Alchimie - L'art royal (Jörg Völlnagel)

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Alchimie - L'art royal (Jörg Völlnagel)

Message  Garfield le Sam 23 Mar 2013, 11:14

C'est un ouvrage artistique dont il s'agit ici, et non d'un traité s'adressant à l'intellect.
Quoique…
C'est certainement par l'entremise d'une partie de ping-pong entre la compréhension logique et la perception analogique que la clé de l'intégration en soi de l'Alchimie peut se trouver !


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verso :
. .Présentation par l'éditeur
Peu de disciplines ont autant fasciné, autant fécondé l'imaginaire des hommes que l'alchimie, qui, dès la Haute Antiquité et en toute civilisation (indienne, chinoise, perse, arabe), s'est affrontée aux questions cruciales de la transmutation des métaux, de l'élixir d'éternité, de la panacée, et, au-delà, aux grandes énigmes métaphysiques où culmine l'oeuvre de Paracelse : fusion de l'esprit et de la matière, de Dieu et de la Création, unité perdue par la Chute et retrouvée par la Rédemption christique, assimilée au Grand OEuvre. Avicenne a pu la contredire au XIe siècle et Rabelais la moquer : Newton lui-même la pratiquera après Roger Bacon, Pic de la Mirandole, Giordano Bruno, et seul l'avènement, à la fin du XVIIIe siècle, de la chimie rationnelle et quantifiée (Priestley, Lavoisier, Scheele) la disqualifiera en tant que science. On connaît son exceptionnelle fortune littéraire : l'homoncule du second Faust de Goethe et le personnage central du drame ; les récits de Novalis et de Hoffmann, le Soleil noir de Nerval, "l'alchimie du verbe" de Rimbaud, la fascination d'André Breton et des surréalistes pour les arcanes ; les analyses de Jung, de Koyré, d'Éliade, L'OEuvre au noir de Yourcenar et jusqu'à L'Alchimiste de Coelho... Mais l'esprit alchimique, fondé non sur le principe logique d'identité mais sur l'analogie et la puissance authentiquement "créatrice" de l'imagination, trouve dans l'image son expression la plus parfaite. Par l'assemblage complexe de ses composantes symboliques, l'image figure tout à la fois la révélation et les voies de l'initiation : le nom même de l'un des principaux livres, le Mutus Liber ("livre muet"), indique assez cette valeur allégorique et initiatique de l'image seule. D'autres manuscrits enluminés, Aurora Consurgens, Splendor Solis, s'y réfèrent aussi, tandis que Le Livre de la Sainte Trinité ou le Donum Dei mettent l'accent sur la convergence des mystères alchimique et chrétien. Outre les manuscrits et les incunables, l'autre richesse du livre est de montrer les représentations par la peinture, hollandaise et flamande en particulier, de l'alchimiste au travail dans son laboratoire : oeuvres de Van Ostade, Teniers, Van der Straet, Rembrandt, surtout, puis, au XVIIIe siècle, de l'Anglais Joseph Wright of Derby. Mais l'influence du thème déborde largement cette représentation stricte : elle s'étend jusqu'à l'oeuvre d'artistes majeurs du xxe siècle, tels Max Ernst, Jackson Pollock ou Yves Klein.

Biographie de l'auteur
Jörg Völlnagel, historien de l'art et conservateur aux Staatlichen Museen de Berlin, a écrit une thèse sur le Splendor Solis et les manuscrits enluminés des XVe et XVIe siècles. Il est l'auteur, avec H. G. Bachmann, de L'Or, mythes et objets (2006) et de Der Kult des Künstler (Hirmer, 2006). Il a organisé plusieurs expositions d'envergure : Melancholia. Génie et folie dans l'art (2006), Immortal ! The Cult of the Artist (2008) et The Art of Enlightment (2011) installée une année entière au New China Museum de Pékin.

L'ouvrage
Broché, 260 pages
Editeur : Imprimerie nationale (17 octobre 2012)
ISBN-10 : 2330011946 – ISBN-13 : 978-2330011949
Prix approximatif : 59€
Marion ROUSSET, de Philosophie Magazine, en a écrit:L’alchimie désigne depuis l’origine un double processus – pratique et spéculatif – de transmutation. Dérivé de l’arabe al-kimiya, l’« art de fondre et de transformer les métaux » (pour en extraire de l’or), le mot renvoie aussi à une question philosophique : « L’alchimie dite spéculative […] voit dans la métamorphose des éléments un miroir de la purification de l’âme. » Depuis l’Antiquité, jusqu’à Joseph Beuys, Jackson Pollock ou Yves Klein, ces énigmes ésotériques du lien entre l’esprit et la matière ont inspiré les artistes. Ainsi, dans le premier grand imagier alchimique intitulé « Le Lever de l’aurore », une enluminure représente un personnage ouvrant le cuir chevelu d’un autre. Lequel lui tend une coupelle où s’égoutte l’essence d’une substance invisible. Il manquait une histoire en images de la pensée alchimique qui s’est propagée en Occident à partir du XIIe siècle, pour prendre son essor à partir du XVIe siècle grâce à l’apparition d’éditions imprimées de traités hermétiques. Le beau livre de Jörg Völlnagel vient combler un vide en donnant à admirer des œuvres saisissantes qui alimentent depuis des siècles cette troublante quête.
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