Alchimie, archimie, archéochimie, préchimie, protochimie...

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Alchimie, archimie, archéochimie, préchimie, protochimie...

Message  Montaléchel le Mar 25 Nov 2008, 20:13

Alchimie et chimie ancienne sont deux choses différentes, même si les livres d’histoire relatent – à juste titre – que chimistes modernes sont partiellement les héritiers des travaux des alchimistes des siècles antérieurs au XVIIème.

Tous les aspects de l’alchimie ne se retrouvent pas dans la chimie actuelle. C’est surtout vrai en ce qui concerne l’essentielle démarche religieuse que la science positiviste a abandonnée. La façon d’envisager l’énergie est également différente. Les alchimistes d’antan concevaient la chaleur en tant que fluide, et non en tant que mesure de l’agitation moléculaire, comme c’est aujourd’hui le cas en physique et chimie.

C’est vers 1600 avec la figure historique de Jean-Baptiste Van Helmont (1577-1647), puis Robert Boyle (1627-1691), Glauber (1604-1668), Kunckel (1630-1703), Brandt, Mayow, Lémery, Homberg, Becher, etc. qu’alchimie et chimie prendront peu à peu en Occident des voies différentes. Avec Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794), on peut considérer qu’est née la chimie telle que nous la connaissons. Les alchimistes actuels restent certains de pouvoir réaliser le grand-œuvre, mais par des procédés désormais totalement étrangers à la chimie.

Malgré cette filiation historique, ce serait une erreur de ne considérer l’Alchimie d’antan que comme une sorte de protochimie balbutiante, une préchimie, dont la chimie moderne serait l’apothéose. D’ailleurs, pour bien distinguer ces travaux savants axés sur la transformation des matières par rapport à la véritable Alchimie, certains auteurs n’hésitent pas à parler d’archéochimie, ou d’archimie (du grec άρχαϊος = ancien).

Montaléchel

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Re: Alchimie, archimie, archéochimie, préchimie, protochimie...

Message  Garfield le Mar 02 Déc 2008, 12:32

En complément, j’ajoute la définition écrite dans le dictionnaire Larousse du mot alchimie : (origine: latin médiéval alchimia, de l'arabe al-kīmiyā', du grec khumeia, mixtion)
Art de purifier l'impur en imitant et en accélérant les opérations de la nature afin de parfaire la matière.

Pour les praticiens du Moyen Âge, l'alchimie était la Science par excellence, contenant les principes de toutes les autres. Elle se donnait pour objet l'étude de la vie, son but étant la découverte et la fixation d'un ferment mystérieux, grâce auquel la désagrégation des corps, et donc la mort, pourrait être presque indéfiniment retardée. Cet agent devait assurer la progression rapide des êtres vers l'état supérieur. Produit au cours du Grand Œuvre, il pouvait être liquide (élixir de longue vie ou panacée, remède infaillible de toutes les maladies) ou solide (pierre philosophale, qui, introduite dans la masse d'un métal en fusion, assurerait sa transmutation vers l'état désiré, or ou argent). L'ensemble des lois et principes alchimiques était consigné dans des textes écrits dans une langue symbolique et à double sens, dont le déchiffrement par le nouvel adepte faisait partie des épreuves d'initiation.
Cet aspect ésotérique montre les limites scientifiques de l'alchimie et en fait ce que les historiens des sciences considèrent comme une « fausse science ». Autrement dit, il s'agit d'un corpus de savoirs, distinct de la religion et de la philosophie (même si cela n'est pas toujours net), car se croyant fondé sur des faits et des déductions, mais sans qu'il soit possible d'y trouver des bases scientifiques au sens moderne. Elle se présente comme un ensemble de concepts très généraux et éloignés des faits, qui inspirent cependant un certain nombre de recettes opératoires, et auquel se ramène, de toute façon, toute interprétation des résultats. Tel est aussi le cas de l'astrologie ; on retrouve chez l'une et l'autre la tentative de mettre en relation le macrocosme (l'univers) et le microcosme (l'homme).

L'alchimie est présente dans toutes les civilisations. En Occident, elle apparaît, après celle de la Chine ou de l'Inde, à Alexandrie aux IIe et IIIe s. Arabes et Persans la recueillent et la transmettent à l'Europe vers les XIe-XIIe s. Elle mêle des considérations d'ordre physico-chimique autant que mythologique, occultiste ou magique. C'est pourquoi elle a pu, par quelques aspects techniques, anticiper certaines voies de la chimie moderne, ou même influencer favorablement la pensée de certains savants (Paracelse, le père de la médecine hermétique, et peut-être même Newton, dont on sait qu'il s'y adonna).

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Re: Alchimie, archimie, archéochimie, préchimie, protochimie...

Message  Laposse le Mar 02 Déc 2008, 17:35

J'ai aussi vu quelquefois le mot hyperchimie. Est-ce aussi en rapport avec l'alchimie ?

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Re: Alchimie, archimie, archéochimie, préchimie, protochimie...

Message  Charly Alverda le Mar 02 Déc 2008, 20:33

Non mon cher Laposse ce n'est vraiment pas la même chose. Disons, pour faire court, que l'alchimie travaille avec " l'esprit universel " produisant toutes choses dans les trois règnes et considère que la terre est le réceptacle de cette " âme du monde " parce qu'elle reçoit toutes les influences célestes. Alors que l'hyperchimie travaille avec les "matières " : métaux produits par cet esprit universel.

Cordialement

C...a

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Re: Alchimie, archimie, archéochimie, préchimie, protochimie...

Message  Nelly Foulcat le Mar 16 Déc 2008, 14:03

Bonjour à tous. Fulcanelli a consacré tout un chapitre sur l’alchimie et la spagyrie dans « Les Demeures philosophales » afin de nous démontrer par des faits réels et contrôlables que la chimie actuelle doit tout aux spagyristes et absolument rien, à l’Alchimie. Notons que la spagyrie ancienne a été enrichie des apports successifs de l’archimie grecque, arabe et médiévale.

Extrait de l’ouvrage « Les Demeures philosophales » chapitre VII - Alchimie et spagyrie :

Tous les auteurs qui ont écrit, depuis Lavoisier, sur l’histoire chimique, s’accordent à professer que notre chimie provient, par filiation directe, de la vieille alchimie. En conséquence, l’origine de l’une se confond avec l’origine de l’autre. A telle enseigne que la science actuelle serait redevable des faits positifs sur lesquels elle s’est édifiée, au patient labeur des alchimistes anciens. Cette hypothèse, à laquelle on aurait pu n’accorder qu’une valeur relative et conventionnelle, étant admise aujourd’hui comme vérité démontrée, la science alchimique, dépouillée de son propre fonds, perd tout ce qui était susceptible de motiver son existence, de justifier sa raison d’être. Vue ainsi, à distance, sous les brumes légendaires et le voile des siècles, elle n’offre plus qu’une forme vague, nébuleuse, sans consistance. Fantôme imprécis, spectre mensonger, la merveilleuse et décevante chimère mérite bien d’être reléguée au rang des illusions d’antan, des fausses sciences, ainsi que le veut, d’ailleurs, un très éminent professeur (Edmond-Marie-Léopold Bouty, l’Illusion et les Fausses Sciences, dans la revue Science et Vie, décembre 1913).
Mais, là où des preuves seraient nécessaires, où des faits s’affirment indispensables, on se contente d’opposer aux « prétentions » hermétiques une pétition de principe. L’Ecole, péremptoire, ne discute pas, elle tranche. Eh bien ! nous certifions, à notre tour, en nous proposant de le démontrer, que les savants hommes qui ont, de bonne foi, épousé et propagé cette hypothèse, se sont abusés par ignorance ou défaut de pénétration. Ne comprenant qu’en partie les livres qu’ils étudiaient, ils ont pris l’apparence pour la réalité. Disons donc nettement, puisque tant de gens instruits et sincères paraissent l’ignorer, que l’aïeule réelle de notre chimie est l’ancienne spagyrie, et non la science hermétique elle-même. Il y a, en effet, un abîme profond entre la spagyrie et l’alchimie.

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Re: Alchimie, archimie, archéochimie, préchimie, protochimie...

Message  Nelly Foulcat le Ven 06 Mar 2009, 15:44

Bonjour à tous. L'archimie est aussi appelé voarchadumie.

C'est, nous dit Fulcanelli, une partie de la science qui enseigne la transmutation des métaux les uns dans les autres. On utilise des composés d'origine uniquement minérale.

Nelly Foulcat

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