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Message  boscanio le Dim 19 Oct 2008, 18:48

il ne faut pas perdre de vue que pour les anciens chymistes, le mot vitriol désignait de manière générique tous les acides issus du monde minéral.

Il ne faut pas oublier non plus que les anciens chimistes ou plutôt archimistes donnaient le nom de vitriol aux sulfates (sels metalliques) ce qui pourrrait faire penser que le vitriol vert indiquerait la voie du fer, le sulfate de fer étant vert.
En se basant sur ce fait les Philosophes à travers leur vitriol ne feraient donc qu'allusion aux voies dites salines. Lorsqu'on parle de l'emeraude des philosophes on fait géneralement allusion à Vénus et puisque l'emeraude est l'équivalent de la "rosée de mai" (cabalistiquement et phonétiquement AIMERODES) il ne peut sagir que de Vénus luciferus, l'étoile du matin (le primptemps correspondant astrologiquement au matin).
Un problème se pose dès lors: le fer correspond à Mars et pas à Vénus et c'est là un des noeud Gordien (excusez mon orthographe) en Alchimie, surtout dans la voie du sel (voie de la salamandre) ou très fréquement Vénus est indissociable de Mars.
d'ailleurs la voie du sel dite voie du vitriol commence par l'acquisition de la terre de Rome (terre de mort) ou vitriol romain qui, selon Valmont de Bonmare (cité par Fulcanelli) n'est rien d'autre qu'un sel de Mars et un sel de Vénus qui broyé ensemble, prennent une couleure noire et une odeure nauséeuse.
Du démarrage de cette voie à l'obtention du sel amoniaque (sel armoniaque), ainsi nommé en référence à la déesse Harmonie fille de Mars et de Vénus on voit bien que ces deux divinités sont indissociables de l'oeuvre.
Cette relation entre Mars et Vénus se retrouve dans bien d'autres voies, ou principes comme l'acier et l'aimant ou plus encore comme dans le début des opération du Grand Oeuvre lorsque le soleil (soufre) est en belier (gouverné par Mars) et la Lune (mercure) en taureau (gouverné par Vénus).

En ce qui concerne Marie Stuart dont Fulcanelli affirmait que s'il fallait un grain de sel pour comprendre les écris des Alchimistes il faudrait la salière entière pour interpreter son livre, je ne suis absolument pas d'accord avec le fait que le belier corresponde à la terre.
le bélier est l'acier des sages dont il est l'annagrame phonétique (aries/acier) et tout le monde sait que l'acier est le symbole du feu secret des sages. d'ailleurs on le retrouve en astrologie comme étant le premier signe de feu, en aucun cas il ne représente la terre, qui elle serait plutôt symbolisée par l'aimant ou du moins la magnésie qui contient notre aimant des sages.
Dans la voie du sel ou du vitriol on le retrouve comme sel d'Amon (Amon étant le Dieu bélier des égyptiens) c'est le feu infernal et secret de Philalethe et la salamandre de Fulcanelli. Vous l'aurez compris, la voie du sel est la voie du vitriol.

en ce qui concerne la multitude de titre donnée au vitriol (qu'il soit vert, de verre ou autre) cela n'est pas dans un but de nous égarer mais bien au contraire pour nous éclairer. En hermétisme plus que l'interpretation du symbole lui même, c'est sa correlation ou sa relation avec un autre qui compte. Savoir relier un symbole avec un autre permer d'identifier un lien, une trame de laquelle doit peu à peu apparaitre un point commun qui est la connaissance. C'est pourquoi notre dissolvant secret, prend une quantité incroyable de noms ou de descriptions chacuns apportant une indications de plus sur la piste de sa découverte à condition bien sur de bien se concentrer sur le lien qui les réunis sur le point commun caché derriere l'allégorie de leur relation.

pour l'histoire de la terre creuse, ce n'est pas le fruit de vagues bruits qui courent mais bien d'un mythe universel très ancré en orient et extrème orient, à savoir de l'himmalaya, du Tibet, jusqu'en Mongolie et en siberie orientale en passant par la chine.
On le retrouve nous en occident à travers l'allégorie de l'ile des bienheureux situé dans le royaume souterrain du Tartare auquels on peut avoir acces dans le royaume des mort apres le jugement positif de Minos ou Radhamante.

on retrouve encore une allégorie de ce royaume dans les mille et une nuit à travers le 6ème voyage de Sinbad le marin, c'est aussi le Royaume de Sion, ou celui de prêtre Jean que l'on a très souvent confondu avec le royaume d'abyssinie (il y a peut être là aussi une indication par le nom).

au coeur de ce royaume nommé Agartha par les thibetains se trouve un soleil resplendissant, soleil bien connu des alchimiste à travers leur fameux soleil terrestre.

comme tout ce qui est en bas (exterieur, materiel) est comme ce qui est en haut (interieur, spirituel) et comme l'homme est un microcosme à l'immage du macrocosme, ce soleil éxiste dans notre terre (notre corps) de là la maxime VITRIOL nous invitant à trouver la pierre occulte véritable lampe hermétique ou feu sercret enfoui au plus profond de nous même à l'instar de notre planète.
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Message  ORVAL le Mer 09 Sep 2009, 21:31

Bonsoir à tous,

Le VITRIOL me semble très proche s'il n'est le mercure des philosophes. L'huile de verre comprendre vert , le fer contenant le feu air , c'est en lui que l'OR_Y_VIT.Sans lui, point de solve, ni de coagulat. En fait rien n'est possible car sans le 1, le 2 reste inactif.

Humblement,
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Message  pluviose le Jeu 10 Sep 2009, 09:24

Bonjour.

L'ésotérisme m'intéresse grandement, mais je reconnais volontiers que tout ce qui touche à l'alchimie m'est assez étranger. Cette discipline m'intrigue mais me reste insaisissable. Je suis toujours très dérouté par le mode d'expression des tenants de l'alchimie. Ce vitriol en est un bon exemple, puisque le vitriol n'est manifestement pas du vitriol, mais autre chose, comme une sorte d'allégorie du vitriol. Orval nous dit que ce vitriol pourrait être le mercure des philosophes. OK, mais ce mercure ne semble pas non plus être du mercure, mais autre chose qui rappelle le mercure parce que ça aurait une propriété du mercure. Par analogie donc.

J'entends bien qu'il ne s'agirait pas là d'une volonté délibérée d'égarer les curieux mais plutôt d'une impossibilité de communiquer l'ineffable sinon par analogies, mais n'empêche que ça ressemble pour moi à un beau sac de nœuds. Lorsqu'Orval suggère que "vitriol" pourrait se traduire par "huile de verre", ça va : je comprends (même si je n'aurais pas trouvé ça tout seul). Mais si je vous suis bien, il faut ensuite une deuxième traduction pour comprendre que "huile de verre" signifierait en réalité "huile de vert". D'accord, mais là, je suis un peu largué, et la logique de tout ça m'échappe comme le ferait une anguille. Je suis capable de distinguer une anguille au vert d'une anguille à l'huile, mais j'ai peine à comprendre "huile de vert".

Scratch Vert veut-il ici dire vert comme la couleur verte ? Ou vert comme jeune, allusion à une jeune pousse ? Ou vert comme la vigueur prolongée du vieillard encore vert, ce qui signalerait une action chimique prolongée ? Ou vert comme le citron vert, acide et sûr tout en n'étant que de faible pH ? Ou bien faut-il encore, par analogie, convertir ce vert en fer, comme le suggérait Boscanio, et de là, à nouveau traduire pour comprendre qu'on parle du sulfate de fer qui est vert ? J'en suis vert.
Malade
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Message  ORVAL le Sam 12 Sep 2009, 19:02

Bonsoir Pluviose,

Je comprends votre désaroi, il faut savoir que la langue verte, la langue hermétique est absolument nécessaire afin de perce-voir les écris des anciens. Voyez-vous, chacun s'efforce par un travail cérébral de l'esprit... de rester dans cette tradition, certains d'entre-nous suivent le fil d'ariane et chaque fois que nous décortiquons un message, nous sommes tous (je pense)heureux de comprendre ce langage de l'esprit. Mais croyez bien que beaucoup de choses m'échappent...personne ne maîtrise cette langue dans son entièreté.

vous direz, que ce language est hermétique, c'est de bonne aloi, croyez-moi.

l'écriture traditionelle ne révèle pas forcément le vrai message qui nous concerne à qui veut l'entendre.

Toutefois, ce qui est proposé ci-dessus, à l'occurence le vitriol... de verre, on passe au vert.
Pourquoi ce vert; simplement que l'on fait allusion à certains végétaux qui rentrent dans l'élaboration du mercure des philosophes. Qui est vert, jeune, agressif et qui manque de maturité, mais qui pourtant est nécessaire afin de mortifier notre pierre en devenir, voir même tout au long de l'oeuvre. Ce qui oppose le lion vert au lion rouge. Tout cela est travail de l'esprit et aussi parfois la solution d'un anagramme.

J'espère vous avoir apporté un peu d'ouverture à cette noble dame qu'est l'alchimie.

Je suis un apprenti tel que vous , mais disons que j'ai fait un pas en plus... alors partageons ce qui peut l'être cher Pluviose.
Humblement,

Très amicalement,
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Message  Charly Alverda le Sam 12 Sep 2009, 22:16

Bonjour

" Visite l'intérieur de la terre, et en rectifiant, tu découvriras la pierre cachée." Voilà la véritable traduction, mais la pierre des Sages est la pierre philosophale, du moins en alchimie R + C.
C'est en effet la Sagesse de Salomon qu'il faut acquérir, ou encore recevoir le Don de Dieu. En termes opératifs, c'est seulement en se vidant de tout concept, par le silence intérieur, que - la Nature "ayant horreur du vide" - le méditant, l'orant, reçoit le véritable baptème du feu et le Verbe pour formuler son expérience. Cette formulation, bien que secondaire (le parergon), dans le domaine de la manifestation est une techné. Ll'Adepte sait alors reproduire, copier, le processus de la Genèse et ainsi faire le Grand Oeuvre.

L'alchimie n'est que mythiquement égyptienne, elle est de tous temps et de tous lieux, mais avant le christianisme le mythe osirien assurait en occident la fonction initiatrice.
Contrairement à la fable moderne d'une alchimie du moyen-âge (le mystère des cathédrales !), l'alchimie était peu connue jusqu'à la Renaissance, seulement par une dizaine de textes venus d'Espagne par les Arabes qui avaient traduits des manuscrits grecs et coptes et inventés quelques uns. C'est seulement à la Renaissance, grâce à la traduction et à la diffusion du corpus hermétique, qu'une nouvelle conception de l'alchimie se répand, elle est ternaire, elle atteindra son apogée avec la doctrine de Paracelse qui enthousiasmera les Frères de la Rosée croissante, ou cuite.

Cordialement,

C...a

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Re: V.I.T.R.I.O.L.

Message  pluviose le Ven 18 Sep 2009, 11:05

Bonjour.

Je vous lis tous avec grand intérêt mais l'alchimie me paraît encore bien obscure.

Charly Alverda a écrit :
Voilà la véritable traduction, mais la pierre des Sages est la pierre philosophale, du moins en alchimie R + C.
Pourquoi mentionnez-vous alchimie R + C ? Existe-t-il 2 ou plusieurs sortes d'alchimie ? Interloqué (2)
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Re: V.I.T.R.I.O.L.

Message  Chèvre le Ven 18 Sep 2009, 14:17

? ôserai-je renchérir sur ta question , Pluviôse ?

existe-t-il autant d'alchimies... que d'alchimistes ?
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Re: V.I.T.R.I.O.L.

Message  Charly Alverda le Ven 18 Sep 2009, 23:08

Bonjour
J'ai précisé alchimie R + C (deuxième moitié XVIè siècle), pour signifier que c'est une nouvelle "vision" de l'alchimie qui est TRANSMISE, une alchimie basée sur le ternaire : soufre, sel et mercure, ternaire en relation avec la trinité d'en-haut, alors qu'auparavant l'achimie s'exprimait par la dualité : soufre et mercure, analogue au Yin/yang.

Cordialement,

Charly

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Message  Montaléchel le Sam 19 Sep 2009, 09:08

Bonjour Charly Alverda,

Merci pour cette claire synthèse.

Il est clair que l'introduction d'une conception ternaire de l'Alchimie est un apport manifestement chrétien, même si l'idée d'une divinité trine pourrait remonter à une plus haute antiquité (ex.: Osiris/Isis/Horus).

Pourtant, si le cadre explicatif change, les fondements de la discipline alchimique ne perdurent-ils pas ? Dans une conception binaire, on retrouve face à face les deux polarités typiques du Yin/Yang : haut/bas, chaud/froid, semence/réceptacle, etc. S'il n'y avait pas ces deux polarités dissociées, rien dans l'univers ne serait en mouvement. Aucune vie possible.
Yin-Yang
Tout naît de par l'existence de ces deux pôles : l'électricité entre les bornes + et –, la chute entre le haut et le bas, l'itinéraire entre les points Origine et Destination, l'énergie chère à Carnot entre le chaud et le froid, etc. C'est de la rencontre entre mâle et femelle qu'apparaît l'enfant.

Alors que la conception binaire Yin/Yang met en avant les polarités qui régissent l'univers et ne fait que sous-entendre que tout l'univers manifesté en découle, la conception ternaire expose clairement qu'en plus des deux pôles générateurs existe le produit (concret) de leur rencontre :
Positif <=> Négatif
|
Electricité
Mâle <=> Femelle
|
Enfant
Père <=> Esprit
|
Fils
Osiris <=> Isis
|
Horus
Départ <=> Arrivée
|
Itinéraire
Haut <=> Bas
|
Chute
Air <=> Eau
|
Humidité
Trop <=> Trop peu
|
Adéquat
Mercure <=> Soufre
?
Sel
La conversion du système binaire vers le ternaire est-il aussi simple ?
A priori, on pourrait penser que oui, puisqu'en chimie un sel est toujours la combinaison d'au moins deux corps fondamentaux : Na + Cl -> NaCl.
Mais en Alchimie ?
Le Sel est-il (allégoriquement) le résultat de la rencontre entre le Mercure et le Soufre ?
C'est ce que semble signifier la "voie du cinabre", puisque le cinabre est un sel produit par l'alliance entre mercure et soufre (HgS).

Dans cette conception ternaire (l'Alchimie R+C), où donc se situe le V.I.T.R.IO.L. ?
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Message  Chèvre le Sam 19 Sep 2009, 16:38

oui, où ?
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Message  Charly Alverda le Sam 19 Sep 2009, 20:02

Bonjour


Avec l'apparition de la "philosophie naturelle" et son concept ternaire, les termes : alchimie et spagyrie deviennent interchangeables jusqu'au XVIIIè siècle, d'où la difficulté de bien identifier les propos des auteurs, et de bien choisir ceux-ci ! VITRIOL désigne analogiquement le feu secret, mais il ne peut-être perçu qu'avec les yeux de l'esprit, aussi la formule V.I.T.R.I.O.L (Visite l'intérieur de la Terre et tu trouveras la pierre cachée) est-elle aussi adéquate. Selon Louis Cattiaux " L'esprit droit et simple pénètre facilement jusqu'au centre de la terre où repose l'or vivant." et " La vérité se cache sous le voile des fables et des paraboles, il faut un esprit très droit et très pénétrant pour la découvrir, comme il faut un oeil bien exercé pour reconnaître le diamant sous l'enveloppe qui le protège."

Quant aux relations : soufre, sel et mercure, Jacob Boëhme me paraît le plus clair à ce sujet. Boëhme est apparemment difficile à lire, mais sa lecture force à la méditation et il n'est pas envieux. On lira en complément Le Cosmopolite et Stuart de Chevalier !

« Comprenez bien que, selon l'éternité, cette génération est spirituelle, mais selon le temps, elle est matérielle ; je ne puis dire de Dieu qu'il consiste en ténèbre ou en feu, en air, en eau ou en terre ; mais par son désir, Il s'est conçu par le temps, dans le lieu de ce monde, en une essence à laquelle Il a donné des qualités au moyen du mercure prononçant et au moyen du Verbe prononcé, Il a produit des formes selon les propriétés du désir de la Nature éternelle ou verbe Fiat ».

« Le Verbe prononcé, qualité de la Nature éternelle, est le Soufre, contenant la septuple roue de la génération, qui dans l'esprit concept primitif de la Nature, est une constellation ; elle se divise de soi-même en sept qualités, puis en quatre éléments. »

« Cette constellation est un chaos, corps primitif spirituel où tout est caché. La roue septuple est le premier agencement du chaos, son corps, son entendement ; ce corps également spirituel manifeste le premier. Le troisième corps est élémentaire, visible, perceptible et il contient les deux autres. »

« Le premier corps est le Verbe prononcé du concept éternel ; il possède son langage qui est la roue mercurienne des sept formes, dans le Soufre ; il profère les quatre éléments. »

« Toute vie venant du Verbe prononcé consiste en Sel, Soufre et Mercure où se trouvent les sept propriétés de la vie de ce monde, le triple esprit précité. Le Soufre c'est la mère de toute spiritualité et de toute corporéité, le Mercure en tient la direction et le Sel en est la maison que le Mercure construit dans le Soufre » (Jacob Boehme, De la signature des Choses, Chapitre XIII).

Cordialement,

C...a

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Message  Nelly Foulcat le Lun 24 Jan 2011, 15:53

Fulcanelli, à la fin de son ouvrage "Les Demeures Philosophales", nous décrit le Vitriol dans la partie "Le cadran solaire du Palais Holyrood".

En voici sa description :

Nous pouvons donc, raisonnablement, regarder ce cadran solaire comme un monument élevé au Vitriol philosophique, sujet initial et premier être de la pierre philosophale. Or, tous les métaux ne sont que des sels, ce que prouve leur texture et ce que démontre la facilité avec laquelle ils forment des composés cristallisés ; au feu, ces sels se fondent dans leur eau de cristallisation et prennent l’aspect de l’huile ou du mercure. Notre vitriol obéit à la même loi, et, comme il conduit au succès l’artiste assez heureux pour le découvrir et le préparer, il a reçu de nos prédécesseurs le nom d’Huile de victoire. D’autres, considérant sa couleur, et jouant à dessein sur l’assonance, l’ont dénommé Huile de verre (vitri oleum), ce qui marque son aspect vitreux, sa fluidité grasse au feu et sa coloration verte (viridis). C’est cette couleur franche qui lui a permis de donner toutes les épithètes qui dérobent au profane sa véritable nature. On l’a doté, nous dit Arnaud de Villeneuve, du nom des arbres, des feuilles, des herbes, de tout ce qui présente une coloration verte, « afin de tromper les insensés ». Les composés métalliques, donnant des sels verts, ont contribué dans une large mesure à l’extension de cette nomenclature. Davantage, les philosophes, renversant l’ordre, se sont plu à désigner des choses vertes par des qualificatifs hermétiques, pour rappeler sans doute l’importance que prend cette couleur en alchimie. Le mercureau, par exemple, ou petit mercure, qui est devenu notre maquereau, sert encore à déguiser, au premier jour d’avril, la personnalité de l’expéditeur. C’est un poisson mystique, objet de mystifications. Il doit son nom et sa réputation à sa brillante coloration verte, coupée de bandes noires, semblable à celle du mercure des sages
.
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Re: V.I.T.R.I.O.L.

Message  Laposse le Lun 24 Jan 2011, 18:20

Il est amusant de souligner ces quelques mots de Fulcanelli (merci Nelly) :

. .

C’est cette couleur franche qui lui a permis de donner toutes les épithètes qui dérobent au profane sa véritable nature. On l’a doté, nous dit Arnaud de Villeneuve, du nom des arbres, des feuilles, des herbes, de tout ce qui présente une coloration verte, "afin de tromper les insensés". Les composés métalliques, donnant des sels verts, ont contribué dans une large mesure à l’extension de cette nomenclature.
. .
Ainsi donc, le vitriol, étant vert, est désigné par toutes sortes de noms évoquant cette couleur.

Or, les composés métalliques, donnant des sels verts, cette dénomination a aussi été utilisée par analogie, "afin de tromper les insensés".

Donc, Fulcanelli lui-même nous écrit là, noir sur blanc, que l'usage de sels métalliques est un leurre, une analogie...
Intéressant, non ?
Certains "pratiquants" vont en devenir... verts ! ! Malade
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Message  Ludivine le Ven 03 Fév 2012, 15:38

Bonjour à tous !

Eugène Canseliet nous entretient également de ce fameux vocable VITRIOL ou VITRIOLVM dans son introduction à l'ouvrage "Les douze clefs de la philosophie de Frère Basile Valentin de l'ordre de saint Benoit"

VITRIOLVM, nous dit-il, représente chaque première lettre de la maxime suivante en langue latine :

Visitetis Interiora Terrae Rectificando Invenietis Occultum Lapidem Veram Medicinam
qu'il traduit par : Visitez les entrailles de la terre, en rectifiant, vous trouverez la pierre cachée, véritable médecine.

Dans l'ouvrage cité ci-dessus, nous retrouvons l'épigramme de Michel Maïer sur la pratique de Basile avec l'inscription en dessous : Paradigme du Grand Œuvre. Nous trouvons également cette illustration dans l'ouvrage de Basile Valentin "Azoth ou le moyen de faire l'or caché des philosophes".


Ce vitriol est considéré comme une clef majeure pour la réalisation du Grand Œuvre. Eugène Canseliet nous le décrit longuement en reprenant la figure n° 18 du Splendor Solis de Salomon Trismosin :

...Salomon Trismosin nous présente, élevé sur le ménisque lunaire, ce Roi richement couronné et revêtu de son manteau de pourpre, tenant CheminCroisé le globe crucifère et le sceptre, à l'intérieur d'un récipient de verre en forme de poire, que ferme le lut de sapience, étiré en spire et ceint de la même couronne royale. Au frontispice de cet ouvrage, l'auteur, singulièrement désigné comme le précepteur de Paracelse, a séparé le Roi de son enveloppe de verre, les plaçant, celle-ci, dans la main du vieillard, celui-là, auprès de sa Reine, de chaque côté du résumé hiéroglyphique du Grand Œuvre, que reprit Pierre Moët, en gravure sur bois, pour son édition des Douze Clefs de Philosophie, à la fin du petit traité liminaire, par lui, montré comme avant-propos. Nous l'avons conservé, on le sait, ainsi qu'il convenait, pour la meilleure intelligence du texte et afin de préciser la clef majeure, parmi celles qui "soient jugées dignes de la récompense de l'artiste privé de pain"… Le précepte familier aux chercheurs, entourant la composition, rappelle effectivement, en langage acroamatique, le VITRIOL, que les alchimistes, dans leur notation graphique, figuraient par le schéma d'une clef.

A ce propos, n'est-il pas remarquable que Du Cange signale, au pluriel, le vocable Vitrioli, avec la signification ampullae vitrae, ampoules de verre, quand nous venons de le voir, Salomon Trismosin donne cette forme à l'habitat vitreux du Grand Monarque hermétique.

S'il apparaît bien que vitriolum (vitriol) est la contraction de vitri oleum, huile de verre, expression utilisée par Pantheus, et, pour lui, synonyme de vitrum Pharaonis, verre du Pharaon, il n'est pas impie, au contraire, de rapprocher, en ce lieu, du vase philosophal, la Sainte Ampoule, dans laquelle était conservée, à la cathédrale de Reims, l'huile intarissable destinée à l'onction des rois de France, pendant la cérémonie du sacre.

Au demeurant, combien se montre troublante la similitude qui se fait jour entre la Mission du roi et l'Art de l'alchimiste, également surnaturels pour une très grande part, quant à la source divine du pouvoir et de l'inspiration !

Le vitriol des philosophes, qu'on le sache bien, ne saurait désigner le sulfate de fer, la couperose verte du commerce, avec laquelle il ne présente rien de commun, sinon, extérieurement, la couleur et l'apparence saline. C'est ce que nous précise Le Breton, dans son petit manuel, après avoir souligné, de manière succincte, les qualités thérapeutiques de ce principe troisième et capital :
Les vertus du vitriol pur sont merveilleuses ; son esprit rend le mercure vulgaire une espèce de panacée, et on en peut faire par son moïen une vraie médecine contre toute maladie, si l'on sçait de quel vitriol j'entends parler, et de quel mercure.
Le vitriol, en particulier, constitue le vaisseau de nature, l'œuf philosophal, au sein duquel le remora ou, plus clairement, le petit dauphin, au cours d'une coction extrêmement délicate, deviendra le Roi tout-puissant évoqué par les vignettes "en chromo" de Salomon Trismosin et par le nom hybride de l'Adepte allemand qui nous occupe. Celui-ci précise dans sa deuxième clef :
Quand donc le palais du Roi aura disposé et orné par ce moyen et différents travaux manuels, que la mer de verre aura achevé son cours et comblé le palais de richesses, alors le Roi y entrera avec sûreté et pourra installer son trône.
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Message  Garfield le Dim 30 Déc 2012, 15:41

"Visite l'intérieur de la terre et, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée…"

Sur base de cette traduction du sigle V.I.T.R.I.O.L., bien des chercheurs se sont dit qu'il fallait concrètement visiter l'intérieur de la terre. Et de se lancer dans la spéléologie ou l'exploration minière !
.
Voir clair
.
Sans nier que faire évoluer un matériau vers son stade transcendant doive nécessiter, à la base, un minerai extrait de la terre, je vous propose une autre interprétation. Car nous disposons d'un puissant outil d'exploration : notre esprit. On sait que par la logique et les mathématiques, notre espèce a pu se forger un modèle explicatif de l'univers et les lois physiques qui le régissent ; il en a découlé plein d'applications pratiques dont notre société bénéficie aujourd'hui. Par ailleurs, depuis des siècles, les chamanes certifient qu'ils peuvent, en esprit, contacter d'autres esprits pour leur demander assistance, protection ou guérison : esprits de l'air, de l'eau, des aigles, des loups, des bisons, du feu, de la terre…

Notre esprit nous permet de voyager en pensée, soit en rêvassant, soit en rêve (durant le sommeil), soit en nous souvenant, soit en planifiant un voyage en nous projetant dans des avenirs possibles. Cette capacité que nous avons tous est puissante, surtout si nous prenons la peine de discipliner nos pensées au lieu de les laisser errer. Des exercices de concentration, ou au contraire, des exercices de méditation, finissent, grâce au labeur, à nous procurer une capacité à projeter notre "esprit" (pour dire les choses simplement sans entrer dans les subtilités de la psychologie, de la philosophie ou de la métaphysique). Et, précisément, de le projeter où ? Eh bien dans une visite de la terre, pardi !

Par notre capacité à focaliser notre esprit, il est parfaitement possible de "visiter l'intérieur de la terre", depuis la surface jusqu'en son sein le plus profond, depuis la surface d'un matériau jusqu'en ses plus infimes molécules, et même bien au-delà, jusqu'à retrouver l'essence primordiale qui la sous-tend, et entrer en contact avec elle. Et là, à ce stade, il est possible d'agir de concert avec celle-ci, de la "rectifier" comme nous-mêmes sommes chacun potentiellement capables de rectifier notre propre esprit…
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