(Al)chimie métallique
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(Al)chimie métallique
Qu'entend-t-on par "métallique" ?
Certains alchimistes emploient beaucoup ce mot, mais la réponse à la question est vaste. D'une part parce que les alchimistes usent beaucoup d'analogies (c'est leur manière à eux d'être didactiques, à cause de la difficulté à exprimer certains concepts), et d'autre part parce que la signification du mot métallique a évolué au cours des siècles.
Tout le monde connaît quelques métaux usuels, qui sont soit des corps simples (fer, cuivre, étain, zinc, plomb, aluminium, argent, or, nickel…), soit des alliages (acier, bronze, laiton, titane, maillechort…). L'idée générale qu'on s'en fait est qu'il s'agit de corps denses et lourds, résistants, réfléchissant la lumière. Pour les voitures, ne parle-t-on pas de "peinture métallisée" pour évoquer une qualité de brillant ? Pourtant, tout ce qui brille n'est pas or, et seules les pies voleuses s'emparent de n'importe quel objet chatoyant !
'Pie voleuse' se réfère à la fois à ce qui est volatil(e) et au pillage : les 'souffleurs' ne sont pas loin !
De nos jours, la caractéristique métallique d'un corps chimique se définit par sa capacité à céder facilement des électrons, donc à servir de conducteur électrique. On est là assez loin de l'idée habituelle qu'on se fait d'un métal, puisque si tout le monde connaît l'usage du fil de cuivre en électricité, peu de gens savent que les trois quarts des éléments chimiques ont une caractéristique métallique dans les conditions ordinaires. Certains corps plus que d'autres, bien entendu; quelques-uns étant même tellement peu métalliques qu'ils sont utilisés comme isolants électriques (verre, caoutchouc, laine, plastiques…). C'est pourquoi les chimistes classent les corps simples du tableau de Mendeleïev en trois groupes : les métaux, les non-métaux, et, entre les deux, les métalloïdes.
Néanmoins, dans certaines conditions, des corps réputés non métalliques peuvent le devenir ! Ainsi, savez-vous que l'hydrogène – qui est le corps le plus simple et le plus abondant dans l'univers – que nous connaissons à l'état gazeux pour gonfler les ballonnets d'enfants, peut devenir métallique à très basse température et sous une forte pression ? "Tout est relatif", disait Einstein; c'est vrai aussi en chimie moderne ! En conséquence, on pourrait presque résumer en disant que tous les corps sont métalliques, dans une proportion variant de 0% à 100%, selon les cas et les circonstances.
C'est là une vision occidentale moderne de ce qu'est un métal. Dans la mentalité d'un alchimiste, et particulièrement d'un alchimiste des temps anciens, disons d'il y a 5 siècles, ce mot recouvrait une autre signification, sans rapport avec l'électricité. En théorie, du moins, car il s'agit bien d'une capacité énergétique associée aux éléments, mais vue sous un aspect autre que l'électricité. A cette époque-là, il y a 500 ans, le mot 'électron' était connu (depuis l'antiquité grecque), de même que le magnétisme, mais la matière n'était pas perçue selon la représentation de l'atome imaginée au 19ème siècle, à savoir un noyau composé de protons et de neutrons autour duquel gravitent des électrons, dont certains (les plus éloignés du centre) peuvent avoir la bougeotte et générer de l'électricité ou de l'électromagnétisme.

Mais alors, qu'est donc un corps métallique pour les alchimistes, si l'énergie qu'il contient n'est pas en rapport avec l'électricité ?
Voici une approche de réponse, par élimination, proposée sur le site
http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/ASavoret/Poemes/artdered.html
Elle est extraite d'un article intitulé "L'ALCHIMIE, ART DE LA REDEMPTION", paru dans la revue "Le Charivari" (n°16, 1972), et je présume pouvoir l'attribuer à André Savoret :
Certains alchimistes emploient beaucoup ce mot, mais la réponse à la question est vaste. D'une part parce que les alchimistes usent beaucoup d'analogies (c'est leur manière à eux d'être didactiques, à cause de la difficulté à exprimer certains concepts), et d'autre part parce que la signification du mot métallique a évolué au cours des siècles.
Tout le monde connaît quelques métaux usuels, qui sont soit des corps simples (fer, cuivre, étain, zinc, plomb, aluminium, argent, or, nickel…), soit des alliages (acier, bronze, laiton, titane, maillechort…). L'idée générale qu'on s'en fait est qu'il s'agit de corps denses et lourds, résistants, réfléchissant la lumière. Pour les voitures, ne parle-t-on pas de "peinture métallisée" pour évoquer une qualité de brillant ? Pourtant, tout ce qui brille n'est pas or, et seules les pies voleuses s'emparent de n'importe quel objet chatoyant !
'Pie voleuse' se réfère à la fois à ce qui est volatil(e) et au pillage : les 'souffleurs' ne sont pas loin !De nos jours, la caractéristique métallique d'un corps chimique se définit par sa capacité à céder facilement des électrons, donc à servir de conducteur électrique. On est là assez loin de l'idée habituelle qu'on se fait d'un métal, puisque si tout le monde connaît l'usage du fil de cuivre en électricité, peu de gens savent que les trois quarts des éléments chimiques ont une caractéristique métallique dans les conditions ordinaires. Certains corps plus que d'autres, bien entendu; quelques-uns étant même tellement peu métalliques qu'ils sont utilisés comme isolants électriques (verre, caoutchouc, laine, plastiques…). C'est pourquoi les chimistes classent les corps simples du tableau de Mendeleïev en trois groupes : les métaux, les non-métaux, et, entre les deux, les métalloïdes.
Néanmoins, dans certaines conditions, des corps réputés non métalliques peuvent le devenir ! Ainsi, savez-vous que l'hydrogène – qui est le corps le plus simple et le plus abondant dans l'univers – que nous connaissons à l'état gazeux pour gonfler les ballonnets d'enfants, peut devenir métallique à très basse température et sous une forte pression ? "Tout est relatif", disait Einstein; c'est vrai aussi en chimie moderne ! En conséquence, on pourrait presque résumer en disant que tous les corps sont métalliques, dans une proportion variant de 0% à 100%, selon les cas et les circonstances.
C'est là une vision occidentale moderne de ce qu'est un métal. Dans la mentalité d'un alchimiste, et particulièrement d'un alchimiste des temps anciens, disons d'il y a 5 siècles, ce mot recouvrait une autre signification, sans rapport avec l'électricité. En théorie, du moins, car il s'agit bien d'une capacité énergétique associée aux éléments, mais vue sous un aspect autre que l'électricité. A cette époque-là, il y a 500 ans, le mot 'électron' était connu (depuis l'antiquité grecque), de même que le magnétisme, mais la matière n'était pas perçue selon la représentation de l'atome imaginée au 19ème siècle, à savoir un noyau composé de protons et de neutrons autour duquel gravitent des électrons, dont certains (les plus éloignés du centre) peuvent avoir la bougeotte et générer de l'électricité ou de l'électromagnétisme.

Mais alors, qu'est donc un corps métallique pour les alchimistes, si l'énergie qu'il contient n'est pas en rapport avec l'électricité ?
Voici une approche de réponse, par élimination, proposée sur le site
http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/ASavoret/Poemes/artdered.htmlElle est extraite d'un article intitulé "L'ALCHIMIE, ART DE LA REDEMPTION", paru dans la revue "Le Charivari" (n°16, 1972), et je présume pouvoir l'attribuer à André Savoret :
Voilà au moins de quoi nous indiquer ce qui n'est pas métallique pour un alchimiste !Pour une telle transformation, un agent dynamique et mystérieux, qui reçut bien des noms, est indispensable, c'est même sa connaissance et son emploi judicieux qui sont requis absolument pour toute opération réellement alchimique. En ce qui concerne l'alchimie spirituelle, il n'y a aucun inconvénient à le nommer : là, cet agent est l'Amour et sa source intarissable est le Verbe, dans sa fonction de Rédempteur, il en va autrement s'il s'agit d'alchimie métallique. En ce domaine, les alchimistes sont excessivement discrets. Aucune des énergies utilisées par les chimistes (y compris l'énergie nucléaire) ne peut lui être substituée.
Cette Eau Ardente, cette Manne Rorante, n'est ni un alcool, ni un acide, ni l'électricité ou le fluide nerveux, comme le conjecturaient occultistes ou magistes du dernier siècle. Ce qui prouve, soit dit en passant, le fossé qui sépare ces trois disciplines. Evidemment, ce n'est pas davantage l'algue appelée Nostoch et, moins encore, la rosée de mai, simple image analogique, laquelle m'abusa pendant les longues années où, m'imaginant "faire de l'alchimie", je ne faisais que de la fort médiocre chimie.
Je dirai seulement que son utilisation aboutit à une résurrection, à une "nouvelle naissance" dans l'ordre minéral ou dans l'ordre physiologique. J'ajouterai que le moindre laboratoire de chimie fourmille d'instruments compliqués et coûteux et regorge d'innombrables produits. Il faut avoir franchi le seuil d'un laboratoire alchimique pour savourer pleinement le contraste : quelques récipients et instruments très simples, un modeste fourneau pour la coction et une douzaine de corps minéraux. Comme l'a écrit le grand alchimiste et mystique chrétien d'Eckhartshausen: "avec les moyens les plus simples peuvent être provoquées les réalisations les plus admirables".

Montaléchel- Nombre de messages: 151
Date d'inscription: 25/07/2008
Re: (Al)chimie métallique
bj, pour ce qui me concerne, lorsque j'emploie le terme oeuvre "métallique", cela correspond à la "transmutation", ou changement d'état, d'un métal en un autre métal. Et pour ce faire, on détourne l'oeuvre Alchimique de son but, l'homme, et on fait le "travail " de "souffleur" (feu violent) pour aller vers un autre but. Donc, pour moi, deux oeuvres différentes ayant une base commune. Et comme l'esprit de la matière est détruit à plus ou moins 50°, ce n'est plus de l'Alchimie, pour moi... Je parlerais plus volontiers d'Agriculture céleste, car cela est plus proche de ce qui est appelé la "spagyrie "... Telle est ma voie et la vision que j'en ai; ma voie est dite "solaire"...
loup- Nombre de messages: 127
Date d'inscription: 29/11/2010
Re: (Al)chimie métallique
salut Monty, loup
Au sujet de l'analogie homme / métal, je me permets de signaler l'anagramme METAL // LE MAT
Seule carte véritablement mobile, 'en marche', du Tarot,
LE MAT est souvent considéré comme celle qui les 'synthétise' toutes.
loup a écrit:et pour ce faire, on détourne l'oeuvre Alchimique de son but, l'homme
Au sujet de l'analogie homme / métal, je me permets de signaler l'anagramme METAL // LE MAT
Seule carte véritablement mobile, 'en marche', du Tarot,
LE MAT est souvent considéré comme celle qui les 'synthétise' toutes.
Chèvre- Nombre de messages: 350
Date d'inscription: 06/06/2009
Re: (Al)chimie métallique
Bonjour,
la XIII, le
Valet de Coupes compte pour du beurre ? 
“Qui a trouvé le saint calice?
Qui a ouvert le vase scellé?
Qui a regardé dans le secret?
Qui a bu à la source?
Qui est tombé dans le ciel?
Qui est mort dans la vie?
Qui est ressuscité dans l'amour?
Qui est établi dans la connaissance?
Qui repose dans la paix du Parfait?
Qui est devenu UN avec celui qui EST?”
.
(Message Retrouvé, de Louis Cattiaux)
Cordialement,
C...a
Sans parler de la mobilité deChèvre a écrit:Seule carte véritablement mobile, 'en marche', du Tarot, LE MAT...
la XIII, le
Valet de Coupes compte pour du beurre ? “Qui a trouvé le saint calice?
Qui a ouvert le vase scellé?
Qui a regardé dans le secret?
Qui a bu à la source?
Qui est tombé dans le ciel?
Qui est mort dans la vie?
Qui est ressuscité dans l'amour?
Qui est établi dans la connaissance?
Qui repose dans la paix du Parfait?
Qui est devenu UN avec celui qui EST?”
.
(Message Retrouvé, de Louis Cattiaux)
Cordialement,
C...a
Charly Alverda- Nombre de messages: 534
Date d'inscription: 02/10/2008
Re: (Al)chimie métallique
Bonjour.
Malheureusement, cela ne nous aide pas à comprendre ce que les anciens voulaient signifier en parlant du caractère métallique d'une substance.
Quelqu'un a-t-il une idée ?
Si je comprends bien ce que dit loup, le mot "métallique" ne se référerait pas à une caractéristique des matières employées, mais l'alchimie métallique s'appellerait ainsi parce qu'elle s'applique à un corps métallique pour le transmuter en un autre corps métallique. L'expression "alchimie métallique" décrirait donc le domaine d'application. Voilà qui est intéressant.loup a écrit:pour ce qui me concerne, lorsque j'emploie le terme oeuvre "métallique", cela correspond à la "transmutation", ou changement d'état, d'un métal en un autre métal.
Malheureusement, cela ne nous aide pas à comprendre ce que les anciens voulaient signifier en parlant du caractère métallique d'une substance.
Quelqu'un a-t-il une idée ?

Henri Schersch- Nombre de messages: 284
Age: 42
Date d'inscription: 21/07/2008
Re: (Al)chimie métallique
Bonjour,
Les “philosophes” de la Nature des XVIe et XVIIe siècles ont joué sur (avec) les mots en présentant l’alchimie comme une pratique des “receptes métalliques” provenant de l’antiquité. On voit que les modernes ont suivi ceci à la lettre (qui tue) au détriment de l’esprit qui vivifie. Le post du Maçon cité par par Henri dans le topic du
Grand Secret est exemplaire de la démarche “naturaliste” d’un “curieux de Nature” sincère, mais formaté par la prose fulcanellienne, qui cite sur le même plan le cattésien J-M d’Amsembourg et Caro !
.
En alchimie (agriculture céleste) on utilise les propriétés de la “racine” des métaux pour fabriquer l’Aymant des Sages ayant pouvoir de capter l’or céleste, l’énergie vivifiante “informant” les trois plans de la Nature (minéral, végétal et animal). C’est évidemment ce qui a puissance sur le règne animal qui a seul intérêt pour l’alchimiste véritable, l’or “sec” n’ayant aucun intérêt pour le “mystère de la régénération”. Voila la pierre d’ “achoppement”, le grand secret qui nécessite une “divine” révélation. Cattiaux dit avec humour que “Les trop simples prennent le doré pour l'or et les trop intelligents rejettent l'or à cause du doré.”
Mais on ne peut pas vraiment dire que l’alchimie “métallique” soit une impasse, puisque il est possible avec le seul outil de l’intellect de faire de l’or avec les teintures des métaux, mais fort heureusement jamais par ces voieS la Pierre philosophale.
“Il faut dissoudre avant de coaguler.
.
C'est la loi du ciel et de la terre.”
.
(Le Message Retrouvé, de Louis Cattiaux)
Cordialement,
C...a
Ce concept (purement moderne) d’alchimie métallique se réfère aux antiques Chrysopée et Argyropée dont le but était la production d’or ou d’argent : métaux. Il s’agissait d’extraire les “teintures” (âmes) des métaux et de les amener par des “voies” sèche ou humide à maturation - à leur perfection d’or ou d’argent - selon que l’on emploie des métaux à caractéristiques solaire ou lunaire (métaux rouges tel que le fer et métaux blancs tels le plomb).Henri a écrit:“le mot "métallique" ne se référerait pas à une caractéristique des matières employées, mais l'alchimie métallique s'appellerait ainsi parce qu'elle s'applique à un corps métallique pour le transmuter en un autre corps métallique. L'expression "alchimie métallique" décrirait donc le domaine d'application.
Les “philosophes” de la Nature des XVIe et XVIIe siècles ont joué sur (avec) les mots en présentant l’alchimie comme une pratique des “receptes métalliques” provenant de l’antiquité. On voit que les modernes ont suivi ceci à la lettre (qui tue) au détriment de l’esprit qui vivifie. Le post du Maçon cité par par Henri dans le topic du
Grand Secret est exemplaire de la démarche “naturaliste” d’un “curieux de Nature” sincère, mais formaté par la prose fulcanellienne, qui cite sur le même plan le cattésien J-M d’Amsembourg et Caro !.
En alchimie (agriculture céleste) on utilise les propriétés de la “racine” des métaux pour fabriquer l’Aymant des Sages ayant pouvoir de capter l’or céleste, l’énergie vivifiante “informant” les trois plans de la Nature (minéral, végétal et animal). C’est évidemment ce qui a puissance sur le règne animal qui a seul intérêt pour l’alchimiste véritable, l’or “sec” n’ayant aucun intérêt pour le “mystère de la régénération”. Voila la pierre d’ “achoppement”, le grand secret qui nécessite une “divine” révélation. Cattiaux dit avec humour que “Les trop simples prennent le doré pour l'or et les trop intelligents rejettent l'or à cause du doré.”
Mais on ne peut pas vraiment dire que l’alchimie “métallique” soit une impasse, puisque il est possible avec le seul outil de l’intellect de faire de l’or avec les teintures des métaux, mais fort heureusement jamais par ces voieS la Pierre philosophale.
“Il faut dissoudre avant de coaguler.
.
C'est la loi du ciel et de la terre.”
.
(Le Message Retrouvé, de Louis Cattiaux)
Cordialement,
C...a
Charly Alverda- Nombre de messages: 534
Date d'inscription: 02/10/2008
Re: (Al)chimie métallique
Bonjour à tous, et merci à Charly pour ce partage de connaissances au sujet des concepts anciens.
Cependant, pour nous qui avons été formés (formatés ?) aux concepts modernes, cette façon ancienne de percevoir ne va pas de soi.
Lorsque j'essaie d'imaginer ce que pourrait être cet or céleste, me viennent à l'esprit des analogies, comme le
prâna des Hindous (l'essence contenue dans l'énergie vitale), ou
l'EPZ des physiciens actuels (Energie du Point Zéro : oscillation énergétique du vide quantique), c'est-à-dire une sorte de champ d'énergie qui baigne l'univers entier, primordiale, principielle. Cette énergie que les panthéistes assimilent à Dieu; que les rosicruciens appellent "Esprit"; que Henri Cotton-Alvart décrit comme une "Lumière" à ne pas confondre avec la lumière visible ordinaire.
Peut-être que je fantasme, évidemment : j'essaie là d'intégrer des concepts qui sont étrangers à ma culture. Peut-être maladroitement.
Cependant, pour nous qui avons été formés (formatés ?) aux concepts modernes, cette façon ancienne de percevoir ne va pas de soi.
J'en déduis que le concept d'alchimie "métallique" est donc vraiment ancien (Antiquité), et que les anciens percevaient la matière comme vivante puisque la "racine" des métaux fait immanquablement penser aux végétaux. Ai-je tort d'interpréter alors le caractère métallique des corps minéraux – tels que perçu par les Anciens – comme étant une sorte de Vie latente en eux ? Une graine ? Un embryon ? En effet, le vocabulaire alchimique parle non seulement d'agriculture, mais parfois d'élevage, d'éducation, de croissance, de maturation : tous des mots qui évoquent l'évolution de formes vivantes. Alors, dans cette conception, la fabrication de "l'Aymant des Sages" correspondrait en quelque sorte à un "nourrissage", à la mise en place d'une sorte de système alimentaire, susceptible de faire croître les corps métalliques en leur fournissant un apport "d'or céleste".Charly a écrit:Les “philosophes” de la Nature des XVIe et XVIIe siècles ont joué sur (avec) les mots en présentant l’alchimie comme une pratique des “receptes métalliques” provenant de l’antiquité.
[...]
En alchimie (agriculture céleste) on utilise les propriétés de la “racine” des métaux pour fabriquer l’Aymant des Sages ayant pouvoir de capter l’or céleste, l’énergie vivifiante “informant” les trois plans de la Nature (minéral, végétal et animal).
Lorsque j'essaie d'imaginer ce que pourrait être cet or céleste, me viennent à l'esprit des analogies, comme le
prâna des Hindous (l'essence contenue dans l'énergie vitale), ou
l'EPZ des physiciens actuels (Energie du Point Zéro : oscillation énergétique du vide quantique), c'est-à-dire une sorte de champ d'énergie qui baigne l'univers entier, primordiale, principielle. Cette énergie que les panthéistes assimilent à Dieu; que les rosicruciens appellent "Esprit"; que Henri Cotton-Alvart décrit comme une "Lumière" à ne pas confondre avec la lumière visible ordinaire.Peut-être que je fantasme, évidemment : j'essaie là d'intégrer des concepts qui sont étrangers à ma culture. Peut-être maladroitement.

Henri Schersch- Nombre de messages: 284
Age: 42
Date d'inscription: 21/07/2008
Re: (Al)chimie métallique
Bonjour. Intéressante suggestion, Henri. Ceci va dans le sens de ce que nous dit Cyliani dans "Hermès dévoilé" :
Considère bien les travaux de la nature. Elle a formé dans le sein de la terre les métaux, mais il faut quelque chose de plus, leur quintessence. Vois d’où elle tire la quintessence des choses. Ce n’est qu’à la surface de la terre, dans les règnes qui vivent ou végètent : suis donc la nature pas à pas. Considère aussi comme elle opère dans le règne végétal, car ce n’est point un minéral que tu veux faire. Vois-la humectant avec la rosée ou la pluie la semence confiée à la terre, la desséchant à l’aide du feu céleste et réitérant ainsi jusqu’à ce que l’embryon soit formé, développé, bourgeonné, fleuri, et parvenu à sa vertu multiplicative, enfin à la maturité de son fruit. C’est bien simple : dissous et coagule, voilà tout, et donne-toi de garde de te servir d’autre feu que de celui du ciel.

Garfield- Nombre de messages: 143
Age: 30
Date d'inscription: 20/07/2008
Re: (Al)chimie métallique
Bonjour,
Je vais tout à fait dans le sens de Henri : “... interpréter alors le caractère métallique des corps minéraux – tels que perçu par les Anciens – comme étant une sorte de Vie latente en eux ? Une graine ? Un embryon ?”
D’ailleurs les “modernes” tels Fulcanelli ne pensent pas différemment, seulement ils ne perçoivent pas correctement ce qu’est ce “mercure” : prana chi... Etant persuadé que ce mercure ne se peut prendre que spécifié dans un minéral ou un métal, ils se condamnent ainsi à ignorer les règnes animal et végétal et à ne produire que des “particuliers”.
Avec les seules ressources de l’intellect on ne peut dépasser le niveau de raisonnement du Fulcanelli (des Demeures), mais les livres d’alchimie sont réservés aux seuls qui “croient en l’incroyable”, pour les “intelligents du monde” il ne reste que l’ “or sec” !
Garfield rappelle à propos cet excellent adage : “C’est bien simple : dissous et coagule, voilà tout, et donne-toi de garde de te servir d’autre feu que de celui du ciel.” L’or céleste ne peut résister à une température supérieure à celle du fumier de cheval, cela change considérablement la vision du “laboratoire” ! Seul un petit feu permet en effet de mettre en mouvement le grand “feu du ciel” tel qu’on le voit représenté sur l’athanor/maison de feu des tarots.
http://www.letarot.com/jean-dodal/pages/pages-images/16.html
Cordialement,
C...a
Je vais tout à fait dans le sens de Henri : “... interpréter alors le caractère métallique des corps minéraux – tels que perçu par les Anciens – comme étant une sorte de Vie latente en eux ? Une graine ? Un embryon ?”
D’ailleurs les “modernes” tels Fulcanelli ne pensent pas différemment, seulement ils ne perçoivent pas correctement ce qu’est ce “mercure” : prana chi... Etant persuadé que ce mercure ne se peut prendre que spécifié dans un minéral ou un métal, ils se condamnent ainsi à ignorer les règnes animal et végétal et à ne produire que des “particuliers”.
Avec les seules ressources de l’intellect on ne peut dépasser le niveau de raisonnement du Fulcanelli (des Demeures), mais les livres d’alchimie sont réservés aux seuls qui “croient en l’incroyable”, pour les “intelligents du monde” il ne reste que l’ “or sec” !
Garfield rappelle à propos cet excellent adage : “C’est bien simple : dissous et coagule, voilà tout, et donne-toi de garde de te servir d’autre feu que de celui du ciel.” L’or céleste ne peut résister à une température supérieure à celle du fumier de cheval, cela change considérablement la vision du “laboratoire” ! Seul un petit feu permet en effet de mettre en mouvement le grand “feu du ciel” tel qu’on le voit représenté sur l’athanor/maison de feu des tarots.
http://www.letarot.com/jean-dodal/pages/pages-images/16.html
Cordialement,
C...a
Charly Alverda- Nombre de messages: 534
Date d'inscription: 02/10/2008
Re: (Al)chimie métallique
Bonjour à tous !
Qu'entendent les Sages lorsqu'ils parlent de métaux ? Dom Pernety donne les définitions suivantes au mot "Métal" dans son Dictionnaire mytho-hermétique :
Qu'entendent les Sages lorsqu'ils parlent de métaux ? Dom Pernety donne les définitions suivantes au mot "Métal" dans son Dictionnaire mytho-hermétique :
Lorsque les Sages parlent des métaux, ils n'entendent pas communément ceux qui sont en usage dans le commerce de la vie; il ne faut les expliquer dans ce sens que lorsqu'ils parlent de la transmutation des métaux imparfaits en or ou en argent. Leurs métaux ne sont autres que les différents états de leur mercure pendant les opérations du magistère. Ces états sont au nombre de sept, comme il y a sept Planètes et sept métaux communs; c'est pourquoi ils donnent le régime de leur œuvre aux sept Planètes, qu'ils disent dominer à chaque état, et chaque domination se manifeste par des couleurs différentes.
…Les Souffleurs et les Chymistes vulgaires ne se trompent pas moins lourdement lorsqu'ils travaillent sur les métaux communs, dans la pensée qu'ils parviendront au magistère par leur moyen. Car quoique d'eux soit l'entrée de notre œuvre, dit le bon Trévisan, et que notre matière, par tous les dits des Philosophes, doit être composée de vif-argent, et vif-argent n'est en autres choses qu'es métaux... Toutefois ne sont-ils pas notre pierre tandis qu'ils demeurent en forme métallique; car il est impossible qu'une matière ait deux formes. Notre pierre est une forme digne moyenne entre métal et mercure.
Les métaux des Philosophes sont cette matière de laquelle on extrait l'esprit, et duquel esprit on fait la pierre au blanc et la pierre au rouge. Leurs métaux parfaits sont ces pierres mêmes; souvent ils les appellent Corps.
Les anciens Chymistes ont donné aux métaux les noms de sept Planètes, parce qu'ils ont cru y remarquer des propriétés et des couleurs analogues à celles que l'Astrologue reconnaît dans les Planètes. Ils ont nommé en conséquence le plomb Saturne, l'étain Jupiter, le fer Mars, l'or le Soleil, le cuivre Vénus, l'argent-vif Mercure, et l'argent Lune.
On distingue les métaux en parfaits, qui sont l'or et l'argent; et en imparfaits, qui sont le cuivre, le fer, le plomb, l'étain et le mercure. Les Philosophes appellent aussi Métaux imparfaits la matière de l'œuvre, lorsque pendant les opérations elle est affectée d'autres couleurs que de la blanche et de la rouge. Ces deux dernières composent les règnes du Soleil et de la Lune, les autres sont les règnes des autres Planètes.
La plupart des Chymistes ne comptent pas le mercure parmi les métaux, et prétendent qu'il n'en est que la semence; mais la vraie matière des métaux n'est, à proprement parler, qu'une vapeur, un esprit qui se corporifie dans les entrailles de la terre, à mesure que le feu central la sublime vers la superficie; elle devient une eau visqueuse, qui s'allie avec différans soufres; elle se cuit et se digère avec eux, d'une manière plus ou moins parfaite, suivant le plus ou moins de pureté de la matrice où les métaux se forment.

Ludivine- Nombre de messages: 184
Date d'inscription: 04/04/2010
Re: (Al)chimie métallique
La plupart des alchimistes ne voient dans l'alchimie que des recettes de chimie avec l'espoir que leur mélange chimique se transforme un jour en Pierre Philosophale. "Il faut bien débuter par quelque chose" rétorqueront certains, "alors pourquoi ne pas débuter par la chimie ?". Or, l'Alchimie ne se résume pas à des recettes de chimie. Elle permet, si Dieu le veut bien sûr, de dépasser les limites imposées par nos scientifiques bien souvent trop rationnels.
Par exemple, j'ai relevé un passage de René Alleau dans son ouvrage "Aspects de l'alchimie traditionnelle" qui nous montre que les auteurs d'alchimie interprètent bien souvent le dissolvant comme une substance purement chimique :
Par exemple, j'ai relevé un passage de René Alleau dans son ouvrage "Aspects de l'alchimie traditionnelle" qui nous montre que les auteurs d'alchimie interprètent bien souvent le dissolvant comme une substance purement chimique :
Tous ces auteurs n'ayant en vue que l'interprétation "chimique" du "dissolvant" n'ont pu comprendre, semble-t-il, la réalité "alchimique" ainsi désignée. Le terme d'"alkaest" étant censé représenter, selon la pluralité des maîtres, un "fluide salin" ou un "sel" capable de réduire tous les corps sublunaires en une liqueur homogène qui retient les "vertus séminales" des corps dissous, nous sommes autorisés à voir dans la "dissolution" un symbole alchimique de la mort, dans les trois règnes.
Expérimentalement, le propre du "dissolvant" est de provoquer la "mort" des "métaux" afin de permettre à l'Opérateur d'en extraire les "vertus" ou les "noyaux", en "corporifiant les esprits et en spiritualisant les corps", ce qui constitue la définition de l'opération fondamentale du magistère. Or il n'existe aucun procédé "chimique" connu capable de produire ce phénomène et c'est précisément dans l'artifice de la "dissolution" que l'alchimie présente une originalité essentielle, c'est à partir de cette technique secrète qu'elle s'édifie en tant que science sacrée.

Ludivine- Nombre de messages: 184
Date d'inscription: 04/04/2010
Re: (Al)chimie métallique
Je ne sais pas s'il est adéquat de reprocher à un scientifique d'être "trop" rationnel...Ludivine a écrit:Elle permet, si Dieu le veut bien sûr, de dépasser les limites imposées par nos scientifiques bien souvent trop rationnels.
La rationalité est le propre de celui qui raisonne. Raisonner, en soi, n'est jamais condamnable. Et le scientifique a le devoir d'être rationnel.
Par contre, là où le bât blesse parfois, c'est lorsque des gens qui font profession de science, dérapent, et usent et abusent de leur statut d'homme (ou de femme) de science pour poser un diagnostic péremptoire dans un domaine qui sort de leur compétence. On connaît le triste cas notoire du Prix Nobel
Georges Charpak qui, amené à prendre position sur le délicat problème de la "
mémoire de l'eau", a oublié de raisonner en scientifique pour laisser libre cours à ses croyances, et discréditer ainsi un domaine novateur prometteur.Pour un scientifique, fournir une opinion est évidemment légitime. Tout citoyen est libre d'exprimer une opinion, et donc aussi, éventuellement, de dire une connerie. Dans une démocratie, le scientifique n'est pas privé de ce droit : un scientifique est un citoyen, libre de donner un avis, libre aussi de dire des conneries. Ainsi, sur quelques forums où on parle d'alchimie sévissent quelques rares personnages qui se drapent de l'aura lénifiante de leur formation scientifique pour couper court à tout débat et… asséner leurs croyances matérialistes en une alchimie exclusivement chimique ! On voit donc que faire de la science sa profession n'empêche pas de faire profession de foi ! A contre-courant de la raison, du raisonnement, de la rationalité, du rationalisme, bien entendu.
Ce n'est donc pas tant un "excès de rationalité" qui pose problème, que la faillibilité humaine, laquelle pousse inconsciemment certains à "avoir raison parce qu'ils sont scientifiques", donc en fait à imposer leur croyance personnelle comme s'il s'agissait d'une certitude scientifique. Cette attitude, même dans le chef d'un scientifique professionnel, n'est pas scientifique, mais, au fond religieuse et missionnaire : convertir à un credo. C'est de l'ordre de la faute professionnelle.

Montaléchel- Nombre de messages: 151
Date d'inscription: 25/07/2008
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