Lecture: Artéphius.

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Lecture: Artéphius.

Message  betov le Sam 26 Mar 2011, 15:07

Je vais essayer de traduire en termes contemporains le tout premier paragraphe de l'ouvrage intitulé "Le Livre Secret du très ancien Philosophe Arthéphius", en essayant de ne pas faire trop de commentaires. Simplement dire de quoi l'on parle.

http://www.ascension.com.free.fr/lelacherpriseetl/livrsecr.pdf

Comme on le verra, ce petit traité commence violemment. On sent dès l'entrée que ça va être du pur, du dur, du sérieux. Accrochons nous, car ça va secouer; un traité quasi complet en un paragraphe, en quelque sorte:

L'antimoine est des parties de Saturne, ayant en toutes façon sa nature, aussi cet Antimoine Saturnin convient au Soleil, ayant en soi l'argent vif dans lequel aucun métal ne se submerge que l'or, c'est à dire tant seulement le Soleil se submerge en l'argent vif Antimonial Saturnin, sans lequel argent vif aucun métal ne se peut blanchir
L'antimoine est un anti-moine. Soit un laïque poursuivant seul sa quête en anonyme hors cadre.

L'antimoine est des parties de Saturne, ayant en toutes façon sa nature. Par toutes ses caractéristiques, l'alchimiste (c'est lui, l'anti-moine) est semblable à Saturne: Il est lui-même le lieu de ses propres semailles. Il est sombre comme le plomb et lent comme l'astre, figurant la longueur de l'oeuvre. Plus que tout, il est lourd. Saturne est d'abord et avant tout la sensation cénesthésique de poids du corps.

aussi cet Antimoine Saturnin convient au Soleil, ayant en soi l'argent vif dans lequel aucun métal ne se submerge que l'or. Cet anti-moine aux caractéristiques de Saturne est en adéquation avec le corps physique puisqu'il contient le Mercure (la cénesthésie), qui est la seule chose dans laquelle la perception du corps puisse être dissoute.

c'est à dire tant seulement le Soleil se submerge en l'argent vif Antimonial Saturnin, sans lequel argent vif aucun métal ne se peut blanchir. Et non seulement ça, mais sans cette cénesthésie, on ne peut parvenir au blanc.


Et de ceci tu dois tirer un très grand secret, c'est à savoir que l'eau Antimoniale Saturnine doit être mercuriale et blanche, afin qu'elle blanchisse l'or, ne brûlant point, mais seulement dissolvant, et puis après se congelant en forme de crème blanche.
La cénesthésie (transformée) doit être faite de couleur blanche (à la fin) avant d'avoir quelque retombée. L'auto-perception en forme de crème blanche n'est pas une allégorie. Pas du tout.

Voilà pourquoi le Philosophe dit, que cette eau fait le corps être volatil, parce qu'après qu'il a été dissout et refroidi il monte en haut en la superficie de l'eau
Le travail sur la perception cénesthésique fait que le corps (sensation de lourdeur), devient léger (sensation de légèreté). Après dissolution du corps, l'unification des deux cénesthésies principales (corps et tête) fait que le corps (plus stable par nature) semble prendre le dessus sur l'esprit (agité par nature). Artéphius parle ici du retournement: Le corps "monte" sur l'esprit.

Prends (dit il) de l'or cru folié, ou laminé, ou calciné par le Mercure, mets icelui dans notre vinaigre Antimonial Saturnin, Mercurial et tiré du sel armoniac (comme on dit) met le dans un vaisseau de verre large et haut de quatre doigts ou plus, et laisse le là en chaleur tempérée, et tu verras en peu de temps s'effleurer comme une liqueur d'huile surnageante au dessus en forme de pellicule, recueille la avec une cuillère, ou en mouillant une plume, et ainsi par jour par plusieurs fois collige la, jusqu'à ce que rien plus ne monte, puis fais évaporer au feu l'eau, c'est à dire la superflue humidité du vinaigre, et t restera une quintessence d'or en forme d'huile blanche, incombustible, dans laquelle huile les Philosophes on mis leurs plus grands secrets, et cette huile est d'une très grande douceur, ayant de grandes vertus pour apaiser la douleur des plaies.
l'or cru folié, ou laminé, ou calciné par le Mercure Le corps physique, tel qu'il est perçu par tout un chacun, peut être travaillé par parts et par morceaux ou dissout directement par la perception cénesthésique.

mets icelui dans notre vinaigre Antimonial Saturnin, Mercurial et tiré du sel armoniac (comme on dit) Ce substrat de corps physique doit être immergé dans l'expansion cénesthésique tiré de l'esprit d'harmonie (harmonie entre le corps et l'esprit réalisée partiellement par la dite expansion).

met le dans un vaisseau de verre large et haut de quatre doigts ou plus
Plaisanterie.

laisse le là en chaleur tempérée, et tu verras en peu de temps s'effleurer comme une liqueur d'huile surnageante au dessus en forme de pellicule, recueille la avec une cuillère, ou en mouillant une plume, et ainsi par jour par plusieurs fois collige la, jusqu'à ce que rien plus ne monte. Attendre "à désir doux". Le feu doit être tempéré. Ceci signifie que le désir méditatif (l'effort vers le néant) ne doit pas être violent, à cet instant. Tout le travail décrit ici (recueillement à la cuillère ou a la plume) concerne, en termes modernes et sans image, le relâchement des micro-tensions. En effet, dans la dissolution, il reste toujours des micro-tensions sur lesquelles il faut longuement revenir, en ayant soin à ce que l'effort méditatif ne crée pas, par lui-même, de nouvelles tensions.

puis fais évaporer au feu l'eau, c'est à dire la superflue humidité du vinaigre Cela se fait, en réalité, tout seul. L'expansion cénesthésique n'est qu'une illusion perceptive nécessaire mais transitoire. Quand le corps est dissout, il n'y a plus besoin d'eau et la coagulation n'est autre que la continuation de la dissolution. Bien que dissoudre et coaguler soient une seule et même chose, tout commence par la dissolution de l'auto-perception et s'achève dans la coagulation de l'auto-perception.

et t restera une quintessence d'or en forme d'huile blanche, incombustible, dans laquelle huile les Philosophes on mis leurs plus grands secrets La quintessence finale du corps apparait vraiment sous une forme qui semble prendre consistance.

et cette huile est d'une très grande douceur, ayant de grandes vertus pour apaiser la douleur des plaies. Cette douceur ne pouvant pas, de toute évidence, avoir de représentation hors de l'évocation, je dirais... Doux comme la caresse d'un pétale de fleur sur la joue. Indescriptible. D'autant qu'il ne s'agit pas de la joue mais du centre de l'être... en admettant qu'à ce stade, l'être ait encore un centre.

betov

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Montaléchel le Sam 26 Mar 2011, 17:34

Bonjour betov.

Ton idée est amusante, mais ta toute première interprétation m'intrigue.

L'antimoine est un anti-moine. Soit un laïque poursuivant seul sa quête en anonyme hors cadre.
L'antimoine est noté Sb en chimie, par abréviation du latin stibi ou stibium, du grec ancien στίϐι, ce qui a aussi donné le mot 'stibine' (Sb2S3), sulfure d'antimoine.
Il est connu au moins depuis 6000 ans.

On sait que la légende a attribué ce nom d'antimoine à une prétendue maladresse du moine bénédictin Basile Valentin (s'il a réellement existé), au XVème siècle : ayant remarqué que les pourceaux du couvent engraissaient en mangeant des résidus de gisement répandus sur le sol, Basile aurait suggéré aux moines d'en incorporer à leur alimentation… Ces derniers seraient tous tombés comme des mouches, d’où le nom donné à cette substance d’anti-moine devenant antimoine en un seul mot ! Une autre version raconte qu'il aurait été le moine-médecin du couvent, et que seuls les moines malades auraient trépassé.

Mais si antimoine veut bien dire anti-moine, cela n'a rien à voir avec la laïcité. Au contraire, sinon, la légende n'aurait pas attribué à B. Valentin le statut de moine ! Non : moine dérive du mot grec μονος (monos) qui veut dire seul, unique, solitaire. Comme dans monorail (un seul rail) ou monolithe (pierre isolée). Le mot moine évoque la solitude, et non la religiosité. Il existe des religieux qui ne sont pas moines, et des moines qui ne sont pas religieux. Anti-moine ne peut donc pas signifier laïc, ni laïque (au féminin), à moins que tu aies choisi cette orthographe 'laïque' pour discrètement signifier un ajout d'eau, comme ammoniac (gaz, NH3) devient ammoniaque (liquide, NH4OH) ?

NH3 + H2O → NH4OH

Non : antimoine vient du grec anti + monos parce que, historiquement, cet élément a toujours été trouvé avec d'autres métaux, et jamais seul.
Vouloir en tirer prétexte pour exclure l'aspect religieux de l'alchimie, c'est de la… "mauvaise foi" ! Clin d'oeil

Montaléchel

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Charly Alverda le Sam 26 Mar 2011, 18:29

Bonjour

L’alchymie n’est pas une vue de l’esprit !
La “pierre philosophale” n’est pas philosophique, c’est un corps que l’on peut voir, sentir, toucher et absorber comme “médecine” , mais cela n’est donné, depuis la “révolution cartésienne” qu’à ceux qui peuvent croire l’incroyable, c’est-à-dire sortir de leur mode pensée, duelle par nécessité biologique. Au XVIIe siécle Clocis Hestaut de Nuysement pouvait écrire : “ mille et mille comme moi ont trouvé les sablon.... “ Mille et mille me semble excessif, disons qui savaient de quoi l’on parlait !
L’antimoine est un corps palpable que connaissent tous les métallurgistes ! et ANALOGIQUEMENT ses propriétés purgatives sont très intéressantes (le loup gris). En tant que “partie de Saturne” (le plomb MÉTALLIQUE) contient beaucoup de mercure SPÉCIFIÉ, voir le Traité des teintures attribué à Basile Valentin, non pas un anti-moine mais un faux moine... pour les besoins de la cause ! Le très ancien philosophe Artéphius est dans le texte donné un personnage de l’extrême fin du XVIe siècle, vraisemblablement un médecin paracelsien qui se moque de ses confrères administrant les derniers médicaments à la mode à base de pilules antimoniales. Il conviendrait de placer en exergue son conseil : “ MAIS NOTRE ART EST CABALISTIQUE “. Ce qui implique a minima de connaître cette cabale.
Jung, que j’apprécie beaucoup par ailleurs, n’était pas un alchymiste mais s’est servi des emblèmes alchimiques pour construire sa théorie. Voir dans l’alchymie un processus de développement personnel est une erreur, celle-ci étant par essence gnostique.

On ne produit pas la “pierre du ciel”, l’alchymiste la rend visible et palpable, celle-ci étant de toute éternité la Vie qui crée les existences... et les dissout, c’est aussi le plus grand poison qu’il faut “sublimer”


http://www.camoin.com/tarot/IMG/jpg/3cubesciel.jpg

Cordialement,

C...a

Charly Alverda

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  betov le Sam 26 Mar 2011, 19:37

Montaléchel, il est possible que ma lecture soit orientée par ma haine du religieux, mais je n'ai pas l'impression (peut-être ai-je tort) qu'il faille être si fin avec les jeux de mots médiévaux. Vois, pour exemple, des extraits du roman de renard: C'est du lourd, du très lourd. Jean Marie Bigard, à côté, c'est de la dentelle.

Autrement, si on pense au produit chimique "antimoine"... qu'est que cela signifierait ? Pour moi : strictement rien, légendes ou pas, étymologie ou non. Qu'est ce que ça change à l'histoire, si on a pas d'interprétation sensée à substituer à "anti-moine" ?

Désolé pour "laïque". J'ai de sérieux manques en orthographe et vu mon âge, ça risque assez peu de s'améliorer. Désolé


Charly, j'ai débuté cette analyse de texte pour dire, sur source, ce que chacun peut y voir. Arthéphius, en tant que choix de source me semble peu discutable, étant donné qu'il est considéré partout comme le classique des classiques.

Ceci dit, je comprendrais fort bien que tu tiennes Arthéphius pour rien. Je te propose, animation oblige, de prendre un texte de ta convenance et de le réécrire à ta façon. Peut-être pourrai-je argumenter logiquement différemment, non sur ta propre interprétation, mais sur le texte de départ. C'est ce que fait Montaléchel, ci-dessus, à l'égard de ma lecture et je ne vois pas quel problème cela pourrait poser (je dis ça suite à cet autre sujet, où il semble que nos débats vigoureux ait généré un froid).

betov

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Charly Alverda le Sam 26 Mar 2011, 23:38

Bonjour,

J’aime beaucoup Artephius !? Certes Cosmo et Valois sont beaucoup moins taiseux ! Mais il n’est pas question pour moi de “réécrire à ma façon” un texte qui se suffit à lui même.
Je souligne que tu es le seul Betov (j’espère Sourire ) à traduire ce texte de cette façon, c’est-à-dire sans faire aucune référence ni à la chrysopée ni à la voie de la pierre, alors quid de l’alchymie ? D’autant que tu évoquais naguère tes extractions de mercure, ce qui m’avait laissé dubitatif. Mais tu t’en doutes, voir dans ce texte une néo-métallurgie ou une néo-psychologie n’aurait aussi aucun intérêt pour moi... (dans cette rubrique du forum) Sourire

“Prends (dit il) de l'or cru folié, ou laminé, ou calciné par le Mercure, mets icelui dans notre vinaigre Antimonial Saturnin, Mercurial et tiré du sel armoniac (comme on dit)“

Selon la cabale artéphusienne (!) il s’agit avant toutes choses de savoir ce qu’est ce sel qui harmonise.



cet “or cru” (dans le ciel), ce Mercure qui calcine...
Voir donc le pseudo Basile Valentin, étymologiquement (roi puissant) moine de son état et son Char de Triomphe de l’Antimoine ! Evidemment c’est de l’humour de Sages paracelsiens qui souligne que ce seul roi puissant, cet antimoine triomphant, est ce “seul mercure” que Artephius dissimule dans une recette de spagyrie : mettre de l’or (Au) dans de l’acide ! “son” vinaigre Antimonial Saturnin est LE dissolvant universel = encore et toujours le Mercure), on sait que le mercure dissout l’or mais ne le calcine pas, donc il s’agit de “notre” mercure extrait du plomb... des Sages. L’auteur est quelque peu “envieux” ! car il joue avec le mercure spécifié dans les métaux (ici plomb antimoine) et celui non spécifié dans l’air.
Il suffit de rechercher dans les textes des anciens pour trouver les occurrences de tous ces termes. Ce “vin très aigre” ne se trouve que sur la plus haute montagne ! Analogie toujours.
Mais évidemment des “souffleurs enragés” ont créé avec de la stibine (Sb), du plomb (Pb) et du mercure (Hg) des substances !

Pour les néophytes, chaque fois qu’un ancien emploie le pronom “notre”, notre eau, notre mercure... c’est évidemment pour signaler que les matériaux du Sage n’ont rien à voir avec ceux du vulgaire. On peut laver (Flamel) avec du feu (qui ne brûle pas les mains, par analogie avec le sel) et cuire avec de l’eau (qui ne mouille pas les mains, par analogie avec le mercure Hg !), non par souci de secret ! mais pour évoquer la position dominante de l’un des 4 éléments dans l’unique processus déguisé en phases pour l’expliciter. Car on utilise un seul mercure (à épurer) et un seul feu (à graduer), ce qui nécessite pour la formulation de la chose un vocabulaire des plus spécifiques, les auteurs décomposent le plus souvent l’Oeuvre en 3 X 7 phases, mais d’autres 9, 10, 12, 22, 78 ! Les Douze clefs de la philosophie naturelle de B. Valentin ouvrent les Douze portes d’alchymie de Ripley.

« En traitant du Soufre, du Mercure et du Sel, je n'entends parler que d'une chose unique, spirituelle ou corporelle; toutes les créatures sont cette chose unique ; mais les propriétés la différencient. Quand je parle d'un homme, d'un animal, d'une plante ou d'un être quelconque, tout cela est la même chose unique. Tout ce qui est corporel est une même essence, plantes, arbres et animaux; mais chacun diffère selon qu'au commencement le Verbe fiat y a imprimé une qualité. » J. Böhme (De Signatura).

« J'avertis le chercheur, s'il veut prendre soin de son salut temporel et éternel, de ne pas se mettre dans le chemin du procédé terrestre avant de s'être tout d'abord débarrassé de la malédiction de la mort par le Mercure divin... autrement ses travaux seront vains et sa science inutile. » J. Böhme

J’espère que - pour cette rubrique - J. Böhme est une autorité suffisante ?
Sourire

Cordialement,

C...a

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  betov le Dim 27 Mar 2011, 08:55

"Artéphius est dans le texte donné un personnage de l’extrême fin du XVIe siècle, vraisemblablement un médecin paracelsien qui se moque de ses confrères administrant les derniers médicaments à la mode à base de pilules antimoniales"
"J’aime beaucoup Artephius !?"
Eh, bé !



Tout le monde avait bien noté que Yung, déjà, avait une nette préférence pour les images et non pour la lecture humble de ce qui était écrit. Cette attitude de Yung est d'autant plus surprenante qu'à la même époque, Freud, après écoute de ce que disait Romain Rolland du sentiment océanique, en concluait, avec sa grossièreté habituelle, que le sentiment océanique n'était rien de plus que la mémoire du liquide amniotique. Et le comble est que, fort probablement, il a mis en plein de le mille. Comme Yung, Freud a pris la surface des choses pour la moelle des choses. Freud a tout réduit à des insignifiances et Yung a joué le rôle de cet idiot dont on dit qu'il regarde le doigt lorsque le doigt montre la lune. Yung a été d'une arrogance inouïe lorsqu'il a écrit (je cite de mémoire...): "L'Alchimie n'est que l'ébauche de la psychologie des profondeurs".

Analyser une image est bien plus risqué, en fait, que de lire un texte. Je n'ai aucune idée de ce que tu penses figurer avec cette image, mais voici:

On voit sur cette image, la trilogie corps, âme, esprit. Soleil, Mercure, Lune. Premièrement, on note (ou on devrait noter...) deux choses qui devraient choquer:

1) L'ordre des composants de l'être est bien d'avoir l'âme placée *ENTRE* le corps et l'esprit, ce qui est tout à fait contraire au rejet du corps de la perversion chrétienne, et contraire à un positionnement chrétien qui supposerait, on s'en doute, une âme au delà de l'esprit, dans un ailleurs insondable. Autrement dit, en alchimie, l'âme est un médium entre le corps et l'esprit, pour ne pas dire crûment qu'elle est du domaine de la sensation.

2) Nul ne semble avoir été trop violemment heurté par le fait que le corps soit figuré par... l'OR (???!!!) et l'esprit par l'argent. Personnellement, lorsque j'étais jeune débutant en alchimie, j'ai longuement été bloqué net par cette constatation ahurissante (en termes chrétiens).

Autre constatation sur l'image que tu fournis à je ne sais quelle fin, on note que le corps tient (contient) un mercure couronné (la cénesthésie), que l'esprit porte un souffre (la discursion) et que Mercure est doublement double: C'est l'esprit du corps et le corps de l'esprit. Ces deux doubles mercures n'en sont bien sûr qu'un, mais dans les échanges du début, il sont séparés, surtout avant qu'ils prennent leurs envols.


Jakob Böhme:

Oui, il me semble être une "autorité suffisante", mais Böhme était bien d'avantage un mystique chrétien qu'un alchimiste. Mais je prends la référence comme valide. Et ensuite ? Que la trilogie ne soit qu'une seule et même chose, est une évidence partagée. Que rien ne puisse être accompli sans l'extraction du mercure, tout le monde en est bien d'accord. Ensuite quoi ?

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Charly Alverda le Dim 27 Mar 2011, 12:56

"L'Alchimie n'est que l'ébauche de la psychologie des profondeurs". Je répète que Jung n’a jamais prétendu être alchimiste !

Citation : “Analyser une image est bien plus risqué, en fait, que de lire un texte. Je n'ai aucune idée de ce que tu penses figurer avec cette image.”

J’ai bien écris au-dessus de l’image que je désignais le “sel harmoniac” de Artephius dont il tire son “vinaigre”? Et je pense que l’image induit beaucoup moins en erreur que le texte, à la condition expresse qu’elle soit “déchiffrée” analogiquement.
Tu cites dans ton premier post l’axiome de base des alchymistes : Fixe le volatil et volatilise le fixe, cela nécessite donc la présence d’un “médiateur salin”. Alors cette image ? Deux combattants dont les épées portent les symboles du fixe (le serpent) et du volatil (le volatile =Sourire Le Soleil est bien du côté du fixe, le feu et la Lune du côté du volatil, l’eau. Hermès stoppe avec DEUX caducées les belligérants, on en déduit que le “sel d’harmonie” doit être double dans ses effets.

Il doit être également double dans sa constitution, une autre image illustre ce “sel harmoniac” cette fois dans sa préparation qui nécessite le mariage des deux royales natures. L’évèque qui unifie sous la céleste nuée et par l’arc en ciel le Soleil et la Lune de l’Oeuvre, par sa bénédiction indique le nombre deux qui renvoie à tout ce qui est double dans l’image. Neptune “l’eau triple” une fois distillée, fait face au double feu constitué par 3 os (3 morts) et 4 bouts de bois (4 mutations des éléments par le feu).


http://herve.delboy.perso.sfr.fr/clavis_vi_2.jpg

Donc selon toi Betov la cabale de Artephius n’est que l’illustration de tes théories ? Elle n’esprime que “l'expérience psycho-physiologique de l'enstase”.

Réduction singulière de la haute science !

" Que ceux qui pensent que l'Alchimie est strictement de nature terrestre, minérale et métallique, s'abstiennent. Que ceux qui pensent que l'Alchimie est uniquement spirituelle, s'abstiennent. Que ceux qui pensent que l'alchimie est seulement un symbolisme utilisé pour dévoiler analogiquement le processus de la "Réalisation spirituelle", en un mot, que l'homme est la matière et l'athanor de l'Oeuvre, qu'ils abandonnent." (Claude d'Ygé, Nouvelle Assemblée des Philosophes Chymique)

Cordialement,

C...a

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  betov le Dim 27 Mar 2011, 15:54

Commençons par la fin:

Claude d'Ygé. C'est non, par a priori. Tout auteur moderne compromis avec Canseliet et al., c'est non merci. Ensuite, pour la citation, c'est encore non, et deux fois non : d'abord parce que je m'intéresse à ce que l'alchimie est, non pas à ce qu'elle n'est pas, ensuite parce qu'il a pléthore d'auteurs classiques peu contestables à préférer à des modernes. Finalement, je n'ai jamais lu une traitre ligne de cet auteur et ne sais donc pas quelle est sa position.

Cabale: Pourquoi le qualificatif de "cabale" ? Je suppose que c'est méprisant à l'égard d'Artéphius, mais oui, la totalité de l'alchimie (ce que j'appelle alchimie) exprime, selon la lecture que j'en fais, l'expérience psycho-physiologique de l'enstase. Le problème se pose alors en ces termes un peu délicats: D'une part, dans les traités que je considère "authentiques", il n'existe pas de phrase que je ne puisse pas traduire en terme compréhensibles et expérimentables. Double difficulté ici : "authentique" signifie, dans ma bouche, authentifié à la lumière de ma propre expérience, ce qui est bien sûr contestable pour autrui. Seconde difficulté : "expérimentables" implique que celui qui voudrait vérifier par lui-même ce que j'avance prenne le temps de l'expérimentation (au bas mot - toujours d'après ma propre expérience) un an avant la première extraction de mercure pour une personne jeune, en bonne santé, et douée pour la chose.

Sel harmoniac:
une autre image illustre ce “sel harmoniac” cette fois dans sa préparation qui nécessite le mariage des deux royales natures. L’évèque qui unifie sous la céleste nuée et par l’arc-en-ciel le Soleil et la Lune de l’Oeuvre, par sa bénédiction indique le nombre deux qui renvoie à tout ce qui est double dans l’image. Neptune “l’eau triple” une fois distillée, fait face au double feu constitué par 3 os (3 morts) et 4 bouts de bois (4 mutations des éléments par le feu).
Et alors ?


Le Soleil est bien du côté du fixe, le feu et la Lune du côté du volatil
Le Soleil est dit fixe parce que, dans la méditation, le corps est immobile. Le feu n'a rien à voir : c'est la méditation elle-même. Quant à la lune, c'est bien l'esprit qui est dit volatil parce que, dans la méditation, l'esprit s'enfuit sans cesse vers tous les distracteurs possibles. C'est justement là que la méthode alchimique est particulière puisque, plutôt que de s'efforcer de fixer l'esprit, elle se focalise sur la dissolution du corps.


Hermès stoppe avec DEUX caducées les belligérants, on en déduit que le “sel d’harmonie” doit être double dans ses effets.
Je dirais plutôt qu'il est double dans ses origines et unique dans son effet. Mercure est double parce qu'il est d'origine physique et mentale (énergie nerveuse, si on veut simplifier à outrance). Une fois mercure extrait, il est encore double, parce qu'il y a le mercure du corps et le mercure de la tête. Bien sûr ce n'est qu'un seul et même mercure, mais il faut les traiter différemment. Celui du corps ne met en jeu qu'un seul sens, celui du toucher, alors que celui de la tête met en jeu (en plus) tous les autres sens, qui participent aux distractions. Le mercure du haut est donc fixé par le mercure du bas lorsque ce dernier a pris le dessus. Il n'y a donc qu'un seul effet : le mariage.


Je répète que Jung n’a jamais prétendu être alchimiste !
J'ai dit le contraire ?

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Charly Alverda le Dim 27 Mar 2011, 16:17

CITATION de Betov ! :“Pourquoi le qualificatif de "cabale" ? Je suppose que c'est méprisant à l'égard d'Artéphius”

Moi méprisant ? Ce sera mon dernier contact avec tes délires. Je rêve ! Non seulement tu ne peux me lire en totalité mais tu ne peux même pas lire TES PROPRES TEXTES. Waow !
Tous les alchymistes (des XVIe XVIIe), tu sembles l’ignorer ! se disent “cabalistes” Flamel, Valois... et Artephius, et je t’ai cité la phrase de ce dernier pour te demander ce que tu en faisais : “mais notre art est cabalistique” !
Vois où est le mépris ! Regarde bien !

Et bonne route

C...a

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Bertrand le Dim 27 Mar 2011, 16:29

Bonjour,
betov a écrit:D'abord parce que je m'intéresse à ce que l'alchimie est
ah ben je saute sur l'occasion qu'elle est belle, pourrais-tu expliquer ce qu'elle est cette alchimie alors, pour commencer par le commencement ? En termes simples à l'attention du béotien néophyte que je suis, donc pas trop de mots compliqués, en faisant tabula rasa des anciens et tout ça, please !

Bertrand

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  betov le Dim 27 Mar 2011, 18:11

Volontiers, mais je l'ai déjà fait, Bertrand.

Commencer par le commencement, c'est, comme je l'ai fait, commencer par Allégorie de Merlin qui décrit bien ce qu'est la sensation de cénesthésie expansée. Il s'agit d'un vécu psycho-physique représenté par l'hydropisie du Roi.

A partir de ce mercure-là, j'ai vu le noir, puis le blanc, quand j'étais jeune. Ensuite, comme tout le monde, j'ai dû penser à autre chose et vivre ma vie. Maintenant retraité, j'espère aller au rouge avant ma mort, mais je découvre que la vigueur et la santé y sont pour quelque chose. Mon expérience actuelle de l'expansion est minable et je parviens à grand peine au début d'un noir douteux et sans grande saveur.

Sur le plan technique, ces difficultés de l'âge m'ont donné l'occasion de pousser un peu mon analyse: Difficultés aidant, on affine.

Quand j'étais jeune, je pratiquais une sorte de bouddhisme sauvage. A ma première expérience significative, j'ai été très surpris d'en sortir aussi con que j'y étais entré. J'ai mis deux mois à m'en remettre et j'ai passé un temps fou à consulter des fumistes de tous poils (religieux de tous bords et marginaux divers), jusqu'à ce que j'ouvre un traité d'alchimie et que j'y trouve la description de mon expérience.

Pour la suite, il ne me restait plus qu'à déchiffrer le charabia du genre, qui ne peut être compris, vraiment, que lorsqu'on en fait l'expérience, puisque, par nature, toute relation d'une telle expérience ne peut se faire que sur le mode détourné.

Pour le débutant parfait, je peux expliquer point par point ce qu'est la cénesthésie. C'est l'énergie vitale du corps, ou, dit plus simplement, l'auto-perception. L'expansion c'est une dilatation de la perception du corps physique qui a fait nommer cet état "sentiment océanique" par certains. Belle et juste expression.

Pour autant, quelque description que j'en fasse, personne ne comprendra réellement ce qu'est cet état psycho-physiologique avant d'en faire l'expérience. Beaucoup d'adeptes se sont plaints de la longueur de ce premier oeuvre. Peut-être, en travaillant les détails techniques pourrait-on réduire le temps de la dissolution, mais, pour l'heure, je n'ai pas l'impression qu'on puisse y parvenir en moins d'un an.

Je n'ai rien à démontrer. C'est à chacun de faire sa propre expérience. Tout ce que je peux faire pour avancer les choses, devant une science qui semble bien en voie d'éradication complète, c'est de contrer les délires comme je peux, en explicitant les textes et les techniques apparemment perdues. Et forcément, le rêve étant bien plus vendeur que la réalité, il est normal qu'il y ait de la résistance.

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Bertrand le Dim 27 Mar 2011, 21:53

betov a écrit:Commencer par le commencement, c'est, comme je l'ai fait, commencer par Allégorie de Merlin qui décrit bien ce qu'est la sensation de cénesthésie expansée. Il s'agit d'un vécu psycho-physique représenté par l'hydropisie du Roi.
Bon là déjà sans vouloir offenser, si je suis censé avoir compris à ce point là c'est un peu mal barré. Excuse mes jeunes neurones déjà fatigués mais ... trop de mots et de références qui ne me disent rien.
Je me permets quand même quelques questions :
A partir de ce mercure-là,
Mercure ? C'est quoi par rapport à ce que tu décris plus haut en fait le mercure (ou ce mercure) ? (puisque ce n'est pas celui du thermomètre hein ?)
j'ai vu le noir, puis le blanc
J'imagine que tu ne parles pas de la phénoménologie des couleurs donc merci si tu peux/veux d'expliciter aussi ce noir et ce blanc, après avoir expliqué le mercure pour pas aller trop vite !
J'ai bien précisé (ou j'aurais dû) néophyte et un peu béotien - donc je m'arrête seulement là de ton post parce que la suite en découle sans doute mais vu que je ne saisis pas le début ce serait aller trop vite en besogne.

merci !

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Aube-Aurore le Dim 27 Mar 2011, 22:11

Bonjour betov Ensoleillé

Comme Bertrand, je suis en attente d'informations complémentaires, parce que j'ai le sentiment que plus tu expliques, moins je comprends. Pourrais-tu clarifier ?
(Si ce n'est pas possible, ce n'est pas grave.)

Amitiés. Fleur

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  loup le Dim 27 Mar 2011, 23:11

bj, je participe en étant "opératif" et non spéculatif, donc les joutes oratoires n'ont, pour moi, aucun effet bénéfique, sur la pratique... tant et si bien que c'est l'inverse qui se produit. Trop de mots tuent le "verbe", et l'Esprit se retire du mental, comme "il" se retire du feu violent. L'Alchimie a pour but (entre autres), d'éléver les vibrations du corps, c'est ce que fait la "médecine" et que j'ai déja expérimenté, et d'autres aussi. Le but est "d'ouvrir" la conscience Humaine et de se "retrouver", de retrouver Sa place. La poudre de projection, pour moi, est une autre voie, celle du métallique. Croire que c'est UNIQUEMENT un chemin spirituel, cela peut, en effet, mais on ne mélange pas, alors, avec la pratique, au niveau des explications symboliques. Chacun ses propres codes, et lorsque le chemin de l'oeuvre (en pratique) est compris, donc su, le chercheur n'a nul besoin de la réaliser, car le "chemin" s'est réalisé en lui... la chimie est représentée par un carré et l'Alchimie par un cube, pour moi. La carte du "tarot, qui, pour moi, représente le mieux le Travail, est la carte de l'étoile... tout est dit. Mais dur à comprendre, car fait pour les Agriculteurs célestes. Je ne crois pas du tout à ce mythe de l'immortalité du corps, c'est, entre autre, ce qui ridiculise cette science, qui, par ailleurs est Sacerdotale ..; Hello

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  betov le Lun 28 Mar 2011, 08:55

Je me demande comment il faut que je décrive les choses. Je suis un peu désarçonné par les réponses de Bertrand et de Aube-Aurore. Donc je vais essayer autre chose.

Une quantité d'autre phénomènes viennent épauler l'expansion cénesthésique.

L'hypnose, tout d'abord, qui est peu contestable, puisqu'utilisée en thérapie et même en chirurgie. Je l'ai dit plusieurs fois, l'entrée dans l'enstase passe par la sensation cénesthésique, c'est-à-dire par la sensation du corps, et plus particulièrement, par la sensation de poids. "Vous vous sentez lourd. Lourd. Encore plus lourd", dit l'hypnotiseur. Puis le sujet passe dans un état de conscience particulier. Lorsqu'il est revenu à lui et qu'on lui demande de relater l'expérience, le sujet décrit fréquemment une sensation de douceur, de bien être, et de chaleur.

L'auto-hypnose. Exemple, le training autogène de schultz, qui est une méthode de relaxation utilisée aussi bien dans le sport que dans le développement personnel. bizarrement (de mon point de vue...) ce mouvement s'est arrêté au seuil de la porte. Le training autogène, lui aussi, fait appel aux notions de bien-être et de chaleur.

Les séances chamanistes qu'on trouve dans à peu près toutes les cultures premières, sont, elles aussi, des sorte d'auto-hypnoses provoquées de diverses façons.

La quasi totalité des fondations de religions sont, au départ, le résultat de l'expérience mystique, et donc, nécessairement, de l'auto-hypnose, du moins je le suppose, puisque je ne vois pas quoi d'autre pourrait extraire un sujet des trois états de consciences communs, que l'accès un quatrième état de conscience: L'enstase, si bien décrite par les premiers chrétiens.

Je fermerai le ban, avec les expériences de mort imminentes. Il y eu assez de débats (dont certains très étranges), autour de ce phénomène limite pour que je ne développe pas. Je tenterai juste un lien entre le fameux tunnel blanc blablabla et l'expérience de l'oeuvre au blanc. Il y a apparemment une similitude entre "n'être rien", ce qui est le but et la méthode de base du méditant, et la cessation effective (ou quasi effective) de la vie. L'alchimie permet d'aller y voir sans en passer par de tels extrémités.


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Re: Lecture: Artéphius.

Message  aliboron le Lun 28 Mar 2011, 15:01

Bonjour,

Il y a un truc que, malgrè tous mes efforts, je n'arrive vraiment pas à piger : pourquoi donc réquisitionner l'alchimie occidentale pour justifier-cautionner-étayer des pratiques psycho-corporelles relevant, grosso modo, du ou des yogas, voire de la mystique sauvage comme on dit ? Donc pourquoi se casser tant la tête ou son séant (terrible intellection...) à faire dire à Dame chymie des choses qu'à l'évidence elle ne dit pas, alors qu'il suffit d'approfondir les traditions orientales à l'origine de cette mouvance pour y re-trouver parfois (une fois traversé de part en part leur domaine) des vrais morceaux d'alchimie.

L'amalgame est fréquent, qui sur des forums ou à l'étal du libraire, se débat quelques temps avant de retourner dans sa pendule, vexé du manque de reconnaissance de ses présumés « collègues ».
La plupart de ces derniers réduisant l'Ora aux dimensions de la leur d'aura, peu de chance en plus qu'un vrai dialogue s'amorce entre ces antipodes.
Bref, reste plus que Charly... seul conCierge Philosophal à dispo, (bon courage Noble voyageur immobile !).

A la décharge de ces apôtres du Tout-est-dans-mon-tout (four-tout), on observera toutefois qu'ils ont des circonstances atténuantes. Il y a effectivement une façon de présenter la Chose au temple ( : rebis) qui semble privilégier le versant spiritueux de l'Oeuvre, en voilant l'autre. Soit l'inverse de ce qui se fait couramment, plus sobre, voir trop...

« Savez vous pourquoi les anges volent ? Parce qu'ils ne se prennent pas au sérieux »

De Zozime le panapolitain en passant par l'Islam, bref Jabir et consorts... jusqu'aux paracelsiens et boëhmiens, G. Dhorn, etc...le cinémascope divin ne radine pas ses visions.
Lesquelles « visions-archétypes », comme le remarquera magistralement C.G. Jung semblent curieusement émaner d'un fond commun à toute l'humanité. L'alchimie comme religion « naturelle » ? Ca se pourrait bien...saperlipopette !!!

Quant aux publications modernes sur une alchimie exclusivement « spirituelle », y a pléthore.
Encore que mise à part de rares ouvrages comme celui d'Eric Sablé, où le mot « spirituel » garde son sens; les autres relèvent d'un développement personnel particulièrement ambitieux et volontariste.

Pour ne citer que ceux qui peuvent au moins faire (un peu) illusion ou allusion : Amadou, J.A. De Broglie, Kremmerz, Evola et qq uns de ses collaborateurs de la revue Ur et Krur, pour finir par ceux qui aujourd'hui tiennent le micro : J.P.G. de C. Bachelerie et Denis Labouré.

Une fréquentation même hative de cette tendance permet de remarquer que ces auteurs (et leurs disciples) ont, malgrè toutes les « différances » fièrement revendiquées, un point commun : ce sont des self made man du spirituel. Mutants qui jadis restaient rares, sans doute parce qu'on avait encore le sens des proportions (science de la Balance), mais qui de nos jours se multiplient et se prennent le chou entre branches rivales. Ca occupe.
Un soulagement cependant : n'est pas Dracula qui veut et, contrairement au passé (où il y avait parfois de quoi flipper sévère) l'égrégore de notre époque ne marchande sa puissance qu'avec les maîtres du complexe militaro-industriel. Si c'est pas du bol, ça !...

Soit, une perspective convergente avec celle des Instructeurs du new-age, même si ces derniers privilégient le « volatil » (fusion cosmique, etc..) et les premiers le « fixe » : auto-divinisation musclée du noyau moi-je.
Peu ou pas de femmes dans ces cénacles de Héros plus ou moins psychonautes ou théurges, selon qu'ils considèrent l'Opus façon psycho-somatique (un yoga bien de chez nous, enfin !) ou, plus grandiloquente : magico-théurgique dans le sillage des Arcana Arcanorum. On peut bien entendu combiner les deux options; les liberté et maturité revendiqués d'office par l'athée (par rapport aux demeurés du passé), nous autorisent toutes les bévues.

A ceux que mon ton badin et irrévérencieux (comme d'hab) irriteraient : il se trouve que mes débuts dans la Vie m'ont baladé un bon bout de temps en ces terrains vagues.
« Fantasia » convoquant, (en simulant l'autorité requise... méthode Coué) énergies, entités, et autres aliens... Le résultat ayant trop vite dépassé mes espérances, la suite fut très problématique.

Seul antidote : recourir (avec une conviction encore plus ardente : répercutée jusqu'aux tripes) à l'advaïta vedanta ou nihilisme équivalent... histoire de recadrer les démélés d'une illusion avec d'autres phantasmagories... dont la présence s'avère, en outre, beaucoup plus convaincante que celle du moi m'aime.

Les intrications micro et microcosmiques ne sont pas un parc à jouets, et mieux vaut avoir « relativisé » un max notre dé-finition, notre prétendue identité foncière, avant de mettre un doigt dans cette prise.
Autrement il y a comme une rétroaction allant s'aggravant entre le taux de Réalité (supposée) du brave Fantasia, et les couleurs-énergies (à la fois micro et macro) émergentes alors de l'assoupissement ordinaire (état dit de veille...) qui plombait les perceptions.

Croire mordicus à nos propres « contours », c'est du même-coup, à l'insu de notre plein grè, leur en donner d'abusifs... qu'elles ne lacheront pas facilement. C'est transposer dans un domaine où ça n'a rien de bon à y faire, le rapport sujet-objet et, par là-même, se limiter à n'avoir avec elles que des rapports « externalisées », de gérant ou tyran... dont la puissance sera inversement proportionnelle à sa peur... de n'être qu'un rien. Ce que, dans cette lessiveuse énergétique particulièrement, il devine être, l'inavouable.

Les tantrikas eux, plus réalistes et pragmatiques, sauteront dans l'occasion ainsi offerte / ce rien qui nous troue le coeur. La suite en sera plus aisée, voire merveilleuse, car guidée par des harmoniques fondamentales plutot que « gérée » par la vanité d'un nain.

Prétention funeste du simple fait qu'elles nous fondent. Leurs racines sont indissociables de celles de la conscience, tant que nous sommes de ce monde en tout cas.
Manipulateur manipulé par son ignorance (au sens indou du mot) et y entrainant les coulisses de son environnement : effet dynamo pouvant conférer (quand ça fonctionne) soit un long séjour en psychiatrie, soit certains charismes plus ou moins paranormaux, mais pilotés par l'égo en ce qu'il a de plus... prédateur. A éviter.

Mais retournons sur le fil :
Betov : « met le dans un vaisseau de verre large et haut de quatre doigts ou plus » : Plaisanterie ( ???)

Même un débile mental n'arriverait pas à en rire. Pour ma part je n'arrive pas à croire que notre Dame et ses adeptes manquent à ce point-là d'esprit... ce serait un comble étant donné que c'est son intercession qui permet à notre pauvre tuyauterie de se raccorder à l'océan du Spiritus.

Juste noter, comme l'avançait Freud (la truffe dans le guidon comme d'hab) qu'il y a forcément un rapport entre les jeux de mots et l'inconscient... reste à savoir ce qu'il faut entendre par là. Anima mundi ? Vue l'hallucinante créativité verbale des alchimistes d'antan, ça se pourait bien...

Les précisions apportées par Charly étant particulièrement pertinentes sur sa spécificité langagière et technique (indissociables) ne permettant pas n'importe quel détournement de fond, je n'y reviendrai pas trop.

En revanche, il se trouve toutefois un niveau de « similitude » (même si comparaison n'est pas raison), peu exploré par ceux-là même qui auraient intérêt à le faire. De plus c'est Dame chymie qui, par l'intermédiaire de certains de ses « parvulus », nous met la puce à l'aureille.

Si ça interresse qq, je peux y travailler.

Cordialement

alib

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Aube-Aurore le Lun 28 Mar 2011, 17:48

Bonjour betov Ensoleillé

Merci pour tes explications : hypnose, auto-hypnose, état de conscience particulier, training autogène, chamanisme, expérience mystique, EMI (ou NDE)… Tu parles par analogies et comparaisons. Il ne s'agit donc pas d'alchimie en tant que telle, mais de l'état de perception auquel peut conduire l'alchimie, au même titre que d'autres techniques. Et, bien sûr, tu trouves obligatoirement plein de points communs avec le langage alchimique puisque rien n'est vraiment séparé de rien.

Ce sont là plein de chemins de grandes randonnées intéressants à croiser. Enfin, moi, ça m'intéresse.
Mais tout cela ne devrait-il pas être développé dans une section différente du forum, comme par exemple CheminCroisé Spiritualités ?

Amitiés. Fleur

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  betov le Lun 28 Mar 2011, 18:07

Charly, étant donné ta perception de l'alchimie, il ne m'étonne guère que tu en viennes à considérer l'Islam comme une source concevable. Tu ne t'étonneras sans doute pas non plus que, a contrario, je n'ai jamais vu un traité arabe prétendument alchimiste que j'aurais pu reconnaitre comme alchimique, à la lumière de ma propre expérience. Mon outil de mesure d'authenticité n'est pas mon opinion mais mon expérience. Au bout du compte, je n'ai même pas à dire que ceci est authentique et que cela est du pipeau. Je me contente d'affirmer, et c'est bien le moins, que ceci parle de mon expérience et que cela ne parle pas de mon expérience. L'alchimie arabe ne parle pas de mon expérience. J'en suis certain (j'en ai lu une certaine quantité), elle parle de chimie primitive, teintée de mysticisme.

Il était d'usage, dans l'alchimie européenne (et plus particulièrement française) de recourir à des pseudo-arabes ou des pseudo-juifs. L'herbe est toujours plus...

Mais il est clair, de par le style et de par les jeux de mots (souvent de genre rabelaisien), que les textes classiques ne peuvent provenir que d'Europe et surtout de France. Je ne parle pas d'alchimie de Grèce antique, d'Egypte antique, de Chine antique, etc..., qui sont bien des alchimies au sens large, mais qui n'appartiennent pas à l'alchimie dont je parle. Celle-ci est une technique bien particulière dont je comprends bien que les explications te révulsent, puisqu'elles brisent cruellement tes rêves. Crois-le, c'est bien malgré moi. Mon intention première n'est pas de briser les rêves et si je le fais, ce n'est qu'en m'efforçant d'expliquer les choses. Et pour rester totalement objectif, je dirais "expliquer les choses telles que je les vois par ma propre expérience".

Aliboron:
pourquoi donc réquisitionner l'alchimie occidentale pour justifier-cautionner-étayer des pratiques psycho-corporelles relevant, grosso modo, du ou des yogas, voire de la mystique sauvage comme on dit ?
Je n'ai rien besoin de réquisitionner. L'alchimie occidentale est, que ça plaise ou non, une sorte de technique de yoga. Ce n'est pas de ma faute: Je lis ce qui est écrit et il s'agit, si tu veux le formuler comme ça, d'un yoga de la perception. On y fait le vide, non pas en vidant un hypothétique plein, mais en transitant par un moyen terme, l'auto-perception, qui s'avère être, en elle-même, évolutive, à travers les opération décrites.

Bien sûr, je comprends qu'on préfère les versions délirantes variées, mais, bon... je préfèrerais, pour ma part, argumenter sur des choses sérieuses.

Aube-Aurore: Spiritualité... oui et non. Oui, toutes les expériences limites ont tendance à se recouper, mais la technique alchimique est quelque chose de très spécifique. D'une part il y a une très forte consistance au niveau du sens de ce qui est écrit dans les traités, d'autre part, ce qui est écrit dans ces traités, au niveau des détails techniques, ne se trouvent pas dans les autres voies. Du moins je n'en ai pas connaissance pour ce que je connais des autres voies.


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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Ludivine le Lun 28 Mar 2011, 18:24

L'alchimie occidentale est, que ça plaise ou non, une sorte de technique de yoga. Ce n'est pas de ma faute : je lis ce qui est écrit et il s'agit, si tu veux le formuler comme ça, d'un yoga de la perception.
Choqué ! Je suppose que nous allons avoir droit à quelques sources et références qui puissent justifier cette assertion péremptoire pour le moins surprenante !
Studieux Studieux Studieux Studieux

J'ai l'étrange perception qu'avec toi, betov, nous assistons à un complet renversement de perspective : au lieu d'effectuer une démarche de recherche qui permette d'approcher la nature ontologique de l'alchimie, tu nous proposes une version de ton expérience (manifestement riche et profondément spirituelle) sur laquelle tu cherches à tout prix à vouloir coller une étiquette portant le mot alchimie. Je ne dis pas qu'il n'y a pas un rapport entre les deux, comme l'évoque Aube-Aurore, mais à mon sens, l'étiquette ne correspond pas au contenu de la bouteille que tu veux nous faire avaler. Je reste dans une expectative dubitative.

P.S.: Loup, je partage vraiment fondamentalement ta compréhension de l'Alchimie, telle qu'exposée ici plus haut sur ce fil (à une petite exception près : "Croire que c'est UNIQUEMENT un chemin spirituel, cela peut, en effet, mais on ne mélange pas, alors, avec la pratique, au niveau des explications symboliques.", car pour moi, le chemin spirituel et la pratique DOIVENT se mélanger).

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  betov le Lun 28 Mar 2011, 19:36

Ludivine, je me permets de rappeler que le titre de ce fil est "Lecture: ...". J'ai proposé un texte classique et j'ai fait de mon mieux pour le transcrire en terminologie moderne. Apparemment, que je transcrive de n'importe quelle façon, c'est peine perdue. J'ai l'impression de parler chinois. Devant ce cruel constat, je reprends la chose en partant de la clef de lecture, c'est-à-dire, bien évidemment, de ma propre expérience.

Manque de chance pour moi, ça ne va pas non plus : cela devient moi qui travestis l'alchimie avec mon expérience. Franchement, je suis assez désemparé.

Pour dire toute la vérité, je pense mourir avant d'être arrivé au terme de ma quête. Mon organisme est au but du rouleau. Mais au cas où je parviendrais malgré tout au rouge, un jour, il est probable que j'aurai le désir de rénover la chose en explicitant la technique. Si, sur un forum comme celui-ci, qui est tout de même très orienté dans ce sens, il m'est impossible, quelque soit l'angle d'approche, d'exposer les évidences de base, ne me reste plus qu'à retourner à mes chères études solitaires. Après tout, peut-être qu'en ne parlant pas du tout, je n'en serai que plus conforme à la tradition. Suspect

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Logos le Dim 03 Avr 2011, 09:39

... Concernant l'antimoine
Marcelle Sénard étymologise MOINE (in Capricorne) avec le latin MONEO : se souvenir (de son essence), contempler (Jean-Yves Leloup précise que contempler c’est entrer et être dans le Templum)... donc l'antimoine pourrait être ANTE-MONEO : "ce qui vient avant l'anamnèse (zikr)" ?
Trojani parle de ANTE-OMNIUM : "avant le Tout"... s'il s'agit de se souvenir du Tout, les 2 interprétations se complètent ...

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Re: Lecture: Artéphius.

Message  Tcheng le Mar 03 Mai 2011, 23:16

betov a écrit:Pour dire toute la vérité, je pense mourir avant d'être arrivé au terme de ma quête. Mon organisme est au but du rouleau. Mais au cas où je parviendrais malgré tout au rouge, un jour, il est probable que j'aurai le désir de rénover la chose en explicitant la technique. Suspect
Oups là, pas si vite cher ami.
J'espère bien que vous allez pouvoir être plus explicite car votre vision d'Artephius est des plus passionnante. Il faut dire que si je devais choisir un auteur ce serait celui là.
Mon interprétation va plutôt dans un sens classique, et sa "crème blanche" correspond, à mon sens, à quelque chose de très précis, mais je ne rejette absolument pas votre explication qui est plus que surprenante.
Bien que je crois que la plupart des ouvrages de ce type parlent réellement d'une manipulation externe, je suis, sur le coup, très intéressé par du "Betov" plus que par de l'Artephius....

Il m'aura fallut jusqu'à votre image sur l'hypnose pour comprendre de quoi vous parliez. Et comme ces discours sont plus que rare, je saute sur l'occasion de pouvoir vous demander de continuer votre explication.
Peut être sur un autre fil pour ne pas déranger ?...

Tcheng

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Re: Lecture: Artéphius.

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