Le Mercure

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le Mercure

Message  Myriam le Ven 17 Oct 2008, 15:17

Bonjour à tous,

Savoir de quel mercure parlent les philosophes n’est pas chose facile. Les alchimistes l’ont appelé de différentes manières et l’ont parfois même voilé sous des allégories très diverses afin d’égarer ceux qui cherchaient uniquement à faire de l’or.

La plupart des alchimistes disent que le Mercure suffit à lui seul pour faire tout le magistère. C’est en lui et par lui que les éléments s’assemblent en proportions convenables et c’est de lui que tout provient. En effet, il a le pouvoir de dissoudre, dissocier, mortifier et détruire les corps et d’en séparer les portions pures.

Dans la Table d’Emeraude, il est dit : " En lui repose la toute puissance et par lui sont faits les miracles d’une seule chose. "
Fulcanelli dit : " Les alchimistes ont donc raison d’affirmer que tout ce que cherchent les Sages peut se trouver dans le seul Mercure et c’est ce qui doit porter l’alchimiste à diriger ses efforts vers l’acquisition de ce corps indispensable. "
Basile Valentin nous dit : " L’esprit de mercure est l’origine de tous les métaux ; cet esprit n’est rien autre qu’un air volant ça et là sans ailes; c’est un vent mouvant, lequel, après que Vulcain (le feu) l’a chassé de son domicile, rentre dans le chaos ; puis il se dilate et se mêle à la région de l’air, d’où il était sorti."

Mais attention, il faut bien distinguer ce qu’est le mercure vulgaire totalement impropre à l’Oeuvre, et le Mercure ou argent-vif utilisé par les Alchimistes.

Dom Pernety nous dit : " ... il y a trois sortes de mercure dans le sens où l’entendent les Alchimistes : le mercure dissolvant simple ; le mercure dissolvant composé, qui est proprement leur vrai mercure, et le mercure commun, ou celui qui se tire des métaux. Le mercure simple est une eau extraite selon les principes de leur Art, d’une matière dont ils ont grand soin de taire le vrai nom et à laquelle ils en ont donné une infinité.
Ils l'appellent plus communément magnésie, plomb, chaos. C'est une matière minérale. Le Philalèthe définit ce mercure une eau ou vapeur sèche, visqueuse, remplis d'acidités, très subtile, se dissipant aisément au feu, qui dissout les métaux par une dissolution naturelle et qui réduit leur esprit de puissance en acte. Le mercure composé est celui dont nous venons de parler, auquel on a ajouté une seconde matière, et qu'en conséquence ils appellent rebis, laton, airain des Philosophes, etc. Presque tous les Philosophes ne parlent que de celui-ci dans leurs ouvrages... "

Bien amicalement.

Myriam

Nombre de messages : 79
Date d'inscription : 04/04/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mercure

Message  Aube-Aurore le Ven 24 Oct 2008, 18:21

Ensoleillé Bonjour chers amis.

Certains alchimistes appellent le mercure un sel ce qui est bizarre puisqu'on dit souvent que le mercure le soufre et le sel sont trois choses différentes, et d'autres disent que le sel est le feu secret qui anime toute l'oeuvre.
Comment savoir si l'alchimiste parle du mercure ou du feu secret Scratch ?
Nous devons tous travailler notre feu secret qui est l'Amour Aimer qui anime tout l'Univers.
Certains n'hésitent pas à dire que l'alchimie est facile à comprendre, qu'il suffit d'observer la Nature Libellule .
J'essaie autant que possible d'observer les animaux Colibri , ressentir les arbres et les fleurs Fleur qui m'entourent dans les jardins les parcs et les forêts mais j'avoue avoir des difficultés à comprendre les termes employés par les alchimistes anciens. Les contemporains aussi, d'ailleurs.

Paix et Amour Fleur

Aube-Aurore

Nombre de messages : 238
Age : 36
Date d'inscription : 15/04/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mercure

Message  Charly Alverda le Sam 25 Oct 2008, 00:02

Bonsoir

Les alchimistes (prendre de préférence les anciens) se sont exprimés de telle façon qu'aucune démarche intellectuelle linéaire ne puisse les rendre compréhensibles. Le seul chemin d'investigation praticable est celui de l'analogie synthétique, car leur savoir essentiellement dynamique est toujours énoncé dans un champ de forces issues de la tension entre deux pôles. Cette loi de la polarité est fondamentale ( jour-nuit, mâle-femelle, jeunesse-vieillesse, etc) si nous l'ignorons nous tentons de fixer une pensée qui par nature est éminemment, fluidique... mercurielle.

Pour les correspondances entre la trinité d'en-haut (la conscience) et le ternaire d'en-bas (la nature naturée) sel-soufre-mercure, je choisis la parole de Jacob Boehme, en gardant présent à l'esprit que "Tout est esprit, Tout est matière, selon que l'Unique se dilate ou se condense." (Le Message Retrouvé)

« Comprenez bien que, selon l'éternité, cette génération est spirituelle, mais selon le temps, elle est matérielle ; je ne puis dire de Dieu qu'il consiste en ténèbre ou en feu, en air, en eau ou en terre ; mais par son désir, Il s'est conçu par le temps, dans le lieu de ce monde, en une essence à laquelle Il a donné des qualités au moyen du mercure prononçant et au moyen du Verbe prononcé, Il a produit des formes selon les propriétés du désir de la Nature éternelle ou verbe Fiat ».

« Le Verbe prononcé, qualité de la Nature éternelle, est le Soufre, contenant la septuple roue de la génération, qui dans l'esprit concept primitif de la Nature, est une constellation ; elle se divise de soi-même en sept qualités, puis en quatre éléments. »

« Cette constellation est un chaos, corps primitif spirituel où tout est caché. La roue septuple est le premier agencement du chaos, son corps, son entendement ; ce corps également spirituel manifeste le premier. Le troisième corps est élémentaire, visible, perceptible et il contient les deux autres. »

« Le premier corps est le Verbe prononcé du concept éternel ; il possède son langage qui est la roue mercurienne des sept formes, dans le Soufre ; il profère les quatre éléments. »

« Toute vie venant du Verbe prononcé consiste en Sel, Soufre et Mercure où se trouvent les sept propriétés de la vie de ce monde, le triple esprit précité. Le Soufre c'est la mère de toute spiritualité et de toute corporéité, le Mercure en tient la direction et le Sel en est la maison que le Mercure construit dans le Soufre » (Jacob Boehme, De la signature des Choses, Chapitre XIII).

Amicalement,

C...a

Charly Alverda

Nombre de messages : 534
Date d'inscription : 02/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mercure

Message  Joker de Carreau le Ven 14 Nov 2008, 18:23

Le mercure est un corps apprécié des chimistes
Car il reste liquide bien qu’étant un métal,
Et indique aux savants météorologistes
Si la chaleur augmente ou si le temps va mal.

On dit qu’il est le cœur du corpus alchimique
Vu qu’il se mue en or si on le traite bien.
On sait qu’avec le soufre, le sel, et la pratique,
Il produit quintessence par l’esprit vulcanien.

Mais c’est aussi un dieu adoré des romains
Qui succède à l’Hermès des adorateurs grecs,
Ce messager des dieux qui offrit aux humains
L’hermétique secret qu’on dit humide ou sec.

Mercure est un poison, mais aussi guérisseur,
Car par jeu de cabale, c’est aussi la mère cure,
Celle qui soigne l’âme et libère des peurs,
Et rend donc la santé aux malades qu’elle épure.

Non pas qu’il faille boire ce corps très dangereux
Dont les vapeurs toxiques attaquent les vaisseaux !
Mais, par analogie, il sert d’indice sérieux
Pour ceux et celles qui souffrent en peinant au fourneau.

Puissent les laborants poussés par Dieu vers l’Art
Comprendre le concept caché dedans ce mot,
Virer ce vitriol, et trouver tôt ou tard
La pierre et l’élixir qu’envient en vain les sots.

Joker de Carreau

Nombre de messages : 23
Date d'inscription : 25/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mercure

Message  Garfield le Mer 11 Avr 2012, 15:03

Les alchimistes lorsqu'ils parlent de leur eau pour effectuer leur Magistère, ne parlent bien sûr pas de CheminCroisé l'eau des fleuves et rivières ou de l'eau du robinet, mais de l'eau vive ou Mercure.

Je vous livre comme exemple un extrait de "La parole délaissée" (Verbum dimissum) par Bernard Le Trévisan :
Au sujet de cette Eau très secrète, il est dit dans la Tourbe : l'Eau, par elle seule fait tout, car elle dissout tout ; elle congèle tout ce qui est congelable, elle dépèce et dérompt tout sans aide d'autrui ; en elle est la chose qui teint et qui est teinte. Bref, notre Oeuvre n'est autre chose que vapeur et eau, qui est dite mondifiante, ou nettoyante, blanchissante, rubifiante et déjetant la noirceur des Corps, et les Philosophes l'ont nommée Eau permanente, Huile fixe et incombustible, ou qui ne peut être brûlée. C'est l'Eau que les Philosophes ont divisée en deux parties, l'une desquelles dissout le Corps en le calcinant, c'est-à-dire en le réduisant en Chaux et en le congelant ; et l'autre partie nettoie le Corps de toute noirceur, le blanchit et rougit, et le fait fluer ou courir en multipliant ses parties. Cette Eau dans la Tourbe est appelée le Vinaigre très aigre et très aigu, car c'est une Humidité chaude en elle-même, d'une chaleur vivifiante, contenant en soi une Teinture invariable, qui ne peut être altérée.

…Bref, cette Eau qui triomphe de tout, est nommée céleste, glorieuse, dernier et final Secret, pour nourrir notre honorable Pierre, sans laquelle Eau n'est jamais amendée, nourrie, accrue, ni multipliée ; et pour cela les Philosophes ont celé la manière de faire cette Eau comme la Clef de leur Magistère.
Pour les kabbalistes, le Mercure est la base et le fondement de l'Alchimie :
Dans la Kabbale, ce livre sacré censé renfermer tous les mystères de la Nature et les secrets emportés d'Egypte par Moïse, le Mercure (des philosophes) est désigné par plusieurs termes différents tels que eau de rassemblement, eau d'immersion ou de purification (de baptême), eau d'or.

D'ailleurs, en hébreu le mot "iésod" signifie à la fois fondement et Mercure, parce que le Mercure est la base et le fondement de l'art alchimique. La nature du Mercure est indiquée par les mots Dieu vivant, argent vivant ou vif.

La kabbale précise que le caractère véritable du Mercure est reconnaissable, à sa naissance, par l'étoile (en hébreu : cocaf) qui se forme à sa surface.

L'Asch Mézareph du Juif Abraham, renfermant l'analyse des sept chapitres kabbalistiques d'Hermès, est entièrement consacré à l'Alchimie et l'œuvre entier y est révélé sous la forme chiffrée traditionnelle.(Extrait tirés de l'ouvrage "Les clefs secrètes de la chimie des Anciens" par Fabrice Bardeau (Robert Laffont – les énigmes de l'univers - 1975)

Garfield

Nombre de messages : 176
Age : 35
Date d'inscription : 20/07/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mercure

Message  Henri Schersch le Jeu 12 Avr 2012, 16:12

Garfield a écrit:Les alchimistes lorsqu'ils parlent de leur eau pour effectuer leur Magistère, ne parlent bien sûr pas de CheminCroisé l'eau des fleuves et rivières ou de l'eau du robinet, mais de l'eau vive ou Mercure.
En effet, Garfield ! J.Ph Rhumelius dans son ouvage intitulé " Medicina Spagyrica "(Médecine spagyrique -1648) ne dit pas autre chose :
« Sache, ô mon fils ! Que le mercure est le premier être de toute chose ; car, avant qu'il y eût le temps, il y avait l'eau ; mais c'était une eau sèche et pulvérulente ; cependant spirituelle et volatile ; et, qui ne connaît pas ce sel, n'obtiendra jamais rien dans l'Art. » Et c'est là notre soufre volatil.

En tout premier lieu, la Souveraine Majesté a créé les quatre Eléments auxquels la nature entière est soumise; et ces éléments sont ordonnés de telle sorte qu'ils agissent les uns sur les autres : le Feu, le premier et le plus noble, agit sur l'Air et produit le Soufre; l'Air opère dans l'Eau et produit le Sel : l'Eau alors agit dans la Terre et génère le Mercure. Voilà donc les trois Principes nés des quatre Eléments ; ils demeurent alors dans la Terre, s'y conservent et s'y nourrissent; et c'est pourquoi Hermès affirme, dans la Table d'Emeraude : La terre est sa nourrice...

Après que les Quatre Eléments, de par la Loi de la Nature, ont jeté leur force et puissance au centre de la Terre, la chaleur qui y est enfermée les sublime et, les remontant en vapeur, à la surface, les résout en eau, laquelle eau vaporeuse est nommée Mercure. C'est de ce Mercure que sont nées toutes les choses du monde entier. Et c'est pourquoi le Mercure des Philosophes n'est pas le mercure vulgaire, ni un corps quelconque extrait des métaux imparfaits, mais il en est le principe et la racine. Et les Philosophes n'avaient pas tort en disant : ce que les sages cherchent est dans le Mercure. On peut, en vérité, lui donner tous les noms ; puisque c'est de lui que toutes les choses sont nées; mais son véritable nom est : AER. Croyez-moi quand je vous dis que, si je n'avais vu de mes yeux et touché de mes mains cet air coagulé, couleur de neige, Il m'eût été impossible de croire qu'une eau sèche se trouvait dans notre mer. Quand je l'eus saisie, je fus bien étonné de voir qu'une chose de si peu de valeur pût être Tout en tout. Doutant encore de ma découverte, je voulus savoir si c'était véritablement de l'air ; je le mis dans un vase à découvert, et voici qu'il disparut tout soudainement et redevint air en peu de temps ; il avait rejoint son chaos, attiré à lui magnétiquement, parce que, auparavant, il avait été air lui-même. Ce dont je me réjouis grandement !

C'est pourquoi je supplie tous ceux qui ont appris à connaître cet AER par son nom et ses vertus, de se tenir toujours en présence du Seigneur Dieu Tout-Puissant et de cacher sévèrement ce secret aux indignes, afin de ne pas encourir la malédiction de tous les Philosophes et la damnation éternelle.

Le Mercure des Philosophes n'est donc point autre chose qu'un air coagulé et une eau sèche cachée dans notre Mer. Et ainsi parle Hermès : Le vent l'a porté dans son ventre...

Henri Schersch

Nombre de messages : 329
Age : 46
Date d'inscription : 21/07/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mercure

Message  Nelly Foulcat le Mar 17 Avr 2012, 15:23

Nous retrouvons le Mercure des Philosophes décrit de manière allégorique dans l'apocalypse de saint Jean nous dit Fulcanelli dans son ouvrage "Les Demeures Philosophales" – chapitre II – "La Salamandre de Lisieux" :
"...Et cette voix que j’avais entendue dans le ciel s’adressa encore à moi et me dit : Allez prendre le petit livre ouvert qui est dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. J’allai donc trouver l’ange et je lui dis : Donnez-moi le petit livre. Et il me dit : Prenez-le et le dévorez ; il vous causera de l’amertume dans le ventre, mais dans votre bouche il sera doux comme du miel. » (Apocalypse 10, 8 -9)

Ce produit, allégoriquement exprimé par l’ange ou l’homme, — attribut de l’évangéliste saint Matthieu, — n’est autre que le mercure des philosophes, de nature et de qualité double, en partie fixe et matériel, en partie volatil et spirituel, lequel suffit pour commencer, achever et multiplier l’ouvrage. C’est là l’unique et seule matière dont nous avons besoin, sans nous soucier d’en quérir d’autre ; mais il est nécessaire de savoir, afin de ne point errer, que c’est à partir de ce mercure et de son acquisition que les auteurs commencent généralement leurs traités. C’est lui qui est la minière et la racine de l’or, et non le métal précieux, absolument inutile et sans emploi dans la voie que nous étudions. Eyrenée Philalèthe dit, avec beaucoup de vérité, que notre mercure, à peine minéral, est moins encore métallique, parce qu’il ne renferme que l’esprit ou la semence métallique, tandis que le corps tend à s’éloigner de la qualité minérale.

Nelly Foulcat

Nombre de messages : 108
Date d'inscription : 03/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le Mercure

Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 00:08


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum