Le feu

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Re: Le feu

Message  Charly Alverda le Mar 19 Juil 2011, 19:16

Le huit “est la croisée des chemins, qui, si on change de perspective, peut conduire à l'infini.”

Qu’en peu de mots ces choses là sont (bien) dites !

Déformation géomantique ? J’ai toujours vu 8 comme deux “gouttes”, deux mondes, superposées.

Voici la vision de Henri Giriat dans “Nombres” :

“Que nous dit 8 en son dessin ? Un détournement de l'être, l'existentiation, l'entrée dans le naturant, où génération est sans retour, le temps déployé est irréversible.
L'autre porte est nécessité, celle de la mort, 8 est le développement de 2 premier cube, Il octroie au monde les 3 dimensions, il détermine la 3è : substance

Double du carré 4, le nombre 8 entraîne dans sa rotation l'expansion de l'espace par duplication infinie
Il coagule en instants discontinus le flux continu de la durée.
Double 4 en inversion, 8 affirme l'opposition des forces vitales et de l'inertie matérielle.

Lié au temps par l'indice de sa courbure, 8 est mobile, non plus d'engendrement comme 2, mais de génération de vie passante et trépassante.

" Non l'infini, mais l'indéfini dans la répétition des cycles de la Nature oscillant entre ses contraires montée et déclin, plaisir et douleur, don et refus. La troisième puissance de 2 resterait signe irréductible de contradiction si une troisième force n'intervenait, le 3 à la 2è puissance, le 9.

Sous l'apparente concrétion s'insère le mouvement discret, persistant, mélodique de la spirale.”

M’enfin Logos ! Où (hou !) as-tu pris ce 8 ?

Charly Alverda

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Re: Le feu

Message  Ludivine le Ven 05 Aoû 2011, 15:07

Bonjour à tous !

Basile Valentin distingue également 5 feux dans son ouvrage intitulé : "Le Char triomphal de l'Antimoine" et les décompose comme suit :
Le premier feu est céleste, institué de Dieu, par lequel la foi et la charité envers Dieu est allumée sur les mystères de la Très Sainte Trinité et de notre miséricordieux Rédempteur Jésus-Christ. Laquelle foi ne nous trompera jamais et ne nous laissera point dans la nécessité, mais tirera nos âmes du dernier péril.

Le second feu est le soleil ou feu élémentaire, produit par le Soleil véritable, père de la maturité des choses sublunaires ou du macrocosme.

Le troisième feu est corporel, par lequel toutes les viandes et médecines sont cuites et préparées. Duquel feu les hommes ne peuvent se passer, tant pour la santé que pour les aliments nécessaires à la vie.

Le quatrième feu se rencontre dans la Sainte Ecriture, qui porte expressément que Dieu consumera le monde par le feu avant le jour du jugement. Savoir maintenant quel sera ce feu, il faut s'en rapporter au jugement du Très-Haut.

L'on fait encore mention dans la parole de Dieu d'un feu éternel qui doit être employé au supplice des damnés. Lequel aussi, par la permission de Dieu, affligera les diables, et duquel j'espère que Dieu nous préservera.

C'est pourquoi j'avertis tout le monde fidèlement qu'il prie sans cesse selon sa vocation et toute sa vie, et qu'il fasse en sorte que Dieu le tire et délivre du supplice infini. Que tous sachent donc que notre pierre de feu doit être cuite et mûrie par le feu corporel du microcosme, comme les autres médecines. Car lorsque le feu du macrocosme cesse, le feu du microcosme commence à produire une nouvelle génération. Que personne ne s'étonne donc de cette coction. Le froment est parvenu à sa maturité par le feu élémentaire du macrocosme, et le feu corporel du microcosme en fait une autre coction et maturité, afin que l'homme s'en puisse servir pour sa conservation.


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Re: Le feu

Message  Nelly Foulcat le Ven 30 Déc 2011, 15:32

Le feu de nature dont on a déjà parlé sur ce fil est décrit par Fulcanelli dans son ouvrage "Les Mystères des Cathédrales" – partie "Paris" au chapitre IV, de cette manière :
(...) ce feu de nature sans lequel rien ne peut croître ni végéter ici-bas. C’est cet esprit, répandu à la surface du globe, que l’artiste subtil et ingénieux doit capter au fur et à mesure de sa matérialisation. Nous ajouterons encore qu’il est besoin d’un corps particulier servant de réceptacle, d’une terre attractive où il puisse trouver un principe susceptible de le recevoir et de le "corporifier". "La racine de nos corps est en l’air, disent les Sages, et leurs chefs en terre." C’est là cet aimant enfermé au ventre d’Ariès, qu’il faut prendre au moment de sa naissance, avec autant d’adresse que d’habileté.

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Re: Le feu

Message  Garfield le Mar 10 Jan 2012, 16:19

Dans ce fil, Ludivine nous disait en citant Henri Coton-Alvart que la chaleur était une substance. Henri de La Croix-Haute nous tient les mêmes propos et les développent plus largement.
Voici ce que nous pouvons lire dans l'ouvrage "Propos sur « Les Deux Lumières » de Henri Coton-Alvart", par Henri La Croix-Haute :
"La chaleur est une substance qui pénètre tous les corps ; douée de certaines propriétés de la matière, elle est dépourvue de certaines autres. La substance-chaleur entre quantitativement dans la composition des corps." La démonstration en fut faite par Fludd et par Newton : lorsqu'on emplit un vase d'eau, qu'après avoir fermé l'orifice d'entrée on le mette sur le feu, le vase est brisé par la vapeur d'eau qui tend à occuper un espace plus grand.

Le 1er degré de matérialisation du Feu est la chaleur spécifique.
La chaleur spécifique est la capacité d'un corps à accueillir la substance-chaleur ; elle est la quantité de chaleur qu'un corps absorbe ou perd lorsqu'il varie de 1° et quand il pèse 1 gr. Douée d'étendue et d'élasticité, elle échauffe et dilate le corps qu'elle pénètre selon la porosité du corps.

Le 2e degré de matérialisation du Feu est le changement d'état.
Lorsque la glace est chauffée progressivement, elle devient eau, puis gaz, puis rayonnement lumineux. La matière se dépense quand elle émet de la lumière ; réciproquement, la substance se condense quand la lumière se refroidit. "Les semences animales, végétales et métalliques sont une synergie de matière et de lumière."

Le 3e degré de matérialisation du Feu est la chaleur de réaction, qui acquiert sa plus grande stabilité dans son passage en phlogons (molécule d'eau).
Comme la substance-chaleur est un constituant chimique des corps, un métal n'est pas un corps simple, mais un composé de chaleur et de ion (atome de métal incomplet).
En entrant dans les corps, la substance-chaleur se comporte comme un métalloïde (oxygène, soufre, chlore…) qui occupe l'espace vide (les cavités sans matière). Fixée sous forme chimique dans une molécule d'eau (phlogon), elle n'apparaît pas, ne se manifeste pas en mode énergétique extériorisé ; ses potentialités surgissent lors de la destruction du corps qui libère ainsi sa chaleur propre. Si l'on soumet de la chaux éteinte à une température élevée, l'eau en est chassée et elle devient de la chaux vive ; si on l'arrose d'eau, elle dégage la quantité de chaleur qu'on y avait enfermée ; dans ces opérations on constate que le Feu et l'Eau sont incompatibles et que l'un se substitue obligatoirement à l'autre en égale quantité.

Le 4e degré de matérialisation du Feu est la chaleur de transmutation.
La réduction du zinc en sulfure de cadmium (métal le plus proche du zinc qui contient la moitié de la chaleur du zinc) est une transmutation par libération de la moitié de la substance-chaleur du zinc. Ce même traitement subi par le zinc appliqué au sulfure de cadmium le transforme en sulfure de mercure.
Ce processus n'est que la répétition du travail de la Nature qui utilise le soleil et la pluie, (Feu et Eau). Le chaud et le sec apportés par le soleil (Feu) alternent avec le froid et l'humide fournis par l'Eau. La Nature réitère inlassablement le cycle "chaud-sec-froid-humide" en libérant à son rythme les potentialités des quatre Eléments afin que les transmutations inexorables assurent l'Equilibre cosmique. Tout être créé subit ce cycle ; la vieillesse est une usure de l'organisme dont diminue le pouvoir dissolvant des déchets : le tartre (kyste, rhumatisme, dessiccation…) n'est plus dissous et prolifère sur l'arbre ou dans le corps humain.

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Re: Le feu

Message  Garfield le Jeu 05 Juil 2012, 15:29

Certains alchimistes considèrent 2 ou 3 voire parfois 5 feux. Tout dépend de quels feux ils parlent. CheminCroisé Albert Poisson, lui, considère deux feux qu'il nomme feu spirituel (celui qui est la vie) et feu ordinaire (celui qui brûle).

Je vous livre un extrait de "L'initiation alchimique" par Albert Poisson :
Il y a deux espèces principales de feu, le feu spirituel qui est la vie, le pneuma, le respir astral, et le feu ordinaire qui brûle. La matière doit être avant toute chose, avant d'avoir à subir les atteintes du feu ordinaire, la matière, dis-je, doit être animée par l'archée. Et alors la matière est vivifiée, alors seulement on peut l'enfermer dans un matras et chauffer au feu ordinaire mais très légèrement pour commencer.

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Re: Le feu

Message  loup le Jeu 05 Juil 2012, 22:23

bj, je suis partie prenante de ces assertions, mais, comme Cattiaux, morts très jeunes et donc pas de réalisation de leurs dires ??? Que des certitudes "intellectuelles", basées sur des intuitions, soit, mais pas sur réalisations... En fait, la réalisation étant individuelle, je doute fort qu'il y ait manifestation de la réussite, sans peur pour sa quiétude... sans compter les "mythes" que l'on accorde à cette "Pierre", qui peut créer des doutes même à ceux qui l'ont réussie... Très heureux

loup

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Re: Le feu

Message  Garfield le Ven 06 Juil 2012, 15:16

loup a écrit:…je suis partie prenante de ces assertions, mais, comme Cattiaux, morts très jeunes et donc pas de réalisation de leurs dires ??? Que des certitudes "intellectuelles", basées sur des intuitions, soit, mais pas sur réalisations...
Ce n'est pas parce qu'une personne décède jeune qu'elle n'a pas su réaliser entièrement tout le Magistère. Certains passent 30 voire 40 ou 50 ans sans jamais avoir compris tout le Grand-Œuvre et donc n'a pu le mener à son terme. Mozart, déjà jeune, composait des œuvres fantastiques !

Reprenons notre sujet sur le feu et remarquons que le jeune Albert Poisson sait de quoi il parle lorsqu'il le décrit dans son ouvrage "Théories et symboles des alchimistes".

En voici un long extrait à titre d'exemple :
Les alchimistes, si jaloux de tout ce qui concernait le Grand-Œuvre, n'ont eu garde d'être clairs sur le feu ou les degrés de chaleur nécessaires pour l'oeuvre. La connaissance de ces degrés était regardée par eux comme une des clefs les plus importantes du Grand-œuvre. "Beaucoup d'alchimistes sont dans l'erreur, parce qu'ils ne connaissent pas la disposition du feu qui est la clef de l'oeuvre, car il dissout et coagule en même temps, ce qu'ils ne peuvent saisir parce qu'ils sont aveuglés par leur ignorance" (Raymond Lulle : Vade mecum seu de tincturis compendium). En effet, la matière une fois préparée, la cuisson seule pouvait la changer en pierre philosophale. "Je ne vous commande que cuire, cuisez au commencement, cuisez au milieu, cuisez à la fin, et ne faites autre chose" (La Tourbe des philosophes).

Les alchimistes distinguaient plusieurs espèces de feu : le feu humide, c'est le bain-marie qui fournit une température constante ; le feu surnaturel ou artificiel désignait des acides, ceci vient de ce que les alchimistes avaient remarqué que les acides produisent une élévation de température dans leurs diverses réactions, et aussi qu'ils ont sur les corps le même effet que le feu, ils les désorganisent, détruisent rapidement leur aspect primitif. Enfin le feu naturel, ordinaire.

En général, les alchimistes n'employaient ni charbon ni bois pour chauffer l'œuf philosophique, il aurait fallu une surveillance continuelle et il aurait été de plus à peu près impossible d'obtenir une température constante. Aussi Marc Antonio s'emporte-t-il contre les souffleurs ignorants qui se servaient de charbons : "A quoy bon ces flammes violentes, puisque les Sages n'usent point de charbons ardens, ny de bois enflammés pour faire l'oeuvre hermétique." (La lumière sortant par soi-même des ténèbres). Les philosophes hermétiques employaient une lampe à huile à mèche d'amiante, dont l'entretien est facile et qui fournit une chaleur à peu près uniforme, c'est là le feu qu'ils ont tant caché et dont quelques-uns seulement parlent ouvertement.

Ils admettaient plusieurs degrés à leur feu, selon que l'oeuvre était plus ou moins avancé ; ils parvenaient à régler leur feu en augmentant le nombre des brins qui composaient la mèche : "Fais d'abord un feu doux, comme si tu n'avais que quatre fils à ta mèche, jusqu'à ce que ta matière commence à noircir. Puis augmente, mets quatorze fils, la matière se lave, elle devient grise, enfin mets vingt-quatre fils et tu auras la blancheur parfaite" (Happelius, Aphorismi basiliani).

Le premier degré du feu, celui du commencement de l'oeuvre, équivalait environ à 60 ou 70 degrés centigrades : "Faites votre feu à proportion qu'est la chaleur dans les mois de juin et de juillet" (Dialogue de Marie et d'Aros). Il ne faut pas oublier que c'est un égyptien qui parle ; au reste, le premier degré était encore appelé feu d'Egypte, justement parce qu'il égale à peu près la température estivale de l'Égypte. Quelques alchimistes oubliant ce point ont indiqué pour le premier degré une moyenne trop faible, tel Ph. Rouillac : "observe surtout le feu et ses degrés, que le premier soit fébrile, c'est-à-dire, égal à la température du soleil au temps du mois de février" (Abrégé du Grand-Œuvre). On s'assurait au premier degré que l'on avait atteint la température voulue, en approchant la main de l'oeuf, on devait pouvoir le toucher sans se brûler. "Tu ne laisseras jamais le vaisseau s'échauffer trop, de façon que tu puisses toujours le toucher avec la main nue sans te brûler. Ceci durera tout le temps de la solution" (Riplée : Traité des douze portes). Les autres degrés se trouvent facilement en doublant, triplant, etc., à peu près la température du premier degré. Il y en avait quatre en tout. Le second oscille entre la température d'ébullition de l'eau et de fusion du soufre ordinaire, le troisième est un peu inférieur à la fusion de l'étain et le quatrième à celle du plomb.

Les symboles du feu sont : les ciseaux, l'épée, la lance, la faux, le marteau, en un mot tous les instruments pouvant produire une blessure : "Ouvre-lui donc les entrailles avec une lame d'acier" dit le Texte d'alchymie, en parlant du minéral d'où s'extrait l'huile de vitriol. Dans les figures d'Abraham le Juif, Saturne, armé d'une faux, indique que l'on doit purifier l'argent par le plomb à l'aide de la chaleur. Dans les figures de Basile Valentin on voit également un chevalier qui combat avec l'épée deux lions, mâle et femelle, ce qui indique que c'est par le feu qu'il faut fixer le volatil. Enfin nous retrouvons aussi l'épée comme symbole du feu dans les sculptures de Flamel au cimetière des Innocents.

Pour terminer voici selon Bernard le Trévisan les qualités que doit avoir le feu philosophique : "Faites un feu vaporant, digérant, continuel, non violent, subtil, environné, aéreux. clos, incomburant, altérant " (Bernard le Trévisan : le Livre de la philosophie naturelle des métaux).

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