The Fountain

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The Fountain

Message  Aube-Aurore le Sam 22 Sep 2012, 10:28


. . .C’est l’histoire de Tommy, jeune et dynamique responsable d’un laboratoire de biologie menant des expériences sur des singes dans l’espoir de découvrir un remède contre le cancer. Alors que tout espoir semble perdu pour le macaque Donovan, suite à une intuition subite, Tommy se souvient que le labo dispose d’un échantillon d’écorce d’un arbre rare d’Amérique centrale auquel la légende accorde des vertus régénératrices. Dissoute en urgence, la substance extraite de l’arbre est injectée à Donovan. Quasi miraculeusement, le singe cicatrise en quelques heures. L’équipe est enthousiaste, car tout laisse penser que le labo vient de découvrir une sorte de panacée universelle.

. . .Sauf Tommy, qui reste très insatisfait, car la tumeur, elle, ne régresse pas. Or, la motivation de sa recherche acharnée est précisément l’espoir d’un remède susceptible de sauver sa compagne Isabelle (Izzy), en phase terminale. Et pendant qu’il se démène au labo, il renonce à passer du temps – le peu qu’il reste, sauf miracle – avec Izzy.

. . .C’est l’histoire d’Isabelle (Izzy), jeune auteur qui se bat contre un cancer incurable. Peu à peu, elle apprend à apprivoiser la mort qui approche inéluctablement. Par l’écriture d’un roman, elle effectue un véritable cheminement initiatique qui la débarrasse de toute peur et lui fait percevoir que, finalement, la mort, ce n’est pas si grave. Surtout si on envisage une survie post mortem, voire même une forme de réincarnation.

. . .Son roman, « The Fountain », évoque la quête d’un mythique Arbre de Vie par Tomas, un conquistador envoyé en Nouvelle-Espagne par la reine d’Espagne elle-même. Mais alors qu’Izzy est hospitalisée suite à un malaise révélateur de la progression de la maladie, le dernier chapitre reste à écrire. Elle offre alors à son compagnon, Tommy, un étrange cadeau : une plume de luxe et un encrier, afin que lui-même puisse achever l’ouvrage après son décès. Tommy, obsédé par ses recherches, ne se sent pas de taille à terminer l’œuvre, ni n’admet qu’Izzy ne puisse survivre pour l’achever elle-même.


. . .C’est l’histoire d’une bulle de conscience, à la fois vaisseau et micro monde, en route vers la nébuleuse Xibalpa qui, raconte-t-on dans cette histoire, représenterait l'Au-delà dans la philosophie des Mayas. Cette bulle contient un lopin de terre planté d'un arbre multi millénaire, l'Arbre de Vie, axe du monde, qui, selon la légende, aurait puisé sa force du corps du Père fondateur qui se serait sacrifié pour lui donner naissance. Cet arbre dont les racines plongent dans la terre et la ramure dans le ciel, est pont entre cette vie et l'Au-delà, entre la Terre et Xibalpa, et sa sève est Vie. Dans ce vaisseau-bulle voyage la conscience désincarnée de Tom, être intemporel, être fondamental, essence à la fois de Tomas qui mène sa quête en Nouvelle Espagne et de Tommy qui mène la sienne dans un labo d'oncologie de pointe.

. . .Par essais et erreurs, par la même scène chaque fois enrichie d'une variante, on voit l'âme de Tom évoluer vers plus de conscience, plus d'acceptation, plus de lâcher-prise, jusqu'à la scène finale qui le voit devenir lui-même source de vie, à l'origine d'un nouveau cycle.

. . .C’est l’histoire de Tomas, un conquistador envoyé en mission aux Amériques pour en ramener la sève d'un arbre sacré considéré par les populations locales comme un pont vers le Ciel. L'Espagne est en grand péril, car le puissant inquisiteur Silecio, par intrigues, s'empare de plus en plus de terres appartenant à la Couronne. La reine Isabelle convoque Tomas pour lui faire rencontrer le prêtre qui a ramené de Nouvelle-Espagne une dague dont la forme étrange permet de découvrir le lieu où se cache le temple protégeant l'Arbre. Elle lui confie alors la mission de ramener la sève de cet arbre dont les vertus vivifiantes régénèreront les cœurs, les corps, et la Couronne. Isabelle lui offre alors un anneau royal personnel, et lui promet d'être sienne à son retour victorieux.

. .Mais la jungle est pleine de périls. Les hommes du conquistador se retrouvent décimés, veulent abandonner, se disputent entre eux, tuent le prêtre qui les guide. Tomas se retrouve seul face au gardien de l'arbre sacré et se voit contraint de l'affronter. L'issue du combat dépendra de son évolution spirituelle personnelle.

D'un abord difficile à première vue, ce film est pourtant extrêmement cohérent, à condition de l'envisager rétrospectivement, après en avoir vu la fin. Car ce n'est qu'en en ayant une vue d'ensemble que chaque pièce du puzzle trouve naturellement sa place dans cette fresque. Un peu comme dans la vraie vie, où les incidents apparemment disparates sont d'ordinaire perçus isolément et non dans une trame globale. C'est ce manque de mise en perspective qui, souvent, fait croire en l'existence du hasard.

L'histoire qui nous est racontée par ce film est celle d'une quête… involontaire ! Du moins du point de vue de Tommy, le biologiste, qui a une approche très matérielle de la vie. Combatif et travailleur, il s'évertue à temps plein à trouver un remède pour sauver la vie de celle qu'il aime, alors que cette-dernière a franchi le seuil de l'acceptation de sa fin prochaine et tente de lui faire comprendre son point de vue. Mais les mots échouent à transmettre un message qui ne sera compris que par l'expérience.

Par contre, Tomas, le conquistador, mène une quête classsique, où l'on retrouve les ingredients traditionnels : l'anneau, la mission, les dangers mortels, la traversée de contrées sans visibilité, la recherche de la substance qui promet la vie éternelle. Mais c'est, là aussi, une métaphore matérialiste d'une quête bien plus spirituelle, laquelle ne sera perçue comme telle qu'à la fin du film, lors du combat avec le grand prêtre du temple maya, gardien du seuil.

Isabelle, Izzy, Isabelle d'Espagne, c'est la reine, l'initiatrice, celle qui incite à se lancer dans la quête : elle inspire Tommy, envoie Tomas, mais à travers ces êtres incarnés, c'est Tom, l'âme, l'essence, qui est sollicitée, cette entité immatérielle indestructible qui est notre racine à chacun d'entre nous. C'est à ce niveau que se situe le veritable enjeu initiatique, et non au niveau des épiphénomènes provisoires et illusoires que sont nos incarnations passagères.
. . .
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Re: The Fountain

Message  Henri Schersch le Dim 11 Nov 2012, 09:41

Bonjour Aube-Aurore, et merci pour ce commentaire et l'avertissement préalable, car ce film a tout récemment été diffusé sur une chaîne télévisée (Plug RTL, dimanche 23 septembre 2012, 20h25). C'est effectivement un film difficile. Sans ton résumé ci-dessus, j'aurais vraisemblablement décroché. Pendant la première heure, on ne voit vraiment pas où il mène. Je suppose que beaucoup de téléspectateurs ont dû zapper vers ailleurs en cours de route. Car ce n'est que vers la fin que toutes les pièces du puzzle prennent leur place. Comme quoi on ne peut juger de la valeur d'une œuvre cinématographique avant d'en avoir vu la fin !

Voici ce qu'imprimait la presse spécialisée pour annoncer ce film :
Plug RTL a écrit:
Espagne, XVIe siècle. Le conquistador Tomas part en quête de la légendaire Fontaine de jouvence, censée offrir l'immortalité. Aujourd'hui. Un scientifique nommé Tommy Creo cherche désespérément le traitement capable de guérir le cancer qui ronge son épouse, Izzi. Au XXVIe siècle, Tom, un astronaute, voyage à travers l'espace et prend peu à peu conscience des mystères qui le hantent depuis un millénaire. Les trois histoires convergent vers une seule et même vérité, quand les Thomas des trois époques – le guerrier, le scientifique et l'explorateur – parviennent enfin à trouver la paix face à la vie, l'amour, la mort et la renaissance.

Le Vif – L'Express a écrit:
A sa sortie en 2006, la critique fut féroce avec The Fountain. Et le public le bouda. Pourtant, si ratage il y a, c'est d'un très intéressant ratage que s'est rendu "coupable" le fort talentueux et très original réalisateur américain Darren Aronofsky. Auteur du très culte Pi et du bouleversant Requiem for a Dream (son chef-d'œuvre), le surdoué natif de Brooklyn connut avec lui son premier et unique échec, ses deux films suivants, The Wrestler avec Mickey Rourke et Black Swan avec Natalie Portman se révélant des succès populaires tout en suscitant de nombreux éloges (et un Oscar pour Portman). Pourtant, The Fountain était le projet chéri du cinéaste, un film d'amour fou dédié à celle qui partageait alors sa vie, l'actrice Rachel Weisz. C'est l'histoire complexe d'un homme cherchant à sauver la femme qu'il adore par-delà le temps et l'espace. L'action se déroule tout à la fois de nos jours, où un scientifique s'acharne à trouver le traitement qui sauvera son épouse du cancer qui la ronge, au XVIe siècle où un conquistador se lance à la recherche de la source d'éternelle jouvence, et dans un futur lointain où un astronaute approche les mystères de l'univers. Les trois actions se croisent et se répondent thématiquement, les mêmes comédiens (Hugh Jackman et Rachel Weisz) tenant différents rôles selon les époques. Cela ne va pas sans une certaine confusion, et la folle ambition d'Aronofsky engendre par endroits des élans de grandiloquence. Mais le film est riche de nombreuses images fortes, et l'émotion qui circule est parfois très communicative. L'ensemble faisant un grand spectacle "malade", bancal et passionnant à la fois. Un des projets les plus étranges, intimes et démesurés du cinéma des 20 dernières années, The Fountain devrait intéresser les curieux d'authentique étrangeté.
Louis Danvers
Métro a écrit:
Scientifique spécialisé sur le vieillissement, Tommy (Hugh Jackman) cherche désespérément un remède pour guérir sa femme Izzy (Rachel Weisz), atteinte d'un cancer au cerveau. La jeune femme a par ailleurs commencé un roman décrivant les aventures du conquistador Tomas mandaté par la reine Isabelle pour trouver l'Arbre de Vie qui assurerait la jeunesse éternelle. Au 26ème siècle, ayant réussi à mettre la main sur cette fontaine de jouvence, Tommy, devenu Tom Creo, vit dans son véhicule spatial, tout en se remémorant sa vie avec sa chère Izzy, cinq siècles plus tôt. Quand le réalisateur Darren Aronofsky évoque l'amour éternel.
Scratch Heureusement que la presse spécialisée est là pour nous expliquer le film, car sinon je n'aurais pas compris que dans le vaisseau bulle vivait Tom Creo (j'ai dû rater le moment où on disait son nom ?) ni que ce vaisseau voyageait au 26ème siècle. Et, à lire les différents résumés publiés dans la presse, je constate que chaque chroniqueur a une vision différente de ce film !

De notre point de vue, il était bien sûr quasi obligatoire que cette œuvre qui évoque la quête de la vie éternelle, de la fontaine de jouvence et des réincarnations trouve sa place sur notre BlogForum consacré à l'Alchimie ! Chimie02 . . .Très heureux
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Henri Schersch

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