Melencolia I (Albrecht Dürer)

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Hiram le Sam 24 Sep 2011, 17:55

Bonjour à tous et à toutes,
Bonjour Loup,

LA MASSENIE est un certain égrégore,
qui remonte au moins au Moyen-Âge par les Templiers et les Daïs Ismaéliens,
et par les contes du Graal dont Chrétien de Troyes, ainsi qu’aux Rose-croix,
elle a une consonnance rabelaisienne.
C’est un égrégore particulier qui veut se réintégrer à l’homme primordial,
elle est le nom de l’ancienne Franc-Maçonnerie,
et c’est une forme de chevalerie.
Cette force de conscience existe toujours aujourd’hui,
comme elle a toujours existé.
Elle a eu une résurgence européenne sous ce nom avec Gabrielle Carmi.

J'ai utilisé ce mot pour alimenter mon texte et pour remplacer son synonyme.

Fraternellement,

Hiram
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Hiram le Sam 24 Sep 2011, 18:03

Bonjour Fr Aliboron,

Mon internet ayant été kaputt quelques jours,
je vous reviens sous-peu.

Au plaisir,

Hiram

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Laposse le Sam 24 Sep 2011, 18:24

Hello Hiram !

Où diable as-tu déniché cette photo de moi ? Choqué !
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  loup le Sam 24 Sep 2011, 23:31

Merci, Hiram, de ta réponse... Cool Savais-tu que le bijou du "sautoir" du "Magistère Primus" était un compas ouvert, avec, au centre, un pélican donnant son sang à ses "enfants", au-dessous duquel une belle rose (ros=force) rouge a 4 rayons partant de son centre, allant vers les 4 points cardinaux de la terre... (du 14ème siècle).
Le pélican étant le supérieur de ce "groupe", donnant son enseignement (son sang) à ses "ouailles" en rayonnant la force sur la terre...; sous l'égide du G.A.D.U. (ou autres dénominations Sourire )
A plus...

loup

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Sam 15 Oct 2011, 21:52

Bonjour,

C’est la première fois que j’interviens sur un forum et je tiens d’abord à saluer tous ceux qui l’animent.
Concernant Albrecht Dürer, hors de toute querelles de clocher, j'aimerai ramener ce débat à son point de départ : savoir s'il existe une structure occulte, autre qu’un tracé régulateur, qui sous-tend certaines de ses gravures, et si oui, en comprendre la raison, sachant que dans ce domaine la tentation est forte d'établir toutes sortes de correspondances aptes à entretenir une savante confusion sans fondements réels? 
Vous en étiez proche, lorsque vous avez prolongé l'une des arêtes du polyèdre. Mais toutes ces lignes, tirées comme autant de plans sur la comète, ne pouvaient aboutir faute d'une clef ou d'une grille appropriée. Celle-ci nous est donnée, en ce qui concerna Melencolia §I, par la table de Jupiter introduite à dessein pour contre-carrer l'influence néfaste de Saturne. ce qui dans ce cas n'est pas un vain mot , mais répond à un système iatro-mathématique que Dürer semble avoir utilisé . C'est du moins ma théorie, et je suis en mesure de le prouver, comme il se doit , avec la règle et le compas.
Les degrés de l'échelle, dont on ne sait si elle part du côté pour aboutir derrière le bâtiment, nous indiquent, avec une précision de géomètre, la mesure propre à la grille de Saturne (3ème barreau = 1/3 de la hauteur totale de cette gravure, pour une grille d'ordre 3) et de celle de Jupiter, d'ordre 4, dont le quatrième barreau nous donne 1/4 de la hauteur de cette même gravure. Voir illustration ci-jointe :






Grâce à une bourse de la Ville de Strasbourg, en partenariat avec Dresden, je me suis rendu ce printemps en Allemangne, pour étudier à la SLUB, l'esquisse préparatoire du polyèdre de Dürer. Polyèdre où figurent les arêtes cachées, ce qui permet de le reconstituer. Il s'agit bien d'une romboèdre sur pointe dont les deux angles opposés on été tronqués. Ces coins reconstitués nous indiquent, au millimètre près, les mesures appartenant respectivement au carré planétaire de Jupiter (céleste) ainsi qu'à celui de Saturne (terrestre). 
A partir du polyèdre si l'on prolonge toutes ces arrêtes jusqu'à toucher la marge, les points correspondants nous donnent deux grilles l'une saturnienne (d'ordre 3), l'autre joviale d'ordre 4.

Tant de précision, avec à chaque fois le prolongement des arêtes, indiquant de part et d'autre les divisions propres a la grille de saturne comme à celle de Jupiter, cela ne peut être le fait du hasard. Le plus surprenant est que ce système s'adapte avec avec la même précision à trois autre gravures au moyen des sceaux planétaires d'ordre 5, 6 et 7, Mars, Soleil et Vénus respectivement attribués au Chevalier, la Mort et le Diable, Saint Jérôme et Adam et Eve en une sorte de tétralogie fondée sur les quatre humeurs et les carrés planétaires qui les gouvernent.

Voilà je crois en avoir dis assez pour réorienter les recherches. 
Ci-joint, la copie de la première description Melencolia §I, tirée d'un manuel de rhétorique de Joachim Camerarius, latiniste, ami et collaborateur de Dürer. En exergue, cette phrase :
"On peut voir encore, du peintre, une toile d’araignées à une sorte de (quasi)fenêtre et leur chasse qu’expriment, entres autres indices, des lignes extrêmement ténues", (Cernere etiam est quasi ad fenestram a pictore aranearum taela, et venationem harum, inter alia huius naturae indicia, tenuissimis lineis expressa). Celle-ci fut écartée d'un trait de plume par Erwin Panofsky, estimant qu’il devait s’agir d’une gravure aujourd’hui disparue,au motif qu'il n'y a ni fenêtre et encore moins de toiles d'araignée dans la gravure qui nous occupe. Or le carré magique présent en haut à droite dans Melencolia §I n'a pas été accroché au mur comme la cloche, la balance ou le sablier mais il est maçonné en forme de niche et résulte du plan de l'architecte. Et si l'on relie progressivement, dans l'ordre croissant, les chiffres qui le composent, il se dessine effectivement deux toiles d'araignées.Ce qui coïncide parfaitement avec cette observation.    


«Elementa rhetoricae sive Capita exercitiorum studii puerilis et stili, at comparandam utriusque linguae facultatem collecta a jachimo camerario, et proposita in schola Tubingensi» Basilea 1541, S. 138 f. : 
En voici la traduction, un bon latiniste remarquera bien vite que ce latin du XVIième, aux tournures de phrases souvent alambiquées n'est pas aisé à traduire. Il faut également garder à l'esprit que ce texte provient d'un traité de rhétorique, discipline dans laquelle les arts de la mémoires étaient encore à l'honneur. C'est sous cet angle qu'il convient de l'approcher.

"Albert Dürer, peintre des plus habile  (Albertus Durerus artificiossisimus pictor), dont la main divine nous a donné un grand nombre d’oeuvres immortelles (cuius divinae manus multa immortalia opera extant), a donc exprimé ainsi les élans d’un esprit profond et pensif qu’on dit mélancolique (profondi atque cogitantis animi motus, qui melancholici dicuntur) on pense en effet que ce sont ceux chez qui abonde l’atrabile, comme l’appelle les médecins. (putantur enim eorum esse, in quibus atra bilis, ut vocant medici, abundat eos igitur ita expressit) : 
Une femme est assise, la tête penchée, qu’elle soutient de sa main appuyée sur le coude, coude qui s’appuie lui-même sur le genoux. Mulier sedet demisso capite, manuque cubito nixa, quem genu fulcit, illud sustinet, de son visage sévère, pour ainsi dire abimé dans ses pensées, elle ne regarde rien, le paupières baissées elles a les yeux tournés vers le sol (et vultu severo, quasi in magna consideratione nusquam aspicit, sed palpebris delictis humum intuetur;) tout ce qui l’entoure est sombre. (omnia autem sunt circum illam obscura.) 
Elle-même porte des clefs pendues à son côté. (Ipsa claves appensas habet lateri.) 
Ses cheveux sont négligées et désordonnées. Capillo est neglectiore, et diffuso. 
Près d’elle on voit les instruments des arts : livre, règles, compas équerres; il y a même une lame en métal et des objets en bois. Juxta eam visuntur artium instrumenta, libri, regulae, circini, normae; etiam ferramenta, et lignea quaedrem opera.
Pour montrer comment fréquemment tout est abscon pour de telles natures, et afin de signifier combien elles sont souvent portées à l’absurde, le peintre a dressé devant elles une échelle qui grimpe vers les nues et dont l’escalade des barreaux est défendue par une pierre équarrie. (Ut autem indicaret, nihil non talibus ab ingeniis comprehendi solere, et quam eadem saepenumero in absurda deferrentur, ante illam scalas in nubes eduxit, per quarum gradus quadratum saxum veluti ascensionem moliri fecit). 
A ses pieds, près d’elle, est couché un chien mi-replié mi-étendu, languissant et assoupi, dans la position commune à cet animal lorsqu’il s’ennuie (Iacet autem prope hanc ad pedes ipsius, contracta corporis parte, parte etiam porrecta, canis, cuiusmodi illa solet bestia in fastidio esse, languida et somniculosa, et pertubari in quiete). 
On peut voir encore, du peintre, une toile d’araignées à une sorte de (quasi)fenêtre et leur chasse qu’expriment, entres autres indices, des lignes extrêmement ténues. (Cernere etiam est quasi ad fenestram a pictore aranearum taela, et venationem harum, inter alia huius naturae indicia, tenuissimis lineis expressa)".

La clef est là et Camerarius, dans son traité de rhétorique, ne pouvait user que d'un langage sibyllin, de même que Dürer dans sa géométrie (Underweissung der Messung), lorsqu'il nous décrit le monument commémorant une "victoire" sur les paysans séditieux (1525), cette curieuse colonne instable coiffée d'un paysan mélancolique poignardé dans le dos, a, lui aussi, choisi de se taire tout en adoptant une manière détournée pour pointer du doigt ce qu'il convient d'observer afin ne pas s'aliéner les puissants dont dépend sa carrière, tout comme Camerarius ne peut prendre le risque d'être accusé de magie. Car les diagrammes issus de carrés planétaires sont censés receler une vertu talismanique d'une toute autre trempe qu'un simple tracé directeur. Giordano Bruno a été brûlé pour s'être servi de diagrammes analogues faits pour impressionner la psyché en imprimant non plus sur du papier mais dans l'esprit même du spectateur certaines figures magiques censées opérer de manière subliminale. Le Picatrix nous donne une très intéressante définition du mot talisman qu'il est bon de méditer :
"Les sages appellent les talismans telsam, qu'on traduit par violeur parce que tout ce que fait le talisman, il le fait par violence et il le fait pour vaincre ce pour quoi il a été composé. Pour réaliser sa victoire, il agit selon des proportions arithmétiques..."
D'après les explications tirées du Ghâyat Al Hakim, la racine consonantique TLS, celle du mot telsam, serait le renversement de MSLT, musallat, "celui à qui est donné le pouvoir sur un autre"; Par ailleurs telsam est a rapprocher du grec telesma, nous révèle une note en bas de page. ( Picatrix, un traité de magie médiéval- p. 47 Chapitre II, traduction et notes par Béatrice Bakhouche, Frédéric Fauquier et Brigitte Pérez-Jean chez Brépols, 2003)
Bien entendu, il va de soi que cette nième version concernant l'interprétation de Melencolia §I, qui repose toutefois sur des faits démontrables, ne peut être diffuser sans la mention obligatoire de son auteur : © Frank Morzuch

Ci-joint deux vidéos en rapport étroit avec le carré planétaire de Saturne et la manière dont il peut être «artistiquement et géométriquement» parcouru.     
http://www.youtube.com/watch?v=JqYbowlNcuc
http://www.youtube.com/watch?v=FxE9K49zwJ0&feature=related

En vous en souhaitant bonne réception, dans l’attente d'éventuels commentaires, très cordialement,
MORF






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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Dim 16 Oct 2011, 10:42

Balaise de chez balaise !!!!
ça se tient bien... mais me vient une question quand même : sachant que ce que vous rappellez du "pouvoir" alors considéré comme inhérent à ce genre de diagramme, dans quel but Dürer aurait-il commis, en douce, cette opération ?

par ailleurs, à votre avis d'où tenait-il une talismanie aussi élaborée ?

au plaisir de vous lire
aliboron
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?!

Message  Yvo Jacquier le Dim 16 Oct 2011, 14:59

Cette "proposition" (qui ne mérite en aucun cas d'être qualifiée de théorie) apporte au mystère de Melencolia ce que le brouillard ajoute à l'ombre. Toutes les "observations" graphiques sont fausses. N'importe quel infographiste sortant de l'école vous le dira.

Je n'ai pas l'intention d'intervenir sur ce forum à l'avenir : entre insultes et mensonges. Ce n'est pas ma voie.
Désolé !
Yvo Jacquier

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Charly Alverda le Dim 16 Oct 2011, 15:34

Ah, ben non , Yvo Jacquier, content de ton retour, alors ces preuves sur le Tarot de Conver? J’insiste. Parce que mettre le pied dans la porte d’un forum déguisé en marchand de certitudes, c’est trop facile !

C...a

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Bertrand le Dim 16 Oct 2011, 16:11

(et puis on aimerait savoir en quoi être un infographiste est nécessaire pour confirmer ou infirmer un topo sur Dürer aussi - bonjour à tout le monde en passant)

(Bertrand)
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Dim 16 Oct 2011, 22:12

Bonsoir Aliboron,
Oui, c'est vrai, la question est là, d'où Dürer tenait-il ce savoir ? Si l'on part du principe, comme je pense, que CheminCroisé la gravure d'Adam et Eve fait partie d'une tétralogie, vu sa date d'exécution en 1504 il est peu probable que cela puisse venir d'Agrippa von Nettesheim alors âgé de 18 ans. D'autre part nous savons que Willibald Pirckheimer était très proche, du temps de ses études en Italie, de Jean François Pic de la Mirandolle, le neveu du regretté Jean PIc dont il fut le légataire. L'Oratio, intitulé par son éditeur : "Discours sur la Dignité de l'Homme", que l'on peut considérer comme le texte fondateur de la gravure Adam et Eve : "... Je ne t'ai fait ni céleste ni terrestre, ni mortel, ni immortel, afin que, souverain de toi-même, tu achèves ta propre forme librement, à la manière d'un peintre ou d'un sculpteur..." fut publié pour la première fois, à Strasbourg, chez Johan Prüss l'Aînée, également en 1504.
Marsil Ficin s'est lui aussi beaucoup intéressé au Picatrix qui pourrait être l'une des sources de ce savoir. De toutes façons il est peu probable que nous le sachions jamais, c'est comme pour le mystérieux personnage qui devait enseigner à Dürer la géométrie secrète en 1506 à Bologne, il n'y a aucune preuve formelle que ce soit Pacioli. Toujours est-il que Dürer semble bel et bien posséder cette science, sinon il n'aurait pas introduit la table de Jupiter pour corriger l'influence néfaste de Saturne.
Quand à savoir dans quel but, je compte un peu sur ce forum pour en savoir plus.

Oui Bertrand, je me suis posé la même question que toi, qu'est-ce qu'un infographiste a à voir ici ?

Très cordialement à tous,
MORF

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Dim 16 Oct 2011, 23:40

Bonsoir Calcédoine,

Merci pour le (hyper) lien avec la gravure Adam et Eve sur mon dernier post. A propos, quelle est la source de ces gravures ? Car celle du Chevalier, la Mort et le Diable, postée par vous même le 13 février 2010 semble être une reprise ou une copie puisque dans le cartelino, en bas à gauche ne figure pas la date d'exécution 1513 précédé du S. L'avez-vous remarqué ?

MORF

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Hiram le Lun 17 Oct 2011, 02:15



Bonjour Frank et bienvenue sur ce forum,
Bonjour à tous,

Cette démonstration par le prolongement des lignes
(principe du dessin au trait),
est une clef de lecture des œuvres des maîtres,
et elle est ici magistralement employée.
Le dessin, la peinture et la sculpture sont comme la gravure,
sont enfants de l’architecture.
@ http://www.ancientgeometry.com/BestBooksonAG.htm
Et aussi avec Matila Ghyka.
Le strict et droit réseau fondamental.
Le réseau fondamental jouait un rôle dans les rites de la Bauhütte,
et les anciennes guildes de bâtisseurs.
Mais ce qui est plus, il y a un côté « magique »
qui a fasciné les peintres comme Albrecht et Van Eyck.
Voici un lien de quelqu’un qui a exploré le coté « hérétique » de Van Eyck
(qui avant d'être peintre était en vitraux) :
@ http://www.philipcoppens.com/vaneyck.html
Il n’y a qu’un pas à franchir pour tirer par analogie
que le réseau et l’aspect talisman peuvent être unis
pour agir comme mandala caché,
et être perçu pour par l’œil exercé de l’artiste initié.
Et agir sur celui qui regarde.

Pour cela, oui, malgré tout son mérite, Irwin Panofsky ne peut nous mener loin.

« Tant de précision,
avec à chaque fois le prolongement des arêtes,
indiquant de part et d'autre
les divisions propres à la grille de saturne comme à celle de Jupiter »
Tout est très bien résumé dans ces quelques mots.
Et Dürer fréquentait les guildes avec les connaissances les plus ésotériques.
« Marsil Ficin s'est lui aussi beaucoup intéressé au Picatrix
qui pourrait être l'une des sources de ce savoir.
De toutes façons il est peu probable que nous le sachions jamais,
c'est comme pour le mystérieux personnage
qui devait enseigner à Dürer la géométrie secrète en 1506 à Bologne,
il n'y a aucune preuve formelle que ce soit Pacioli.
Toujours est-il que Dürer semble bel et bien posséder cette science,
sinon il n'aurait pas introduit la table de Jupiter
pour corriger l'influence néfaste de Saturne. »

Je crois qu’à l’époque,
il y avait des personnages dont l’histoire n’a pas retenu les noms
et qui conservaient et transmettaient les sciences traditionnellement.

J’aime particulièrement la reconstruction du cube
à partir de l’octaèdre irrégulier,
par le prolongement,
pour y retrouver les proportions 1 : 3 et 1 : 4.
Et aussi le report de la grille du carré de Jupiter (gravé dans l’architecture)
sur la Melencolia I.
Projection d'un plan sur un autre.

Espérant que ce partage
redémarré aussi judicieusement par Frank,
nous fasse découvrir les secrets de Maître Albrecht.

Fraternellement,

Hiram
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Logos le Lun 17 Oct 2011, 11:38

Bonjour à tous
Juste un petit coucou... j'aimerais intervenir, principalement sur ce fil, mais la connexion est rare et chère pour le moment... zut
J'en profite quand même pour glisser cette image, illustrant la "boîte noire" de Tiphaigne de la Roche



A bientôt
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Lun 17 Oct 2011, 14:38

Merci pour cette image qui nous introduit subtilement à l'univers de Vénus (la flèche a-t-elle déjà été tirée, ou sommes-nous en droit de l'attendre ?), Vénus dont le carré planétaire d'ordre 7 semble régir la gravure d'Adam et d'Eve, comme je me prépare à vous en faire part au travers d'un long post en réponse à Hiram, ce qui va me prendre un certain temps .
Boîte (chambre) noire ?
Sténopé fécondé par la lumière ? Double renversé quand l'esprit domine la matière ? Il faudra que l'on me l'explique...
En tout cas Logos ne manque pas d'esprit même si le silence règne.
A bientôt donc,

Frank Morzuch

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Ludivine le Lun 17 Oct 2011, 14:58

Bonjour à tous et bienvenue Frank !

Grand merci Logos pour cette illustration.

Hiram a écrit:… être perçu pour par l’œil exercé de l’artiste initié.
Et agir sur celui qui regarde.
Une petite réflexion me vient à l'esprit en lisant cette fin de phrase écrite par notre ami Hiram : l'image, le symbole, ainsi que la musique sont universels et ne nécessitent pas obligatoirement de traducteurs, contrairement à la littérature et même la poésie où les mots sont nécessaires mais peuvent être mal interprétés et trahir l'idée profonde de l'Artiste !
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Lun 17 Oct 2011, 18:26

Bonjour à tous et, en particulier à l'honorable et savant docteur MORF,

... dont les talismaniques zigzags me ravissent au point que je ne me ferai pas prier pour apporter de l'eau à son moulin, même si mon hypothèse sur cette gravure ne peut admettre que la talismanie en soit le dernier maux.

A la suite de MORF («  De toutes façons il est peu probable que nous le sachions jamais »); Hiram renchérit : « Je crois qu’à l’époque, il y avait des personnages dont l’histoire n’a pas retenu les noms et qui conservaient et transmettaient les sciences traditionnellement ».
Possible, mais l'inconvénient de cette posture c'est qu'elle en favorise d'autres, souvent plus « fumeuses ». De plus, m'est avis qu'on peut en savoir beaucoup plus si on met les infos et pistes dispos sur le marché de l'édition dans le bon ordre.

Pour économiser le peu de place que permet un post, je n'encombrerai pas cette mienne esquisse de réfences biblio; mais je les tiens à disposition des curieux. Voilà, vite fait-mal fait, ce que j'en ai retenu :

La nécessité d'une « réforme » d'un christianisme trop assujetti aux vicissitudes temporelles, ce au détriment de sa Lumière (censée ne pas retourner sous le boisseau), fut pressenti dès le grand schisme d'Avignon. Mais le germe de cette revivification ne vint à terme que plus tard, lors d'un autre drame frappant la chrétienté d'alors : la chute de Constantinople. Mais étrangement, c'est en Allemagne, un brin plus tard, que cette Rose se fait sentir, peut-être du fait que là plus qu'ailleurs s'exprimait une urgence réfor-matrice.

- Il est rapporté qu'en l'an 1378, de sinistre mémoire, le pape Grégoire XI a reçu à Rome la visite d'un homme mystérieux auquel on donna le nom d'Ami de Dieu du Haut Pays. Evaluation faite, il semble qu'on ait affaire ici à ce que le soufisme qualifie d'Abdâl :
« La Maison de la Sainteté a des « angles » bien établis ! Nos maîtres qui y résident sont des Abdâl. Entre silence, solitude, faim, et veille, se dresse le sommet du Pur Transcendant ». (Ibn Arabi).

Ils n'ont pas de disciples à proprement parler, plutôt une fonction de Présence, (fort discrète), et parfois de conseils...

On retrouve ce même genre de Présences discrètes en filigranne de la « farce » rosicrucienne... « serio ludere» comme disait N. de Cues, lequel avait pris très à coeur (en 1453) le drame byzantin. Il en résulta son ouvrage intitulé « De pace fidei » qui ne proposait pas moins qu'une... unité transcendentale des abrahamismes. Sous la houlette d'un Logos Hermeticos ??? Ca se pourrait bien...

(En passant, Christian R.C. nous dit que la promesse de ses Nôces spirituelles lui fut donné par un ange 7 ans avant la rélisation de celles-ci. Donc en l'an 1453.)

Il serait judicieux de prendre en compte la géométrique théo-logie de N. de Cues (comme celle de Pacioli) avant de mettre des majuscules abusives à l'euclidienne géométrie, qui sans cette ré-évaluation, n'a rien de proprement initiatique. Au mieux, des applications déléguables à des ceusses qui n'en seront que des éxécutants peu ou pas Un-formés.


Bref, cette réunion « au sommet » des trois monothéismes, via leur gnose, avait déjà été rêvée par les Fatimides d'Espagne et leurs contacts juifs et chrétiens. On la suppose sous jacente dans l'aura templière, quoique difficile à prouver « historiquement ».

- Par contre, on en perçoit aisément les flagrances chez Paracelse, et ceux qui se réclament de lui, discrètement façon rosicrucienne ou, affichée genre G. Dorn and co, qui n'en pouvant supporter les hautes fréquences n'en retiendront que l'Ora. Attitude classique, bien illustrée également par Saint Martin vis à vis de M. de Pasqually; etc...

Pour en revenir aux Rose-Croix de V. Andreae, on notera l'importance (discrète) de cette nescience, ainsi que l'influence manifeste de la « Theologia deutsch » dont l'inspiration relève de la même eau que celle des Amis de Dieu.

Voilà pour les anonymes, dont la « science » n'est en rien traditionnelle au sens donné à ce terme par Hiram; sauf à considérer le Silence comme transmissible...

En revanche, il va de Soi qu'à partir de cette nescience, bien métabolisée, il est possible d'entrevoir quelque chose de l'ordonnancement du créé. Des consonnances, voir des Couleurs ? De là à les systématiser par contre, il y a une problématique chute de niveau; souvent le fait de « disciples » coincés en route et s'appropriant en mode égotique ce qui n'a de sens que sans lui. Agrippa, comme le Picatrix, sont une bonne illustration de cette mise en grille, encageant ce qui, paradoxalement les fondent de même. C'est ballot.

Ce Picatrix est en fait l'arbre qui cache une autre forêt de correspondances, comme dirait Baudelaire. Le « Traité des rayons » d'Al kindi. Dont l'importance fut prise en compte, discrètement mais sûrement, par les maîtres à panser... la ré-flexion (embourbée dans des dogmes ecclésiastiquement plombés), du néoplatonisme.

On retrouve les traces de ce maître-ouvrage, (dans lequel R.Alleau voit le seul indice, édité, d'une 3ème et peu connue voie alchimique, apparemment « talismanique » mais, sur fond de nescience) chez la plupart des théoriciens de Florence ou d'ailleurs. Le coup d'envoi de cette remise à niveau du cosmo-logique ayant été donné, mieux vaut le rappeler, par des byzantins...

Une autre influence notable de cet Al Kindi : via son disciple Albhumasar qui introduisit en astrosophie les grandes conjonctions Saturne-Jupiter. Exemple : les dates de 1484 et 1604; la 1ère étant celle de la mort de Christian R.C. Et la 2ème celle de la découverte de son tombeau... Bref, deux de ces grandes conjonctions.

Quant à l'étage directement inférieur à celui des très anonymes Amis de Dieu, il est possible d'en savoir plus. Curieusement, il consiste esssentiellement en préoccupations théurgiques, dites « divines » dans les premiers temps de cette divulgation. Après, faute de l'humilité requise, ça se gâte terriblement...

Avant cette époque on relèvera le nom de Piétro d'Abano, mais pour les temps qui nous interresse, un étrange personnage jouera un rôle considérable dans cette angélique distribution de vertus et puissances afférentes : Libanius Gallus. Ami de Charles de Bouelles, il fut également en rapport avec Pic de la Mirandole, qu'il influença fortement. Mais, plus en rapport avec notre melencolia, c'est par lui que l'abbé Trithème, contemporain de Dürer (à 77 km), avec pour ami commun Pirckheimer, prit connaissance de « l'Anacrise » de Pelagius : l'ermite majorquin, maître du Libanius.

A propos de talismanie chez Dürer, je crois me souvenir qu'il effectua le portrait du gendre de son grand ami Pirckheimer; portrait sur lequel figure une écriture des plus « magique »...

En prime, le Petit Albert (consultable aide-mémoire en la matière, pour nos allemands) dit ceci à propos du talisman de Jupiter : « (...) On commencera à imprimer les mystérieuses figures sur la plaque, avec les fers, au moment que l'on observe que la constellation de la planète sera favorable, la Lune faisant son entrée dans le premier degré du signe de la Balance, Jupiter en bon aspect avec le Soleil ».

« Balance », qui me semble être la clef de cette gravure; j'y reviendrai.

Voilà quelques pistes. Je file acheter de la vodka avant que l'épicerie ferme.

Cordialement
aliboron

PS : Ave camarade Logos. Merci de nous mettre sous les mirettes ce jeu d'enfants qui me paraît avoir beaucoup à faire avec le rôle imparti par Paracelse à sa Vénus.
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Lun 17 Oct 2011, 20:39

Juste pour faire tourner la roue, en réponse à aliboron : il va de soi que la fonction talismanique n'est nullement l'unique destination de Melencolia §I. Dürer l'a placé, en troisième d'une tétralogie en la consacrant à la mesure du bâtiment, selon le plan de son grand "Livre du peintre" dont on n'a gardé curieusement aucune trace, bien que Christoph Scheurl en parle en termes élogieux, dans un ouvrage publié en 1515 à Nuremberg, comme d'un livre déjà achevé en voie d'être édité : "...ce dont témoigne un livre, l'art et la théorie de la peinture, jusqu'à présent le seul, après celui d'Apelle à avoir été rédigé de nos jours, j'en laisse pour juge les peintres et la postérité;" (Rupprich I p.294)
On peut s'interroger sur les raisons qui lui ont fait abandonner un projet initial déjà si bien engagé. Le plan en question, aujourd'hui à Londres, peut se résumer comme suit :
1- je vais d'abord établir la mesure humaine (que j'attribue à Adam et Eve, soumis à l'influence de Vénus et doublé d'une étude de caractères puisqu'on y retrouve sous une forme animale les quatre tempéraments.)
2 - des mesures équestres dans le chevalier, la Mort et le Diable qui cache une étude trigonométrique avant l'heure, extraite du diagramme de Mars.
3 - réservant Melencolia, la plus célèbre, pour la mesures des édifices où, sous couvert d'une allégorie de la mélancolie, doublée d'un traité pratique de géométrie, il nous transmet sa connaissance la plus intime de la géométrie de l'âme, avec la clef qui en permet l'accès : la table de Jupiter dont le diagramme nous entraîne, d'une case à l'autre, c'est à dire d'un symbole à l'autre, dans la lecture d'un rébus et cela dans la plus pure tradition d'un parcours de mémoire. On le voit, il y a de multiples entrées possibles dont je ne prétends pas avoir toutes les clefs. Ce qui caractérise toutefois ma démarche, c'est le temps que j'ai mis pour aller jusqu'aux sources en m'appuyant sur des faits dûment vérifiés. Cela m'a pris 10 ans.
4 - en quatrième position il parle de traiter de la perspective et de l'ombre et de la lumière, ce qui colle parfaitement avec "Saint Jérôme dans sa cellule".

Ceci dit, je reste ébahi par la somme de votre érudition et s'il fallait couronner quelqu'un d'un titre universitaire je vous l'accorderais en prime.
Cordialement, avec tout le respect que je vous dois,
MORF

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Lun 17 Oct 2011, 23:20

Bonjour Hiram, re-bonsoir à tous,

Quel temps fait-il à Montréal ce matin ?
Il est évident, et je vous remercie d’y souscrire si chaleureusement, que certaines gravures de Dürer agissent à la manière d’une sorte de mandala (ce terme, en sanskrit, ne signifie-t-il pas cercle ?) qui ne peut être perçu que par l’oeil initié de «l’artiste».
Or, ce qui, bien qu’esquissé, n’est pas immédiatement visible à l’oeil, agit par contre sur notre subconscient. C’est le principe des images subliminales que réprouve officiellement la loi parce que ces images s’imposent à notre insu ou contre notre gré.
Mais je ne veux pas nous égarer en allant trop creuser de ce côté-là. Le sujet est vaste et soulève une foule de questions plus intéressantes les unes que les autres.
Revenons donc à Dürer : La grille en tant que « strict et droit réseau fondamental», vous l’avez compris, répond ici à une autre signification qu’une simple mise au carreau. Prenons la table de Saturne et parcourons ses cases, de 1 à 9, selon la progression naturelle des chiffres. Le diagramme obtenu possède alors une double fonction :


- L’une nous restitue, par une formule graphique mnémotechnique la manière de construire mécaniquement ce carré d’ordre 3 qui, rappelons-le, présente seulement huit autres possibilités d’agencer ce carré, toutes déductibles du même et donnant toutes la même graphie :

Ce n’est plus le cas, pour le carré d’ordre 4, offrant, lui, 880 possibilités alors que celui d’ordre 5 nous livre plus de 375 300 000 modèles, tous magiques. Quant au suivant, celui d’ordre 5, il nécessite un espace trop grand pour être transcrit.

- L’autre fonction se veut talismanique en ce sens qu’elle prétend, par affinités électives et par le pouvoir « mystérieux» des nombres, réguler et infléchir la mécanique céleste qui régit, dit-on, notre destinée.

Soyons clair. Si j’e me suis inscrit «A la croisée des chemins», c’est pour y trouver, au vu de la qualité des intervenants, la matière propre à forger un alliage peu banal, né de ces rencontres, à la confluence de différends points de vue. Mon propos n’est pas d’alimenter une discussion sur la «vérité» des idées proposées, mais d’en examiner le contenu compris dans ses différentes manifestations, d’une manière de penser et de comprendre pourquoi, vrai ou faux, elles font sens. Les symboles, de par leur inhérente pluridisciplinarité, nous incitent à découvrir des réalités non énonciables, sinon par de fulgurantes et intraduisibles associations de pensées. Le symbole évoque plus qu’il ne désigne et permet de lier le sens à l’image, par-delà les langues, lorsqu’il se révèle comme la «partie visible d’une comparaison non formulée et pourtant évidente». Mais je vous apprends rien et je saurais me faire votre humble élève lorsque j’aurais quelque chose à apprendre.
Dans ce forum, je n’avancerais pas masqué parce que mon statut d’artiste ne l’exige pas. Demande-t-on au fou du roi de se voiler la face ? Mon travail se situe à la confluence de l’art, des sciences et de la philosophie, à l’instar de Dürer et de bien d’autres de son siècle. En cela je partage avec le vieux maître allemand, tout comme l’a déjà formulé Hiram, la même fraternité d’armes, ne serait-ce que parce que nous y consacrons la plus grande partie de notre temps.
La Renaissance m’intéresse parce que ces gens avaient de l’art une conception que l’on ne retrouve aujourd’hui que chez certains des plus grands, James Turrell, Anish Kapoor, pour ne citer qu’eux. Le talent ou le don c’est ce qui nous est donné, ou mieux : ce qui nous est prêté. Or un prêté réclame un rendu.
Hier, dimanche, dans le cadre de la fête de la science, j’étais invité à donner une conférence sur mon travail au Musée de Belfort. Art et sciences ne font pas toujours bon ménage. Si cette dernière se veut rigoureuse, la première use facilement de toutes sortes de licences, poétiques ou non, qui heurtent le sérieux d’un chercheur patenté ou reconnu comme tel. Les progrès de la science, la somme des connaissances et des différents savoirs est telle qu’il faut aujourd’hui se cantonner dans une ou deux disciplines au risque de se perdre dans le dédale des chemins de traverse. Cela nous mène à un paradoxe : pour être performant et aller de plus en plus vite en se rendant d’un point à un autre, on supprime de plus en plus fréquemment les correspondances intermédiaires. Or ce qui fait la richesse d’une oeuvre ce sont justement toutes ces correspondances qui, à l’instar d’un arbre nous invitent à passer du tronc aux branches alors que les sciences contemporaines se sont constituées en îlots autonomes, repliées sur soi en une sorte d’autisme évitant toute relation avec son voisin.
D’autre part, la question du pourquoi est, chez les scientifiques, systématiquement remplacée par celle du comment comme si, en répondant à la première, l’on craignait de s’enliser dans des considérations peu quantifiables.

Revenons à notre pré carré avec ses moutons blancs et noirs, autrement dit pairs et impairs. Concernant la gravure Melencolia où, sans exception, les êtres et les objets, le paysage et jusqu’aux phénomènes atmosphériques sont tous sous l’influence de Saturne, le carré magique est, lui, consacré à Jupiter le «père Jovis» dont la jovialité, l’égalité d’humeur, est sensée rééquilibrer l’ensemble.

Pour ce faire, Dürer opère par de successives touches suggestives, introduisant, conformément à la signature de Jupiter, quelques formes récurrentes tels que le fléau en équilibre de la balance, le sablier dont l’écoulement indique lui aussi le juste milieu entre le passé et le futur ou le palonnier auquel est suspendue la cloche dont le battant désigne verticalement deux colonnes de chiffres équivalentes, comme cela a déjà été judicieusement démontré sur ce forum.

C’est là que Dürer nous surprend. Laissons provisoirement de côté toutes supputations l’affiliant à une confrérie initiatique pour ne retenir que ce fait probant, vérifiable avec une règle. Nous l’avons vu, le polyèdre, par le prolongement de ses arêtes, établit une double grille. Si on se reporte au dessin de CheminCroisé mon premier post du samedi 15 octobre 2011, on voit que le triangle rectangle dont l’hypoténuse passe par l’arête P E frôle consécutivement l’angle extérieur gauche du carré magique, en haut à droite, ainsi que la circonférence de la sphère, en bas à gauche. Sphère dont l’horizontale, partant du point U passe exactement en son centre pour aboutir à la base du premier gradin qui fonde l’édifice auquel est adossé l’échelle. Une première marche sur laquelle l’artiste a gravé ses initiales avec la date d’exécution. Ce fait est remarquable lorsqu’on sait que Dürer s’offrait toujours le luxe d’un cartelino quant il estimait l’oeuvre en question. Ici point de tablette, mais son anagramme gravé dans la pierre afin de bien signifier qu’elle répond à un traité d’architecture.

Pour finir, en vous demandant d’excuser la longueur de ce post, j’y joint ADAM ET EVE et la grille de Vénus que je livre à votre sagacité.




Cordialement à tous et encore merci à Hiram pour sa profonde et respectueuse connaissance de l’architecture sacrée, en référence à son pseudo, digne d’un frère trois points ...

MORF

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Hiram le Mar 18 Oct 2011, 19:22

Bonjour les Amis,
Ce matin : beau et frais sur le Québec,
hier un peu de grêle,
c’est l’Automne : le Printemps des Philosophes.

«… l'image, le symbole, ainsi que la musique
sont universels et ne nécessitent pas obligatoirement de traducteurs »
« … mais peuvent être mal interprétés et trahir l'idée profonde de l'Artiste ! »
Ludivine définit en peux de mots l’œuvre de notre Ami Albrecht.
Tes « petites réflexions » me laisse souvent pensif, Ludivine,
et m’ouvrent sur l’univers infini de l’Imaginal. Merci à toi.

Dürer, un artiste issu de l’orfèvrerie et de la gravure de l’École allemande,
nous a laissé un livre de Géométrie pour les gens du Mestier,
dont nous avons aujourd’hui une excellente traduction
bien commenté de Jeanne Peiffer « Sources du Savoir » « Seuil ».
(Il est bien triste que son projet d’un « Traité de Peinture »,
à l’intention des peintres de métier, ne nous soit pas parvenu.)
Un excellent compagnon à ce livre,
est « La Divine Proportion » de Fra Luca Pacioli,
illustré par Léonard et publié par les « Compagnons du Devoir » en 1980.

Albrecht était passionné par la lecture et l’écriture de la forme et de l’espace.
Donc par le dessein du dessin.
(Ses recherches illustrées ainsi que ses Œuvres en font foi.)
Dans sa bibliothèque il y avait, outre les livres d’Euclide,
le « Timée » de platon.
(Le « Timée » est la base de la thèse de Ton Brunès,
sur le Tracé des bâtisseurs et artistes y compris la « Sacred Cut »,
mentionné dans mon dernier envoi)
Jeanne Peiffer définit Dürer comme :
« Une géométrie à la croisée de Traditions pratiques, savantes et artistiques. »
En homme de la renaissance, et en profond penseur mélancolique,
il a aussi intégré dans son art,
la Cabale, l’hermétisme et les arts magiques du Talisman,
comme de grands penseurs hors sentier de son époque l’y incitaient.
(Beaucoup de dessins étaient employés dans ces domaines spécialisés.)

Voici un petit divertissement :
« La Tradition dans la Charpente française. »
L' « Art du Trait » est le tracer et les assemblages à échelle 1:1,
pour la charpente et la stéréotomie (taille de pierre).
(L' « Art du Trait » a été inscrit en 2009,
par l'UNESCO, comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité.)







Albrecht Dürer rendait visible l’invisible par les « Arts du Dessin »,
il dévoilait sans révéler,
il traçait avec rigueur plusieurs plans les uns sur les autres
(comme plan, élévation et profile l’un sur l’autre).
L’œil qui voit les discerne.
Ce qui se passe en surface, est dans l’espace et ailleurs.
(Un trait perçu sur la surface du dessin,
n’est pas nécessairement parallèle au tableau.)

Frère Aliboron dit :
« « Balance », qui me semble être la clef de cette gravure;
j'y reviendrai. »
En attendant qu’il revienne, la « Balance » nous vient de Geber (Jâbir ibn Hayyân),
Et par lui de Ja’far as Sâdiq (702-765), le sixième imam,
qui est à l’origine des Ikhwan as-safa (les Frères de la pureté)
reliés à la da`wa shî`ite ismaélienne.
Les Frères de la pureté nous ont laissé une encyclopédie : le Rasa’il.
(ref : Seyyed Hossein Nasr)
Albrecht fait la parfaite balance entre tous les plans,
je dirais, si j’ose, entre les états multiples de l’Être.

Mon cher Aliboron vous me surprenez toujours,
« « Traité des rayons » d'Al kindi »,
« « La Maison de la Sainteté a des « angles » bien établis !
Nos maîtres qui y résident sont des Abdâl.
Entre silence, solitude, faim, et veille,
se dresse le sommet du Pur Transcendant ». (Ibn Arabi). »
Tout sur la Parure des Abdâl…
(angles = zawya, lieu de rencontre des Soufis)
« Ils n'ont pas de disciples à proprement parler,
plutôt une fonction de Présence, (fort discrète), »
J’ai particulièrement apprécié le magnifique tour d’horizon
auquel vous nous avez conduit.
J’en veux encore…encore…encore…

Voici quelques réflexions pour alimenter le débat sur Dürer,
qui est si stimulant et bien parti :

Les thangka représentent des diagrammes symboliques, mandalas.
Ils servent de support à la méditation.
Le Lama, que nous avions à Montréal dans les année 90,
m’expliquait que lors du dessin du Mandala,
les artistes Tibétains initiés y voient une image 3D.
C’est donc un tour de l’Esprit et un entraînement.

Le Tapis (Frank Morzuch : « Revenons à notre pré carré
avec ses moutons blancs et noirs, autrement dit pairs et impairs. »)
et le tableau d’une loge
sont le résumé des symboles du travail maçonnique.
C’est le tracé de base en maçonnerie.
Le tapis symbolise le Temple,
Il est comme le reflet d’un monde intermédiaire sur deux (2) dimensions, le Plan.
Dans les temps de la maçonnerie opérative,
il était toujours tracé au début de chaque travaux.
Il était considéré comme un tracé magique.

J’apprécie tous spécialement votre approche des tracés, Frank,
ils ont comme une écriture magique,
et me rappelle, d’une certaine façon, l’écriture Vatan.
Votre approche me fait entrevoir tout un autre aspect de Dürer.

En ce qui concerne le « frère trois points »,
je dirais que « trois points c’est tout » un tracé
entre les colonnes du Temple des « Arts du Dessin » (Jean Blanc)
la force, la sagesse et la beauté du Mestier de Peintre de Tradition Optique,
avec Jan Van Eyck, Léonard et Albrecht Dürer,
trois piliers qui en plan sont vus comme trois points équilatéralement placés.
C’est toute une Architecture Sacrée… avec Villard de Honnecourt et Libergier.

Voici une référence qui pourrait intéresser certains sur ce forum :

http://www.iri.upc.edu/people/ros/StructuralTopology/


Entrons dans la danse des merveilleux derviches avec les tracés d’Albrecht Dürer,
bien Fraternellement,

Hiram, dans la salle du Trait
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Mar 18 Oct 2011, 22:31

bonsoir à tous

En complément à la grille de Vénus, quelques autres tracés qui en résultent. :











Dürer a 33 ans, c’est un an avant son second voyage à Venise. Il n’a pas encore cette maîtrise des nombres dont fait preuve Melencolia, mais il connait visiblement les carrés planétaires et semble très fier d’afficher à la face du monde les mesures retrouvées de l’homme et de la femme, ce dont rend compte la tablette accrochée à une branche de sorbier de laquelle un perroquet, l’oeil en coin, nargue l’observateur : Papagaï, l’oiseau moqueur, l’emblème des clercs vaguants détendeurs du gai savoir des enfants de Golia.
Signé ALBERT9 - DURER - NORICUS - FACIEBAT - 1504 -, certains latinistes voient dans le 9 accolé une forme contractive de la terminaison latine us. Si c’était le cas, pourquoi n’a-t-il pas écrit également DURERUS ? Est-ce un hommage crypté à Alberti avec un 9 à la place du I, la neuvième lettre de l’alphabet ?
Ci-dessous le plan de «ein underischt der malereÿ, ein speis der maler knabe» une leçon de peinture, une nourriture des apprentis peintres, ce livre qui ne fut jamais publié et dont le plan correspond à l’ordre chronologique de la date d’éxécution des quatre gravures, en référence aux quatre tempéraments :

Das Lehrbuch der Malerei

(Von Dürers Hand)

Von mos der menschen . . . Von perspectiua
Von mos der pferd Vom Licht vnd schatten.
Von mos der pew (Bau, Gebäude) Von farbn, wÿ man dÿ der natür geleicht

"Dürer Schriftlicher Nachlass, Hans Rupprich, Berlin 1966, Deutscher Verein für Kunstwissenschaft"


Merci à tous et plus particulièrement à aliboron et à Hiram pour tous ces liens qui enrichissent ma recherche, Jeanne Peiffer, dont je possède la «Géométrie de Dürer» a effectivement fait un excellent travail, idem pour le fac-similé de la «Divine Proportion» des Compagnons du Devoir.
Bien cordialement,

Frank Morzuch

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Mar 25 Oct 2011, 23:54

« Le pourple doit offrir de payer les frais du scel. Son but est de développer le goût du fantastique ».
(Pantagruel).

Chers administrés (dont bibi), bonjour,

- Mon approche sera délibéremment des plus « fumeuses », alliant (comme le dit joliement Jacquier) l'ombre au... brouillard, (avec ou sans bûcrane). En effet, sa poèsie a fini par m'évoquer, par défaut, la prose du romancier Castaneda :
«Croire que les ombres ne sont que des ombres, c'est faire. C'est une croyance plutôt ridicule. Considère cela sous l'angle suivant : il y a tellement plus pour chaque chose au monde qu'il doit y avoir nécessairement plus pour les ombres aussi. Après tout, c'est simplement notre faire qui les fait ombres. »

A vous, heureux nyctalopes, de vous dépattouiller dans ce clair-obscur singeant celui du chef d'oeuvre en cause... moi j'essaie jovialement de joindre l'agréable à l'inutile, le tout : « littérairement »... comme dirait un intégriste de l'opératif. Poil aux tifs.

Donc, hippo-thèse farfelue (mais prenant en compte les préoccupations des cercles humanistes de l'époque) :

- Dürer, via son ami Pirckheimer peut-être, ou par l'intermédiaire de Regiomontanus, serait devenu un élève (discret) de l'abbé Trithemius de Würzburg. Les deux disciples connus de ce dernier étant Agrippa et Paracelse. Un fixe et un volatil....
Postulons donc qu'en torturant sa melencolia de façon à lui faire avouer ce qui nous arrangerait, on en arriverait à autovalider ce postulat de départ... Un de plus, et hop !

René Alleau, en son étude sur le Splendor Solis, avance ceci : « Albrecht Dürer était considéré à l'époque de la Renaissance alle­mande non seulement comme le plus grand ar­tiste de Nuremberg, mais aussi comme l'un des cinq savants 3 qui avaient reçu l'initiation à la science des astres dont le premier maître nurem­bergeois aurait été, selon Bartsch, Johann Mül­ler, plus connu sous le nom de l'astrologue Regio­montanus, né le 6 juin 1436.

Note 3 : Regiomontanus, Schöner, Werner, Pirckheimer et Dürer, il semble que la transmission des arcanes hermétiques ait été effectuée par Johann Schöner, après Regiomontanus. En 1526, Schoner était professeur de mathématiques à Nuremberg. »

Il poursuit en attirant l'attention sur une ommision fréquente concernant « les rapports de Dürer avec la tradition astrologique de Nuremberg. Pourtant, parmi les gravures d'Albrecht Dürer, existent des dessins du globe céleste, des images du ciel méridional, du ciel septentrional et sur­tout le Dragon, rampant et portant sur la queue les figures explicatives des phases de la lune; on peut lire sur cette dernière gravure une indication de calcul des degrés par rapport aux nœuds lu­naires, ascendant et descendant : la « tête » et la « queue » du dragon symbolique. Si l'on objecte que Dürer était un simple graveur et non pas un astrologue ni un astronome, on pourra consulter la lettre adressée par le mathématicien Jean Tscherte, architecte de Charles V à Vienne, à Pirckheimer, l'ami de Dürer, le 5 décembre 1526. Il y est rapporté que le plan d'une sphère armil­laire a été entièrement établi par Albrecht Dürer. »

Quand on connait l'importance de ce dragon, pouvant en cacher un autre plus chymique (comme le laisse entendre Piobb, qui en télescope la dimension saturnienne et la lunaire, via une chauve souris fort voisine de la nôtre), on se dit qu'on tient le bon bout.

« Le serpent qui s'élance dans 370 bonds... tient sa queue dans sa bouche entre ses dents. » Siphra di Tzenioutha
Alleau, dans son livre sur le Mont Saint Michel, insistera sur le fait que « c'est la lune qui divise les temps avec une rectitude absolue »; et qu'à cet égard, il serait judicieux d'accorder la plus haute attention au Livre d'Hénoch et, d'en poursuivre le fil jusqu'à l'Apocalypse de Saint Jean...

En attendant la suite, rappellons nous d'office que Mikael, « l'ange de la Synagogue », est le saint gardien de la mer (laquelle ?), de la foudre et de la rosée. Préposé du paradis, il détient les clefs de la Cité sainte et de la Pierre philosophale.

Notre René favori, à propos de l'autoportrait de Dürer « au chardon » (plante apte à recueillir la rosée), ira même jusqu'à supposer qu'il signala ainsi son appartenance à « une société templière allemande en relation avec des confréries écossaises »... Tiens tiens, ce lien existait déjà avant le peu stricte baron de Hund?

Il est vrai que Trithème était l'abbé d'un monastère bénédictin fondé par... un écossais et, encore occupé par ces nationaux peu de temps avant son investiture ; que cette benoîte appartenance sera, de même, revendiquée par un Basile Valentin. La fiction parfois sous-tendrait la réalité ? Dans cette perspective, on pourrait emboiter le pas du Zanoni qui sur son blog (du même nom) nous rapporte un fumeux passage des « Récits de Belzébuth », du si pythagoricien Gurdjieff...et qui, benoitement, nous fait amerrir au Mont Saint Michel. Saperlipopette !

Quant aux templiers teutons (loin d'Heredom, 1314), on se rabattra sur les infos regroupées par Borella rappellant la « parenté » des Teutoniques avec l'Ordre du Temple, et, le fait que les seules traces accessibles des Amis de Dieu (de Ruman Merswin) dont la baraka rôde en coulisse des Roses Croix, se trouvent dans les archives de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem.

Autre indice (proposé par A. de Danann) encore plus aveuglant d'évidence celui-là :  la première règle templière s'était inspirée de Saint Victor, base théologique et religieuse de l'Ordre; or « les Victorins furent toujours l'objet d'antipathies à cause de la préférence qu'ils accordaient à Denys l'Aeropagyte », lequel favorisait « certaines spéculations pour ainsi dire ésotériques ». Je me doute bien que l'air du temps ne favorise guère une antique réalité : certains sym-boles, et pas des moindres, aiment à se planquer derrière certains concepts.... tout en laissant dépasser, qui, une queue, qui une crête. Mais passons....

Ce qui me rappelle une anecdote, non sans rapport me semble t'il avec la source de toute géo-maîtrise. Un moine, des plus contemplatif, eut l'occasion de visiter une chaîne de montage chez un constructeur automobile; il revint de cette excursion chez son hôte d'alors, Karlfried Graf Dürckheim, et, émerveillé, lui fit part de la stupéfiante similitude entre la géométrie constitutive de ces p.... de machines et, celles des.... anges qui souvent le visitaient. J'imagine que son interlocuteur en fut interloqué, jusqu'au hara...
Qu'est ce qu'un ange ? Un hara qui rit ? Méfiance, chers collègues, le grand Rilke nous a prévenu : « tout ange est terrible »....

Quoiqu'il en soit, ça m'arrange bien. En effet, il se pourait que les fameux graffiti templiers de Chinon, « hors-loge » cosmique pour Canseliet et Beltikine, présentent un rapport avec notre polyèdre et ses anges ou angles gardiens; l'abbé Trithème ayant publié un monstrueux travail (le « Traité des sept causes secondes ») portant sur une horlogerie tout aussi cosmique...

Beltikhine, dans sa trop savante étude sur ce supposé calendrier templier, date le début de la « fin » pour l'an 2208; ce qui ne correspond à aucune chronologie connue. Curieusement, si l'on considère le carré magique de Dürer de façon « magicienne », c'est à dire en reliant certains chiffres par des graphes (internes au caillou, ceux-là, voir p. 1 de ce fil), ça nous pond un chiffre fort voisin.

Soit une « proposition » d'additionner 16 + 5 + 6 + 7 + 8 + 13 = 47; puis : 4 + 9 + 10 + 11 + 12 + 1 = 47. Multipliés l'un par l'autre, comme nous y invitent tous ces X = 2209.
Soit un an après la date de Beltikhine, soit le jour 1 d'un autre « début » ?

Reste dispos : 3 et 2, ainsi que 15 et 14; 3 x 2 = 6; 15 x 14 = 210; 210 + 6 = 216.

Sur ce dernier nombre, il y aurait trop à dire ici. Sachez juste qu'il a un rapport aussi étroit que léonin avec une épidémie de prédictions émises en Europe du nord vers la même époque, dont certaines (notemment celle sur « le Lion du Septentrion ») sont attribuées à Paracelse. S'y mélangent, avec plus ou moins d'effets spécieux, le mythe Rose Croix et la venue d'Elie-artiste. Le noeud du problème tranché par le 216, ainsi que l'indique charitablement l'Aesch Mézareph, signalerait une mutation de la régence « angélique » des temps qui... alors venaient. Et par conséquent une « adaptation » synthonisée des voies traditionnelles...

Outre les « libertés » judicieusement prises par H.C.A. avec ce carré, passant des 12 externes (ancienne figuration du thème astral) au 16 géomantiques (en activant les 4 internes)... dont le sieur Andreb dissertera magistralement, on constate l'antique présence de ce carré de 16 dans la kabbale, où (sans nombres inscris), il « illustre » le plan de la Jérusalem céleste. Les 4 cases du milieu figurant la « terre sainte » car ne recevant que « les vents de bénédiction et salut ». Ce que nous « confirme » Dürer avec ses deux 17 croisés dans ce milieu : TOV (= bon en hébreux) = 17.

Mais revenons en à du « solide ». La somme de nos angles pentagonaux, 3240, étalée sur le calendrier juif, donne la « durée » exacte séparant la naissance du Christ (en l'an 3760), de la fin de leur septième et dernier millénaire.
Vu que le dernier est considéré comme hors cadre ("Le Monde subsistera pendant Six mille ans, auxquels font allusion les Six premiers mots de la Genèse... et cet état de la Terre se renouvellera au commencement du Septième millénaire." Zohar II.176 b), on peut parfaitement, comme Nostradamus, s'en tenir aux 6 premiers.

Dans la Lettre à César, préface aux premières centuries, datée du 1er mars 1555, Nostradamus écrit qu'il a composé ses "quatrains astronomiques de prophéties", en prenant la précaution de les "rabouter obscurement", et nous précise que ce sont de "perpétuelles vaticinations, pour d'ici à l'année 3797".
Or, nous dévoile P.Guinard, « pour ses Prophéties, Nostradamus prend comme origine le 14 mars 1557, le début de la lunaison du Bélier dans l'année 5317 du calendrier juif. Et, de 1557 à 3797, nous avons bien les 2240 années qui séparent le début de l'ère chrétienne de la fin du 6ème millénaire. » Bref, devant c'est derrière.

Divertissement : mon pote Joël a retrouvé ce 3240 sur notre carré magique en « imitant » le G (qui pourait se trouver « quelque part » au filigranne de cette G-ravure), mais en inversant sa spire : 14 + 1514 + 9 + 516 + 3 + 2 + 138 + 21 + 7 + 6 + 1011 = 3241... comme si on était passé au 1er jour de la suite.

Moins malicieusement, on remarquera que Trithème, de même, dédiera son Traité à « César » !

En creusant, on entrevoit aisément d'autres gros points communs, laissant ouvertes autant de lucarnes vers les cieux cousins de leurs énigmatiques chronologies.

Dans son Traité, Trithème affirme que cette régence lunaire s'étend de 1371 à 1689. J'en sais des qui préfèrent en rétablir le comput via divers cycles lunaires, mais ça ne modifie guère cette fourchette. (Quelques prises de chou plus loin, j'ai fini, exténué, par « étirer » librement la séquence de Trithème aux repères temporels « temps-plié » donnés par Beltikhine et, ce bidouillage d'avoir pour résultat mirobolant... pile-poil la date de 1514, comme début du règne de la lune. Mais passons... faut plus que je fume la moquette en lisant mon Petit Albert).

Il semblerait d'autre part que Nostradamus ait adopté le meme comput puisque dans L'épitre à César il ecrit : « Et maintenant (en mars 1555) que nous sommes conduicts par la lune, moyennant la totale puissance de Dieu éternel, que avant qu'elle aye parachevé son total circuit, le soleil viendra, et puis Saturne. Car selon les signes célestes le règne de saturne sera de retour, que le tout calculé, le monde s'approche d'une anragonique (devastatrice...) revolution. »

Heureusement, comme le dit Ruzo, Trithème, plus charitable sur ce point que Nostradamus (qui ne nous livre que les 3 derniers), donnera l'ordre entier des « jours » de son Hebdomade : saturne – vénus – jupiter – mercure – mars – lune – soleil – puis, à nouveau saturne... vu, nous dit-il que c'est sous son règne que naquit le Christ et, qu'il reviendra la même «année » en tant que Messie.

Dernier point de convergence repérable : Tritheme, comme Nostradamus, disent qu'après le règne de cette lune « on aura besoin d'une prophétie pour la série d'évenements futurs ». Au boulot les Paco et les Rabanne !

A l'examen donc, le labyrinthe de l'un se superpose plutot bien à celui de l'autre; reste plus qu'à y inventer des zigzags magiques « significatifs », comme ceux de MORPH (que je salue cordialement au passage). Seul pb, ils devront être plus temporels que spaciaux.... ça se corse.

En attendant l'opératif qui parviendra à les « tracer » sur un support aussi «sablonneux », voir vaporeux... cette série « planétaire » commune à nos deux chrononautes nous entraine vers des énigmes avoisinant des Mystères.

On a dit que l'abbé l'avait emprunté à Pietro d'Albano, médiéval savant et théurge. Why not... mais je la retrouve plus certainement dans le traité de théurgie (l'Anacrise) qui rattache étroitement Trithème à l'ermite majorquais et arabophone comme Lulle : Pelagius, mentionné dans mon précédent post. Lequel passa aussi beaucoup de temps en cette Afrique du nord, où le « parfum » ismaèlien des fatimides pouvait encore être humé, ça et là.

L'Anacrise, oraison de tous les jours de la semaine :

1. Pour le DIMANCHE au soir à l’ange MICKAËL
2. Pour le LUNDI à l’ange GABRIËL
3. Pour le MARDI à l’ange ZAMAËL
4. Pour le MERCREDI à l’ange RAPHAËL
5. Pour le JEUDI à l’ange ZACHARIËL
6. Pour le VENDREDI à l’ange ANAËL
7. Pour le SAMEDI à l’ange ORIPHIËL

Ceci dit non pas pour invoquer je ne sais quelle « Maison de la Sapience », où l'on croiserait des Roger buvant du thé à la menthe avec des Saladin, mais parce que, réflexion faite, on ne peut que trouver le parallèlisme (doctement effectué par Corbin) entre rites sabéens puis ismaèliens, et théurgie divine de Pélagius, extrèmement troublant...

De là à y trouver la perpétuation itinérante d'une alchimie « spirituelle » dont les paracelsiens et Rose-Croix seront les derniers apôtres, pourquoi pas ? La christologie ismaèlienne s'y prête remarquablement bien. Encore faudrait-il ne pas oublier qu'à la source (éternelle) de cette grâce et dispensation providentielle, Ergon et Parergon font cause commune... sur le même Pégase. Une theologia sacra comme celle de l'Aéropagite en dévoile la superstructure, la connivence entre l'Un et ses multiples rendant possible tout Opus.

De cette cavale, on peut trouver quelques crottins à même le carré de notre melencolia.
Ayant déjà un peu disserté arithmétiquement et « littérairement » (sur ce fil) du chiffre 136, je vais à présent le réquisitionner un brin historiquement. 1514 – 136 = 1378.

- Date de naissance de Christian Rose-Croix; et du départ de Flamel pour son « compost-stellae »; et du schisme d'Avignon avec son pape (qu'il est « possible » de rattacher au 34 ème de la prophétie de Malachie). Dédoublement pontifical vécu comme une catastrophe par l'humanité catholique et, appelant tôt ou tard une réforme de ce « pouvoir »; réforme éliaque dont celle de Luther ne sera peut-être que l'ombre portée... trop bas; ainsi que je l'ai évoqué plus haut. On dirait que cette date fait de gros grumeaux dans le johannique potage, non ?

Mais, poursuivons nos cogitations scalaires.
Une enquète plus poussée montre que cette série bizarroïde remonterait au dernier roi égyptien, le fameux astro-magicien Nectanebos. Qu'elle était également utilisée pour les mystères mithraïques, bref que sa provenance l'affranchit des supposées descentes et remontées des âmes à travers les cieux planétaires. Ce qui est le cas des apocalypses juives et chrétiennes dispensées du prêt à porter astral... d'Hénoch à Saint Jean, isn't it ?

Coté Mystères, on peut aller s'inspirer de « l'Alchimie du bonheur parfait », d'Ibn Arabi qui semble avoir obtenu de son échelle (par surcroît...) des lumières regardant directement à la pratique de l'Opus. Se rappeler qu'il est le lointain disciple du grand Dhul-Nûn al Misri, soufi alchimiste ayant, dit-on, recueilli l'héritage de la gnose égyptienne...
Très bas, vers l'estuaire envasé de cette inspiration, on trouvera les Arcana Arcanorum...et des gros têtards musclés spiritualisant leurs égos.

Il se peut que ces agencements dit planétaires, géo-maîtrisés trigonométriquement, nous dévoilent des cycles d'animation et/ou d'occultation comme chez les ismaèliens. Dynamique des fluides, c'est la mission impartie, quel que soit le niveau envisagé, aux polygones étoilés. Ils tiennent leur tonique origine du « hiatus » entre ordre céleste et ordre terrestre : l'héliX platonicienne du « devenir ce que l'on est ». On y viendra plus loin.
Le sujet est costaud puisqu'il semblerait que ce problématique « retard » de l'un sur l'autre, déclinés sur 7 tons et dont tout les règnes ici bas souffriraient, n'empêche pas certains, d'humain lignage, d'être néanmoins toujours à l'heure... kairos typique des sages et autres éveillés. « Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d'autres ». ?

Outre le fait que qu'en cyclologie les chiffres et les nombres échangent souvent leur maillot, (et sans parler de l'origine musico-sophique et géométrique de sa « portée », à ne pas perdre de vue en route), le problème majeur pour nos égos reste, à priori, plus « littéral » qu'imaginal : quelles sont les unités de valeur temporelles utilisées dans ces « chronologies mystiques »; et, pire encore, quel en serait le point de départ nous permettant d'en déduire la fin ?

J'en devine déjà qui à me lire seront déçus par la date, ici trop éloignée, de l'anragonique révolution promise par Nostradamus et Trithème. Au moins avec le calendrier « maya », on a une chance d'avoir un strapontin pour le spectacle... Ok, le fond de l'air effraie, mais de quelle imminence s'agit-il vraiment ?

Incessement sous peu ? Personnellement, je m'en tape : une fin, aussi collective se propose-t'elle, sera malgrè tout vécue en mode « perso » par mézigue... On risque juste de se trouver distrait d'une bonne mort par les nuisances inhérentes aux « transports en commun ».

Cela dit, après d'autres, ma curiosité fut attirée par une assertion discrète de Guénon : « l'année 720 du Kali Yuga (durée 6480 ans) est le point de départ d'une ère connue, mais dont ceux qui l'emploient encore actuellement ne semblent plus savoir ni l'origine ni la signification »

6480 – 720 = 5760. Ce qui, pour un hébreux correspondrait donc à l'exacte fin du Kali Yuga indien.
A supposer qu'il soit « théoriquement » possible de confronter ces deux calendriers qu'à priori rien ne permettrait de rapprocher... Mais mon petit doigt me dit que la theoria en cause n'a pas de nationalité définie et peut d'autant mieux voyager dans les temps ou les cultures, qu'elle ne s'y origine guère.

Remarquons, dit Amadou, que ces connaissances astronomiquement redécouvertes par la science « n’implique pas que les Hindous connaissaient expérimentalement, ni même d’aucune manière, le phénomène de la précession des équinoxes. En histoire de l’astronomie, leur connaissance de ce phénomène, à une époque reculée demeure question débattue.
Au contraire, je vois là une confirmation de la possibilité au moins que le nombre du cycle précessionnel ait pu être calculé métaphysiquement, et pour être plus précis, arithmosophiquement, par les Hindous... et dans d’autres cultures, la culture babylonienne par exemple ou des cultures africaines».
On retrouve les insinuations d'Alleau sur les « mystères de la division du cercle ».....matrice commune des astrologies supérieure et inférieure.

Quid de notre étonnante hebdomade dans son implication chymique ? Dans les pas de M.Maïer (grand fan de Jabir...) et de Jacob Tollius, H.C.A. nous dit : "Or, j'ai trouvé que certaines fables sur les dieux nous menaient directement à apparenter les métaux qui leur sont attribué par l'identité de volume atomique entre ceux que la fable réunit".

Ruzo, plus pédagogue que H.C.A. ou Piobb, explique : L'ordre des jours de la semaine n'est pas arbitraire. La base scientifique (?) de l'ordre des planètes et du choix de l'une d'elle pour la 1ère place se trouve dans les nombres atomiques des métaux qui correspondent aux Génies planétaires.
 La série des nombres atomiques est la suivante :

Saturne-mercure-apollon-jupiter -diane -vénus -mars
Plomb - mercure - or - étain -argent -cuivre -fer
82 80 79 50 47 29 26

En prenant dans cette série 1 élément sur 2, on obtient la succession des jours de la semaine : saturne-apollon-diane-mars-mercure-jupiter-vénus.
Et en prenant 1 élément sur 3 de la 1ère série, on obtient la succession horaire : saturne-jupiter-mars-apollon-vénus-mercure-diane.
Ces 3 séries en engendrent 3 autres, en sens inverse. »

Pour rester dans l'esprit de géométrie de ce fil, on utilisera plutôt pour générer ces séries un heptagone étoilé aux liaisons trigonométriques. On remarquera, de plus, que la série de Trithème est basée sur le cycle des quintes descendantes et quartes montantes (en musique), et qu'elle n'est autre que la gamme de FA.
Yves Millet, fera mention de la pertinence d'en figurer le déploiement en inscrivant ces gammes sur une spirale... Soit, la puissance ou viridité du quinaire, objet de notre 1er post sur ce fil.

Laquelle spirale (où le Reste se fait Germe et, le volatil fixe et inversement) se propose gentiment d'apparaitre sur cette gravure si l'on prend en considération la géniale observation de Laposse :
« Il existe un point particulier dans cette œuvre. C'est un point d'équilibre.

Ce point nous est subtilement indiqué par l'équilibre de la balance (car la balance est en équilibre : les deux plateaux – vides – sont au même niveau). Le fléau est donc parfaitement vertical. A son extrémité supérieure, on trouve une petite boule.
 Au départ de ce point remarquable, trois droites peuvent être naturellement tracées.
Une verticale, bien sûr, mais aussi deux obliques particulières. Toutes deux sont la
prolongation des deux filaments externes qui soutiennent les plateaux de la balance,
et là, observons que la symétrie est parfaite. De plus, nous sommes confortés dans
cette observation par le fait que l'oblique de gauche recouvre très exactement le bord
d'un des montants de l'échelle, indiquant ainsi que cette droite est bien une des lignes
directrices du tableau. Cerise sur le gâteau, cette droite est tangeante à la sphère. 

Or, nous découvrons alors que ces deux droites forment un angle d'exactement 36°. Un dixième du cercle, donc.36°, c'est la moitié de 72°, une valeur importante aussi, parce que 72°, c'est 360° divisé par 5, ce 5 intriguant qu'on retrouve mis en exergue, à l'envers, dans le carré magique. 72°, c'est donc aussi l'angle qui génère le pentagone, figure appréciée par Dürer, comme on l'a vu plus haut.
Il se fait que 36° et 72° sont les angles de référence du triangle d'or, un triangle isocèle dont les longueurs des côtés sont dans le rapport du nombre d'or

Bref, le gnomon de ce triangle d'or se trace de façon fort élégante (le Beau est la splendeur du Vrai; Platon) sur cette melencolia. En prime de la spire qui s'en déroule (manifestement plus opérante que l'échelle, hors d'usage), nous pouvons cavalièrement prendre en compte le sens premier du mot gnomon pour orienter la scène, et s'y retrouver un chouïa dans les diverses sources de lumière qui l'éclairent.

Vu que la « naturelle » clarté provient (angle inférieur droit) de l'ouest, que le talisman de Jupiter s'élabore en Balance, j'ose en conclure que c'est le « moment » cosmique de cette attente... C'est « artistique », je vous l'accorde, mais d'un dessein en possible accointance avec celui présidant à l'oeuvre examinée, non ?

5760 du calendrier juif = l'an 2000 de chez nous... (juste agrémenté d'un décevant bug informatik !). Sur ce calendrier indou, maître-étalon de Guénon, cette chrétienne année-là coïncide du même coup avec la fin du kali yuga; par contre, il resterait 240 ans pour arriver au début du 6ème millénaire juif. Soit 1240 (+ 1) avant le début du 7ème. Disons que tout ceci assone fortement avec les 2240 ans de la nostradamique envergure. Et que ce temps restant pourait être celui qui, dans le sablier, ne s'est pas encore écoulé... Donc, « l'évènement » ici désigné se situerait au début de la fin.

Après avoir soumis notre carré magique à la question, il a fini par avouer ce que je lui chuchottais, ouffff. Y a bon le syndrome de Stockholm...
Démo : dans l'ordre,1632 + 13 + 510 + 118 + 967 = 3240 . Reste notre 1514 encadré d'un 124-1 content de lui... Si c'est pas du bol ça !

A l'appui de ma fumisterie ou indépendament d'elle, quelque chose me dit que la sombre ambiance suintant de notre melencolia présente de curieuses similitudes avec celle, récurente en de nostradamiques quatrains.

- Au quart pillier lon sacre à Saturne,
Par tremblant terre & deluge fendu
Soubs l'edifice Saturnin trouuee vrne,
D'or Capion rauy & puis rendu.

- Sous les antiques edifices vestaux,
Non esloignez d'aqueduct ruyne.
De Sol & lune sont les luisans metaux,
Ardente lampe, Traian d'or burine.

- Qu'on cuidera Deucalion renaistre,
Dans le colosse la plus part fuyront,
Vesta sepulchre feu estaint apparoistre

- Quand lampe ardente de feu inextinguible,
Sera trouvé au temple des Vestales,
Enfant trouvé feu, eau passant par crible,
Perir eau Nymes, Tolose cheoir les halles.

Faute de place, je renvoie les ceusses interressés aux études de Ruzo et de
Piobb....où urnes, sépulcres, cercueils et autres pentagones se partagent la salle d'attente et les 360° du cercle. L'urne pourrait être cet objet (pourtant toujours ignoré !), situé entre le chien et la sphère. Quant au feu inextinguible, ardent au bord de l'eau dans cette gravure, il nous permet d'entrevoir, via ses Vestales, que tout ceci relève des Mystères de Cérès comme le rappella Fulcanelli aux premières pages de son oeuvre.
C'est en effet la même balance qui sert à évaluer les trois inconnues du Grand Oeuvre, dont le Temps. D'où sans doute, l'inclination chez certains (tel M.A. De Nantes ou, le « Finis Gloriae Mundi » de son supposé disciple) à étendre leur « miroir des sages » aux dimensions d'un cycle plus vaste; ce qui est tout à fait dans l'esprit de la christique et jabirienne « réforme » du XVème siècle que nous avons évoqué.

Or que nous dit la tradition juive pour cette « date » de 5760 ? D.Cohen, dans une remarquable étude, nous assistera. C'est celle du grand Miqwe macrocosmique (§); inévitablement connue des hébraïsants gravitant au XV siècle dans les cercles humanistes, et précisemment « situé » au début de la fin...

Là, je sens que je fais faire plaisir à Charly qui, en page 1 de ce fil, s'était fendu d'un bon historique du point G :

« En qualité de centre de la loge, la lettre G représente donc de manière allégorique la mer de bronze, et cela probablement en raison de son tracé, puisqu'en 1696 l'Édimbourg avait désigné cette même mer de bronze sous la forme d'un « large ovale » par référence à la forme circulaire de cette vasque (1 Rois 7, 23). S'interroger sur le symbolisme ultime de la lettre G, c'est donc en définitive chercher à élucider le symbolisme de la mer de bronze du temple de Salomon vaguement schématisée par la lettre G. »

Le problème avec cette omnubilation « spaciale », conduisant les frères 3 points à négliger le temporel, (dimension « ésotérique » du précédent...) où ils s'obstinent plaquer tous leur « traits », c'est qu'elle zappe l'essenCiel de la portée des « mesures » et autres proportions à eux léguées. Or, on va vite voir que si les mesures du Miqwe (comme celles d'Ezékiel, de Saint Jean, ou de Pacioli etc...) participent des deux dimensions en même... temps, (vues qu'elles partent et reviennent d'une 3ème, source des deux autres), c'est néanmoins la temporelle, la subtile, qui prédomine, porteuse de sens.

Les « distances » entre cieux judaïques sont dites de 500 années; et l'on y retrouve les alternances occultations-résurgences que les Roses Croix remettront sur le métier à tisser de la Maya. Boucles ou lacs d'amour ou entrelacs « celtiques » que Dürer grava (de son propre chef) et, qu'il offrait souvent pour accompagner les trois autres célèbres gravures... Noeud parfait héraldiquement substituable au chardon, observe R.Alleau. Et toc !
Le kabbaliste R. Luzzatto enseigne que les 7 millénaires = les 7 jours de Création. Que chaque millénaire est constitué de 35 siècles de jours et autant de nuits, ce qui renvoit au mot SOD (le secret) de valeur 70. Qu' un millénaire vaut 24 h; donc 500 ans = 12h. Que chaque ère est de 500 ans de nuit et 500 de jours. Bref, on est loin de Kepler, même si ce dernier tenta une dernière fois avant la faillite collective de maintenir ce Cosmos.
Luzzato toujours : Que ces 7 cieux sont, en fait, les champs d'animation de seulement 5 séphirot, et non 7; les 3 autres constituant les « têtes » ou triangle sacré... (qui n'est pas sans rapport avec les trois « baisers » de l'initiation templière et, le « Centrum in Trigono Centri » de Madathanus and co). Etc, etc...

De fait, l'erreur « spatialisante », pour ne pas dire scientiste, semble datée du début de la réception de l'héritage ou, bric à brac :

«La géométrie enseigne à mesurer les cieux matériels »(1). Phrase qui permet de comprendre en quel sens le Wilkinson avait cru bon d'interpréter la lettre G (dont le tracé était censé représenter la forme circulaire de la mer de bronze) comme l'initiale de Géométrie : c'est que, en qualité d'instrument astronomique, la géométrie céleste mesurait les cieux (à savoir le zodiaque et les douze constellations arctiques) précisément représentés par les douze bœufs de la mer de bronze (1 Rois 7, 25). »

Or, on a dèjà entrevu, plus haut, que ces préoccupations astronomiques (et son refoulé l'astrolâtrie) n'avaient pas grand chose à faire avec les « cieux » internels du judaïsme, ni des deux autres monothéismes. Ce, sachant que cet internel englobe et, ce faisant, dépasse les deux autres approches; il n'est jamais à concevoir comme les excluant. Sauf à prôner une spiritualité abstraite, comme celle qui prévaut de nos jours.

De même, on remarquera que jadis, naguère et parallèlement, ces 7 ne se con-fondaient point avec leurs « mécaniques » conséquences (un coucou à Jacquier !). Le symbolisme des Pléiades ou de la Grande Ourse, que ce soit dans le Véda, chez Rûzbehân de Chirâz, en alchimie taoïste, ou ailleurs, se référait à des « dieux » hyper-cosmiques; soit, pour causer comme le Yi King : le Ciel Antérieur, différemment disposé par rapport au Postérieur, gérant de nos fèces et de nos hallucinations « objectives ». Antériorité identique à celle, également toujours présente, que notre alchymie loge en sa materia, seule épargnée par la Chute.

On dirait donc que tout en haut et tout en bas (voir l'étymologie cavalière associant nos étoiles au Seul Désir, « sidus ») la cons-piration originelle est toujours de garde. Manque plus qu'un désirant au mi-lieu, conjuguant ces antérieurs en mode internel, pour en réactualiser l'Harmonie. « Je » d'enfant, vu que ces deux extrèmes s'originent, perpétuellement, au même cordial milieu ou mi-temps que l'oeuvrant.

Quelques chanceuses fréquentations passées m'ont montré que les lois de la dite Harmonie (perceptible au seul Présent et sur fond de nescience), n'avaient que peu à voir avec la re-présentation de celles que nous avons pu retrouver/inventer dans la nature. Etrangement, la version devinée et savourée en Eveil fusionne (en actes) miracles et, évidences... au sens le plus plan plan.
Pas surprenant du coup, qu'une très discrète série « planétaire » en émanant se voit associée d'une part à de divines théurgies hypostasiant de pures fractales (comme dit Trojani) pour les épouser; et d'autre part, coté lourdaud et « objectivant » : à des extorsions... magico-rentables, requèrant un égo bodybuildé... des plus comiques.

En fait, c'est comme en amour, il y a des distances qui séparent et d'autres qui relient. Différence purement qualitative entre les deux. Or celle-çi, sa musicale interprétation (nécessitant un feeling avisé ou, Art d'Aimer), est proprement la science de la balance : « accomplissement du désir demeuré désir », dira t'on pour suivre Platon (et Jabir) qui la disait « mesurant le désir de l'Ame du Monde ».

Tabernacle !!! ... (comme dirait Hiram; que ta Massénie se porte au mieux !) et sacré programme !

Car mesurer ce désir... quoi de plus subtil ??? Soit : la hîma ou Souffle de compatissance existentiateur pour Ibn Arabi; la devukut ou « intention » des kabbalistes semblable à la kundalini en ses modes à la fois macro et microcosmiques, montant et descendant; ou l'Amour chez Dante et qui fait se mouvoir les étoiles et le reste de ... l'Universion.

Systoles-diastoles de la très lunaire « science des souffles » (pas qu'hindoue !) pour les petits mystères (Parergon) d'avant la totale nescience. Mais simultanées en faits et au fond, comme l'indique la « Spandakarika » (Stances sur la Vibration) du shivaïsme cachemirien. Explosante-fixe.... Pas évident d'en « tracer » les volutes sur une plan-planche; sauf à bénéficier d'une inspiration comparable à celle qui préside au « Liber Corax », disponible chez votre libraire favori.

Voilà qui laisse songeur tel le grand ange ou, joueur comme le petit, mais en revanche un brin rigolard envers les bouquets de thermo-maîtres ou de compas en goguette, de conception technoïde donc égotique, imposés sur le marché « initiatique » des... énergies ou des pentacles. On y viendra dans le post suivant, celui-çi devenant d'une longueur lapossement répréhensible...sorry.

Je finis donc par le Miqwe. Son sens profond étant un indubitable avant goût du boule-versement ultime, à l'instar des influences d'un signe astrologique se faisant déjà « sentir » dans la fin du précédent, je crois opportun d'en repérer les connotations (devinées par Charly via son G-rard) en cette gravure.

Que cette trithèmienne gravure ait ce Sujet (l'or y fiel) pour objet ne serait pas très surprenant. La providentielle rénovation opérée du temps de Dürer via la discrète « pré-maçonnerie » qu'il cotoyait peu ou prou, participe du même type d'interval ou chevauchement entre deux cycles : équi-noxes (voir l'importance de la balance figurant sur notre gravure). En cette subtile matière, hologrammique à souhait, le même est l'autre : équi-valents. Car le type donne le ton... poil au menton.

A défaut d'infos aisément repérables dans notre tradition chymique, qui s'obstine à laisser sous silence la précieuse balance de son astrobiologie, voir le « traité du kalachakra », très charitable sur le sens (pur non-sens) de cette équi-noxe, indissociable de celle (si vantée) de printemps puisque c'est (simultanément) en face que ça descend...

- Mais achevons bien notre dada : le Miqwe : une histoire d'O ?

« Bain rituel, localisé au « lieu de rassemblement des eaux célestes descendues à terre ». Creusé dans la terre, le Miqwe doit contenir une quantité d'eau équivalente à celle contenue dans un volume définie par un parralélépipède rectangle (tiens tiens, le revoilou...), lequel symboliquement ne diffère pas du cube, rajoute Cohen; d'une coudée de largeur sur une de profondeur multipliée par trois coudées de hauteur. La somme de ces trois mesures dont le total s'élève à 5 devant être mis en relation avec les cinq séphirot déjà signalées ».

(- Info, en passant : les nombres carré (16) et rectangle (18) sont les seuls nombres-plans dont il se trouve que les périmètres soient égaux à leurs aires. Carré doté d'un coté de valeur 4; et rectangle de valeurs 3 et 6, of course....)

« Le Zohar dit que ce volume d'eau est équivalent à 5760 betsim, mesure équivalente au volume d'un oeuf. »

(Ce nombre, par ailleurs (cher Hiram), est celui du temps biblique séparant (en mois) le départ d'Egypte du commencement de l'édification du Temple de Salomon.... Trop coooool ! Et Umar de montrer que 576(0) est la tetraktis « puissance seconde », car quatre au carré X par trois au carré X deux au carré X par un au carré = 576(0). Cadeau !)

« Ce volume est dit être celui contenant et recouvrant totalement un homme debout, le texte faisant remarquer que le mot Miqwe permute en Qoma, qui est proprement la « mesure » de l'Homme Universel ».

« Dès lors, la date de 5760 a été associée à celle de la résurrection des morts qui marque la fin du cycle par la descente de la rosée céleste qui est elle-même l'eau du Grand Miqwe dans lequel le monde doit être immergé »

« Les trois coudées de hauteur représentent les trois mondes manifestés; l'immersion dans le Miqwe symbolise la réintégration dans le plan originel de la séphira Bina; liée aux têtes ou triangle mentionnés au début du post. En même temps, le Miqwe est la traversée des eaux symbolisée dans le Livre de la Genèse par celle du fleuve Yaboq, par le patriarche Jacob ». (Tiens tiens, on le retrouve d'un Mutus Liber au n'autre...).

(Il y a, dans ce qui précède, quelque chose qui m'évoque fortement ce singulier et mystérique propos de Basile Valentin : « Et la véritable cause de la destruction du macrocosme est que l'esprit du Seigneur mutera le siège et le domicile qu'il a en lui, pour les transférer dans le microcosme. »

On croirait percevoir cette « mutation » comme un (intemporel) écho de Corbin pour qui il s'agit de « rentrer, de passer à l'intérieur et en passant à l'intérieur, de se retrouver paradoxalement au dehors, à la surface convexe de la 9ème sphère. Désormais c'est la réalité spirituelle qui enveloppe, environne, contient, la réalité matérielle. C'est pourquoi la réalité spirituelle n'est pas dans le « où ». C'est le « où » qui est en elle ».

De fait, je suis surpris que si peu d'  «opératifs » aient (au moins) deviné que le merveilleux et si charitable « Grand Oeuvre Dévoilé » de F. Trojani nous invitait à commençer là où il faut : nulle part délocalisée dans l' ici et maintenant. Ailleurs, la sauce ne peut pas prendre...ça va de Soi.)

- S'ensuivent quelques profondes remarques de D.Cohen et que je vais tenter de vous extraire sans dommage, puisqu'elles me semblent éclairer le dessein de notre cher dessin.

« Placé hors du temps, le 7ème millénaire, à l'instar du 7ème jour de la création, possède une place particulière dans le cycle. On peut dire qu'il compte et ne compte pas à la fois dans le total de la durée. Cet état de fait provient de son rattachement au symbolisme de la Chekhina qui est à la fois la 7ème sephira et le centre des 6 sephirot qui la précèdent. Position centrale faisant que lorsqu'elle se projette dans les plans manifestés spatiaux et temporels, cette incarnation du Verbe « n'occupe » en quelque sorte ni place ni temps, mais se présente comme un « non-lieu » ou un « non-temps ».

Et pour en finir : « Les sept inférieures sont établis comme le principe direct de la manifestation, temporelle notemment. Il est dit d'elles qu'elles sont toutes élaborées à partir d'un nom divin « féminin » (Ben) et que ce n'est qu'avec la descente d'un principe « masculin » (Mah) qu'elles sont en mesure de présenter le visage du monde de la Atsilout, qui réunit donc en lui les deux principes. Ces deux aspects sont l'un nocturne et ascendant et l'autre diurne et descendant. »

Voilà de quoi ravir les hermès triple-buse qui vont piller mon pauv' post pour se faire mousser en loge.

- Sans rancune et, (embarrassante ?) cerise sur le gateau : je remarque dans la réglementaire et zoharique kabbale de Cohen, (en passant), que c'est curieusement « le nombre 9 qui va guider tous les cycles », alors qu'on était fatalement enclin à se satisfaire du 7. Ainsi, dans notre polyèdre, la somme théosophique de chaque angle donne obstinément 9....Strange, isn'it ?

Schwaller, comme Ruzo, l'avait aussi compris et donna succintement l'équation. « Ces 7 sont l'expressions de 9 fonctions ». Plus zézotérik (pour les accros), la sybille d'un apocryphe éthiopien, rectifiée par R.Auclair dit de même : « Les jours du Seigneur sont 7. (...) La sybille vit neufs soleils ».
 
Gurdjieff idem, et c'est le moins que l'on puisse dire puisqu'à l'insu de son plein grè l'énnéagramme devint un rentable instrument de « gestion » du développement.... personnel. Pov' n'oeufs qui n'écloreront jamais faute de poule, (sauf accident bien sur).

Note finale, ourouborique à donf vu qu'elle retourne à la case Beltikhine du début. On sait les nombreuses tentatives, souvent désopilantes, de subvertir la douce melencolia pour lui prêter une voix off éructant doctement sur des points « très précis » du Grand Oeuvre.
Or, il y a un historique pb, sachant qu' en arts (comme en tant d'autres domaines) les inventions sont inféodés à d'occultes plannings et se manifestent alors à plusieurs endroits en même temps, comme les champignons. Bref, à ma modeste connaissance, on ne trouve d'utilisation de polygones pour illustrer l'Opus qu'un long siècle après Dürer. Chez l'anonyme auteur de « l'Abrégé de l'astronomie inférieure des sept métaux » (1645) et, chez W.Davidson en ses « Eléments de la philo de l'art du feu ou Chemie, (1651). Cela étant, bien qu'à Trithème furent attribués moults chymiques opuscules qu'il ne revendiqua point (on ne prête qu'aux riches...), il n'en demeure pas moins qu'il semble y avoir ici un évident parfum de cornue.

Beltikhine fait si bien la « part des choses » et des non-choses, que je ne résiste pas à le citer quand il traite du « retournement » effectué (au Miqwe), renversement des pôles; d'autant qu'il pèse ses mots avec une balance d'horloger...

« Analogiquement, il équivaut à la mutation alchimique des corps et des esprits et à la permutation de leurs positions réciproques. (...) C'est là que se produit une césure dans la marche du Temps, qu'en quelque sorte le Temps cesse d'être et qu'à l'occasion de cette rupture, l'espace d'un éclair, l'Eternité s'insère et pénètre dans le Monde, parmi le flamboiement des éléments dissociés, au milieu de l'écroulement des puissances temporelles brisées et comme anéanties. »

Reste une énorme question : le dit Miqwe étant déjà « passé », que faut-il en piger ??? La suite au prochain épisode.

Cordialement
aliblabla

- PS à l'intention de MORPH : ne te laisse pas impressionner par mon encyclopédique ignorance, elle ne veut RIEN dire, jeu de putto dans le noir...... ; poursuis tes passionnants travaux « de plein jour ».

P.S. pour Charly : j'ai attentivement suivi ta « vision » du visage sur la pierre et me permettrais un complément, à considérer dans l'axe de l'Arbre de Jessé... même s'il est dit que le Fils de l'Homme n'aura de pierre où poser sa tête.
N. Sed en sa « Mystique cosmologique juive » rapporte ceci, bien développé et tous les sepher qu'il faut en appui (pages 163 à 170 et 187 et 188).
« ...Jacob y plaça alors sa tête pour y passer la nuit. Son visage se dessine donc sur cette pierre extraordinaire, losqu'il voit en rêve l'échelle qui relie la terre aux cieux, la pierre de l'autel d'Abraham au Sanctuaire d'en haut ».
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Hiram le Mer 26 Oct 2011, 16:32

Bonjour Frère Ali(boron),

Merci pour tes excélentes connaissances
dignent des Daïs Ismaéliens.
Hassan i Sabbah en serait fier.... Cool
Le temps (saturne) de passer toutes ces connaissances (jupiter)
de cette somme théologique,
et après la digestion Ivre
je reviens dans le dialogue.

Fraternellement,

Hiram



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Les signes de Sonora

Message  Yvo Jacquier le Ven 28 Oct 2011, 01:48

Cher aliboron,
Vraiment curieux que vous évoquiez Castaneda...
J'ai vécu quelques mois à Hermosillo, au début de ce siècle. Disons que j'y étais "invité".
Au cours d'un vernissage, une femme Yaqui m'adressa la parole en sa langue native
(traduite en castillan par un hôte, lui-même traduit en français par une professeur de l'université).
« - C'est nous qui vous avons fait venir. Venez nous rendre visite, dans notre région.
Et n'ayez pas peur : nous vous reconnaîtrons. Personne ne vous tirera dessus... »
Sauf les interprètes, je pense que j'aurais demandé à cette femme de se répéter !
Nous avons parlé de Castaneda. Il semble qu'il ait consommé trop de peyote...
J'ai beaucoup aimé chanter avec eux, et avec les Séri à la réputation plus tranquille.
Le "surnom" qu'il m'ont donné se traduirait par "homme à la parole pleine de couleurs".
Voilà pour le vécu. Ma réflexion n'est pas finie sur cette époque, cette terre.
Pour l'instant, j'achève celle qui porte sur "notre" soleil, révélation de l'Égypte.
Voilà.
Yvo Jacquier

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Ven 28 Oct 2011, 09:25

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supplique

Message  Charly Alverda le Ven 28 Oct 2011, 10:12

Bonjour,

Je ne sais ce que vous avez comme connexion, mais je n’arrive plus a accéder à la page précédente, j’espère que ce ne sont que des images strictement en rapport avec le sujet qui font surcharge. Je suis quelque peu frustré puisque je vois ici l "homme à la parole pleine de couleurs" qui a du s’acquitter de sa promesse de nous conter les rapports de Dürer et de Nicolas Conver dans d’improbables couloirs temporels. Je saurais gré à l’administration de me copier ce post en transmission privée afin de pouvoir répondre sereinement ici à une démonstration attendue depuis des mois.

Avec mes remerciements,

Charly Alverda

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

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