Christian Rose-Croix

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Christian Rose-Croix

Message  Christian Hersey le Jeu 24 Juil 2008, 12:10

Christian Rosenkreutz ou Christian Rose-Croix (« le Chrétien à la Rose et à la Croix ») est plutôt un personnage symbolique dont l’existence est controversée. Il est le fondateur mythique de la Rose-Croix. À ce titre, il est à l'origine de l'histoire et de l'enseignement des rosicruciens. De nationalité allemande, il serait né en 1378 et mort en 1484.

Johann Valentin Andreae en parle pour la première fois en 1616 dans « les Noces chymiques de Christian Rosenkreuz ». Ce texte constitue le troisième manifeste rosicrucien et ne contient pas d'éléments biographiques. Il est principalement centré sur l’alchimie et la connaissance de l'homme intérieur.

Le récit de la vie de Christian Rosenkreutz parait s'inspirer des vies et œuvres de plusieurs mystiques chrétiens.

Plusieurs personnes ont des points de vue différents sur ce personnage. J’ai déjà développé le point de vue de Rudolph Steiner en présentant une de ses oeuvres sur ce forum "Christian Rose-Croix et sa mission". (lien : ici)

(sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Rosenkreutz).
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Christian Hersey le Jeu 24 Juil 2008, 12:25

Selon Max Heindel, Christian Rose-Croix est un instructeur d'une haute spiritualité, étant apparu au XIIIe siècle. Il aurait fondé l'ordre mystérieux des Rose-Croix, présenté comme une « École des Mystères », afin d'unir dans un système cohérent la beauté vivante du spirituel et de l'art à la force progressivement dominante des disciplines exactes. Il se serait constamment réincarné en Europe à différents endroits. Il existait au temps où Max Heindel écrivait son œuvre majeure, la « Cosmogonie des Rose-Croix ».

Christian Rose-Croix serait l'inspirateur, en tant que force spirituelle, des œuvres de Francis Bacon, Jakob Böhme, etc., mais on perçoit son influence entre autres dans les œuvres de Goethe et de Wagner, notamment l'opéra Parsifal.

Sans le savoir bien des hommes cherchant d'une manière sincère derrière l'apparence des choses, puisent force et courage, dans le personnage qui porta le nom symbolique de Christian Rose-Croix.

Signalons en passant que Max Heindel et Rudolf Steiner voyaient une incarnation de Christian Rose-Croix dans l'énigmatique Comte de Saint-Germain, courtisan, aventurier et alchimiste qui aurait été mort le 27 février 1784.

(sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Rosenkreutz).
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Christian Hersey le Jeu 24 Juil 2008, 13:19

Le Lectorium Rosicrucianum reprend presque entièrement à son compte les textes de Steiner et l'avis de Max Heindel sur le fondateur des Rose-Croix.

Christian Rose-Croix serait un prototype de l'être accompli selon l'esprit, l'âme et le corps, un être régénéré. Il œuvrerait directement en tant que force spirituelle concentrée, en agissant au sein de ses temples qu'ils nomment « de Feu ».

Le rôle des rosicruciens consisterait à dynamiser les forces du corps étherique de Christian Rose-Croix et à les transmuter en un corps d'initiation accessible à tous.

Selon Jan van Rijckenborgh, le courant rosicrucien se serait associé étroitement avec les Cathares, sans influencer leur doctrine ou leurs rites de l'extérieur, ce qui permettrait de faire remonter l'histoire roscicrucienne au XIIIe siècle. Par la suite, une certaine influence aurait perduré par les templiers et plus spécialement tout ce qui a été à l'origine de la quête du Saint Graal ainsi que des textes y faisant référence. En fait, Cathares, Graal, et Croix aux Roses sont considérés comme trois dimensions d'une même quête éternelle s'accomplissant à travers les siècles, et s'exprimant actuellement en Christian Rose-Croix .

Jan van Rijckenborgh écrivit : « Christian Rose-Croix est l'une des grandes figures derrière laquelle se tient le Chaine de la Fraternité universelle entière. Chacun peut entrer dans sa Maison, édifiée pour toute l'humanité, la véritable Demeure de l'Esprit-Saint; tel est le message dans toute sa force... Le dernier mot dans ce monde est à Christian-Rose-Croix. »

(sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Rosenkreutz).
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Christian Hersey le Jeu 24 Juil 2008, 13:22

Selon Maurice Magre (1877–1941) dans son livre « Magiciens et illuminés », Christian Rosenkreutz serait un nom symbolique inventé par Johann Valentin Andreae. Il est en réalité le dernier descendant des « Germelshausen », une famille noble dont l'origine remontait au nom de jeune fille de la mère d'Elisabeth de Hongrie, (laquelle avait d'étroites relations avec quelques cathares.) Leur château se trouvait dans l'état de Thuringe au milieu d'une forêt.

En 1383, un siècle et demi après l'assassinat d'Elisabeth de Hongrie par son confesseur : "Conrad de Marbourg", toute la famille Germelshausen fut assassinée pour des motivations inconnues à l'exception du plus jeune fils, qui, à l'époque, avait 5 ans. Le jeune Christian Germelshausen fut emporté secrètement par un moine franciscain en pays Cathare dans le Sud-Ouest de la France, d'où il reçut son éducation par quatre "Parfaits" rescapés de la croisade Albigeoise.

De retour sur les terres Albigeoises après un long voyage initiatique en pays Celtique (Irlande et Ecosse), puis en Orient (Egypte, Iran et Inde ), Christian Germelshausen fonde en 1405 L'Ordre Initiatique du Seigneur Jésus-Christ.

Ce récit relève de la tradition orale qui unit parfois Rose-Croix et Catharisme.

(sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Rosenkreutz).
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Christian Hersey le Jeu 24 Juil 2008, 13:25

Selon Harvey Spencer Lewis, fondateur de l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC), l'ouverture du tombeau de Christian Rose-Croix exprimerait la résurgence de l'Ordre après une période d'inactivité de 108 ans.

Pour l'AMORC, le personnage de Christian Rose-Croix, ou Christian Rosenkreutz, est une allégorie. En effet, l'Ordre aurait été créé, non par un initié portant ce nom symbolique, mais par une société initiatique de Mystères organisée par le pharaon Thoutmôsis III. Ce pharaon aurait regroupé les écoles de mystères existantes au sein d'une même entité, il y a 3500 ans.

(sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Rosenkreutz).
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Christian Hersey le Jeu 24 Juil 2008, 13:27

Selon le Glossaire théosophique de Helena Blavatsky, le nom fut d'abord donné aux disciples d'un savant Adepte nommé Christian Rosenkreutz, qui florissait en Allemagne vers 1640. Il fonda un Ordre composé d'étudiants mystiques dont l'histoire de son début peut être trouvée dans l'ouvrage allemand, Fama Fraternitatis (1614), qui fut publié en plusieurs langues.

(sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Rosenkreutz).
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Charly Alverda le Jeu 02 Oct 2008, 23:33

Bonjour à tous

Les manifestes R + C reflètent bien les préoccupations de la fin de la Renaissance, l'étude des collections de Rodolphe II est exemplaire dans le contexte. On peut même dater à la minute près sa naissance ! Roland Edighoffer, spécialiste de la R + C met en évidence la date de naissance de Christian Rosenkreutz : 1378. C'est une date importante pour la chrétienté puisque c'est l'année ou règnent deux papes (Urbain VI à Rome et Clément VII à Avignon) Il souligne également que l'aventure des Noces chymiques de Christian Rosenkreutz se passe en 1459, l'ermite ayant eu la promesse de la célébration de ses noces dans une vision sept ans auparavant. Or 1453 est l'année où Constantinople est conquise par les Turcs ruinant l'espérance d'un rassemblement total de l'Eglise après neuf siècles d'attente.

Précisons ici à propos de la date de 1604 indiquée par La Fama, que cette information pouvait être plus précise encore : le 8 janvier 1604, à 17h 32mn, il y eut une grande conjonction de Saturne et Jupiter dans le treizième degré du Sagittaire. Il s'agissait de la nouvelle « étoile » découverte par l'hermétisant Kepler qui estimait que cette « apparition » signalait l'existence d'un prophète caché qui aurait pour mission de réconcilier les frères ennemis de la chrétienté…

Mais laissons celà, les historiens ont mis en évidence que la R + C était une mystification d'ordre politique, il s'agissait d'unir la rose tudor au protestantisme local (voir les études de Frances Yates et Roland Edighoffer)

Le plus intéressant à mon sens (c'est ma thèse!) est que les Frères de la Rosée-Cuite agissaient quelques décennies avant ce tout début du XVIIè siècle où apparurent les Frères de la Rose-Croix. Je n'ai pu remonter au delà de 1564, date de la parution de la Monade de John Dee. La Monade est présente (graphiquement) dans deux manifestes R + C et dans les livre de Kunrath et de Fludd. Curieusement Dee mèditera plus de six ans sur sa Monade Hiéroglyphique avant d’écrire l’ ouvrage éponyme, des éléments de réponse nous sont donnés dans la lettre qu’il adressa d’Anvers à son protecteur en décembre 1562 :

” Au bon et honorable Sir William Cecyl, Chevalier, Secrétaire de sa très excellente Majesté la Reine. “
“ j'ai estimé bon, en cette époque de fêtes de la Noël (passées généralement de manière autre), de simplement me mettre en route pour Anvers, et d'y employer mon temps à mettre au point avec divers Imprimeurs Hollandais et autres Artisans l'Impression soignée et véritable de mes travaux, que j'ai là prêts pour la Presse, et avec lesquels j'ai en outre l'intention de revenir, avant Pâques au plus tard : car je compte trouver des hommes et du matériel adaptés à mon dessein.... Aussi, depuis mon arrivée (considérez cela, je vous en prie), par travail et recherche assidus (en si peu de temps), presque incroyables, de tels Hommes, et de tels livres ont été portés à ma connaissance, là où ils sont, que, pour ce qui est des précédentes hautes sciences, je n'aurais jamais espéré recevoir pareille bonne assistance des uns comme des autres....la tâche à laquelle je compte m'atteler, assisté de ces hommes et de ces livres, et avec la permission de Dieu. Et pour preuve plus claire encore de mes efforts et de mon dessein, il vous plaira d'apprendre que j'ai d'ores et déjà acheté un livre, pour lequel d'autres offrirent mille couronnes, sans toutefois pouvoir l'acquérir. Un livre que plus d'un homme érudit a longtemps cherché, et cherche encore jour après jour : dont plus grande est l'utilité que l'immense renommée : Le titre ne vous en est pas inconnu : le voici : Steganographia Joannis Tritemij : dont il est fait mention dans les deux éditions de sa Polygraphia, ainsi que dans ses épîtres, et divers ouvrages d'autres auteurs. Je ne doute pas de parvenir à l'entendement d'icelui, par la Grâce de Dieu et en vertu de la rencontre avec de tels hommes, qui sont d'ores et déjà inscrits à mon Calendrier. Des hommes durs à trouver, bien qu'on les puisse quotidiennement croiser.” (Traduction Philippe Pissier, juin 1998)

On crut longtemps que l’influence maîtresse de Dee avait été Agrippa alors que nous comprenons par cette lettre qu’il s’agissait du maître de ce dernier le savant abbé Trithème et sa Sténographie. Agrippa avait fait trente ans plus tôt la même démarche que Dee : venir chez les imprimeurs anversois faire imprimer ses livres, et bénéficiant de ce réseau d’humanistes, se faire des disciples dans ce milieu comme Agrippa).
L’adresse de Dee à Anvers est à l’Ange Doré chez Guillaume ou Willelm Silvius, surnommé "Regius Typographus” et désigné par notre auteur comme “ my singular good friend Sylvio “. Dee souvent suspecté d’hérésie a du se sentir d’emblée en affinité avec les grands intellectuels humanistes qu’étaient les imprimeurs de cette époque et qui formaient, pour échapper à l’inquisition, les sociétés sécrètes les plus curieuses. Il semble ainsi que la compréhension de l’oeuvre de Trithème fut décisive pour permettre ainsi d’achever la Monade, ce qui fut fait en douze jours chez Silvius. La Monas Hieroglyphica sortit le 31 mars 1564 des presses du même Silvius, dans la préface à Maximilien il est fort justement précisé que “cet enfant est londonien par sa conception, anversois par sa naissance “.

Le frontispice de la Monade est bien plus riche d'enseignement que le texte, Le temple de Nature constellé d'étoiles repose sur deux piliers désignant les 4 éléments, sur une colonne est représenté le soleil avec de la rosée qui s'écoule, la même rosée s'écoule de l'autre colonne que la lune coiffe. La Monade est à l'intérieur du temple dans un oeuf. Sur la partie inférieure du Temple du Sel Ammon est transcrit un passage de la Bible : "Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de la graisse de la terre ( Genèse 27 )
Au sommet de l'édifice sont deux jeunes personnages, ailés et casqués, tenant un bâton d’Esculape. Si l'on y regarde de plus près, ces deux anges réunissent avec attention leur bâton pour dessiner un compas. Les deux branches du compas sont donc Soufre et Mercure, le compas fermé est en fait un caducée.

Dee avait reçu par révèlation, par “ ses esprits “ où anges, la vision de cette Monade, il lui avait fallut sept ans pour rencontrer, grâce à son “singulier” ami imprimeur, ces “ hommes durs à trouver” que nous pouvons appeler Frères de la Rosée Cuite, et ce en 1564.
Ce sont ces “hommes au compas “ qui l’amèneront à la compréhension que ces points, croix, cercles et hyperboles peuvent être vus comme les constituants d’un alphabet exprimant les arcanes de l’alchimie.

Il y a évidemment beaucoup plus à dire sur les cercles d'imprimeurs, la Monade, Dee et les manifestes qui ne citent que Paracelse. Mais Le second manifeste, la Confessio de 1615, mentionnera encore le Verset 27 de la Genèse au verso de la page de titre des neuf chapîtres du texte introductif intitulé : Philip a Gabella Secretoris philosophiae consideratio brevis Consideratio Brevis (Une brève Considération de la plus Secrète Philosophie par Philippe à Gabelle).
Ce texte reproduira des extraits des premiers théorème descriptifs de la composition du signe de la Monas de Dee ainsi que de nombreux emprunts au grand alchimiste Michel Sendivogius. Le diagramme de « Philip à Gabella », aide à la compréhension de la Monas, Philippe de Gabelle, (de la Cabale, De Gabalis ?) n'emploie jamais ce mot qu’ il remplace par celui de stella, la monas hieroglyphica devient ainsi une stella hieroglyphica.

Cordialement

C..a

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Re: Christian Rose-Croix

Message  Calcédoine le Ven 03 Oct 2008, 18:27

Bonjour Charly Alverda,
Bienvenue sur ce forum.

Sapristi ! C’est une fameuse synthèse que voilà !
Elle m’interpelle, car :
- Pas question je n’avais jamais entendu parler des Frères de la Rosée Cuite,
- Interloqué (1) je pensais que le mouvement rosicrucien n’avait pas de racines antérieures à 1600 historiquement prouvées,
- Studieux ces éléments relatifs à ce qu’on pourrait appeler un « protorosicrucianisme » vont dans le sens des affirmations qu’on retrouve chez Roger Caro (Legenda des F.A.R.+C.), mais aussi chez d’autres ésotéristes modernes, y compris l’A.M.O.R.C., à savoir que le mouvement Rose-Croix serait apparu dans la continuité des Templiers réfugiés dans l’ombre dès la disparition de leur Ordre durant la période 1312-1314, ce qui ne pourrait être confirmé que si une filiation pouvait être authentifiée entre le début du XIVème siècle et le début du XVIIème.

Un fait semble cependant établi, si je vous lis bien : un bon demi-siècle avant Johan Valentin Andreae, à Londres et Anvers, des fraternités occultes cultivaient un idéal humaniste, s’intéressaient à l’alchimie et à la symbolique ésotérique, et cherchaient le contact avec des êtres « éveillés ». On est là dans des thèmes chers aux rosicruciens, mais on y retrouve surtout des accents plus proches de l’image de la Rose-Croix idéale que des récupérations politiciennes du XVIIème siècle.

Bien à vous, et au plaisir de vous lire.
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Calcédoine le Ven 03 Oct 2008, 19:17

Complément d'information :

La Monade (MONAS HIEROGLYFICA) de John Dee est consultable à cette adresse : http://www.esotericarchives.com/dee/monade.htm

Un texte explicatif sur la vie et l'oeuvre de l'auteur est disponible ici :
http://hdelboy.club.fr/monade_dee.html
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Calcédoine le Ven 03 Oct 2008, 20:58

Bienvenue et merci à Nelly Foulcat pour ses informations concernant les Frères de la Rosée Cuite dont j'ai replacé le post dans un fil différent, à cette adresse :
http://ora-et-labora.frenchboard.com/historique-de-la-rosecroix-f1/freres-de-la-rosee-cuite-t66.htm
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Charly Alverda le Dim 05 Oct 2008, 12:07

Bonjour

Calcédoine écrit "si je vous lis bien : un bon demi-siècle avant Johan Valentin Andreae, à Londres et Anvers, des fraternités occultes cultivaient un idéal humaniste, s’intéressaient à l’alchimie et à la symbolique ésotérique, et cherchaient le contact avec des êtres « éveillés »."

Ce n'est pas exactement ce que je voulais exprimer. En 1564 nous avons la preuve - avec le frontispice édité par Guillaume ou Willelm Silvius surnommé "Regius Typographus” - que le milieu des imprimeurs véhiculait une symbolique alchimique. Trente ans avant Dee, Agrippa avait bénéficié de ce même réseau international d'imprimeurs, cartiers, graveurs que j'appelle les " hommes au compas " parce que beaucoup ont pris le compas comme symbole. Plantin un des plus célèbres avait été chef de deux sociétés secrètes et écrivait en langage codé. De plus contrairement à la légende, la Franc-maçonnerie (équerre et compas) n'a pas pour origine les bâtisseurs de cathédrales mais bien le milieu du livre avec ses rituels de réception curieux et sa passion pour l'alchimie. Silvius édite d'ailleurs en français le livre de Zecaire et celui du Trévisan en représentant un alchimiste devant un four dans l'édition de1567. Les imprimeurs avaient d'abord été tenu au secret pour cette nouvelle invention (l'imprimerie) puis au prix de leur vie, submergés par le fanatisme religieux ils “ déposérent “ dans quelques groupements “ la Parole délaissée ”, je ne crois pas qu'ils cherchaient le contact avec des êtres « éveillés ».
Il est vraisemblable que la F. M. s'est créée immédiatement après la mystification R + C et " l'affaire des placards ", la rosée s'était unie brièvement à la rose Tudor sur le continent. Robert Fludd diffuseur de la pensée R + C en Angleterre s'étonnait que les éditeurs anglais veuillent le faire payer alors qu'à Anvers en plus de la gratuité on lui donnait plein de livres.
A l'origine l'alchimie était source d'initiation dans la F. M, mais à la fin du XVIIIè siècle, si l'on croit le baron Tschoudy, la source était déjà tarie.

Cordialement

C...a

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Re: Christian Rose-Croix

Message  Calcédoine le Dim 05 Oct 2008, 20:23

Merci Charly Alverda pour ces éléments de haute érudition. Vos textes sont d’une grande densité informationnelle, et j’avoue avoir quelquefois du mal à tout intégrer. Je retire donc mes propos concernant la « recherche d’êtres éveillés », car je m’aperçois rétrospectivement qu’il s’agissait là, de ma part, d’une projection sur votre texte de mes propres attentes, vu que – selon ma conception – l’alchimie conduit à l’éveil, et seuls des êtres « réalisés » me paraissent à leur tour capables de transmettre ce savoir.

Mais donc, vous suggérez que ce serait bien, originellement, une tradition alchimique véhiculées par la guilde des imprimeurs qui serait à l’origine de la Franc-Maçonnerie et de la Rose-Croix. Voilà qui est nouveau pour moi, car je pensais que la Maçonnerie dérivait des corporations des bâtisseurs de cathédrales. Par contre, il me paraît clair que ce que dit le baron Tschoudy au sujet du tarissement de la source alchimique au sein du courant maçonnique dès la fin du XVIIIème siècle est pertinent : lorsque la F:.M:. se fonde sur le continent et prend une tournure spéculative, l’alchimie opérative n’est plus connue par les dirigeants ; et telle est toujours la transmission de la Tradition : mouvante, discrète, choisissant avec soin les individus les plus susceptibles de la transmettre intacte, quelle que soit la forme de la structure qui l’accueille temporairement.

La piste des imprimeurs, graveurs et cartiers... et cartographes est très intéressante. A l’école, au cours d’histoire, j’ai évidemment dû apprendre qui était Moretus Plantin – c’était une question récurrente aux examens – mais on ne m’a jamais dit qu’il avait été chef de deux sociétés secrètes ! Alors même que le vieux Frère sensé nous enseigner la chimie en profitait pour nous inculquer discrètement des bribes d’alchimie, le prof d’histoire nous cachait tout ! L’école est un milieu plus occulte qu’on ne le croit ! Choqué !
Mais revenons à nos imprimeurs ; avec le recul, c’était pourtant logique : ce milieu grouillait d’érudits curieux des sciences et des savoirs. Je suppose qu’on peut inclure Mercator dans le groupe des « hommes au compas ».

Maintenant, ne serait-il pas opportun d’effectuer une distinction entre, d’une part, la Rose-Croix envisagée sous sa forme idéalisée, « archétypale » (un idéal humaniste, spirituel et alchimique), et d’autre part, la Rose-Croix vue comme un mouvement opportunément construit à des fins politiques ?
Il y aurait dans ce cas deux pistes parallèles à suivre :
a) une piste historique prenant racine dans les luttes d’influences des princes d’Europe par l’entremise des querelles entre catholiques et protestants ;
b) une piste spirituelle véhiculant une Tradition, alchimique, primordiale et ancienne, que l’on voit transiter par le microcosme des imprimeurs anversois, se véhiculer un temps dans des structures qui seraient la Rose-Croix et la Franc-Maçonnerie, avant de s’éclipser majoritairement de ces groupements pour se perpétuer ailleurs, toujours mouvante.

A moins que vous ne considériez toute convergence entre Rose-Croix et Tradition que comme un malentendu né de la prétention des mouvements rosicruciens actuels de se trouver une légitimité ancienne ?

Informations connexes :
Affaire des placards : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_Placards
Mercator : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerardus_Mercator
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Re: Christian Rose-Croix

Message  Charly Alverda le Lun 06 Oct 2008, 14:05

Bonjour à toutes et tous et spécialement à Calcedoine ...

... Qui a bien synthétisé la problématique R + C

Cependant si la question suivante :

“ Maintenant, ne serait-il pas opportun d’effectuer une distinction entre, d’une part, la Rose-Croix envisagée sous sa forme idéalisée, « archétypale » (un idéal humaniste, spirituel et alchimique), et d’autre part, la Rose-Croix vue comme un mouvement opportunément construit à des fins politiques ? ”

Est pertinente pour notre vision moderne et naturaliste, elle est sans objet pour la vision “humaniste” c’est-à-dire magique et analogique. Ce que nous appelons aujourd’hui culture humaniste est pour la majorité synonyme de culture athée pré-moderne. Un simple exemple, à propos de l’empereur Rodolphe II, on considérait encore récemment que le fait d’avoir des astronomes - dont Tycho Brahé - à demeure et de fabriquer des horloges de plus en plus précises était une preuve du début de l’ère moderne. Mais l’universitaire Pierre Béhar dans son livre “ Les langues occultes de la Renaissance ” a bien établi que cette passion astronomique ne visait qu’à établir des horoscopes de plus en plus précis ! Et on parle beaucoup d’horloges dans les Manifestes.

L’idéal R + C est l’apothèose de la vision humaniste qui disparaîtra avec la guerre de Trente ans. Ce qui avait déterminé cette nouvelle vision du monde était la résultante de trois facteurs : le mécénat des ducs et marchands italiens, la découverte des écrits hermétiques et leur diffusion par une nouvelle technologie : l’imprimerie.

L’image du dieu du moyen-âge représenté avec son compas pour tracer le monde disparaît pour laisser place à l’homme-architecte (notez la terminologie grecque). Le Maître bâtisseur de cathédrale qui construisait par projection spatiale disparaît avec sa règle, on ne construit plus que sur plan avec règle et compas (y compris les lettres de l’alphabet). Depuis la Renaissance le Compagnonnage n’a plus que deux “grades”: apprenti et compagnon, mais le nouveau Compagnonnage des imprimeurs, graveurs, cartiers se créée à trois grades par lettres patentes du roy : “Les maîtres, compagnons et apprentis”.

Les Noces chymiques de C. R. C. sont de même esprit que le Songe de Poliphile, et l’alchimie diffusée dans ces ouvrages n’a plus la même formulation que celle du moyen-âge. A la même époque où s’élaboraient les textes R + C et où la culture protestante obligeait à utilser les symboles des “Fables égyptiennes”, les catholiques utilisaient la symbolique mariale. J’ai qualifié de Rose-croix les premiers et Lys-croix les seconds, car ces deux mouvements alchimiques font remonter leurs fondateurs et créateurs de textes au 15è siècle. Mais pas plus que C. R. C. les Nicolas Flamel, Valois, Grosparmy ne sont antérieurs à l’extrême fin du XVIè siècle.

Le frontispice de l’édition de 1577 du livre de Dee: General and rare mémorials pertayning to the Perfect Art of navigation est utile pour comprendre les différentes déclinaisons de l’esprit de la Renaissance. C’est une allégorie de cette vision où sous une forte couleur d’hermétisme, l’Angleterre se veut seule garante d’une religion chrétienne pure.

Dès 1558 apparessait la première occurence de la Monade de Dee sur le frontispice de son ouvrage : Propoedeumata Aphoristica (édition londonienne ) à la gloire de celui qu’il appelait “ son cher Gérard “ le géographe Mercator. Les spécialistes s’accordent pour reconnaître l’influence du Champfleury de l’imprimeur Geoffroy Tory, ouvrage que possédait Dee. Tracée par règle et compas cette figure est composée des signes astrologiques et alchimiques du Bélier (Ariès) et de Mercure. Elle est représentée au centre d’un temple au fronton duquel est inscrite la sentence : “ Que celui qui ne comprends pas, se taise ou apprenne”, le toit hémisphérique constellé repose sur le carré des deux éléments Terre - Eau et des deux qualités Chaleur - Humidité.
Nous reconnaissons ici le Temple de la Nature, Le Soleil et la Lune sont visibles sur les deux colonnes, du centre de la Monade partent six pointillés reliant chacun des éléments et des deux luminaires. Mais la symbolique de la rosée lui était inconnue à cette époque.
Ces deux “hiéroglyphes” allusion à l’Egypte mère de l’alchimie, ne peuvent être compris que par la pratique de l’analogie.

Vous dites : “A moins que vous ne considériez toute convergence entre Rose-Croix et Tradition que comme un malentendu né de la prétention des mouvements rosicruciens actuels de se trouver une légitimité ancienne ?”

Je pense qu’il y a eu une mystification d’ordre politico-hermético-messianique née dans le cercle de l’université de Tubingen qui s’inscrivait dans le contexte de l’attente d’un nouvel ordre des choses, c’est l’époque des grandes prophéties qui peuvent également se lire sur le plan alchimique. Je ne crois pas qu’il y ait eu des alchimistes qui se réunissaient sous le vocable R + C, par contre les quelques “nobles voyageurs” de l’époque se désignèrent également comme Frères de la Rosée cuite ou plutôt Croissante comme je l’ai pu relever dans quelques marques d’imprimeurs : une rose et la lune croissante.

Myriam a posté mon étude sur la cartier Vieville qui signe des roses et de la croix vers 1640. Plus tardif, le Mutus Liber à l’églantine (rose sauvage) et aux mêmes versets de la Genèse que le Manifeste montre qu’à la fin du XVIIè l’alchimie protestante était encore pratiquée.

Charly Alverda

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