Voie humide, voie sèche

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Voie humide, voie sèche

Message  Nelly Foulcat le Ven 07 Jan 2011, 13:13

Dans "Les Demeures Philosophales", partie " Le merveilleux grimoire du château de Dampierre, chapitre 5, j'ai retrouvé le passage où Fulcanelli nous décrit simplement les deux voies :

Deux vases, l’un en forme de buire repoussée et ciselée, l’autre, vulgaire pot de terre, sont figurés dans un même encadrement qu’occupe cette parole de saint Paul :

. ALIVD . VAS . IN . HONOREM .
ALIVD . IN . CONTVMELIAM .


(Photo extraite du CheminCroisé site de la rue de l'alchimie - partie les caissons alchimiques de la galerie haute du château de Dampierre-sur-Boutonne)

Un vaisseau pour des usages honorables, un autre pour de vils emplois. « Dans une grande maison, dit l’Apôtre, il n’y a pas seulement des vaisseaux d’or et d’argent, il y en a aussi de bois et de terre ; les uns sont réservés aux usages honorables, et les autres aux usages vils. »
Nos deux vases apparaissent donc bien définis, nettement distingués, et en concordance absolue avec les préceptes de la théorie hermétique. L’un est le vase de la nature, fait de la même argile rouge qui servit à Dieu pour former le corps d’Adam ; l’autre est le vase de l’art, dont toute la matière est composée d’or pur, clair, rouge, incombustible, fixe, diaphane et d’incomparable éclat. Et ce sont là nos deux vaisseaux, lesquels ne représentent véritablement que deux corps distincts contenant les esprits métalliques, seuls agents dont nous ayons besoin.

Si le lecteur est au fait de la manière d’écrire des philosophes, — manière traditionnelle que nous cherchons à bien imiter, afin qu’on puisse expliquer les anciens par nous et nous contrôler par eux, — il lui sera facile de comprendre ce que les hermétistes entendent par leurs vaisseaux. Car ceux-ci ne figurent pas seulement deux matières, — ou plutôt une même matière à deux états de son évolution, — mais ils symbolisent encore nos deux voies, basées sur l’emploi de ces corps différents.

La première de ces voies, qui utilise le vase de l’art, est longue, laborieuse, ingrate, accessible aux personne fortunées, mais en grand honneur, malgré la dépense qu’elle nécessite, parce que c’est elle que les auteurs décrivent de préférence. Elle sert de support à leur raisonnement, comme au développement théorique de l’OEuvre, exige un travail ininterrompu de douze à dix-huit mois, et part de l’or naturel préparé, dissous dans le mercure philosophique, lequel se cuit ensuite en matras de verre. C’est là le vase honorable, réservé au noble usage de ces substances précieuses, qui sont l’or exalté et le mercure des sages.

La seconde voie ne réclame, du commencement à la fin, que le secours d’une terre vile, abondamment répandue, de si bas prix qu’à notre époque dix francs suffisent pour en acquérir une quantité supérieure aux besoins. C’est la terre et la voie des pauvres, des simples et des modestes, de ceux que la nature émerveille jusqu’en ses plus humbles manifestations. D’une extrême facilité, elle ne demande que la présence de l’artiste, car le mystérieux labeur se parfait de lui-même et se parachève en sept ou neuf jours au plus. Cette voie, ignorée de la majorité des alchimistes pratiquants, s’élabore entièrement dans un seul creuset de terre réfractaire. C’est elle que les grands maîtres nomment un travail de femme et un jeu d’enfant ; c’est à elle qu’ils appliquent le vieil axiome hermétique : una re, una via, una dispositione. Une seule matière, un seul vaisseau, un seul fourneau. Tel est notre vase de terre, vase méprisé, vulgaire et d’emploi commun, « que tout le monde a devant les yeux, qui ne coûte rien et se trouve chez toutes gens, mais que personne toutefois ne peut connaître sans révélation ».

Nelly Foulcat

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Ludivine le Ven 07 Jan 2011, 14:59

Michaël Maier nous montre dans son emblème XV de son œuvre Atalanta Fugiens, un artisan qui travaille au tour dans son atelier. L'alchimiste qui pratique son art dans son laboratoire peut être comparé à ce potier.


Aspice quam celeri figulus sua vasa figuret
Axe rotæ, argillam dum pede miscet aquæ :
In binis illi est fiducia rebus, ut humor
Pulveribus siccis temperet arte sitim.
Sic quoque tu facies exemplo doctior isto,
Terram aquæ ne superet, nec superetur humo.


Traduction d'Eugène Canseliet dans l'ouvrage "Alchimie – Nouvelles études diverses de Symbolisme hermétique et de pratique philosophale" ( Edition Guy Trédaniel – 2010) :

Considère que le potier forme ses vases par l'axe rapide de sa roue,
Pendant que, du pied, il mêle l'argile à l'eau.
Sa confiance réside en deux choses :
Que, par l'art, le liquide tempère la soif des poudres sèches.
Ainsi, plus savant, tu agiras aussi à cet exemple ;
Que l'eau ne surpasse pas la terre, ni que la terre ne soit au-dessus.

Que l'œuvre du potier, qui se compose de sec et d'humide, t'instruise.

Vois comme le potier d'un mouvement rapide
Meut l'axe de sa roue pour façonner ses vases.
Du pied, il mêle l'eau à l'argile, et tempère
A chaque instant la soif de cette poudre sèche,
Fondant son art entier sur ces deux éléments.
Instruit par cet exemple, imite-le ; prends soin
Entre la terre et l'eau de garder l'équilibre.

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Laposse le Ven 07 Jan 2011, 18:39

Ce n'est peut-être pas pour rien que le symbole actuel du "magicien", pour la nouvelle génération, c'est Harry Potter (du mot anglais potter signifiant potier).
Dans le premier tome de la série (et donc aussi dans le premier film), Harry-le-potier est confronté à la pierre philosophale, héritée directement de Nicolas Flamel, mort il y a bien longtemps, et pourtant toujours encore vivant dans une des peintures accrochées au mur du bureau du directeur de l'école des sorciers, Albus Dumbledore (du latin albus, signifiant notamment blanc, serein, clair, favorable).

Dans les œuvres modernes, il y a parfois plus d'indices à trouver, et plus de codes cachés qu'il n'y paraît au premier abord. Clin d'oeil

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Montaléchel le Sam 08 Jan 2011, 11:55

Tant qu'à chercher des analogies, pourquoi ne pas en relever une qui pointe vers la célèbre maxime CheminCroisé V.I.T.R.I.O.L. ?
On en a déjà parlé sur ce forum, notant que ces initiales pourraient signifier
.
"Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem"

.
qui pourrait grosso-modo (car il existe des CheminCroisé variantes) se traduire par
.
"Visite l'intérieur de la Terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée"
Or, que fait un potier, concrètement, dans la pratique ?
D'abord, comme tous ses prédécesseurs depuis le Néolithique (car cet art est multimillénaire), il recherche une matière première, la plus adéquate possible en fonction de ce qu'il souhaite réaliser. Comme l'alchimiste, il aura le choix parmi maintes possibilités, regroupées en quatre "voies", pourrait-on dire : la faïence, le grès, la porcelaine, le raku.
• La faïence appartient aux argiles rouges, mais il en existe aussi en blanc.
• Plus solide et plus lourd, le grès est généralement grisâtre.
• La porcelaine est une argile très fine qui, après cuisson, devient aussi dure que le verre. De teinte blanche ou grise, parfois translucide, son travail subtil nécessite une certaine expérience.
• Enfin, le raku est une terre grise à gros grain qui donne un aspect craquelé après cuisson.

Une fois sa voie choisie, le potier se procurera donc une certaine quantité de terre glaise argileuse, et va entamer sa pré-préparation, ici dénommée englobe :
Avant de commencer à fabriquer votre objet, la préparation de l’engobe est indispensable.
Dans un grand récipient, mélangez de la poudre d’argile blanche à de l’eau jusqu’à obtention d’une consistance crémeuse. Pour éviter tout grumeau et la rendre lisse, cette pâte doit ensuite être passée au tamis. L’engobe blanc sert comme fond pour la décoration peinte des poteries, mais aussi à coller des éléments entre eux.

L'engobe est constituée de poudre d'argile blanche et d'eau.
On le voit, la pré-préparation, ici, n'a pas un rapport direct avec la poterie en elle-même, mais plutôt avec la décoration finale, celle qui va englober l'œuvre, la peaufiner, la couronner. Le mot "englobe" renvoie au globe, à la globalité, et, dans son aspect de couronnement final de l'œuvre, à la mondification, qui surviendra tout à la fin du processus.

Le potier entre alors dans le vif de son sujet. Par voie humide, il va patiemment malaxer sa terre en y ajoutant de l'eau, peu à peu, pas trop à la fois. Entre chaque imbibation, il va remalaxer sa boule de pâte, visiter l'intérieur de la terre avec ses doigts pour vérifier si le cœur de sa matière acquiert la consistance requise, jusqu'à obtenir satisfaction. De plus, ce long pétrissage a pour effet d'éliminer toute bulle d'air de la boule de pâte. Ce processus de purification est indispensable, car une bulle d'air constituerait un point de fragilité susceptible de détruire l'œuvre, ultérieurement, lors de la cuisson dans le four.
La première étape consiste à pétrir l’argile pour évacuer toutes les bulles d’air contenues dans la terre. Cela est indispensable pour éviter craquelures ou éclatements après cuisson. Découpez des morceaux dans votre bloc d’argile puis écrasez-les et battez-les ensemble pour assouplir la pâte.
.
Il existe plusieurs méthodes de pétrissage de l’argile, la plus efficace une fois acquis le tour de main, est celle dite "en spirale". Il s’agit de replier le bloc de terre sur lui-même en utilisant la paume des mains pour obtenir un boudin homogène. Ensuite, travaillez-le par torsions. Plus vous répéterez ces mouvements, plus la pâte gagnera en qualité. Conservez-la ensuite dans une boîte conservant l’humidité.
Puis viendra le temps du modelage de l'œuvre au départ de la boule de terre pâteuse humide. Là, le potier va devoir trouver l'axe de la terre. Car en effet, s'il n'aligne pas le centre de gravité de son œuvre sur l'axe de son tour, il ne pourra jamais rien ériger de correct. Avec patience, il doit donc trouver le point d'équilibre de l'ensemble, ajuster, rectifier, et encore ajuster. La poterie sera alors un peu à l'image d'un microcosme dont le tour sera l'image du macrocosme : l'œuvre réalisée par le potier doit obligatoirement s'aligner selon l'axe de la grande machinerie, sous peine d'échec.

Le succès ne pourra donc survenir qu'en rectifiant. L'alignement de la poterie sur l'axe du tour est du même ordre que l'alignement de l'esprit du potier sur son ressenti.

Une fois cette préparation estimée achevée, surviendront deux phases délicates :
• la séparation de la poterie du tour (auquel elle adhèrera fortement), au moyen d'une fine lame ou d'un fil métallique spécialisé : il s'agit de couper la tête au corps de l'entité opérative "tour+poterie";
• la cuisson au four. C'est là que tout se jouera, sans possibilité d'encore retoucher à son œuvre : ça passe ou ça casse ! Tout se jouera sur des questions de température et de temps de cuisson. Il ne faudra pas brûler la poterie par calcination excessive, ni la cuire trop peu, et il faudra que le noyau soit aussi cuit et aussi résistant que les bords. Bref, la transmutation de la boule de terre en vraie poterie devra être intégrale, égale, équilibrée, complète, accomplie.

Enfin, on plongera la poterie réalisée dans l'englobe pour donner la touche finale, et repasser brièvement au four (biscuire) pour coaguler le tout. Ainsi, rebis cuit, mondifié par l'englobe, le grand œuvre du potier permet à son auteur d'entrer dans la confrérie fraternelle des Artisans Potiers.

Cette confrérie conserve-t-elle des "secrets" par devers elle ? Chaque artiste a sa voie. Certains, charitablement, en font part à tous, publiquement, mais leurs ouvrages ne sont compréhensibles que par leurs pairs, et utiles à ceux-ci seulement.

. . . .

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Ludivine le Lun 10 Jan 2011, 10:55

Bonjour à tous,

En ce qui concerne la voie du cinabre suivie par Roger Caro, on distingue 3 voies soit la voie humide, la voie sèche et la voie sacerdotale dont la pratique est celle de la voie sèche mais tout se fait pratiquement tout seul.

VOIE HUMIDE : Voie généralement suivie, parce que la plus décrite, pour effectuer le Grand-Oeuvre. Sa durée est de 28 mois philosophiques. Le présent dictionnaire concerne surtout cette voie. C’est celle qui est relativement la plus facile, car la plus commentée. Elle est aussi moins toxique et moins dangereuse.

VOIE SECHE : Elle est moins connue que la précédente, quoique plus rapide de quatre mois philosophiques. Sa différence réside dans les premières manipulations de Solve. Les Sages se servent alors de leur Agent sous forme de terre. Or, comme celui-ci n’a pas été altéré par l’humidité de l’air, il est plus actif et cuit la matière plus vivement. Son inconvénient est qu’il est très nocif à respirer et qu’il faut très peu de chose pour faire éclater le ballon tant la chaleur qu’il dégage est forte.

VOIE SACERDOTALE : Elle est irréalisable pour un homme non missionné. Sa pratique est celle de la voie sèche, mais tout se fait tout seul, d’une manière chronologique et « sans aucune manipulation » (sauf pour couper la tête au corbeau). Sa durée est de Un mois philosophique maximum.
(sources : Dictionnaire de Philosophie Alchimique par Kamala Jnana)

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Adam

Message  Ludivine le Mar 11 Jan 2011, 15:22

Nelly Foulcat en citant Fulcanelli a écrit:L’un est le vase de la nature, fait de la même argile rouge qui servit à Dieu pour former le corps d’Adam
Au sujet du mot "Adam", Roger Caro a écrit dans son ouvrage "Dictionnaire de Philosophie Alchimique" sous le pseudo de Kamala-Jnana :
La supériorité incontestable que possède l'alchimie sur les autres sciences, provient du fait qu'elle est la seule à pouvoir expliquer et prouver (par l'expérience) toute l'Oeuvre de Dieu... et ce, depuis la Création des mondes jusqu'à la Résurrection de la chair, en passant par la faute originelle, la chute d'Adam, les transmigrations de l'âme, le Salut général, etc., etc.

Ainsi, pour le cas d'Adam, si l'on en croit saint Paul dans Corinthiens I - XV, 44, nous apprenons que : « ...on sème un corps matériel et on ressuscite avec un corps spirituel »... et plus loin, au verset 47 : « Le premier homme issu de la terre est terrestre, tandis que le second vient du ciel.»

Ces deux versets assez confus, commentant la Genèse de Moïse, vont pourtant trouver une explication toute naturelle dans les opérations du Grand Oeuvre.

I) « On sème un corps matériel et on ressuscite avec un corps spirituel.» Transposé alchimiquement, cela signifie que la Materia Prima, encrassée de terrestréités, se sublime et forme un corps « fluidique » dans les vapeurs qui s'élèvent. (Voir Résurrection, Réincarnation) ; à noter que ce nouveau corps fluidique possède la même constitution que la minière dont il provient... mais il est plus éthéré.

II) « Le premier Adam, issu de la terre, est terrestre, tandis que le second vient du ciel.» Voilà encore une phrase très lourde de sens. Ce premier Adam est celui qui a été façonné dans l'argile par notre Père céleste et qui a reçu le souffle de vie. Ce premier Adam est encore celui qui a fauté et a souillé son corps par le péché originel ; ce premier Adam est enfin « le premier Etre » à avoir possédé un corps, une âme et un esprit.

Alchimiquement, ce premier homme est la minière des Sages comprenant en son sein un corps sulfureux, une âme mercurielle et un esprit salin, le tout emprisonné par une gangue de terrestréités qui symbolise le péché ; c'est d'ailleurs parce qu'il a cette gangue, que ce minéral est lourd et ne peut rester sublimé. Il représente donc bien le premier Adam de saint Paul.

Toutefois, le second, nous dit-on, vient du ciel et possède un esprit vivifiant (verset 45). Quelle en est la signification ?

Ce second Adam qui vient du ciel n'est autre chose que cette granulation fluidique vivifiée et vivificatrice qui naît de l'union des trois vapeurs se trouvant dans le « haut » du ballon... ou ciel. Or, tout comme Adam fut chassé du Paradis terrestre après avoir goûté au fruit de la Connaissance, la granulation « s'alourdit » et tombe dans le compost non amalgamé. Cette « chute » représente l'image d'Adam précipité sur la terre ; cependant, comme peu à peu cette granulation durcit et prend corps, il est tout naturel qu'on ait pensé aussi à la comparer à cet Adam, que Dieu recouvrit d'un vêtement de peau.

Tout y est donc : le premier Adam (minière souillée) se change en un second (semblable à l'un des dieux) (Genèse III, 21) ; toutefois, comme il lui manque encore la Vie Eternelle (ayant été chassé des hautes sphères), ce second Adam précipité sur terre ne pourra se racheter qu'en se purifiant et en vivifiant tout autour de lui. Voilà pourquoi le deuxième Adam « vient du ciel », tombe sur la terre, et possède un Esprit Vivifiant.

L'Ecriture Sacrée se justifie donc par l'expérience alchimique parce qu'elle est la Sapience de Dieu
.

Ludivine

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Alambic le Dim 17 Avr 2011, 21:42

Bonjour,
Moi je crois qu'il y a de nombreuses voies, et qui sont toutes plus ou moins sèches, plus ou moins humides, plus ou moins sacerdotales. Dans le sens qu'elles ont toutes des particularités au niveau des procédés (la distillation est plutôt humide, la cuisson, plutôt sèche, la maturation peut-être parfois associée à l'aspect sacerdotal), et au niveau du genre d'effet psychologique : les voies humides accompagnent l'alchimiste, les voies sèches l'entrainent.
En alchimie, il est d'usage d'employer des formules lapidaires qui donnent (abusivement) une idée que les choses sont très clairement comme ça, et pas autrement. Cela veut simplement dire que l'auteur veut transmettre son idée, mais cela ne veut pas dire que cette idée doive exclure celles qui lui sont différentes. C'est juste une façon de parler un peu autoritaire certes, mais pas nécessairement exclusive (on doit reconnaître que les alchimistes ne sont peut-être pas de grands pédagogues).
exemple : Un apprenti chez un artisan entendra que le vernis doit se préparer de telle façon, et pas autrement. L'année d'après, cet apprenti, chez un autre patron, devra utiliser une autre formule. Si cet apprenti est idiot, il décidera quel maître à raison, et lequel à tort. S'il est plus fin, il saura entendre chacun, et en déduira ses propres recettes.
Pour lire les textes d'alchimie, qui sont tous plus ou moins contradictoires, il faut garder cela à l'esprit, au risque de devenir plus sectaire que le roi…

Alambic

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Charly Alverda le Lun 18 Avr 2011, 12:17

Bonjour,

Citation de Ludivine : “Alchimiquement, ce premier homme est la minière des Sages comprenant en son sein un corps sulfureux, une âme mercurielle et un esprit salin, le tout emprisonné par une gangue de terrestréités qui symbolise le péché ; c'est d'ailleurs parce qu'il a cette gangue, que ce minéral est lourd et ne peut rester sublimé. Il représente donc bien le premier Adam de saint Paul.

Ce second Adam qui vient du ciel n'est autre chose que cette granulation fluidique vivifiée et vivificatrice qui naît de l'union des trois vapeurs se trouvant dans le « haut » du ballon... ou ciel.”

Ce qu’il y a d’extraordinaire chez les modernes c’est qu’ils puisent chez les anciens - qui raisonnent de façon analogique - ce qui est conforme à leur vision “naturaliste”.

Il y a bien analogie entre le christianisme et le processus alchimique, le premier (pour l’alchimiste !) présentant les “images” du second ; l’alchimie est donc en ce cas première: catholique (catholiké signifiant universel). Des auteurs ont d’ailleurs présenté l’analogie entre la “sainte messe” et le processus.

Il n’y a qu’UNE voie (de purificationS) pour atteindre le Christ : L’Imitation de Jésus-Christ: livre que les R +C plaçaient en tout premier de leurs “études”, afin que le “nouvel Adam” naisse du premier et il n’y a bien sûr qu’UNE voie alchimique s’exprimant par la voie de “dissolution/volatilisation” ET la voie de “coagulation/fixation”.
Il faut bien comprendre la vision des alchimistes anciens R + C, contrairement à l’assertion de l’auteur sus-nommé, le “corps” (humain et l’autre !) vient de la terre, c’est le sel (Adam étymologiquement est le terreux, le glèbeux), d’ailleurs le Christ dit : “Vous êtes le sel de la terre”, l’esprit vient des influences stellaires, c’est le Mercure, et l’âme qui “vient de Dieu seul” est le soufre, l’âme ne peut pas être entachée de terrestréité, ce qui change la perspective !

L’aspect sacerdotal de la messe tient à ce que le prêtre - selon l’Ordre de Melkitsédek - fait un sacrifice, il sépare la substance de l’essence, c’est ainsi que l’alchimiste est aussi un prêtre et que l’alchimie est sacerdotale... par essence. Contrairement encore à ce que disent les modernes, ce n’est pas en priant devant un fourneau que la “pratique” devient sacerdotale, c’est la vision naturaliste du Mutus Liber qui induit cela. Les protagonistes du Mutus Liber ne prient pas, ne sont pas en attente d’un miracle, ils LOUENT le miracle qui se manifeste devant eux, une épiphanie. Il n’y a pas d’échanges entre l’alchimiste et sa matière tant (temps) que celui-ci ne l’a pas absorbée dans sa pureté. Il n’y a pas de mutations psychologiques dues au contact avec la matière, car c’est PREMIEREMENT la “grâce” de voir intérieurement - avec les yeux de l’esprit - la Nature à l’oeuvre qui permet au “philosophe de la Nature” de simplement copier celle-ci “par permission” pour reproduire en petit ce qu’elle fait constamment sous nos yeux d’aveugles, de chair. Ainsi le Flamel des Figures parle de tous ceux qui cherchent partout la “benoîte eau des Sages”, tous aveugles, “hormis un qui en considéroit le poids”.

L’eucharistie des chrétiens est bien analogue à la manducation de la pierre qui peuvent seuls faire en sorte que l’ancien Adam soit absorbé, dissous par le second. Je rappelle que l’Eglise permettait de se servir du PROCESSUS alchimique - connu par beaucoup en des temps beaucoup plus spirituels - pour expliciter le catholicisme mais interdisait la démarche inverse.

Je vois bien ce que veut dire Alambic par son “exemple” : “Un apprenti chez un artisan entendra que le vernis doit se préparer de telle façon, et pas autrement. L'année d'après, cet apprenti, chez un autre patron, devra utiliser une autre formule. Si cet apprenti est idiot, il décidera quel maître a raison, et lequel a tort. S'il est plus fin, il saura entendre chacun, et en déduira ses propres recettes.”

Cela est juste pour faire des médicaments ou de l’or, il y a des recettes, des “voies”, avec des tâtonnements que l’expérience confirme ou infirme, mais le Grand Oeuvre n’est pas un Chef d’Oeuvre de Compagnonnage. L’alchimie est art sacerdotal ou n’est pas.

Cordialement,

C...a

Charly Alverda

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  aliboron le Lun 18 Avr 2011, 12:44

Du fin fond de mon ignorance, j'applaudis à ce post de Charly; concis, courageux, inspiré...
En prîme, une approche du Mutus Liber enfin digne de celui qui l'a conçu.
Mercy.

aliboron

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Charly Alverda le Lun 18 Avr 2011, 13:09

Hum ! Mon cher Aliboron, mercy en françois ou en anglois ? J’accepte les deux, bien sûr !

Amicalement,

Charly

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  aliboron le Lun 18 Avr 2011, 13:19

so so, reparlons en à Jersey (par ex) là où un "cher vieux" planque certainement ses lingots... Tire-langue (1)

aliboron

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Alambic le Lun 18 Avr 2011, 14:36

Charly,
Très bel exposé de pure philosophie alchimique, j'en conviens.
Mais moi-même, n'ayant pas réalisé le grand œuvre, je ne peux pas me permettre de parler avec autant d'autorité. Du coup, je n'ai même pas l'impression de faire de l'alchimie, mais je reste quand même avec mes médicaments, mes petites extases, et ma vision naturaliste (inspirée des R+C, soit dit en passant).
Ceci dit, si tu sais ce qu'est ou pas l'alchimie, sois un peu charitable, parles-nous de ton expérience, c'est intéressant !
"le Grand Oeuvre n’est pas un Chef d’Oeuvre de Compagnonnage. L’alchimie est art sacerdotal ou n’est pas."
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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Charly Alverda le Lun 18 Avr 2011, 15:40

“Très bel exposé de pure philosophie alchimique, j'en conviens.”

Cher Alambic, que motive cet acquiescement ? Puisque, à tort ou à raison, je récuse tes propos ; ne parlant qu’à la “lumière” des anciens (et de Fulcanelli !) je ne peux que donner l’illusion de “leur” autorité.

Tu dis de plus : “Du coup, je n'ai même pas l'impression de faire de l'alchimie, mais je reste quand même avec mes médicaments, mes petites extases, et ma vision naturaliste (inspirée des R+C sois dit en passant).”
Ton expérience ne peut être inférieure à la mienne, nous n’avons apparemment pas les mêmes finalités voilà tout, inutile d’en faire un problème d’EGAUX. +Sourire Faut-il redire que je ferais volontiers des recherches médicinales en spagyrie si les conditions le permettaient, en récréation de ma quête de la Pierre. Je suis tout ouïe pour entendre quels R+C inspirent ta vision naturaliste ! Eux qui ne s’exprimaient que sur le mode analogique, et il y a un certain nombre “d’autorités” en histoire, philosophie et ethnologie pour confirmer : Pierre Béhar, Frances Yates, Eugenio Garin, Philippe Descola...

Alors quand tu insistes : “Ceci dit, si tu sais ce qu'est ou pas l'alchimie, sois un peu charitable, parles-nous de ton expérience, c'est intéressant !”, si tu ne te rends pas compte que je ne parle que d’expérience c’est peut-être que tu infirmes celle-ci ? Et je crois que je suis assez charitable sur ce point. Car travailler sur la matière ou étudier la Nature est de l’ordre de l’expérience, n’est-il pas ? Et selon moi, il y a autant à apprendre des métallurgistes, des jardiniers et des boulangers, et je pense que ces deux derniers cas sont exemplaires pour connaître les propriétés des semences et du levain des Sages.

Cordialement,

C...a

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Logos le Lun 18 Avr 2011, 15:55

Et selon moi, il y a autant à apprendre des métallurgistes, des jardiniers et des boulangers, et je pense que ces deux derniers cas sont exemplaires pour connaître les propriétés des semences et du levain des Sages.

L'alchimie est aussi souvent associée à la fabrication du verre

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Charly Alverda le Lun 18 Avr 2011, 16:19

“L'alchimie est aussi souvent associée à la fabrication du verre” Excellente remarque Logos. Cela à cause, principalement, des cendres (qui contiennent l’humide radical et le grain fixe) nécessaires à sa fabrication.

Âne à logis, le vin anhk or Sourire

Au quai, jeu sort.

Charly

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Alambic le Lun 18 Avr 2011, 17:28

Bonjour Charly, et tout le monde,
OK, tu parles d'expérience, mais je ne comprend pas bien.
Pour moi, l'expérience, c'est raconter ce que l'on a fait, ou ce qui nous est arrivé. Ce n'est pas décrire des principes de façon abstraite (même si tu penses que c'est concret, ce n'est pas concret au sens actuel du mot). Je suis sérieux quand je dis que ton travail, qu'il soit pratique ou théorique, m'intéresse (et intéresse tout le monde, j'imagine). Mais je suis tout aussi sérieux quand je dis que je ne comprends pas ce que tu décris; est-ce que je suis le seul ?
Au moins, dis-nous sur quelle base personnelle tu te bases quand tu réfutes mon travail expérimental, je dis bien personnelle.
"Je suis tout ouïe pour entendre quels R+C inspirent ta vision naturaliste !"
Mais les auteurs de La Nature Dévoilée par exemple, Ce livre est un excellent exemple de cette philosophie naturaliste (et c'est le manuel fondamental des écoles alchimiques R+C du XVIII°). Mais il y a des dizaines d'auteurs qui recommandent l'étude de la nature… Et je ne comprends pas pourquoi tu opposes ce fonctionnement à un mode de pensée analogique.
De toute façon, je ne sais pas si c'est utile de discutailler comme ça : on a mieux à faire. Simplement, essaye d'admettre qu'il y a d'autres façons de voir l'alchimie que la tienne. Je regrette d'ailleurs de ne pas encore la comprendre.
Al.
Cool

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Charly Alverda le Lun 18 Avr 2011, 19:30

Alambic, re bonjour

Bon, dis-je deux fois, faut-il donc que je trisse ? Sourire (c’est peut-être de Edmond Rostand ?), où as-tu vu que je réfutais ton travail expérimental ? Apparemment, tu t’intéresses à la Pierre et tu expérimentes des médicaments, fort bien ! Quels médicaments ? Soignes-tu des gens ? Distillateur de formation sans doute que oui, ce peut-être intéressant pour le forum de partager cela ?

Quand je parle d’expérience, tu n’as pas l’air de voir que pour comprendre le processus de la Pierre il faut beaucoup, beaucoup, de travail, faire des confrontations entre ce que la Nature permet ou non avec la lecture des anciens, jusqu’à la compréhension qu’ils disent tous la même chose. Ce n’est d’ailleurs pas négligeable permettant de voir à minima - très précisément - où les modernes se plantent, ce que j’ai exprimé récemment en réponse à la citation de Ludivine. Mais connaître le processus ne suffit pas pour se mettre à l’ouvrage - ce serait vraiment facile alors ! - il manque le point de départ: capter le mercure non spécifié et pas celui, spécifié, des métaux ou de TOUTES autres choses. Anecdotiquement, tu as évoqué le point sacerdotal mais tu n’as pas été disert sur le sujet, quel est ton point de vue ?

Je crois, suis sûr, par certaines expériences, qu’il est impossible de trouver l’Aimant par raison raisonnante. Alors Fulcanelli dit qu’on ne peut pas utiliser le mercure non spécifié, qui l’aiment le suivent ! Et là, on n’a que l’embarras du choix pour élire une matière, le traité que j’ai cité de B. Valentin n’est pas difficile à comprendre.

Quand aux R + C, j’entendais évidemment ceux des XVIIe... et XVIe siècles, car j’ai trouvé une signature de leur présence dès 1564, mais je ne saurais dire si on doit parler de Rosée Cuite ou de Rose Croissante, tant ils étaient discrets. Quoi qu’il en soit, tu as parfaitement raison de dire que : “La Nature Dévoilée" par exemple est est un excellent exemple de cette philosophie naturaliste (et c'est le manuel fondamental des écoles alchimiques R+C du XVIII°). Évidemment la R + C du XVIIIe n’a plus rien à voir avec celle des siècles précédents à cause précisément du glissement du mode de fonctionnement analogique vers le naturaliste; disons que l’humain s’est coupé du “haut” cher à la Table d’Emeraude.
Mais des ouvrages tels que celui que tu cites sont excellents pour faire des tas d’excellentes choses, quoique comme disaient “mes” chers R + C : “Pouah, de l’or !”.

J’admets tout à fait que tu tiennes à appeler alchimie ce qui ne l’est pas pour moi, mais comme tu dis tu ne comprends pas mon point de vue alors... Souhaitons nous bonne route ! Mais tu me retrouveras chaque fois que tu citeras un moderne Sourire je te citerai (avec argumentation) les anciens.

Cordialement,
Charly



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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Laposse le Lun 18 Avr 2011, 19:43

Bonjour. Vos récents posts m'inspirent quelques liens analogiques. Ainsi, par exemple :
Logos a écrit:L'alchimie est aussi souvent associée à la fabrication du verre
se rapporte, entre autres, au roman "CheminCroisé Le Passeur de Lumière", du belge Bernard Tirtiaux, lui-même maître verrier et concepteur-réalisateur de la CheminCroisé Cathédrale de verre, à Viroinval. Ce roman est conçu comme une quête alchimique; à la fin du roman, le héros parvient à associer très exactement les couleurs des vitraux qu'il a recherchées toute sa vie, et reçoit l'illumination qui le consume.
Charly Alverda a écrit:c’est ainsi que l’alchimiste est aussi un prêtre et que l’alchimie est sacerdotale... par essence.
Si c'est par essence, alors, il faut user du pluriel (essence : le sens du "s", le pluriel); ne dites donc pas "l'alchimie sacerdotale", mais "les alchimies, ça sert d'auto". Grâce à cette auto, le prêtre-alchimiste pourra aller au bout de sa route; et si sa quête alchimique est un jour complète, son essence sera Totale.
(Sorry, j'ai pas pu m'empêcher.)
(Faites pas attention; continuez donc, je vous prie...)




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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Alambic le Lun 18 Avr 2011, 22:30

Charly,
Bravo pour Rostand Très heureux
Sinon, peut-être que les "naturalistes" du XVIII°, comme tu les appelles s'éloignent de la pensée analogique, mais je n'en suis pas du tout sûr. Mais peu importe, ce qui compte, pour moi, c'est que l'alchimie a de nombreuses applications, et a inspiré de nombreuses médecines. Paracelse en est l'un des grands pionniers, il avait formulé tous les principes de l'homéopathie : Hahnemann n'a eu qu'à inventer cette médecine en tant que telle, sur les bases de philosophie et de principes alchimiques. Il se trouve que la technique homéopathique m'est d'un grand secours dans ma pratique alchimique : certains produits demandent à être adoucis, ou sublimés, pour être absorbés. C'est à partir de ce genre de cuisine alchimico/spagyrico/homéopathique que l'on élabore des aides précieux pour la santé.
Les fleurs de Bach sont aussi une médecine dont la philosophie a un rapport avec l'alchimie. Ces élixirs sont une très bonne introduction à la médecine alchimique, très accessible à tous (et en plus, en ce moment, il y a plein de fleurs ! Sourire.
La pratique de ces médecines naturelles permet de se familiariser avec la philosophie alchimique, et de se sensibiliser avec la matière.
Mon métier de distillateur (alcool et huiles essentielles) m'apporte aussi beaucoup, mais ça, c'est moins accessible à tout le monde (à cause de la législation contraignante).
Voila… et petit à petit, la sensibilité augmente, la technique aussi progresse, on comprend mieux ce qu'est réellement l'homme, la nature, la vie…
C'est une voie douce et progressive, mais qui demande évidemment du courage et du travail.
C'est une voie qui n'isole pas l'alchimiste dans sa quête, par rapport à sa famille notamment. C'est important de pouvoir vivre sa vie de manière harmonieuse, dans le monde.

Enfin, pour ce qui est de la voie sacerdotale, je ne suis pas un spécialiste, mais je pense que "La pierre la plus simple" de Paracelse, reprise par S. Bacstrom en est un bon exemple. Il s'agit, pour le process, de mettre de son sang dans un ballon, et d'attendre qu'un sel (la Pierre !!!) se sublime en haut du col. (Paracelse le faisait aussi avec des excréments, pour reprendre une discussion sur CheminCroisé l'alchimie "non censurée").

De plus, j'ai noté ton intérêt pour l'agriculture : je te suis complètement ! (d'ailleurs, il faut que je m'occupe du jardin)
Ensoleillé

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  loup le Mar 19 Avr 2011, 00:19

bj alambic,(ton site est bien fait !!!). Juste pour te dire que j'ai, comme toi, commencé par le livre de frater Albertus, et fait de l'extration d'essence et travaillé, un peu, avec Dubuis, puis Caro (cinabre 5 ans) et Guasco(realgar 7 ans), le tout pour me rendre compte que l'Alchimie ne peut rien avec l'énergie seule des métaux, qu'ils soit broyés, mixés, et réunis, il faut que le chercheur lève les yeux au ciel et non sur le sol Sourire, bien que tu travailles avec l'un des plus puissant éléments pour dissoudre : l'alcool. Tu peux extraire du beurre d'antimoine, grâce à l'alcool, un puissant remède. L'Homme est un aimant qui a pour but, comme la "médecine", de faire augmenter les vibrations de l'être, pour atteindre un plan différent. Cette médecine n'est que pour l'homme !!! Pas pour les métaux. Les métaux ont différents particuliers pour y parvenir. Même à partir de la médecine. Lorsque je fais des remarques, comme la dernière fois ou tu as pris la "mouche" Scratch, ce n'était pas contre une "théorie" ni pratique, j'énonçais ma manière de procéder, c'est tout. A chaque fois qu'il y a combat par des "égos" trop "surdimensionnés, je quitte les forums... Aucun intérêt, et, personnellement, je viens pour essayer de communiquer, de faire partager, et éventuellement d'aider. La pratique seule permet de savoir si sa vision est réelle et si les lois qui régissent la vie sont vivantes. Ensuite, il y a un trou, un vide... Après avoir bataillé, ce qui permet d'avancer (comme un dopage), le but devient différent... et relâche!!! Après avoir sué pour escalader un obstacle, le but étant réalisé, la tension chute et tu es "vidé"... (c'est un exemple). Bon courage!! Hello

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Charly Alverda le Mar 19 Avr 2011, 11:38

Mon cher Alambic,

Pour une fois je suis d’accord avec presque tout ce que tu as dit ! Sourire Excepté les enseignements para-maçonniques du XVIIIe (pas l’arrondissement Sourire ). Je t’envie de pouvoir expérimenter huiles et élixirs. Mais l’élixir a un sens précis pour les anciens : une fois fixe, fusible, pénétrant, il a un pouvoir tingeant et s’appelle alors “teinture”, permettant dans les 3 règnes de rejoindre le “principe radical” et d’aider celui-ci à toutes guérisons en le débarrassant de toutes hétérogénéités. Les “particuliers” utilisant le mercure spécifié ne peuvent agir que sur le plan de son extraction : minéral OU végétal; ce sont des pierres certes, mais on appelle Pierre celle qui agit dans les 3 règnes et c’est évidemment l’animal qui importe.

Cordialement,

Charly



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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Alambic le Mar 19 Avr 2011, 12:58

Bonjour, (quel rythme dans les posts Sourire )
Loup,
"l'Alchimie ne peut rien avec l'énergie seule des métaux (…) il faut que le chercheur lève les yeux au ciel"
Tout à fait d'accord, mais vers le ciel, on cherche quoi ? De la rosée, des prières, de la lumière solaire (et lunaire) (ou électro-magnétique les jours de colère de Zeus) ? Je m'intéresse aux trois, avec des pratiques différentes (surtout au troisième).
Charly,
"on appelle Pierre celle qui agit dans les 3 règnes"
Je ne sais pas, peut-être. Personnellement, je pense que le principe alchimique est le même dans les trois règnes, mais que le travail reste spécifié : une poudre de projection ne sera peut-être pas très digeste Sarcastique Je travaille les trois règnes, mais le règne minéral a un impact sur ma vision du monde et de la vie, il a aussi un aspect pédagogique, il permet de mieux comprendre cette strate de la vie, mais je ne compte pas dessus pour améliorer et prolonger la vie.
Le travail sur l'universel est présent partout, dans chaque règne (exemple : la rosée utilisée comme dissolvant pour un élixir végétal ).
"c’est évidemment l’animal qui importe."
Tout à fait d'accord Très heureux

Alambic

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Ludivine le Mar 19 Avr 2011, 13:00

Bonjour à tous,

Charly Alverda a écrit:Mais tu me retrouveras chaque fois que tu citeras un moderne je te citerai (avec argumentation) les anciens.
Les modernes comme Fulcanelli et Eugène Canseliet n'hésitent pas à citer les anciens pour nous expliquer l'Alchimie selon la Tradition. Dans "Le Mystère des Cathédrales" et "Les Demeures Philosophales", Fulcanelli se base sur les textes des Anciens pour nous faire comprendre l'Alchimie. Voici quelques exemples pris au hasard trouvés dans "Le Mystère des Cathédrales".
Le sage trouvera notre pierre jusque dans le fumier, écrit le Cosmopolite, tandis que l’ignorant ne pourra pas croire qu’elle soit dans l’or.

Ce feu n’est pas actuellement chaud, mais il est un esprit igné introduit dans un sujet d’une même nature que la Pierre ; et, étant médiocrement excité par le feu extérieur, la calcine, la dissout, la sublime et la résout en eau seiche, ainsi que le dit le Cosmopolite.

C’est également ce qu’enseigne le Cosmopolite, lorsque, parlant du Soufre, il dit : « En son royaume, il y a un miroir dans lequel on voit tout le monde. Quiconque regarde en ce miroir peut voir et apprendre les trois parties de la Sapience de tout le monde, et, de cette manière, il deviendra très sçavant en ces trois règnes, comme ont été Aristote, Avicenne et plusieurs autres, lesquels, aussi bien que leurs prédécesseurs, ont veu dans ce miroir comment le monde a été créé. » Basile Valentin, dans son Testamentum, écrit de même : « Le corps entier du Vitriol ne doit être reconnu que pour un Miroir de la Science philosophique… C’est un Miroir où l’on voit briller et paraître notre Mercure, notre Soleil et Lune, par où l’on peut montrer en un instant, et prouver à l’incrédule Thomas l’aveuglement de son ignorance crasse. »

Le Cosmopolite, dans son Traité du Sel, est moins précis encore : « Le poids de l’eau, dit-il, doit estre pluriel, et celui de la terre feuillée blanche ou rouge doit estre singulier. »

Le Cosmopolite, insistant davantage sur la qualité du vase et sa nécessité dans le travail, affirme qu’en l’Oeuvre « il y a ce seul Lion verd qui ferme et ouvre les sept sceaux indissolubles des sept esprits métalliques, et qui tourmente les corps jusqu’à ce qu’il les ait entièrement perfectionnés, par le moyen d’une longue et ferme patience de l’artiste. »
J'ai repris également parmi tant d'autres, deux passages d'Eugène Canseliet qui tout comme les "Fulcanelli" reprend également les anciens pour nous instruire en Alchimie selon la Tradition.

Il nous dit par exemple dans son ouvrage : "L'Alchimie expliquée sur ses Textes Classiques" :
La Vérité est simple dont, en alchimie, c'est très exactement un lieu commun de déclarer qu'elle est uniquement trouvée dans la Nature. Il est impossible d'y accéder par la seule spéculation, comme Cosmopolite, après qu'il nous eut dit avoir traité sincèrement de la première et de la seconde matière conclut sans ambages, en terminant sa période : "…, attendu que j'ai fait cela, non pas par la lecture de nombreux livres, mais par le travail de mes mains et ma propre expérience..."
Dans le même ouvrage, chapitre "Sagesse et Discipline", je cite :
…Cosmopolite exprima dans sa Nouvelle Lumière : " Plusieurs fois il est arrivé que j'insinuasse l'art mot à mot à certains, mais ils n'ont pu aucunement suivre."

Dans ce même traité, Cosmopolite avait énuméré, précisément et de façon concise, les indispensables vertus qui sont requises pour la pratique de l'Alchimie : " Les scrutateurs de la Nature doivent être tels qu'est la Nature même, véridiques, simples, patients, constants, etc., et, ce qui est le principal, pieux, craignant Dieu, ne nuisant pas au prochain."

…. Philalèthe incita l'alchimiste opératif à la plus grande prudence, quant à son comportement dans l'inextricable jungle que constitue la collectivité des hommes : " Mais les habiles sont rusés, subtils, perspicaces et assurément ils sont pénétrants comme les Argus; certains sont curieux, d'autres machiavéliques, qui recherchent très profondément dans la vie, les mœurs et les actions des hommes, et de qui, du moins, si le commerce est intime, il est très difficile de se cacher."

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  loup le Mar 19 Avr 2011, 13:59

bj alambic, le meilleur exemple, actuellement, pour l'accroissement des végétaux, est l'ormus, qui permet des accroissements de taille et de rendement, impressionnant ! Plusieurs sites sur le web. Pour l'homme, petite dose... Il y a aussi une augmentation pour les vignes et autres cultures, de part la magnéto-culture, qui donne de très bons résultats, là aussi sur le web.(magnétisme avec aimants et ondes de formes). Moi je me sers d'une "terre", un "sel" que je prépare à devenir un "aimant" pour attirer et travailler avec les deux luminaires. Comme sur le mutus, qui n'est, pour moi, qu'un panneau indicateur du lieu où se trouve la "force"... et tu obtiens une huile épaisse dorée, que l'on peut cristalliser, et à qui l'on a donné de multitudes de noms, elle permet l'augmentation de la vibration de l'homme, pour changer de plan... Hello Studieux

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Re: Voie humide, voie sèche

Message  Ludivine le Mar 19 Avr 2011, 15:15

Loup a écrit:L'Homme est un aimant qui a pour but, comme la "médecine", de faire augmenter les vibrations de l'être, pour atteindre un plan différent.
...et tu obtiens une huile épaisse dorée, que l'on peut cristalliser, et à qui l'on a donné de multitudes de noms, elle permet l'augmentation de la vibration de l'homme, pour changer de plan.
Ce plan différent dont tu parles, Loup, m'a fait repenser à un passage écrit par Eugène Canseliet que l'on trouve dans l'ouvrage "Alchimie – Nouvelles études diverses sur la Discipline alchimique et le Sacré hermétique".

Je vous le livre ici partiellement :
Il importe, avant tout, et ceci m'apparaît de la plus grande importance, de bien définir encore ce qu'est l'alchimie, de bien préciser que cette science, qui est aussi vieille que le monde, ne consiste pas uniquement dans la transmutation métallique, ou, plus exactement, dans la production artificielle de l'or. Ne confondons pas le métal précieux avec l'or spirituel qui est, très positivement, celui que recherche le philosophe.

Sachons bien que la discipline alchimique trouve sa réalisation dans le Grand Œuvre et que l'heureux résultat de celui-ci est la Pierre Philosophale, également dénommée Médecine Universelle. C'est elle, cette médecine qui, absorbée avec prudence, dans les conditions dont les auteurs n'ont fait aucun mystère, dote l'alchimiste du double privilège de la santé parfaite et de la Connaissance. L'alchimiste ou l'artiste est alors devenu adepte, du latin adeptus désignant celui qui a obtenu, qui a acquis. Ainsi s'explique en outre que la Pierre ou Médecine est encore appelée le Don de Dieu.

Vivant dans l'absolu présent, sur un plan qui n'est pas le nôtre, à la surface de la terre, l'adepte possède la connaissance de toutes choses; il n'est plus sujet au passé et à l'avenir qui sont, ordinairement, sans limite précise à leur point de rencontre, à l'instar de l'espace vis-à-vis de l'infini. On imagine que, dans ces conditions, un certain pouvoir temporel lui soit nécessaire, qui, en effet, lui est donné par surcroît, dans la possibilité qu'il a d'opérer, sur le métal noble, le miracle qu'il a provoqué pour lui. Ainsi, projetant sur l'or métallique très pur une partie de la Médecine qu'il a méritée, il le transmue en une pierre ayant désormais puissance sur le règne minéral et propre à y produire les pierres et les métaux précieux.

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Re: Voie humide, voie sèche

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