vie, c’est pourquoi je l’appelle énergie de vie (life-energy). Celle-ci est physique en ce sens qu’elle peut-être capturée et utilisée, vous pouvez dire qu’elle est la plus petite particule dont toutes les autres particules sont constituées, mais pouvez considérer également que tout est énergie brute sans forme déterminée (ne formant pas encore un élément)... “

L’auteur nous propose d’imaginer une reproduction (dans un récipient de verre clos) des influences de la chaleur du soleil sur une terre humide, les sublimations incessantes vont extraire de plus en plus cet élément quintessencié, l’anima mundi, qu’il appelle donc “life-energy”. Il fait remarquer que les particules les plus lourdes iront au fond du ballon et les plus légères en haut. Il prend cet exemple pour montrer que les plantes naissent sur cette couche supérieure du sol la plus légère et qu’elles croissent plus vivement sur le résultat de décompositions naturelles. Ce raisonnement l’amène à considérer in fine l’urine comme matière première de l’oeuvre.

Las, quoi qu’il prétende, le temps des révélations n’est pas encore à nos portes !

Comme l’affirme Louis Cattiaux :

“ La vérité se cache sous le voile des fables et des paraboles, il faut un esprit très droit et très pénétrant pour la découvrir, comme il faut un oeil bien exercé pour reconnaître le diamant sous l'enveloppe qui le protège. “

S’il avait poussé le raisonnement analogique plus loin en lisant Flamel qui considère l’urine comme une de ces “mille brouilleries” et surtout il aurait “suivi” Le Cosmopolite dans sa vision du cycle éternel (le temps de vie de la planète) des influences qui tombent sur terre au printemps, qui la pénètrent pour la “spécifier”, produire et animer les espèces. L’énergie de vie qui descend n’est pas de la même nature que celle qui monte, voila un plus grand “secret” que celui de notre auteur. Mais celui qui les dépasse tous est la connaissance de l’Aymant des Sages, Limojon : “ On prend un poisson avec un poisson, un oiseau avec un oiseau et un air avec un autre air “ et Cattiaux :

“ Il y a l'essence qui féconde, il y a la substance qui est fécondée, il y a le milieu qui est né, il y a la matière qui est créée.
Il y a inversement la matière qui est solide, il y a le milieu qui est aqueux, il y a la substance qui est gazeuse, il y a l'essence qui est fluidique. Car ce qui descend est comme ce qui monte dans le sein de l'Unique.

Celui qui sème et qui récolte la lumière du soleil, possède la plus haute vertu et le plus grand trésor du monde total.

Le feu n'est visible qu'au milieu du ciel. Il demeure caché dans le centre de la terre et dans l'eau moyenne

La fin est comme le commencement, mais le milieu nous illumine.
“ La Prière. L'Etoile. La Pierre “.
(Le Message Retrouvé)

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Re: Materia prima

Message  Logos le Lun 04 Avr 2011, 19:22

Charly Alverda a écrit:L’auteur nous propose d’imaginer une reproduction (dans un récipient de verre clos) des influences de la chaleur du soleil sur une terre humide, les sublimations incessantes vont extraire de plus en plus cet élément quintessencié, l’anima mundi, qu’il appelle donc “life-energy”.
C'est intéressant... j'essaye de me représenter ce que ça pourrait donner : catalyse (katalysis : dissolution) de la séparation de la terre et de l'eau... On aboutirait à une sorte de gradient : le milieu possède désormais un axe d'organisation vertical (colonne vertébrale ?)... Différentes strates se superposent : terre des feuilles ?
Et l'anima mundi dans tout ça ? On pourrait dire qu'elle correspond à cette in-formation de la matière ?
D'autant que cela permet d'obtenir de l'eau pure, et à mesure que la chaleur augmente, également du gaz.
Soit des corps diaphanes, dont nous entretient par exemple Jean d'Espagnet :

CANON 204 :
"Tout corps diaphane, comme est le verre, étant frappé des rayons du Soleil, les unit, et en exprime dans soi l'image, devenant luisant comme un autre petit Soleil en terre, qui darde aussi ses rayons, lesquels passent outre en la partie opposée au Soleil ; d'où vient qu'il semble que les rayons solaires, rompus par la rencontre du verre, y passent au travers, et le pénètrent : ce qui néanmoins n'est pas un effet : mais les rayons qui sont dardés de l'autre côté opposé au Soleil, sont des rayons du petit Soleil de verre, allumé, et rendu lumineux par les rayons du soleil."

Donc en quelque sorte, le feu du Ciel aurait organisé un chaos afin d'y caser un de ses fistons (quintessence extraite qui serait la "mise à feu" du microcosme). SarkozY !
Le feu du Ciel prépare la terre, et s'y sème (en bas) / fixe progressivement (en haut) ... jusqu'au fruit (en bas) / soleil d'un brillant éclat (en haut) ?

"Ce miracle, le photographe l’accomplit en quelque sorte en se servant d’une plaque sensible qu’on prépare de différentes manières. Dans le Typus Mundi, édité au XVIIe siècle par les PP. de la Compagnie de Jésus, on voit un appareil, décrit encore par Tiphaigne de Laroche, au moyen duquel on peut dérober le feu du Ciel et le fixer"

Le soleil du microcosme comme "photo" du feu du Ciel ?
Qui demande ensuite à être développée par le processus agricole pour exprimer son juteux Présent ?

Petit complément :

François Trojani avance une hypothèse :
- que l'électricité soit de la lumière compressée.
- que le magnétisme soit de la gravitation compressée.

La mise en ordre du chaos permet la réunion des parties denses : compression gravitationnelle ; ainsi que celle des parties subtiles-diaphanes, susceptibles de rayonnements importants : compression lumineuse. Donc encore la création d'un globe structuré autant au niveau des particules que des forces qui les régissent.

Je note en passant que le Zodiaque pointe dans cette direction :
- le Bélier, signe de Feu, évoque l'élan de la lumière, à l'ébranlement nerveux.
- le Taureau, signe de Terre, renvoie à la densité de la substance et au magnétisme indifférencié.

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Re: Materia prima

Message  Charly Alverda le Mer 06 Avr 2011, 18:32

Bonjour,

La table des matières !

et l’AVIS DES ONZIÈME ET DOUZIEME ALCHIMISTES :

http://www.arbredor.com/sommaires/philosophe.html

On sait que ces 12 Alchimistes sont des "Charbonnés Philosophes" et que Don Belin "en pissait dans ses chausses de rire" !

Cordialement,

C...a


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Re: Materia prima

Message  Logos le Dim 10 Avr 2011, 17:14

Charly a écrit:Pour une entrée en matières, il faut entrer dans la terminologie de chaque auteur, en distinguant :

la première matière, employée par le Démiurge, issue de l'animation de l'Eau par le Feu, soit une "matière spermatique" composée des 4 éléments,

de la matière "seconde" que devra employer l'alchimiste pour en extraire cette quinte-essence.

A mon sens, Le Cosmopolite est le plus clair à ce sujet, on peut contourner le sujet pour faire un rapprochement utile en lisant la Révélation de la Parole Cachée :

Le lien qu'il donne pour accéder au traité étant corrompu, il est dispo ici :

Révélation de la Parole Cachée

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Re: Materia prima

Message  Charly Alverda le Lun 16 Mai 2011, 21:49

Bonjour,

On sait que l’esprit universel est symbolisé par le serpent CheminCroisé Ouroboros. La pensée étant duelle par Nature, il est nécessaire de scinder ce serpent en deux, un aptère et un ailé, pour appréhender un mouvement perpétuel de montée et de descente. Ce sont les “esprits” portés par ce mouvement qui nous intéressent, il faut savoir quand ils se manisfestent et où les capter.

Je n’ai (pour le moment) pas trouvé mieux que Gobineau de Montluisant pour exposer en si peu de mots le problème de base :
il ne faut pas s'imaginer que la matière de la Pierre triangulaire et quadrangulaire des Sages, se doive ni puisse prendre en son état de fluide aérien invisible ; mais il faut entendre qu'il est nécessaire de chercher et trouver cette même matière de fluide aérien, infuse et corporifiée en une terre Vierge des enfants de la Nature, qui en sont les mieux partagés, les plus hautement et copieusement favorisés et en qui les premiers et les seconds Agents unis ont plus de dignité, d'excellence et de vertu. Car la racine du Souffre des Sages, de leur Mercure et de leur Sel, est un Esprit céleste, Spirituel et surnaturel, qui par le véhicule de l'air subtil se porte et se condense en air, ou vapeur épaissie et fait une matière universelle et l'unique de toute procréation.
Oui, le Sel des métaux est la Pierre qui une terre et cette terre est vierge. Le Sel se tire en effet de l’obscure prison des métaux, mais des métaux VIVANTS.
Les “enfants de la Nature” sont les principes dont il faut distinguer les principiants des principiés. Le Sel de Sapience qui ”fixe et encloue les mixtes” est invisible, il est ce qui lie l’âme et l’esprit, le soufre et le mercure en tant (et temps !) que principes principiants. Quand il prend un corps visible, il prend les noms de sel harmoniac, sel alkali, salpêtre des philosophes, ces noms indiquent qu’il est alors composé de sel, et de soufre et de mercure principiés... à extraire.

Toujours Gobineau de Montluisant :
Pour le Bélier et le Taureau, ainsi que les Jumeaux qui sont en œuvre, L'un au-dessus de l'autre, et qui règnent au mois de mars, d'avril et de mai, ils apprennent que c'est dans ce temps là que le sage Alchimique doit aller au devant de la matière, et la prendre à l'instant qu'elle descend du Ciel et du fluide aérien, où elle ne fait que baiser les lèvres des mixtes, et passer par dessus le ventre des Bourgeons et des feuilles Végétables qui lui sont sujettes, pour entrer triomphante sous ses trois principes universels dans les corps, par leurs portes dorées, et y devenir la semence de la rose céleste ; ce qui s'entend par symbole. Alors son amour lui fait jeter des larmes qui ne sont rien plus que lumière, de laquelle le Soleil est le père, revêtu d'une humidité de laquelle la Lune est la mère, et que le vent de l'Orient apporte dans son ventre ; dans cet état vous l'avez universelle et non déterminée, d'autant que vous l'aurez prise auparavant qu'elle soit attirée par les aimants des individus spécifiques, et qu'elle soit spécifiée en iceux.
Le Cosmopolite :
On ne saurait en aucune façon avoir ce Sel vierge sur la terre, ni sur sa superficie universelle, parce que tout le dessus de la terre est couvert d'herbes, de fleurs et de plantes, dont les racines, par leurs libres, attireraient et suceraient le Sel vierge d’où elle prendraient leur croissance, et ainsi tout ce Sel serait privé de sa virginité et se trouverait comme imprégné.
Ce sel est la pierre et l'eau sèche, qui se peut trouver en toutes chose et dans les cloaques mêmes ; d'autant que tous corps sont composés de lui, se nourrissent de lui, et s'augmentent par son moyen et, par leurs corruptions, se résolvent en lui, et aussi parce qu'une grande quantité de ce Sel gras cause la fertilité. Ce que les plus ignorants laboureurs possèdent mieux que nous qui sommes doctes...
Il faut vraiment croire en l’incroyable, ce que n’ont su faire les modernes. Le grand arcane est dans la confection de l’Aymant des Sages et il n’est “concevable” que par Révèlation.

Cordialement,

C...a


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Re: Materia prima

Message  Ludivine le Mar 09 Aoû 2011, 11:25

Bonjour à tous !

Certains voient l'eau comme materia prima ou comme élément accompagnant tout le magistère. Philalèthe nous dit que tout le secret consiste dans l'eau. Il faut encore savoir de quelle eau, l'auteur nous parle !

Voici un extrait de Philalèthe tiré de l'ouvrage "Source de la Philosophie Chimique" (Fons Chemicae Philosophiae) :
Cette eau, bien qu'elle soit une, n'est cependant pas simple mais composée, à savoir : du vase, et du feu des Philosophes, auxquels une troisième chose est ajoutée, qui est le lien.
Quand donc nous parlons de notre vase, entends notre eau ; quand nous parlons du feu, de même entends notre eau. Et quand nous disputons du fourneau, nous n'entendons rien de différent ou de séparé de l'eau. Il y a donc un vase, un fourneau, un feu, et tout cela ne fait qu'un c'est-à-dire l'eau. Donc le feu digère ; le vase produit la blancheur et pénètre, et le fourneau ou le lien entoure et embrasse tout. Et le feu est mercure, le vase aussi mercure, le fourneau enfin, mercure aussi. Et note bien qu'aucun n'est positivement le feu ni mercure dans toute l'œuvre, bien que le feu soit multiple et que l'eau soit multiple également. Ils sont donc, aussi bien le feu que l'eau diversifiés en vertu au cours de l'œuvre, diversifiés aussi en nombre, et ils se rencontrent en une seule et même espèce, à savoir dans le mercure.

Ainsi notre feu est vif ; notre eau vive, notre vase vif, notre fourneau vif et tous ne font qu'un.

Tu sauras aussi, ô très cher, que ce en quoi notre mercure doit être cherché est unique dans le monde entier. Semblable à l'or en son essence, dissemblable en sa substance, est ce que tu trouveras en convertissant les éléments. Conjoins le Ciel avec la Terre au-dessus du feu d'amitié, et tu verras l'Oiseau d'Hermès au milieu du Firmament. Ne confonds pas les natures, mais divise et reconjoins, et tu règneras en honneur durant ta vie entière.

Attache-toi donc à ce grand secret.

Ludivine

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Re: Materia prima

Message  Charly Alverda le Mer 10 Aoû 2011, 10:54

Bonjour,

Un grand merci Ludivine pour cet extrait de texte que je n’ai pu identifier; de quel Philalèthe est-ce ?

Quelle maîtrise ! L’auteur est absolument un adepte... ou un fou à baver au soleil ! Sourire
Il faut vraiment “croire à l’incroyable” ! “Il y a donc un vase, un fourneau, un feu, et tout cela ne fait qu'un c'est-à-dire l'eau”, c’est aussi l’image du Graal et celle que j’ai du CheminCroisé Tarot qui est une merveilleuse “combinatoire” pour visualiser les énergies à l’Oeuvre.
La Coupe du Tarot évoque (par L’As) l’athanor avec sa base pyramidale (feu) et par les tours les sept purifications requises. Par l’évocation d’une coupe on pense bien sûr au contenant d’un liquide ; et pour les 4 éléments à l’Eau, ce qui n’est que relativement juste car c’est le Denier qui est plus justement “notre” eau-feu. Les 3 principes (comme les 4 éléments) ne servent qu’à conceptualiser la “chose” vibrante. Ni les éléments ni les principes ne peuvent être séparés de l’Unité. L’action du Feu sur l’Air donne le Soufre, celle de l’Air sur l’Eau donne le Mercure et celle de l’Eau sur la Terre donne le Sel que l’alchimiste rend visible. La Terre est bien la coupe de réceptivité des 3 autres éléments et le Sel le lien (la “copule”) du Soufre et du Mercure, que la conformité de notre cerveau fonctionnant par la pensée dualisante ne peut appréhender sans ces 7 “outils”.

Le Baron Tschoudy dans son “Catéchisme de l’Etoile Flamboyante” s'exprime ainsi :

« – A quoi se réduit conséquemment toute la combinaison philosophique ?

– Elle se réduit à faire d'un deux et de deux un, et rien de plus.

– Y a-t-il dans la Maçonnerie quelque analogie qui indique cette opération ?

– Elle est suffisamment sensible à tout esprit qui voudra réfléchir en s'arrêtant au nombre mystérieux de CheminCroisé trois, sur lequel roule essentiellement toute la science maçonnique.

Il doit travailler sur un corps créé par la nature, dans lequel elle-même aura joint ensemble le soufre et le mercure, lesquels l'Artiste doit séparer.

– Que doit-il faire ensuite ?

– Les purifier et les rejoindre derechef.
»


Cattiaux dit : “Refais la boue et cuit la” et ce Philalethe : “Conjoins le Ciel avec la Terre au-dessus du feu d'amitié, et tu verras l'Oiseau d'Hermès au milieu”. Cattiaux ajoute : “Il assemble les contraires avec poids et mesure, car il faut beaucoup de ciel pour mélanger avec un peu de terre. Mais séparer le soufre du mercure “d’un corps créé par la nature” n’est qu’une manière de parler, car ce n’est possible que par la conversion des éléments et des 4 seuls la Terre et l’Eau sont visibles. L’eau-feu est la production de cette conversion qui “médiocrement excitée par le feu vulgaire”, de Lion Vert ( pas cuit, et couleur de l’émeraude dit-on) va devenir Lion Rouge cuit, fixe et couleur améthyste redit-on ! Sourire

C’est évidemment par l’apostrophe finale au lecteur que la réflexion prend sens :
Tu sauras aussi, ô très cher, que ce en quoi notre mercure doit être cherché est unique dans le monde entier. Semblable à l'or en son essence, dissemblable en sa substance, est ce que tu trouveras en convertissant les éléments. Conjoins le Ciel avec la Terre au-dessus du feu d'amitié, et tu verras l'Oiseau d'Hermès au milieu du Firmament. Ne confonds pas les natures, mais divise et reconjoins, et tu régneras en honneur durant ta vie entière.

Attache-toi donc à ce grand secret.


On conçoit qu’il n’est donné qu’à bien peu ! Comprendre ce secret, c’est la grâce que je nous souhaite !

Cordialement,

C...a

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Re: Materia prima

Message  Ludivine le Mer 10 Aoû 2011, 11:52

Bonjour Charly !

Charly Alverda a écrit:Un grand merci Ludivine pour cet extrait de texte que je n’ai pu identifier, de quel Philalèthe est-ce ?
En réponse, je ne sais te donner que ces références :
"Source de la Philosophie Chimique" – Fons Chemicae Philosophiae – Philalèthe - traduction d'Henri Coton-Alvart d'après le texte de Bibliotheca Chemica Curiosa de J.-J. Manget - liber III, sectio. III, subsectio IV, p. 693 trouvé dans l'ouvrage "Ces Hommes qui ont fait l'Alchimie du XXe siècle" – Geneviève Dubois (éditions 1999).

Charly Alverda a écrit:On conçoit qu’il n’est donné qu’à bien peu ! Comprendre ce secret c’est la grâce que je nous souhaite !
En effet, lorsqu'on a compris ce que Philalèthe nous dit dans CheminCroisé ce court extrait repris ci-dessus, on sait, à mon avis, réaliser avec succès Tout le Magistère et on a acquis la Connaissance de toutes les lois de la Nature !

Amitiés,
Ludy.


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Re: Materia prima

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