Melencolia I (Albrecht Dürer)

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Mar 25 Oct 2011, 23:54

« Le pourple doit offrir de payer les frais du scel. Son but est de développer le goût du fantastique ».
(Pantagruel).

Chers administrés (dont bibi), bonjour,

- Mon approche sera délibéremment des plus « fumeuses », alliant (comme le dit joliement Jacquier) l'ombre au... brouillard, (avec ou sans bûcrane). En effet, sa poèsie a fini par m'évoquer, par défaut, la prose du romancier Castaneda :
«Croire que les ombres ne sont que des ombres, c'est faire. C'est une croyance plutôt ridicule. Considère cela sous l'angle suivant : il y a tellement plus pour chaque chose au monde qu'il doit y avoir nécessairement plus pour les ombres aussi. Après tout, c'est simplement notre faire qui les fait ombres. »

A vous, heureux nyctalopes, de vous dépattouiller dans ce clair-obscur singeant celui du chef d'oeuvre en cause... moi j'essaie jovialement de joindre l'agréable à l'inutile, le tout : « littérairement »... comme dirait un intégriste de l'opératif. Poil aux tifs.

Donc, hippo-thèse farfelue (mais prenant en compte les préoccupations des cercles humanistes de l'époque) :

- Dürer, via son ami Pirckheimer peut-être, ou par l'intermédiaire de Regiomontanus, serait devenu un élève (discret) de l'abbé Trithemius de Würzburg. Les deux disciples connus de ce dernier étant Agrippa et Paracelse. Un fixe et un volatil....
Postulons donc qu'en torturant sa melencolia de façon à lui faire avouer ce qui nous arrangerait, on en arriverait à autovalider ce postulat de départ... Un de plus, et hop !

René Alleau, en son étude sur le Splendor Solis, avance ceci : « Albrecht Dürer était considéré à l'époque de la Renaissance alle­mande non seulement comme le plus grand ar­tiste de Nuremberg, mais aussi comme l'un des cinq savants 3 qui avaient reçu l'initiation à la science des astres dont le premier maître nurem­bergeois aurait été, selon Bartsch, Johann Mül­ler, plus connu sous le nom de l'astrologue Regio­montanus, né le 6 juin 1436.

Note 3 : Regiomontanus, Schöner, Werner, Pirckheimer et Dürer, il semble que la transmission des arcanes hermétiques ait été effectuée par Johann Schöner, après Regiomontanus. En 1526, Schoner était professeur de mathématiques à Nuremberg. »

Il poursuit en attirant l'attention sur une ommision fréquente concernant « les rapports de Dürer avec la tradition astrologique de Nuremberg. Pourtant, parmi les gravures d'Albrecht Dürer, existent des dessins du globe céleste, des images du ciel méridional, du ciel septentrional et sur­tout le Dragon, rampant et portant sur la queue les figures explicatives des phases de la lune; on peut lire sur cette dernière gravure une indication de calcul des degrés par rapport aux nœuds lu­naires, ascendant et descendant : la « tête » et la « queue » du dragon symbolique. Si l'on objecte que Dürer était un simple graveur et non pas un astrologue ni un astronome, on pourra consulter la lettre adressée par le mathématicien Jean Tscherte, architecte de Charles V à Vienne, à Pirckheimer, l'ami de Dürer, le 5 décembre 1526. Il y est rapporté que le plan d'une sphère armil­laire a été entièrement établi par Albrecht Dürer. »

Quand on connait l'importance de ce dragon, pouvant en cacher un autre plus chymique (comme le laisse entendre Piobb, qui en télescope la dimension saturnienne et la lunaire, via une chauve souris fort voisine de la nôtre), on se dit qu'on tient le bon bout.

« Le serpent qui s'élance dans 370 bonds... tient sa queue dans sa bouche entre ses dents. » Siphra di Tzenioutha
Alleau, dans son livre sur le Mont Saint Michel, insistera sur le fait que « c'est la lune qui divise les temps avec une rectitude absolue »; et qu'à cet égard, il serait judicieux d'accorder la plus haute attention au Livre d'Hénoch et, d'en poursuivre le fil jusqu'à l'Apocalypse de Saint Jean...

En attendant la suite, rappellons nous d'office que Mikael, « l'ange de la Synagogue », est le saint gardien de la mer (laquelle ?), de la foudre et de la rosée. Préposé du paradis, il détient les clefs de la Cité sainte et de la Pierre philosophale.

Notre René favori, à propos de l'autoportrait de Dürer « au chardon » (plante apte à recueillir la rosée), ira même jusqu'à supposer qu'il signala ainsi son appartenance à « une société templière allemande en relation avec des confréries écossaises »... Tiens tiens, ce lien existait déjà avant le peu stricte baron de Hund?

Il est vrai que Trithème était l'abbé d'un monastère bénédictin fondé par... un écossais et, encore occupé par ces nationaux peu de temps avant son investiture ; que cette benoîte appartenance sera, de même, revendiquée par un Basile Valentin. La fiction parfois sous-tendrait la réalité ? Dans cette perspective, on pourrait emboiter le pas du Zanoni qui sur son blog (du même nom) nous rapporte un fumeux passage des « Récits de Belzébuth », du si pythagoricien Gurdjieff...et qui, benoitement, nous fait amerrir au Mont Saint Michel. Saperlipopette !

Quant aux templiers teutons (loin d'Heredom, 1314), on se rabattra sur les infos regroupées par Borella rappellant la « parenté » des Teutoniques avec l'Ordre du Temple, et, le fait que les seules traces accessibles des Amis de Dieu (de Ruman Merswin) dont la baraka rôde en coulisse des Roses Croix, se trouvent dans les archives de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem.

Autre indice (proposé par A. de Danann) encore plus aveuglant d'évidence celui-là :  la première règle templière s'était inspirée de Saint Victor, base théologique et religieuse de l'Ordre; or « les Victorins furent toujours l'objet d'antipathies à cause de la préférence qu'ils accordaient à Denys l'Aeropagyte », lequel favorisait « certaines spéculations pour ainsi dire ésotériques ». Je me doute bien que l'air du temps ne favorise guère une antique réalité : certains sym-boles, et pas des moindres, aiment à se planquer derrière certains concepts.... tout en laissant dépasser, qui, une queue, qui une crête. Mais passons....

Ce qui me rappelle une anecdote, non sans rapport me semble t'il avec la source de toute géo-maîtrise. Un moine, des plus contemplatif, eut l'occasion de visiter une chaîne de montage chez un constructeur automobile; il revint de cette excursion chez son hôte d'alors, Karlfried Graf Dürckheim, et, émerveillé, lui fit part de la stupéfiante similitude entre la géométrie constitutive de ces p.... de machines et, celles des.... anges qui souvent le visitaient. J'imagine que son interlocuteur en fut interloqué, jusqu'au hara...
Qu'est ce qu'un ange ? Un hara qui rit ? Méfiance, chers collègues, le grand Rilke nous a prévenu : « tout ange est terrible »....

Quoiqu'il en soit, ça m'arrange bien. En effet, il se pourait que les fameux graffiti templiers de Chinon, « hors-loge » cosmique pour Canseliet et Beltikine, présentent un rapport avec notre polyèdre et ses anges ou angles gardiens; l'abbé Trithème ayant publié un monstrueux travail (le « Traité des sept causes secondes ») portant sur une horlogerie tout aussi cosmique...

Beltikhine, dans sa trop savante étude sur ce supposé calendrier templier, date le début de la « fin » pour l'an 2208; ce qui ne correspond à aucune chronologie connue. Curieusement, si l'on considère le carré magique de Dürer de façon « magicienne », c'est à dire en reliant certains chiffres par des graphes (internes au caillou, ceux-là, voir p. 1 de ce fil), ça nous pond un chiffre fort voisin.

Soit une « proposition » d'additionner 16 + 5 + 6 + 7 + 8 + 13 = 47; puis : 4 + 9 + 10 + 11 + 12 + 1 = 47. Multipliés l'un par l'autre, comme nous y invitent tous ces X = 2209.
Soit un an après la date de Beltikhine, soit le jour 1 d'un autre « début » ?

Reste dispos : 3 et 2, ainsi que 15 et 14; 3 x 2 = 6; 15 x 14 = 210; 210 + 6 = 216.

Sur ce dernier nombre, il y aurait trop à dire ici. Sachez juste qu'il a un rapport aussi étroit que léonin avec une épidémie de prédictions émises en Europe du nord vers la même époque, dont certaines (notemment celle sur « le Lion du Septentrion ») sont attribuées à Paracelse. S'y mélangent, avec plus ou moins d'effets spécieux, le mythe Rose Croix et la venue d'Elie-artiste. Le noeud du problème tranché par le 216, ainsi que l'indique charitablement l'Aesch Mézareph, signalerait une mutation de la régence « angélique » des temps qui... alors venaient. Et par conséquent une « adaptation » synthonisée des voies traditionnelles...

Outre les « libertés » judicieusement prises par H.C.A. avec ce carré, passant des 12 externes (ancienne figuration du thème astral) au 16 géomantiques (en activant les 4 internes)... dont le sieur Andreb dissertera magistralement, on constate l'antique présence de ce carré de 16 dans la kabbale, où (sans nombres inscris), il « illustre » le plan de la Jérusalem céleste. Les 4 cases du milieu figurant la « terre sainte » car ne recevant que « les vents de bénédiction et salut ». Ce que nous « confirme » Dürer avec ses deux 17 croisés dans ce milieu : TOV (= bon en hébreux) = 17.

Mais revenons en à du « solide ». La somme de nos angles pentagonaux, 3240, étalée sur le calendrier juif, donne la « durée » exacte séparant la naissance du Christ (en l'an 3760), de la fin de leur septième et dernier millénaire.
Vu que le dernier est considéré comme hors cadre ("Le Monde subsistera pendant Six mille ans, auxquels font allusion les Six premiers mots de la Genèse... et cet état de la Terre se renouvellera au commencement du Septième millénaire." Zohar II.176 b), on peut parfaitement, comme Nostradamus, s'en tenir aux 6 premiers.

Dans la Lettre à César, préface aux premières centuries, datée du 1er mars 1555, Nostradamus écrit qu'il a composé ses "quatrains astronomiques de prophéties", en prenant la précaution de les "rabouter obscurement", et nous précise que ce sont de "perpétuelles vaticinations, pour d'ici à l'année 3797".
Or, nous dévoile P.Guinard, « pour ses Prophéties, Nostradamus prend comme origine le 14 mars 1557, le début de la lunaison du Bélier dans l'année 5317 du calendrier juif. Et, de 1557 à 3797, nous avons bien les 2240 années qui séparent le début de l'ère chrétienne de la fin du 6ème millénaire. » Bref, devant c'est derrière.

Divertissement : mon pote Joël a retrouvé ce 3240 sur notre carré magique en « imitant » le G (qui pourait se trouver « quelque part » au filigranne de cette G-ravure), mais en inversant sa spire : 14 + 1514 + 9 + 516 + 3 + 2 + 138 + 21 + 7 + 6 + 1011 = 3241... comme si on était passé au 1er jour de la suite.

Moins malicieusement, on remarquera que Trithème, de même, dédiera son Traité à « César » !

En creusant, on entrevoit aisément d'autres gros points communs, laissant ouvertes autant de lucarnes vers les cieux cousins de leurs énigmatiques chronologies.

Dans son Traité, Trithème affirme que cette régence lunaire s'étend de 1371 à 1689. J'en sais des qui préfèrent en rétablir le comput via divers cycles lunaires, mais ça ne modifie guère cette fourchette. (Quelques prises de chou plus loin, j'ai fini, exténué, par « étirer » librement la séquence de Trithème aux repères temporels « temps-plié » donnés par Beltikhine et, ce bidouillage d'avoir pour résultat mirobolant... pile-poil la date de 1514, comme début du règne de la lune. Mais passons... faut plus que je fume la moquette en lisant mon Petit Albert).

Il semblerait d'autre part que Nostradamus ait adopté le meme comput puisque dans L'épitre à César il ecrit : « Et maintenant (en mars 1555) que nous sommes conduicts par la lune, moyennant la totale puissance de Dieu éternel, que avant qu'elle aye parachevé son total circuit, le soleil viendra, et puis Saturne. Car selon les signes célestes le règne de saturne sera de retour, que le tout calculé, le monde s'approche d'une anragonique (devastatrice...) revolution. »

Heureusement, comme le dit Ruzo, Trithème, plus charitable sur ce point que Nostradamus (qui ne nous livre que les 3 derniers), donnera l'ordre entier des « jours » de son Hebdomade : saturne – vénus – jupiter – mercure – mars – lune – soleil – puis, à nouveau saturne... vu, nous dit-il que c'est sous son règne que naquit le Christ et, qu'il reviendra la même «année » en tant que Messie.

Dernier point de convergence repérable : Tritheme, comme Nostradamus, disent qu'après le règne de cette lune « on aura besoin d'une prophétie pour la série d'évenements futurs ». Au boulot les Paco et les Rabanne !

A l'examen donc, le labyrinthe de l'un se superpose plutot bien à celui de l'autre; reste plus qu'à y inventer des zigzags magiques « significatifs », comme ceux de MORPH (que je salue cordialement au passage). Seul pb, ils devront être plus temporels que spaciaux.... ça se corse.

En attendant l'opératif qui parviendra à les « tracer » sur un support aussi «sablonneux », voir vaporeux... cette série « planétaire » commune à nos deux chrononautes nous entraine vers des énigmes avoisinant des Mystères.

On a dit que l'abbé l'avait emprunté à Pietro d'Albano, médiéval savant et théurge. Why not... mais je la retrouve plus certainement dans le traité de théurgie (l'Anacrise) qui rattache étroitement Trithème à l'ermite majorquais et arabophone comme Lulle : Pelagius, mentionné dans mon précédent post. Lequel passa aussi beaucoup de temps en cette Afrique du nord, où le « parfum » ismaèlien des fatimides pouvait encore être humé, ça et là.

L'Anacrise, oraison de tous les jours de la semaine :

1. Pour le DIMANCHE au soir à l’ange MICKAËL
2. Pour le LUNDI à l’ange GABRIËL
3. Pour le MARDI à l’ange ZAMAËL
4. Pour le MERCREDI à l’ange RAPHAËL
5. Pour le JEUDI à l’ange ZACHARIËL
6. Pour le VENDREDI à l’ange ANAËL
7. Pour le SAMEDI à l’ange ORIPHIËL

Ceci dit non pas pour invoquer je ne sais quelle « Maison de la Sapience », où l'on croiserait des Roger buvant du thé à la menthe avec des Saladin, mais parce que, réflexion faite, on ne peut que trouver le parallèlisme (doctement effectué par Corbin) entre rites sabéens puis ismaèliens, et théurgie divine de Pélagius, extrèmement troublant...

De là à y trouver la perpétuation itinérante d'une alchimie « spirituelle » dont les paracelsiens et Rose-Croix seront les derniers apôtres, pourquoi pas ? La christologie ismaèlienne s'y prête remarquablement bien. Encore faudrait-il ne pas oublier qu'à la source (éternelle) de cette grâce et dispensation providentielle, Ergon et Parergon font cause commune... sur le même Pégase. Une theologia sacra comme celle de l'Aéropagite en dévoile la superstructure, la connivence entre l'Un et ses multiples rendant possible tout Opus.

De cette cavale, on peut trouver quelques crottins à même le carré de notre melencolia.
Ayant déjà un peu disserté arithmétiquement et « littérairement » (sur ce fil) du chiffre 136, je vais à présent le réquisitionner un brin historiquement. 1514 – 136 = 1378.

- Date de naissance de Christian Rose-Croix; et du départ de Flamel pour son « compost-stellae »; et du schisme d'Avignon avec son pape (qu'il est « possible » de rattacher au 34 ème de la prophétie de Malachie). Dédoublement pontifical vécu comme une catastrophe par l'humanité catholique et, appelant tôt ou tard une réforme de ce « pouvoir »; réforme éliaque dont celle de Luther ne sera peut-être que l'ombre portée... trop bas; ainsi que je l'ai évoqué plus haut. On dirait que cette date fait de gros grumeaux dans le johannique potage, non ?

Mais, poursuivons nos cogitations scalaires.
Une enquète plus poussée montre que cette série bizarroïde remonterait au dernier roi égyptien, le fameux astro-magicien Nectanebos. Qu'elle était également utilisée pour les mystères mithraïques, bref que sa provenance l'affranchit des supposées descentes et remontées des âmes à travers les cieux planétaires. Ce qui est le cas des apocalypses juives et chrétiennes dispensées du prêt à porter astral... d'Hénoch à Saint Jean, isn't it ?

Coté Mystères, on peut aller s'inspirer de « l'Alchimie du bonheur parfait », d'Ibn Arabi qui semble avoir obtenu de son échelle (par surcroît...) des lumières regardant directement à la pratique de l'Opus. Se rappeler qu'il est le lointain disciple du grand Dhul-Nûn al Misri, soufi alchimiste ayant, dit-on, recueilli l'héritage de la gnose égyptienne...
Très bas, vers l'estuaire envasé de cette inspiration, on trouvera les Arcana Arcanorum...et des gros têtards musclés spiritualisant leurs égos.

Il se peut que ces agencements dit planétaires, géo-maîtrisés trigonométriquement, nous dévoilent des cycles d'animation et/ou d'occultation comme chez les ismaèliens. Dynamique des fluides, c'est la mission impartie, quel que soit le niveau envisagé, aux polygones étoilés. Ils tiennent leur tonique origine du « hiatus » entre ordre céleste et ordre terrestre : l'héliX platonicienne du « devenir ce que l'on est ». On y viendra plus loin.
Le sujet est costaud puisqu'il semblerait que ce problématique « retard » de l'un sur l'autre, déclinés sur 7 tons et dont tout les règnes ici bas souffriraient, n'empêche pas certains, d'humain lignage, d'être néanmoins toujours à l'heure... kairos typique des sages et autres éveillés. « Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d'autres ». ?

Outre le fait que qu'en cyclologie les chiffres et les nombres échangent souvent leur maillot, (et sans parler de l'origine musico-sophique et géométrique de sa « portée », à ne pas perdre de vue en route), le problème majeur pour nos égos reste, à priori, plus « littéral » qu'imaginal : quelles sont les unités de valeur temporelles utilisées dans ces « chronologies mystiques »; et, pire encore, quel en serait le point de départ nous permettant d'en déduire la fin ?

J'en devine déjà qui à me lire seront déçus par la date, ici trop éloignée, de l'anragonique révolution promise par Nostradamus et Trithème. Au moins avec le calendrier « maya », on a une chance d'avoir un strapontin pour le spectacle... Ok, le fond de l'air effraie, mais de quelle imminence s'agit-il vraiment ?

Incessement sous peu ? Personnellement, je m'en tape : une fin, aussi collective se propose-t'elle, sera malgrè tout vécue en mode « perso » par mézigue... On risque juste de se trouver distrait d'une bonne mort par les nuisances inhérentes aux « transports en commun ».

Cela dit, après d'autres, ma curiosité fut attirée par une assertion discrète de Guénon : « l'année 720 du Kali Yuga (durée 6480 ans) est le point de départ d'une ère connue, mais dont ceux qui l'emploient encore actuellement ne semblent plus savoir ni l'origine ni la signification »

6480 – 720 = 5760. Ce qui, pour un hébreux correspondrait donc à l'exacte fin du Kali Yuga indien.
A supposer qu'il soit « théoriquement » possible de confronter ces deux calendriers qu'à priori rien ne permettrait de rapprocher... Mais mon petit doigt me dit que la theoria en cause n'a pas de nationalité définie et peut d'autant mieux voyager dans les temps ou les cultures, qu'elle ne s'y origine guère.

Remarquons, dit Amadou, que ces connaissances astronomiquement redécouvertes par la science « n’implique pas que les Hindous connaissaient expérimentalement, ni même d’aucune manière, le phénomène de la précession des équinoxes. En histoire de l’astronomie, leur connaissance de ce phénomène, à une époque reculée demeure question débattue.
Au contraire, je vois là une confirmation de la possibilité au moins que le nombre du cycle précessionnel ait pu être calculé métaphysiquement, et pour être plus précis, arithmosophiquement, par les Hindous... et dans d’autres cultures, la culture babylonienne par exemple ou des cultures africaines».
On retrouve les insinuations d'Alleau sur les « mystères de la division du cercle ».....matrice commune des astrologies supérieure et inférieure.

Quid de notre étonnante hebdomade dans son implication chymique ? Dans les pas de M.Maïer (grand fan de Jabir...) et de Jacob Tollius, H.C.A. nous dit : "Or, j'ai trouvé que certaines fables sur les dieux nous menaient directement à apparenter les métaux qui leur sont attribué par l'identité de volume atomique entre ceux que la fable réunit".

Ruzo, plus pédagogue que H.C.A. ou Piobb, explique : L'ordre des jours de la semaine n'est pas arbitraire. La base scientifique (?) de l'ordre des planètes et du choix de l'une d'elle pour la 1ère place se trouve dans les nombres atomiques des métaux qui correspondent aux Génies planétaires.
 La série des nombres atomiques est la suivante :

Saturne-mercure-apollon-jupiter -diane -vénus -mars
Plomb - mercure - or - étain -argent -cuivre -fer
82 80 79 50 47 29 26

En prenant dans cette série 1 élément sur 2, on obtient la succession des jours de la semaine : saturne-apollon-diane-mars-mercure-jupiter-vénus.
Et en prenant 1 élément sur 3 de la 1ère série, on obtient la succession horaire : saturne-jupiter-mars-apollon-vénus-mercure-diane.
Ces 3 séries en engendrent 3 autres, en sens inverse. »

Pour rester dans l'esprit de géométrie de ce fil, on utilisera plutôt pour générer ces séries un heptagone étoilé aux liaisons trigonométriques. On remarquera, de plus, que la série de Trithème est basée sur le cycle des quintes descendantes et quartes montantes (en musique), et qu'elle n'est autre que la gamme de FA.
Yves Millet, fera mention de la pertinence d'en figurer le déploiement en inscrivant ces gammes sur une spirale... Soit, la puissance ou viridité du quinaire, objet de notre 1er post sur ce fil.

Laquelle spirale (où le Reste se fait Germe et, le volatil fixe et inversement) se propose gentiment d'apparaitre sur cette gravure si l'on prend en considération la géniale observation de Laposse :
« Il existe un point particulier dans cette œuvre. C'est un point d'équilibre.

Ce point nous est subtilement indiqué par l'équilibre de la balance (car la balance est en équilibre : les deux plateaux – vides – sont au même niveau). Le fléau est donc parfaitement vertical. A son extrémité supérieure, on trouve une petite boule.
 Au départ de ce point remarquable, trois droites peuvent être naturellement tracées.
Une verticale, bien sûr, mais aussi deux obliques particulières. Toutes deux sont la
prolongation des deux filaments externes qui soutiennent les plateaux de la balance,
et là, observons que la symétrie est parfaite. De plus, nous sommes confortés dans
cette observation par le fait que l'oblique de gauche recouvre très exactement le bord
d'un des montants de l'échelle, indiquant ainsi que cette droite est bien une des lignes
directrices du tableau. Cerise sur le gâteau, cette droite est tangeante à la sphère. 

Or, nous découvrons alors que ces deux droites forment un angle d'exactement 36°. Un dixième du cercle, donc.36°, c'est la moitié de 72°, une valeur importante aussi, parce que 72°, c'est 360° divisé par 5, ce 5 intriguant qu'on retrouve mis en exergue, à l'envers, dans le carré magique. 72°, c'est donc aussi l'angle qui génère le pentagone, figure appréciée par Dürer, comme on l'a vu plus haut.
Il se fait que 36° et 72° sont les angles de référence du triangle d'or, un triangle isocèle dont les longueurs des côtés sont dans le rapport du nombre d'or

Bref, le gnomon de ce triangle d'or se trace de façon fort élégante (le Beau est la splendeur du Vrai; Platon) sur cette melencolia. En prime de la spire qui s'en déroule (manifestement plus opérante que l'échelle, hors d'usage), nous pouvons cavalièrement prendre en compte le sens premier du mot gnomon pour orienter la scène, et s'y retrouver un chouïa dans les diverses sources de lumière qui l'éclairent.

Vu que la « naturelle » clarté provient (angle inférieur droit) de l'ouest, que le talisman de Jupiter s'élabore en Balance, j'ose en conclure que c'est le « moment » cosmique de cette attente... C'est « artistique », je vous l'accorde, mais d'un dessein en possible accointance avec celui présidant à l'oeuvre examinée, non ?

5760 du calendrier juif = l'an 2000 de chez nous... (juste agrémenté d'un décevant bug informatik !). Sur ce calendrier indou, maître-étalon de Guénon, cette chrétienne année-là coïncide du même coup avec la fin du kali yuga; par contre, il resterait 240 ans pour arriver au début du 6ème millénaire juif. Soit 1240 (+ 1) avant le début du 7ème. Disons que tout ceci assone fortement avec les 2240 ans de la nostradamique envergure. Et que ce temps restant pourait être celui qui, dans le sablier, ne s'est pas encore écoulé... Donc, « l'évènement » ici désigné se situerait au début de la fin.

Après avoir soumis notre carré magique à la question, il a fini par avouer ce que je lui chuchottais, ouffff. Y a bon le syndrome de Stockholm...
Démo : dans l'ordre,1632 + 13 + 510 + 118 + 967 = 3240 . Reste notre 1514 encadré d'un 124-1 content de lui... Si c'est pas du bol ça !

A l'appui de ma fumisterie ou indépendament d'elle, quelque chose me dit que la sombre ambiance suintant de notre melencolia présente de curieuses similitudes avec celle, récurente en de nostradamiques quatrains.

- Au quart pillier lon sacre à Saturne,
Par tremblant terre & deluge fendu
Soubs l'edifice Saturnin trouuee vrne,
D'or Capion rauy & puis rendu.

- Sous les antiques edifices vestaux,
Non esloignez d'aqueduct ruyne.
De Sol & lune sont les luisans metaux,
Ardente lampe, Traian d'or burine.

- Qu'on cuidera Deucalion renaistre,
Dans le colosse la plus part fuyront,
Vesta sepulchre feu estaint apparoistre

- Quand lampe ardente de feu inextinguible,
Sera trouvé au temple des Vestales,
Enfant trouvé feu, eau passant par crible,
Perir eau Nymes, Tolose cheoir les halles.

Faute de place, je renvoie les ceusses interressés aux études de Ruzo et de
Piobb....où urnes, sépulcres, cercueils et autres pentagones se partagent la salle d'attente et les 360° du cercle. L'urne pourrait être cet objet (pourtant toujours ignoré !), situé entre le chien et la sphère. Quant au feu inextinguible, ardent au bord de l'eau dans cette gravure, il nous permet d'entrevoir, via ses Vestales, que tout ceci relève des Mystères de Cérès comme le rappella Fulcanelli aux premières pages de son oeuvre.
C'est en effet la même balance qui sert à évaluer les trois inconnues du Grand Oeuvre, dont le Temps. D'où sans doute, l'inclination chez certains (tel M.A. De Nantes ou, le « Finis Gloriae Mundi » de son supposé disciple) à étendre leur « miroir des sages » aux dimensions d'un cycle plus vaste; ce qui est tout à fait dans l'esprit de la christique et jabirienne « réforme » du XVème siècle que nous avons évoqué.

Or que nous dit la tradition juive pour cette « date » de 5760 ? D.Cohen, dans une remarquable étude, nous assistera. C'est celle du grand Miqwe macrocosmique (§); inévitablement connue des hébraïsants gravitant au XV siècle dans les cercles humanistes, et précisemment « situé » au début de la fin...

Là, je sens que je fais faire plaisir à Charly qui, en page 1 de ce fil, s'était fendu d'un bon historique du point G :

« En qualité de centre de la loge, la lettre G représente donc de manière allégorique la mer de bronze, et cela probablement en raison de son tracé, puisqu'en 1696 l'Édimbourg avait désigné cette même mer de bronze sous la forme d'un « large ovale » par référence à la forme circulaire de cette vasque (1 Rois 7, 23). S'interroger sur le symbolisme ultime de la lettre G, c'est donc en définitive chercher à élucider le symbolisme de la mer de bronze du temple de Salomon vaguement schématisée par la lettre G. »

Le problème avec cette omnubilation « spaciale », conduisant les frères 3 points à négliger le temporel, (dimension « ésotérique » du précédent...) où ils s'obstinent plaquer tous leur « traits », c'est qu'elle zappe l'essenCiel de la portée des « mesures » et autres proportions à eux léguées. Or, on va vite voir que si les mesures du Miqwe (comme celles d'Ezékiel, de Saint Jean, ou de Pacioli etc...) participent des deux dimensions en même... temps, (vues qu'elles partent et reviennent d'une 3ème, source des deux autres), c'est néanmoins la temporelle, la subtile, qui prédomine, porteuse de sens.

Les « distances » entre cieux judaïques sont dites de 500 années; et l'on y retrouve les alternances occultations-résurgences que les Roses Croix remettront sur le métier à tisser de la Maya. Boucles ou lacs d'amour ou entrelacs « celtiques » que Dürer grava (de son propre chef) et, qu'il offrait souvent pour accompagner les trois autres célèbres gravures... Noeud parfait héraldiquement substituable au chardon, observe R.Alleau. Et toc !
Le kabbaliste R. Luzzatto enseigne que les 7 millénaires = les 7 jours de Création. Que chaque millénaire est constitué de 35 siècles de jours et autant de nuits, ce qui renvoit au mot SOD (le secret) de valeur 70. Qu' un millénaire vaut 24 h; donc 500 ans = 12h. Que chaque ère est de 500 ans de nuit et 500 de jours. Bref, on est loin de Kepler, même si ce dernier tenta une dernière fois avant la faillite collective de maintenir ce Cosmos.
Luzzato toujours : Que ces 7 cieux sont, en fait, les champs d'animation de seulement 5 séphirot, et non 7; les 3 autres constituant les « têtes » ou triangle sacré... (qui n'est pas sans rapport avec les trois « baisers » de l'initiation templière et, le « Centrum in Trigono Centri » de Madathanus and co). Etc, etc...

De fait, l'erreur « spatialisante », pour ne pas dire scientiste, semble datée du début de la réception de l'héritage ou, bric à brac :

«La géométrie enseigne à mesurer les cieux matériels »(1). Phrase qui permet de comprendre en quel sens le Wilkinson avait cru bon d'interpréter la lettre G (dont le tracé était censé représenter la forme circulaire de la mer de bronze) comme l'initiale de Géométrie : c'est que, en qualité d'instrument astronomique, la géométrie céleste mesurait les cieux (à savoir le zodiaque et les douze constellations arctiques) précisément représentés par les douze bœufs de la mer de bronze (1 Rois 7, 25). »

Or, on a dèjà entrevu, plus haut, que ces préoccupations astronomiques (et son refoulé l'astrolâtrie) n'avaient pas grand chose à faire avec les « cieux » internels du judaïsme, ni des deux autres monothéismes. Ce, sachant que cet internel englobe et, ce faisant, dépasse les deux autres approches; il n'est jamais à concevoir comme les excluant. Sauf à prôner une spiritualité abstraite, comme celle qui prévaut de nos jours.

De même, on remarquera que jadis, naguère et parallèlement, ces 7 ne se con-fondaient point avec leurs « mécaniques » conséquences (un coucou à Jacquier !). Le symbolisme des Pléiades ou de la Grande Ourse, que ce soit dans le Véda, chez Rûzbehân de Chirâz, en alchimie taoïste, ou ailleurs, se référait à des « dieux » hyper-cosmiques; soit, pour causer comme le Yi King : le Ciel Antérieur, différemment disposé par rapport au Postérieur, gérant de nos fèces et de nos hallucinations « objectives ». Antériorité identique à celle, également toujours présente, que notre alchymie loge en sa materia, seule épargnée par la Chute.

On dirait donc que tout en haut et tout en bas (voir l'étymologie cavalière associant nos étoiles au Seul Désir, « sidus ») la cons-piration originelle est toujours de garde. Manque plus qu'un désirant au mi-lieu, conjuguant ces antérieurs en mode internel, pour en réactualiser l'Harmonie. « Je » d'enfant, vu que ces deux extrèmes s'originent, perpétuellement, au même cordial milieu ou mi-temps que l'oeuvrant.

Quelques chanceuses fréquentations passées m'ont montré que les lois de la dite Harmonie (perceptible au seul Présent et sur fond de nescience), n'avaient que peu à voir avec la re-présentation de celles que nous avons pu retrouver/inventer dans la nature. Etrangement, la version devinée et savourée en Eveil fusionne (en actes) miracles et, évidences... au sens le plus plan plan.
Pas surprenant du coup, qu'une très discrète série « planétaire » en émanant se voit associée d'une part à de divines théurgies hypostasiant de pures fractales (comme dit Trojani) pour les épouser; et d'autre part, coté lourdaud et « objectivant » : à des extorsions... magico-rentables, requèrant un égo bodybuildé... des plus comiques.

En fait, c'est comme en amour, il y a des distances qui séparent et d'autres qui relient. Différence purement qualitative entre les deux. Or celle-çi, sa musicale interprétation (nécessitant un feeling avisé ou, Art d'Aimer), est proprement la science de la balance : « accomplissement du désir demeuré désir », dira t'on pour suivre Platon (et Jabir) qui la disait « mesurant le désir de l'Ame du Monde ».

Tabernacle !!! ... (comme dirait Hiram; que ta Massénie se porte au mieux !) et sacré programme !

Car mesurer ce désir... quoi de plus subtil ??? Soit : la hîma ou Souffle de compatissance existentiateur pour Ibn Arabi; la devukut ou « intention » des kabbalistes semblable à la kundalini en ses modes à la fois macro et microcosmiques, montant et descendant; ou l'Amour chez Dante et qui fait se mouvoir les étoiles et le reste de ... l'Universion.

Systoles-diastoles de la très lunaire « science des souffles » (pas qu'hindoue !) pour les petits mystères (Parergon) d'avant la totale nescience. Mais simultanées en faits et au fond, comme l'indique la « Spandakarika » (Stances sur la Vibration) du shivaïsme cachemirien. Explosante-fixe.... Pas évident d'en « tracer » les volutes sur une plan-planche; sauf à bénéficier d'une inspiration comparable à celle qui préside au « Liber Corax », disponible chez votre libraire favori.

Voilà qui laisse songeur tel le grand ange ou, joueur comme le petit, mais en revanche un brin rigolard envers les bouquets de thermo-maîtres ou de compas en goguette, de conception technoïde donc égotique, imposés sur le marché « initiatique » des... énergies ou des pentacles. On y viendra dans le post suivant, celui-çi devenant d'une longueur lapossement répréhensible...sorry.

Je finis donc par le Miqwe. Son sens profond étant un indubitable avant goût du boule-versement ultime, à l'instar des influences d'un signe astrologique se faisant déjà « sentir » dans la fin du précédent, je crois opportun d'en repérer les connotations (devinées par Charly via son G-rard) en cette gravure.

Que cette trithèmienne gravure ait ce Sujet (l'or y fiel) pour objet ne serait pas très surprenant. La providentielle rénovation opérée du temps de Dürer via la discrète « pré-maçonnerie » qu'il cotoyait peu ou prou, participe du même type d'interval ou chevauchement entre deux cycles : équi-noxes (voir l'importance de la balance figurant sur notre gravure). En cette subtile matière, hologrammique à souhait, le même est l'autre : équi-valents. Car le type donne le ton... poil au menton.

A défaut d'infos aisément repérables dans notre tradition chymique, qui s'obstine à laisser sous silence la précieuse balance de son astrobiologie, voir le « traité du kalachakra », très charitable sur le sens (pur non-sens) de cette équi-noxe, indissociable de celle (si vantée) de printemps puisque c'est (simultanément) en face que ça descend...

- Mais achevons bien notre dada : le Miqwe : une histoire d'O ?

« Bain rituel, localisé au « lieu de rassemblement des eaux célestes descendues à terre ». Creusé dans la terre, le Miqwe doit contenir une quantité d'eau équivalente à celle contenue dans un volume définie par un parralélépipède rectangle (tiens tiens, le revoilou...), lequel symboliquement ne diffère pas du cube, rajoute Cohen; d'une coudée de largeur sur une de profondeur multipliée par trois coudées de hauteur. La somme de ces trois mesures dont le total s'élève à 5 devant être mis en relation avec les cinq séphirot déjà signalées ».

(- Info, en passant : les nombres carré (16) et rectangle (18) sont les seuls nombres-plans dont il se trouve que les périmètres soient égaux à leurs aires. Carré doté d'un coté de valeur 4; et rectangle de valeurs 3 et 6, of course....)

« Le Zohar dit que ce volume d'eau est équivalent à 5760 betsim, mesure équivalente au volume d'un oeuf. »

(Ce nombre, par ailleurs (cher Hiram), est celui du temps biblique séparant (en mois) le départ d'Egypte du commencement de l'édification du Temple de Salomon.... Trop coooool ! Et Umar de montrer que 576(0) est la tetraktis « puissance seconde », car quatre au carré X par trois au carré X deux au carré X par un au carré = 576(0). Cadeau !)

« Ce volume est dit être celui contenant et recouvrant totalement un homme debout, le texte faisant remarquer que le mot Miqwe permute en Qoma, qui est proprement la « mesure » de l'Homme Universel ».

« Dès lors, la date de 5760 a été associée à celle de la résurrection des morts qui marque la fin du cycle par la descente de la rosée céleste qui est elle-même l'eau du Grand Miqwe dans lequel le monde doit être immergé »

« Les trois coudées de hauteur représentent les trois mondes manifestés; l'immersion dans le Miqwe symbolise la réintégration dans le plan originel de la séphira Bina; liée aux têtes ou triangle mentionnés au début du post. En même temps, le Miqwe est la traversée des eaux symbolisée dans le Livre de la Genèse par celle du fleuve Yaboq, par le patriarche Jacob ». (Tiens tiens, on le retrouve d'un Mutus Liber au n'autre...).

(Il y a, dans ce qui précède, quelque chose qui m'évoque fortement ce singulier et mystérique propos de Basile Valentin : « Et la véritable cause de la destruction du macrocosme est que l'esprit du Seigneur mutera le siège et le domicile qu'il a en lui, pour les transférer dans le microcosme. »

On croirait percevoir cette « mutation » comme un (intemporel) écho de Corbin pour qui il s'agit de « rentrer, de passer à l'intérieur et en passant à l'intérieur, de se retrouver paradoxalement au dehors, à la surface convexe de la 9ème sphère. Désormais c'est la réalité spirituelle qui enveloppe, environne, contient, la réalité matérielle. C'est pourquoi la réalité spirituelle n'est pas dans le « où ». C'est le « où » qui est en elle ».

De fait, je suis surpris que si peu d'  «opératifs » aient (au moins) deviné que le merveilleux et si charitable « Grand Oeuvre Dévoilé » de F. Trojani nous invitait à commençer là où il faut : nulle part délocalisée dans l' ici et maintenant. Ailleurs, la sauce ne peut pas prendre...ça va de Soi.)

- S'ensuivent quelques profondes remarques de D.Cohen et que je vais tenter de vous extraire sans dommage, puisqu'elles me semblent éclairer le dessein de notre cher dessin.

« Placé hors du temps, le 7ème millénaire, à l'instar du 7ème jour de la création, possède une place particulière dans le cycle. On peut dire qu'il compte et ne compte pas à la fois dans le total de la durée. Cet état de fait provient de son rattachement au symbolisme de la Chekhina qui est à la fois la 7ème sephira et le centre des 6 sephirot qui la précèdent. Position centrale faisant que lorsqu'elle se projette dans les plans manifestés spatiaux et temporels, cette incarnation du Verbe « n'occupe » en quelque sorte ni place ni temps, mais se présente comme un « non-lieu » ou un « non-temps ».

Et pour en finir : « Les sept inférieures sont établis comme le principe direct de la manifestation, temporelle notemment. Il est dit d'elles qu'elles sont toutes élaborées à partir d'un nom divin « féminin » (Ben) et que ce n'est qu'avec la descente d'un principe « masculin » (Mah) qu'elles sont en mesure de présenter le visage du monde de la Atsilout, qui réunit donc en lui les deux principes. Ces deux aspects sont l'un nocturne et ascendant et l'autre diurne et descendant. »

Voilà de quoi ravir les hermès triple-buse qui vont piller mon pauv' post pour se faire mousser en loge.

- Sans rancune et, (embarrassante ?) cerise sur le gateau : je remarque dans la réglementaire et zoharique kabbale de Cohen, (en passant), que c'est curieusement « le nombre 9 qui va guider tous les cycles », alors qu'on était fatalement enclin à se satisfaire du 7. Ainsi, dans notre polyèdre, la somme théosophique de chaque angle donne obstinément 9....Strange, isn'it ?

Schwaller, comme Ruzo, l'avait aussi compris et donna succintement l'équation. « Ces 7 sont l'expressions de 9 fonctions ». Plus zézotérik (pour les accros), la sybille d'un apocryphe éthiopien, rectifiée par R.Auclair dit de même : « Les jours du Seigneur sont 7. (...) La sybille vit neufs soleils ».
 
Gurdjieff idem, et c'est le moins que l'on puisse dire puisqu'à l'insu de son plein grè l'énnéagramme devint un rentable instrument de « gestion » du développement.... personnel. Pov' n'oeufs qui n'écloreront jamais faute de poule, (sauf accident bien sur).

Note finale, ourouborique à donf vu qu'elle retourne à la case Beltikhine du début. On sait les nombreuses tentatives, souvent désopilantes, de subvertir la douce melencolia pour lui prêter une voix off éructant doctement sur des points « très précis » du Grand Oeuvre.
Or, il y a un historique pb, sachant qu' en arts (comme en tant d'autres domaines) les inventions sont inféodés à d'occultes plannings et se manifestent alors à plusieurs endroits en même temps, comme les champignons. Bref, à ma modeste connaissance, on ne trouve d'utilisation de polygones pour illustrer l'Opus qu'un long siècle après Dürer. Chez l'anonyme auteur de « l'Abrégé de l'astronomie inférieure des sept métaux » (1645) et, chez W.Davidson en ses « Eléments de la philo de l'art du feu ou Chemie, (1651). Cela étant, bien qu'à Trithème furent attribués moults chymiques opuscules qu'il ne revendiqua point (on ne prête qu'aux riches...), il n'en demeure pas moins qu'il semble y avoir ici un évident parfum de cornue.

Beltikhine fait si bien la « part des choses » et des non-choses, que je ne résiste pas à le citer quand il traite du « retournement » effectué (au Miqwe), renversement des pôles; d'autant qu'il pèse ses mots avec une balance d'horloger...

« Analogiquement, il équivaut à la mutation alchimique des corps et des esprits et à la permutation de leurs positions réciproques. (...) C'est là que se produit une césure dans la marche du Temps, qu'en quelque sorte le Temps cesse d'être et qu'à l'occasion de cette rupture, l'espace d'un éclair, l'Eternité s'insère et pénètre dans le Monde, parmi le flamboiement des éléments dissociés, au milieu de l'écroulement des puissances temporelles brisées et comme anéanties. »

Reste une énorme question : le dit Miqwe étant déjà « passé », que faut-il en piger ??? La suite au prochain épisode.

Cordialement
aliblabla

- PS à l'intention de MORPH : ne te laisse pas impressionner par mon encyclopédique ignorance, elle ne veut RIEN dire, jeu de putto dans le noir...... ; poursuis tes passionnants travaux « de plein jour ».

P.S. pour Charly : j'ai attentivement suivi ta « vision » du visage sur la pierre et me permettrais un complément, à considérer dans l'axe de l'Arbre de Jessé... même s'il est dit que le Fils de l'Homme n'aura de pierre où poser sa tête.
N. Sed en sa « Mystique cosmologique juive » rapporte ceci, bien développé et tous les sepher qu'il faut en appui (pages 163 à 170 et 187 et 188).
« ...Jacob y plaça alors sa tête pour y passer la nuit. Son visage se dessine donc sur cette pierre extraordinaire, losqu'il voit en rêve l'échelle qui relie la terre aux cieux, la pierre de l'autel d'Abraham au Sanctuaire d'en haut ».
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Hiram le Mer 26 Oct 2011, 16:32

Bonjour Frère Ali(boron),

Merci pour tes excélentes connaissances
dignent des Daïs Ismaéliens.
Hassan i Sabbah en serait fier.... Cool
Le temps (saturne) de passer toutes ces connaissances (jupiter)
de cette somme théologique,
et après la digestion Ivre
je reviens dans le dialogue.

Fraternellement,

Hiram



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Les signes de Sonora

Message  Yvo Jacquier le Ven 28 Oct 2011, 01:48

Cher aliboron,
Vraiment curieux que vous évoquiez Castaneda...
J'ai vécu quelques mois à Hermosillo, au début de ce siècle. Disons que j'y étais "invité".
Au cours d'un vernissage, une femme Yaqui m'adressa la parole en sa langue native
(traduite en castillan par un hôte, lui-même traduit en français par une professeur de l'université).
« - C'est nous qui vous avons fait venir. Venez nous rendre visite, dans notre région.
Et n'ayez pas peur : nous vous reconnaîtrons. Personne ne vous tirera dessus... »
Sauf les interprètes, je pense que j'aurais demandé à cette femme de se répéter !
Nous avons parlé de Castaneda. Il semble qu'il ait consommé trop de peyote...
J'ai beaucoup aimé chanter avec eux, et avec les Séri à la réputation plus tranquille.
Le "surnom" qu'il m'ont donné se traduirait par "homme à la parole pleine de couleurs".
Voilà pour le vécu. Ma réflexion n'est pas finie sur cette époque, cette terre.
Pour l'instant, j'achève celle qui porte sur "notre" soleil, révélation de l'Égypte.
Voilà.
Yvo Jacquier

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Ven 28 Oct 2011, 09:25

Clin d'oeil
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supplique

Message  Charly Alverda le Ven 28 Oct 2011, 10:12

Bonjour,

Je ne sais ce que vous avez comme connexion, mais je n’arrive plus a accéder à la page précédente, j’espère que ce ne sont que des images strictement en rapport avec le sujet qui font surcharge. Je suis quelque peu frustré puisque je vois ici l "homme à la parole pleine de couleurs" qui a du s’acquitter de sa promesse de nous conter les rapports de Dürer et de Nicolas Conver dans d’improbables couloirs temporels. Je saurais gré à l’administration de me copier ce post en transmission privée afin de pouvoir répondre sereinement ici à une démonstration attendue depuis des mois.

Avec mes remerciements,

Charly Alverda

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Calcédoine le Ven 28 Oct 2011, 17:56

Bonjour,

Selon mes souvenirs, il ne me semble pas qu'Yvo Jacquier ait jamais promis de produire ici le résultat de ses travaux avant que ces derniers aient été achevés, relus, et publiés. Ceci peut bien évidemment prendre des mois et des mois, comme tout travail scientifique d'une ampleur certaine.

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Charly Alverda le Sam 29 Oct 2011, 15:20

Mon cher Calcédoine, le 3 août tu écrivis :
Sourire
“Je propose donc de temporiser quelque peu, et de patienter quelques jours pendant lesquels Yvo Jacquier pourra construire une démonstration étayée, en toute sérénité, sans précipitation ni polémique. Après quoi, chacun pourra argumenter en disposant des éléments promis.”

Je propose, éventuellement, de revenir à la page 4 du fil pour relire l’historique des propos de Yvo Jacquier depuis sa curieuse formulation d’entrée :
“Veuillez visiter @ http://www.melencoliai.org/ ”.

Un temps certain s’est écoulé depuis ma visite au dit site et le questionnement qu’il induisait quant au Tarot de Nicolas Conver, temps que je n’ai pas perdu ayant repris force cours intensifs de mathématiques appliquées ; Yvo Jacquier doutant (peut-être à juste titre) de la solidité des connaissances de notre piteuse assemblée.

Après l’acquisition de solides notions sur la dimension de Hausdorff-Besicovitch, je peux argumenter avec quelque chance de succés sur les ensembles de Julia et de Mandelbrot, la fractale de Lyapunov, l'ensemble de Cantor, le tapis de Sierpinski, le triangle de Sierpinski, la courbe de flocon de Koch ou le Peano ; et afin d’être paré à tout débordement culturel, j’ai même étudié la langue des baleines à l’université du Bas Congo (*). Étant en contact avec les spécialistes mondiaux des tarots, nous attendons donc - les japonais sont les plus impatients - dans les plus brefs délais la démonstration de notre auteur qui s’avère du plus haut niveau :

“.... la preuve la plus belle de la paternité de Dürer envers les Tarots de Conver est bien évidemment une démonstration géométrique. Mais je dois, avant de poser cette cerise sur le gâteau, expliquer l'origine de cette culture (avec toute une série de démonstrations mathématiques, et dans un contexte strictement scientifique). On n'expose pas cinq millénaires d'une pratique du sacré en deux pages...”

Certes j’en conviens, et :

“... je le répète parce que vous m'y obligez, cette culture doit être expliquée de façon didactique, et par étapes. Bien des gens ont une formation mathématique précaire et c'est pour eux un véritable challenge. Je ne peux pas balancer "net-fret-sec" que le système de composition des Tarots est un héritage de Rublev dont Dürer disposa, et qu'il est la préfiguration des fractales. Les mathématiciens comprennent, mais ce n'est pas à eux que je m'adresse ici.”

Si les mathématiciens comprennent : I am ready sir ! (**)

Personne n’étant aujourd’hui en mesure de dire qui sont les Compagnons cartiers qui ont gravé le Tarot dit de Nicolas Conver, fidèles à l’esprit de leur milieu nous ne connaissons que leurs initiales : V. T. pour les Triomphes et G. M. pour les Honneurs. Aussi relier ces cartiers à Dürer via Andrei Rublev est bien un événement mondial, d’où mon (notre) impatience bien légitime. L’aura de cette découverte rejaillira sur ce forum car j’ai bon espoir de réunir quelques radios et T.V., je suis en négociation avec Arte (mais chut !)



(*) “j’ai étudié la langue des baleines à l’université du Bas Congo” est un dialogue extrait du film “Le Dernier Tango à Paris” de Bernardo Bertolluci

(**) “I am ready sir !” est extrait des dialogues du film “Les Tontons Flingueurs”

Cordialement,

C...a

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Timing

Message  Yvo Jacquier le Sam 29 Oct 2011, 16:31

Bonjour à tous,

<just kidding>
Le seul chant qui puisse me séduire est celui de Vénus.
Quand Botticelli s'occupe de l'orchestration, elle devient sirène.
</just kidding>

Je remercie vivement Calcédoine pour son intervention.
Il expose aussi clairement que sobrement la réalité de mes recherches.
Je tiens à ajouter que, selon le conseil de tous mes partenaires,
je dois protéger mon travail de toute forme de récupération.
D'autant que les dérives qui ne manqueraient pas de se produire
seraient très préjudiciables à la vérité que je reconstitue patiemment.


Nous commencerons en avril 2012, par Pythagore et son séjour en Égypte.
C'est lui qui fonda la géométrie sacrée des bâtisseurs de cathédrales.
Publication scientifique.

Ensuite, nous exposerons les conditions exactes de la naissance de la science, avec Kepler à Prague.
Dürer est impliqué. Une équipe complète s'est réunie autour de ce thème. C'est du boulot !

Après avoir placé les "bornes" de cette culture, nous aborderons Melencolia et ses démonstrations.
Elle est restée dans son ombre pendant cinq siècles et manifestement, elle entend en sortir en 2012.
Je me demande bien pourquoi Yeux au ciel

La paternité de Dürer envers les tarots est, dans ce contexte, une sorte de cerise sur le gâteau,
et pour des motifs amplement partagés, cela ne cesse de m'émerveiller.

Cordialement,
Yvo

Yvo Jacquier

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Montaléchel le Sam 29 Oct 2011, 16:44

Yvo Jacquier a écrit:Je tiens à ajouter que, selon le conseil de tous mes partenaires,
je dois protéger mon travail de toute forme de récupération.
D'autant que les dérives qui ne manqueraient pas de se produire
seraient très préjudiciables à la vérité que je reconstitue patiemment.
De cela, je ne peux qu'en convenir.
Pour ma part, il ne me pose aucun problème d'attendre mi-2012 la conclusion d'un travail de longue haleine.
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Mar 01 Nov 2011, 12:30

Etrange qu'il ne vous ait pas été donné de remarquer et de tenir compte du fait que cette fameuse « Egypte » présentait aux yeux de ces prestigieux Pythagore, Platon etc.... une singularité en phase avec sa gnose : contrairement aux autres contrées connues à l'époque, elle était à l'envers ! Bref, la seule à l'endroit... Omettre cette « orientation-clef », s'est s'interdire l'accès à toute sapience digne de ce nom.
Je tiens à ajouter que, selon le conseil de toutes mes partenaires,
je ne dois protéger mon travail d'aucune forme de récupération.
D'autant que les dérives qui ne manqueront pas de se produire
seront très favorables à la vérité qui me destitue patiemment.

Alib dit Amon-beaufils
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Un publication scientifique ?

Message  Frank Morzuch le Mer 02 Nov 2011, 23:35

Modération : Post expurgé des éléments polémiques stériles,
ne conservant que les éléments informels utiles au débat.
Oui, Monsieur Jacquier, à défaut de nous livrer, séance tenante, les preuves scientifiques, pouvez-vous me nommer quelques uns des historiens d'art, prêts à accréditer vos recherches concernant les 3 Meisterstiche, et pendant qu'on y est, pourquoi pas nous transmettre également le nom de votre éditeur ?
Avez-vous lu Pierre Vaisse, dont je ne partage pas toujours les conclusions, mais qui a le mérite de mettre les choses parfaitement à plat en ne s'appuyant que sur du solide ?
Connaissez vous Hans Rupprich ? C'est vrai qu'il faut être germanophone mais cela évite de bâtir une théorie sur des renseignements de seconde main.

Je suis revenu hier soir d'un voyage qui ne m'a pas permis d'intervenir sur ce forum et je me faisais une joie de répondre petit à petit à la longue dissertation d’Aliboron dont j’apprécie le tact lorsqu’il dit les choses sans les nommer.

Monsieur Jacquier, sur votre site que vous nous avez généreusement invité à consulter, je ne puis que remarquer la grande différence qu'il y a entre votre exposé sur la géométrie sacrée, très intéressant, bien présenté et bien écrit mais déjà connu et souvent explicité, et la peu convaincante démonstration de super-positionnement de ces trois gravures maîtresses si admirablement commentées par Panofsky qui, comme tout un chacun, n'est pas exempt d'erreurs. N'avait-il pas d'abord attribué la description de Melencolia faite par Camerarius à Mélanchton, dans la première édition de "Saturne et la mélancolie" ?

Autre chose, juste pour conclure sur une note plus constructive et plus digne de ce forum : les 3 Meiterstiche sont un pétard mouillé et je me range à l'avis de l'ex-directeur des Musées de Berlin et co-commissaire, avec Jean Clair, de la dernière méga exposition sur la mélancolie, je veux parler de Klaus Peter Schuster, lorsqu'il avance que s’il y a une suite, elle doit forcément être sous la forme d'une tétralogie regroupant les 4 humeurs.

Je vous souhaite à tous une excellente nuit.

MORF


Dernière édition par Trinity le Jeu 03 Nov 2011, 18:50, édité 2 fois (Raison : Modération.)

Frank Morzuch

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Ce que j'en pense

Message  Yvo Jacquier le Mer 02 Nov 2011, 23:43

Très heureux
Yvo Jacquier

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4 et non pas 3

Message  Frank Morzuch le Jeu 03 Nov 2011, 00:57

Autant m'y mettre de suite s'il reste une chance de remettre ce débat sur les rails.
On met souvent en avant, pour contrer l'idée d'une tétralogie incluant "Adam et Eve", qu'il s'est écoulé un temps trop long entre la date d'exécution de cette gravure (1504) et celle du "Cavalier, la Mort et le Diable" (1513). 9 ans pour accoucher d'une suite, cela dépasse 10 x le temps d'une gestation ! Or il existe une explication. C'est à nouveau Camerarius qui nous la donne lorsqu'il nous apprend que Dûrer, à son retour d'Italie en 1507 s'est trouvé dépossédé de toutes les études concernant le Cheval "Et bien que l'excellent homme se doutât d'où venait le larcin, il n'a jamais voulu poursuivre le responsable..." nous apprend Joachim Camerarius.

Peu de temps après le décès de Dürer, en 1528 fut édité à Nuremberg un petit fascicule sur la manière de dessiner un cheval que le Conseil Municipal s'est empressé de saisir à la demande d'Agnès Dürer et de Willibald Pirckheimer. Ce fascicule est très instructif et je vous en posterais quelques pages demain. En attendant il suffit de s'interroger sur la présence dans la gravure "Adam et Eve", encore appelée "la Chute" des 4 animaux emblématiques associés aux 4 humeurs ou aux 4 tempéraments de la médecine hippocratique. Il serait également très instructif d'apprendre la version que nous en donne Hildegarde de Bingen. Mais cela je le laisse à d'autres plus qualifiés que moi, s'ils acceptent de se manifester.

Cordialement,

MORF

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De circonstance

Message  Yvo Jacquier le Jeu 03 Nov 2011, 05:46

"Mais si des peintres bien formés, de vrais artistes, voyaient de tels ouvrages irréfléchis, ils ne se gêneraient pas pour rire de l'aveuglement de ces gens, car rien n'est plus désagréable pour un esprit éclairé que l'erreur dans une peinture, quelle que soit l'application avec laquelle elle a été réalisée. Mais la complaisance dans l'erreur, de la part de tels peintres, vient uniquement du fait qu'ils ignorent tout de l'art de la mesure sans lequel personne ne peut devenir créateur. Mais les vrais responsables sont leurs maîtres qui ignorent cet art."

Albrecht Dührer, Instruction sur la manière de mesurer, 1525

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Logos le Jeu 03 Nov 2011, 20:05

En attendant la suite des éclairages (dignes d'une veillée de Tout-Saint) de notre Aliboron... Bien le bonsoir !



Au fait Ali-Borée évoquait dans son premier post Jonas et la baleine ; j'y ai repensé après avoir lu ce petit texte sur Wikipédia (et connecté - inconsidérément ? - ambre et embryon)

Ambre : son nom provient de l'arabe anbar (ʿanbar, عنبر, ambre gris de ʿanābir, عنابر , cachalot), mais le mot désignait primitivement l'ambre gris (qui est lui une concrétion intestinale du cachalot utilisée en parfumerie). Son appellation grecque élektron (ἤλεκτρον) est à l'origine du terme « électricité ».

"appelé également l'or du Nord, fut une monnaie d'échange dans la Rome Antique."

Hello


Dernière édition par Logos le Jeu 03 Nov 2011, 23:01, édité 1 fois
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Cucurbitacée

Message  Yvo Jacquier le Jeu 03 Nov 2011, 20:30


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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Dim 06 Nov 2011, 12:41

Bonjour à tous,

Vite fait sur le gaz, ce modeste complément.

Je disais précedemment, à propos de notre polyèdre, qu'il serait « antidaté » de lui préter une signification chymique; ceci avancé tout en dénigrant (as usual Clown ) les affirmations catégoriques de certains souffleurs...

Donc enfin un fait scientifique ! Même s'il se produit dans une ambiance où l'ombre et le brouillard se conjuguent Bondissant , il est particulièrement bien décrit par Bernard Biebel dans son commentaire au « Livre de Roussinus ».

Ça se passe lors des phases successives de la liquation, « à l'issue desquelles le fixe sera rendu volatil, et l'esprit du monde corporifié et virtualisé », comme le disait plus succintement et, via un « miroir des sages » plus panoramique, le sieur Beltikhine cité par moi-même.

Biebel :
« Il est fort à propos que nous signalions, maintenant, en regard de la coulée susdite, une singularité qui eut pu échapper même à l'artiste le plus observateur.

Lorsque le soluté, ardent et carminé, sera versé dans la lingotière cylindrique, et que seront dissipées les fumées arsénicales desquelles se préserve l'artiste, le soluté est alors très proche de sa solidification, sur lequel subsiste encore une lueur bleue et admirable, indicatrice de la position céleste de l'astre nocturne.

A chacune des coulées, et au stade proche de la coagulation, cette vibration bluette se montre en un point différent, à la superficie du coagulum philosophique, et qui marque indiscutablement la trajectoire du luminaire des nuits. Ce point augment en luminosité, à mesure de la croissance de l'astre et selon la limpidité du ciel, tout comme, d'ailleurs, le temps-durée de la coagulation.
»

Eprouvante conversion des eaux en terre. Et là, B.Biebel (de la perspicacité duquel mon petit doigt n'a aucune raison de douter), d'ajouter ceci :

« De ce labeur, qu'illustra à la perfection le burin d'Albrecht Dürer, lorsqu'il composa sa Mélancholie, de ce labeur disions-nous, Fulcanelli et son disciple Canseliet, discoururent avec beaucoup de réalité, et surtout beaucoup de charité.

Lors de ce pénible travail, l'artiste observateur ne manquera pas de remarquer le point brillant qui se déplace, au fil des heures, selon une trajectoire courbe, s'acheminant d'un bord du creuset vers l'autre, en passant par le centre, conformément au plan de l'orbite lunaire.
»

Cordialement
aligoté ou elektron libre ? Ivre
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Correspondances...

Message  Usagi le Dim 06 Nov 2011, 12:44

Bonjour à tous.

Je suis depuis longtemps déjà et avec beaucoup d'intérêt les nombreux fils de ce forum.
De celà, je voulais vous remercier.

Aussi, n'étant pas suffisamment patient pour attendre 2012, (mi-2012, ça fait loin, non?!), je voulais faire quelques remarques qui, je l'espère, trouveront ici, un intérêt.

Dürer signe ses gravures d'une façon bien originale: avec des petits pannonceaux sur lesquels figurent (notamment) son monogramme AD et une date. Ils sont posés là, en évidence, totalement hors contexte. Ils me semblent intéressants parce qu'ils s'adressent directement à nous et qu'en même temps, ils font un lien entre les 4 gravures.

Alors, me dira-ton, il n'y en a pas sur Melencolia...
- Ah bon ? Il me semble que Dürer aime jouer avec nous! (à défaut d'une grande érudition, c'est comme celà que je le ressens). En fait, le pannonceau existe: c'est son carré de Jupiter. Celui que l'on voit n'est en fait pas" le bon". Je veux dire par là que ce n'est pas celui que l'on trouve dans les Clavicules de Salomon, par exemple. Ses nombres ne sont pas disposés de la même façon.
Chez Agrippa, on a, ligne du bas, la série 16 / 2 / 3 / 13; chez Dürer, on peut lire, ligne du bas la série: 4 / 15 / 14 / 1.
15 et 14 sont à rapprocher (on l'a vu): on a donc la date 1514.
En simple guématrie, on a 1 = A et 4 = D: on a donc le monogramme AD.
Si Dürer n'a pas éprouvé le besoin de faire figurer le pannonceau, c'est qu'il existait déjà, sous nos yeux!

Concernant la gravure Le Chevalier, la Mort et le Diable, on peut lire cette fois-ci: "S.1513."
Puisque notre pensée se doit d'être analogique, comme le faisait remarquer de façon très pertinente, notamment Charly Alverda, je m'essaie de raisonner de cette façon.
Sur la gravure, 3 personnages, donc, sur le pannonceau, 3 signes: S / 15 / 13 (je laisse de côté les points).
13, c'est évidemment La Mort et 15, c'est Le Diable. C'est tellement évident que ça ne peut pas être le hazard... Ou alors avec un grand H!
Et voilà qui nous rappelle le jeu de Tarot, non?
Ma question est celle-ci: Depuis quand associe-t-on le 13 à la mort? Bien avant Nicolas Convers, non?
Et depuis quand 15 est le Diable?
Reste le "S" qui se doit donc d'être le Chevalier, mais également 14, TEMPERANCE. On parle du chevalier errant, et de Temps-errance, non?

...Mais pourquoi ce S?
- S comme "sevalier"??? (à un cheveu près! Non!!!, là, je plaisante!!!)
- Je pensais à S comme Samech, la lettre hébreux; mais Samech n'est pas la 14ème lettre mais la 15ème.
- On peut faire correspondre chaque carte du Tarot à un signe du Zodiaque, une planète ou un élément (12 + 7 + 3 -feu, air, eau- = 22).
La Mort, 13 est pour moi, le scorpion (ou le "serpentaire" ? regardons la gravure)
Le Diable serait alors le capricorne, signe de terre en plus, cardinal: la gravure nous le montre, il a bien une corne sur la tête. Et donc, ce "S" serait, pour Tempérence, le Sagitaire. D'où cette formidable lance.

On aurait donc sur la gravure 3 personnages, La Mort, le Chevalier et le Diable; 3 nombres, 13, 14, 15; 3 signes: Scorpion, Sagitaire, Capricorne et donc, 3 cartes, La Mort, Tempérence et Le Diable.

J'ai l'impression que tout celà fonctionne, simplement. Faute d'érudition et de connaissances historiques, je suis incapable de valider ces correspondances. Il y en a de multiples, chaque école a les siennes! Lesquelles étaient en cours du temps de Dürer?

Pour finir, (désolé pour un post si long!), je serais extrêmement étonné si derrière le jeu de Tarot, il y avait Dürer, mais ce qui est vrai, c'est que derrière le monde, il y a le jeu de Tarot.

En vous remerciant infiniment de vos lumières.

Usagi

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  aliboron le Dim 06 Nov 2011, 12:57

Ave Usagi,

Ca fait plaisir de voir un nouvel arrivant en cette table ronde (ou plutôt ovale si l'on prend en compte l'orbite de Mars).

alib

ps : et derrière le Tarot, y a quoi ?

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S pour Sagittaire

Message  Usagi le Dim 06 Nov 2011, 13:30

Merci!

...la kabbale, je pense.

D'ailleurs, je lis ceci:

"Il fit régner Samek, la couronna, la permuta avec les autres, et avec, Il forma le Sagittaire dans le monde, Kislev dans l'année et la main droite dans Néfésh."

Sepher Yetsirah, chap. VI (version Sâadya Gaön)

S est donc le Sagittaire, Samek et le Chevalier.

Cordialement,
Usagi

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Dim 06 Nov 2011, 14:26

Bonjour Usagi,

et bienvenue sur ce forum. Il est exact que l’introduction d’une tablette dans ces gravures indique souvent le point de vue par lequel il faut l'aborder. Le meilleur exemple sont les «Armoiries de la Mort» où si l’on regarde par le côté droit comme le suggère le cartelino, le crâne hydrocéphale prend place sur une assiette. Ce qui peut vouloir dire : on devient ce que l’on consomme. 
Le S pour sagittaire ? Est-ce que sagitaire en allemand garde la même orthographe ? Je ne le crois pas. A ce compte ,pourquoi pas, comme le suggèrent certains, le S pour Savonarole, en référence à la salamandre qui me semble être plutôt un lézard. Savonarole qui fût pendu et brûlé en 1498, c’est-à-dire 15 ans avant 1513, date de cette gravure. On le voit, dès que l’on a à faire aux nombres, les interprétations sont multiples et fort différentes.
Ci-jointes les «Armoiries de la Mort» ainsi que, comme déjà promis dans mon dernier post, quelques pages du livret sur la construction du cheval, en rapport plus indirect avec la création du Chevalier, la Mort et le Diable.

Morf










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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Montaléchel le Dim 06 Nov 2011, 14:43

Bonjour,
Frank Morzuch a écrit:
Le S pour sagittaire ? Est-ce que sagittaire en allemand garde la même orthographe ? Je ne le crois pas.
En Allemand, le correspondant du signe zodiacal du Sagittaire est Schütze (tireur, archer, chasseur, mais aussi protecteur).
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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Dim 06 Nov 2011, 17:52

Pendant que nous y sommes et que ce la semble intéresser du monde, voici une autre interprétation concernant l’emplacement précis du cartelino du «Cavalier, la Mort et le Diable», plus géométrique que numérologique.
Si l’on attribue à cette gravure la grille d’ordre 5 du carré planétaire de Mars qui gouverne l’humeur cholérique, cet intriguant (insistant) tracé en zigzag, comme le nomme Aliboron, qui n’est autre que le parcours graphique selon l’ordre naturel des chiffres et leur répartition spatiale dans la grille de ce carré (un parcours mnémonique qui permet de fixer l’ordre inhérent de cette combinaison sans avoir recours aux nombres. Ce qui est très pratique pour le dyslexique que je suis) Alors ce tracé nous conduit droit sur le 15 qui occupe précisément la case 15 de cette gravure partagé en autant de cases que celles du carré de Mars, c'est à dire 25. Le triangle d’or formée par la lance, l’épée et le manche du grappin du Diable peut alors se loger exactement dans un des triangles du diagramme obtenu. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait que toute cette construction, du fait de la présence du pentagone, est soumise à la récurrence du nombre d’or.

A ce propos je dois un clin d’oeil à Yvo Jacquier pour la citation tirée de la préface de "L’Undeweysung der Messung". Yvo Jacquier dont je ne puis que recommander le site sur la géométrie sacrée d'une extrême richesse (mea culpa) :
Yvo Jacquier a écrit:"Mais si des peintres bien formés, de vrais artistes, voyaient de tels ouvrages irréfléchis, ils ne se gêneraient pas pour rire de l'aveuglement de ces gens, car rien n'est plus désagréable pour un esprit éclairé que l'erreur dans une peinture, quelle que soit l'application avec laquelle elle a été réalisée. Mais la complaisance dans l'erreur, de la part de tels peintres, vient uniquement du fait qu'ils ignorent tout de l'art de la mesure sans lequel personne ne peut devenir créateur. Mais les vrais responsables sont leurs maîtres qui ignorent cet art."

Albrecht Dührer, Instruction sur la manière de mesurer, 1525
En effet Dürer exècre l’erreur et lorsqu’il en commet une comme pour l'échelle de "Melencolia §I", celle-ci participe d’une raison supérieure qui répond dans le cas du "Chevalier, la Mort et le Diable" à l’établissement de l’angle 108°, nécessaire à la construction du pentagone.
Or il est manifeste que la longue lance est trop basse et ne repose plus sur l’épaule, mais semble littéralement la traverser. Ce qui n’est pas le cas pour le dessin de 1498 dont il s’est servi pour reproduire la cuirasse et le harnachement du cheval, ce dernier présentant alors encore bien des faiblesses d’exécution. En I.503 cette maîtrise semble définitivement acquise.












Il est intéressant de voir comment Dürer s'y prend et de quelle manière le pentagone s'impose à nos yeux de moultes façons.
Ainsi le bas de la gravure correspond horizontalement, lorsqu'il rencontre la ligne induite par le grappin, au même angle 108°. De même l'inclinaison du cartelino. Et pour faire bonne mesure et bien inscrire cet angle plus profondément dans l'inconscient du regardeur, l'angle que fait, au niveau du boulet, la patte antérieure du cheval de guerre ainsi que l'encolure de la pauvre haridelle que chevauche la Mort, font eux aussi un 108°.
Tout cela corrobore cette lecture, qui m'est propre, des quatre Meistersiche et résulte, comme on nous l'a déjà fait remarquer il y a peu, d'un travail de longue haleine, à ne pas mettre entre toutes les mains ! En l'occurence il s'agit de ma recherche et je ne demande qu'à m'associer à d'autres chercheurs pour trouver réponse à quelques questions fondamentales car il n'y a rien d'innocent dans ces gravures.
Il est même permis de se demander, en vertu des diagrammes ici révélés, si cette gravure du "Reître" comme l'appelle Pierre Vaisse, n'a pas contribué, par sa détermination guerrière, à mener jadis l'Allemagne à sa perte. Selon l'historien d'art allemand Wölflin, cette gravure était alors l'image la plus diffusée dans les années 1930. Elle a depuis complètement disparu du paysage germanique. A ce sujet, il est du plus haut intérêt d'aller voir un certain Hans Schwerte, de son vrai nom Schneider, quant à la manière dont les nazis ont instrumentalisé Dürer.
Le dernier diagramme est un tracé impair, qui ne prend en compte que les chiffres impairs présents dans ce carré. On passe donc directement de 13 à 15.
Cordialement,
Morf

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Usagi le Dim 06 Nov 2011, 19:28

Bonjour FM,

Merci pour quelques pages du livret sur la construction du cheval, franchement intéressantes.

Avant que vous alliez plus loin dans vos savantes constructions, juste une chose concernant les carrés magiques: en mathématiques, on peut créer beaucoup de carrés dits "magiques" et plus les carrés sont grands, plus les combinaisons sont possibles. Mais s'ils obéissent tous aux mêmes lois mathématiques, ils ne sont pas pour autant magiques.
Il me semble que les seuls à considérer sont ceux établis par Agrippa, dans De Occulta Philosophia.

(voir, par exemple, sur le site @ EzoOccult (www.esoblogs.net), l'article intitulé "Les carrés magiques d'après Enel")

Dans votre dernier post, le carré d'ordre 5 que vous avez retenu est dit "magique" au sens mathématique, mais n'est pas "magique" en réalité. En tout cas, il ne correspond pas à celui d'Agrippa. Du coup, votre construction n'est plus exacte. Le cartelino est en fait, d'après Agrippa, en 23 et non en 15.
Avez-vous d'autres sources sur les carrés magiques ?

Amicalement

Usagi

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

Message  Frank Morzuch le Dim 06 Nov 2011, 20:18

Oui Usagi,
Il s'agit en effet des mêmes carrés appartenant à la série dite planétaire. Aggripa Von Nettesheim n'est pas la seule source. D'ailleurs en 1510, lorsque la première version de "La Philosophe Occulte" circulait encore sous le manteau, les carrés planétaires n'y figuraient pas. Allez voir du côté de chez Pacioli "De Viribus quantitatis" où figure la réplique exacte du carré dit de Dürer. Celui reprit par Aggripa en diffère légèrement n'étant que son frère jumeau, tout en gardant les mêmes propriétés magiques.
Beaucoup plus en amont, le moine grec Moschopoulos, vers 1300, est connu pour être le premier à avoir introduit cette série de carrés.
Autre chose, et c'est là le plus important, ces tables, encore appelé "sceaux", sont tracées pour être "imprimées" et sont, de ce fait, à l'instar d'une bague sigillée, toujours présentées à l'envers. Les talismans, pour être efficaces, ne dérogent pas à cette règle. Tout dépend à qui s'adresse ce talisman; il peut donc être protecteur ou répulsif. Dürer le graveur ne pouvait l'ignorer.
Il existe à ce sujet d'excellents sites très bien documentés.
Bien amicalement,
MORF

Frank Morzuch

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Re: Melencolia I (Albrecht Dürer)

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