Peter Pan

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Peter Pan

Message  Montaléchel le Jeu 01 Nov 2012, 19:12

De ce héros, né en 1911 de la plume de l'écrivain écossais J. M. Barrie, son patronyme à lui seul mérite qu’on s’y attarde.

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Peter, c’est l’équivalent anglo-saxon et germanique du prénom français Pierre. On se souvient que ce prénom est attribué en honneur du premier apôtre de Jésus. Le Nouveau Testament raconte que Jésus renomme « Pierre » son disciple Simon, parce que c'est sur base de cette « pierre » qu'il souhaite bâtir son Eglise. (Matthieu, 16:18). Dans cette référence biblique, on voit déjà poindre la double signification de ce mot : une pierre matérielle pour bâtir des édifices qu'on nomme églises, et une pierre symbolique destinée à devenir le fondement, la « pierre angulaire » d'une communauté spirituelle également dénommée Eglise. Et il existe un sens plus caché encore, que les enseignements exotériques prétendent ignorer : la pierre sur laquelle est fondée l'Eglise est la Pierre philosophale, et CheminCroisé l'Alchimie qui est le pont entre notre monde matériel et le monde spirituel.

Peter est donc la Pierre.
Pan est le nom du Dieu grec de la Nature. Mais en grec, la racine "pan" veut aussi dire « Universel ». Ainsi, par exemple, le panthéisme est cette philosophie qui considère que Dieu (Théos) est présent partout, en tout lieu, en toute chose, en tout être.

« Peter Pan » peut donc être décodé comme signifiant Pierre Universelle. Il est clair que l'Alchimie n’est pas loin, même si les historiens certifieront que J.M. Barrie a donné à son héros le prénom du troisième fils qu'il eut avec Sylvia Llewelyn Davies, et le nom du dieu grec de la Nature. Mais l'observation et l'imitation de la Nature ne constituent-elles pas le B-A-BA de la démarche de l'Alchimiste ?

Car le message principal que véhicule le personnage de Peter Pan, c'est l'éternelle jeunesse, soit précisément une des principales caractéristiques attribuées populairement à la Pierre philosophale : l'élixir d'éternelle jouvence. Souvenez-vous : le principal reproche que Peter Pan fait à son amie Wendy Darling, c'est d'accepter de vieillir, alors que lui-même conserve toujours le même âge. Grandir est "contraire au règlement" ! C'est pourquoi à la fin de l'histoire, Peter Pan reviendra, toujours aussi jeune, chercher les enfants de Wendy pour les conduire à leur tour effectuer un séjour dans le Pays Imaginaire (Neverland en version originale, soit, le "Pays de Jamais", hors du temps). Dans les légendes de nos régions, cette caractéristique est généralement attribuée au Pays des Fées (on la retrouve aussi, réactualisée, dans certains récits de personnes revenues parmi nous après un enlèvement par un OVNI). D'ailleurs, il y a des fées à Neverland, comme la jalouse Clochette (Tinker Bell). Peter Pan est lui-même vêtu de vert et orné de motifs végétaux, symboles de la verdeur perpétuelle qu'il incarne.

Malheureusement, Wendy, jeune fille ordinaire, se déclare incapable de cesser de vieillir ; en conséquence, elle ne pourra jamais plus retourner au Pays Imaginaire. De son côté, Peter Pan, insensible au temps qui passe, ne tient pas sa promesse de revenir chaque printemps la chercher pour un court séjour dans son monde hors du temps : il ne reviendra que des années plus tard pour la retrouver plus âgée, mariée, et mère.

La rencontre entre Peter et Wendy est plus ou moins accidentelle. Fréquemment, Peter rôde dans les maisons pour écouter les histoires que les parents racontent à leurs enfants. Chez les Darling, le chien l'aperçoit et le poursuit afin de protéger les enfants contre cet intrus, mais ne parvient à capturer que l'ombre de Peter. Plus tard, Peter reviendra tenter de la récupérer, et c'est à cette occasion qu'il sera perçu par les enfants. Ici encore, l'Alchimie pointe le bout de son nez car, comme Peter Pan, l'Alchimie est proche de chacun de nous, invisible, presque insaisissable sauf pour ceux qui ont gardé une âme d'enfant. Interpellante, invitante, elle demande cependant un changement de mode de pensée pour nous emporter vers Neverland. Aussi, cette histoire d'ombre détachable indique chez Peter Pan un rapport particulier à la lumière ; c'est là encore un aspect alchimique : rien ne peut se réussir en Alchimie sans un "alignement" qui puisse laisser passer la Lumière, et une compréhension adéquate de cette dernière.

En psychologie, le "syndrome de Peter Pan" est bien connu : c'est le refus de quitter le cocon protecteur, sécurisant mais illusoire, refus de passer à l'âge adulte par peur d'affronter les responsabilités qui en découlent. On constatera aussi que Peter Pan est également égocentrique, insouciant de ce qu'il advient de ceux qui ont été un temps ses contemporains, mais ceci nous éloigne de notre propos, sauf à constater que l'Alchimie est, elle aussi, intemporelle, intimement liée à la vie elle-même mais insensible au temps qui passe.

Dans le chef de J.M. Barrie, l'histoire de Peter Pan n'a probablement pas été voulue comme une allégorie de l'Alchimie. Elle s'enracine néanmoins dans un contexte universel d'où émergent des éléments qui lui sont intimement liés : transcender l'écoulement du Temps, accéder à un monde différent où plein d'aventures sont possibles, ainsi que d'autres prodiges, comme voler, combattre des pirates, converser avec les fées, à condition d'y croire et de conserver la foi dans l'existence de cette réalité "autre".
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