Dragons et Ouroboros

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Calcédoine le Jeu 18 Mar 2010, 21:56

Bonjour.

CheminCroisé Ici plus haut, Logos a posté l'image d'une lame du tarot : CheminCroisé la Maison-Dieu. Une tour.

Dans le CheminCroisé Tombeau de François II, Entre les mains de la statue représentant La Force, on retrouve aussi une tour, associée à un dragon qu'on en extirpe par une brèche, fissure, lézarde :



N'est-ce pas là une allusion à la kundalini ? Dans la représentation orientale, la kundalini est une force (énergie) vitale, née du mariage de l'énergie tellurique (montant du sol) et de l'énergie du ciel (prâna, collecté par l'inspir de l'air), et localisable dans le bassin (ensemble d'os jouant ici pleinement son rôle de réceptacle). Vue comme un dragon sauvage, cette force, puissante et terrible, à tendance à s'éparpiller et s'épandre sur un plan horizontal (via la sexualité). Domptée, elle peut s'élever dans un plan vertical, comme canalisée dans une tour (colonne vertébrale), jusqu'aux zones les plus élevées (sommet de la tête) et participer à l'éveil du "troisième œil".
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Charly Alverda le Jeu 18 Mar 2010, 22:31

Bonjour

Bravo pour la lézarde, Calcédoine.

En ce qui concerne la Maison-Dieu, je ne retiens que l'aspect "prana" pour l'athanor, mais j'abonde pour la vision de la kundalini, y a pas d'lézard (arff !)

Voici une image de la Pandora, ouvrage alchimique de Jérôme Reussner :

Source : @ http://traditiontarot.com/forum/viewtopic.php?id=159&p=2

Avec les 2 dragons en bas de la tour, en F.

Cordialement,

C...a

Charly Alverda

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Nelly Foulcat le Mar 23 Mar 2010, 14:30

Pour Fulcanelli, l'ouroboros est un des symboles majeurs du Grand Oeuvre. Voici la description qu'il en donne dans "Les Demeures Philosophales", partie "Le merveilleux grimoire du château de Dampierre", chapitre VII (caisson 4) :

Voici maintenant l’un des symboles majeurs du Grand-Oeuvre : la figure du cercle gnostique, formé par le corps du serpent qui dévore sa queue, avec, pour devise, le mot latin

. AMICITIA .

L’amitié. L’image circulaire est, en effet, l’expression géométrique de l’unité, de l’affinité, de l’équilibre et de l’harmonie. Tous les points de la circonférence étant équidistants du centre et en étroit contact les uns avec les autres, ils réalisent un orbe continu et fermé, lequel n’a point de commencement et ne peut avoir de fin, de même que Dieu dans la métaphysique, l’infini dans l’espace et l’éternité dans le temps.

Les grecs nommaient ce serpent l’Ouroboros, des mots oura, queue, et boroV, dévorant. Au moyen âge, on l’assimilait au dragon en lui imposant une attitude et une valeur ésotériques semblables à celles du serpent hellénique. Telle est la raison des associations de reptiles, naturels ou fabuleux, que l’on rencontre presque toujours chez les vieux auteurs. Draco aut serpens qui caudam devoravit ; serpens aut lacerta viridis quoe propriam caudam devoravit, etc., écrivent-ils fréquemment. Sur les monuments, d’autre part, le dragon, permettant plus de mouvement et de pittoresque dans la composition décorative, semble plaire davantage aux artistes ; c’est lui qu’ils représentent de préférence. On peut le remarquer au portail nord de l’église Saint-Armel, à Ploërmel (Morbihan), où plusieurs dragons accrochés aux rampants des gables, font la roue en se mordant la queue. Les célèbres stalles d’Amiens offrent également une curieuse figure de dragon à tête de cheval, au corps ailé, terminé par une queue décorative dont le monstre dévore l’extrémité.

Etant donné l’importance de cet emblème, — il est, avec le sceau de Salomon, le signe distinctif du Grand Oeuvre, — sa signification reste susceptible d’interprétations variées. Hiéroglyphe d’union absolue, d’indissolubilité des quatre éléments et des deux principes ramenés à l’unité dans la pierre philosophale, cette universalité en permet l’usage et l’attribution aux diverses phases de l’Oeuvre, puisque toutes visent au même but et sont orientées vers l’assemblage, l’homogénéité des natures premières, la mutation de leur antipathie native en amitié solide et stable. Généralement, la tête du dragon ou de l’Ouroboros marque la partie fixe, et sa queue la partie volatile du composé. C’est ainsi que l’on entend le commentateur de Marc Fra Antonio : « Cette terre, dit-il en parlant du soufre, par sa sécheresse ignée et innée, attire à soy son propre humide et le consume ; et à cause de cela, elle est comparée au dragon qui dévore sa queue. Au reste, elle n’attire et n’assimile à soy son humide que parce qu’il est de sa mesme nature. » D’autres philosophes en font une application différente, témoin Linthaut, qui le rapporte aux périodes colorées : « Il y a, écrit-il, trois couleurs principales qui se doivent montrer en l’Oeuvre, le noir, le blanc, le rouge. La noirceur, première couleur, est nommée des Anciens dragon venimeux, quand ils disent : le dragon dévorera sa propre queue. » L’ésotérisme est équivalent dans le Trés précieux Don de Dieu, de Georges Aurach. David de Planis Campy, plus éloigné de la doctrine, n’y voit qu’une version des cohobations spagyriques.

Quant à nous, nous avons toujours compris l’Ouroboros comme un symbole complet de l’ouvrage alchimique et de son résultat. Mais, quelle que soit l’opinion des savants de notre époque sur cette figure, on peut du moins être certain que tous les attributs de Dampierre, placés sous l’égide du serpent qui se mord la queue, sont exclusivement relatifs au Grand Oeuvre et présentent un caractère particulier, conforme à l’enseignement secret de la science hermétique.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Nelly Foulcat le Mer 24 Mar 2010, 15:48

Calcédoine a écrit:Dans le Tombeau de François II, Entre les mains de la statue représentant La Force, on retrouve aussi une tour, associée à un dragon qu'on en extirpe par une brèche, fissure, lézarde :
Dans "Les Demeures Philosophales", partie "Les Gardes du corps de François II, duc de Bretagne", (chapitre IV), j'ai retrouvé le passage où Fulcanelli décrit la tour et le dragon de la statue de la force.

Voici ce passage :
Hermétiquement, on peut donc considérer la tour comme l’enveloppe, le refuge, l’asile protecteur, — les minéralogistes diraient la gangue ou la minière, — du dragon mercuriel. C’est d’ailleurs la signification du mot grec purgoV, tour, asile, refuge. L’interprétation serait encore plus complète si l’on assimilait à l’artiste la femme qui extirpe le monstre de son repaire, et son geste mortel au but qu’il doit se proposer dans cette pénible et dangereuse opération. Ainsi, du moins, pourrions-nous trouver une explication satisfaisante et pratiquement vraie, du sujet allégorique servant à révéler le côté ésotérique de la Force. Mais il nous faudrait supposer connue la science secrète à laquelle se réfèrent ces attributs. Or, notre statue se charge elle-même de nous renseigner à la fois sur sa portée symbolique et sur les branches connexes de ce tout qu’est la sagesse, figurée par l’ensemble des Vertus cardinales. Si l’on avait demandé au grand initié que fut François Rabelais quelle était son opinion, celui-ci eût certainement répondu, par la voix d’Epistémon, que tour de fortification ou de chasteau fort c’est autant dire que tour de force ; et tour de force réclame « couraige, sapience et puissance : couraige, pource que dangier y a ; sapience, car deuë connoissance y est nécessairement requise ; puissance, car cil qui oncques ne peult, rien entreprendre ne doibt. » D’autre part, la cabale phonétique, qui fait du mot français tour l’équivalent de l’attique touroV, vient compléter la signification pantagruélique du tour de force. En effet touroV est mis et employé pour to oroV; to (lequel, ce qui), oroV (but, terme, objet que l’on se propose) marquant ainsi la chose qu’il faut atteindre, ce qui est le but proposé. Rien, on le voit, ne saurait mieux convenir à l’expression figurée de la pierre des philosophes, dragon enclos en sa forteresse, dont l’extraction fut toujours tenue pour un véritable tour de force. L’image d’ailleurs, est parlante ; car si l’on éprouve quelque peine à comprendre comment le dragon, robuste et volumineux, ait pu résister à la compression exercée entre les parois de son étroite prison, on ne saisit pas davantage par quel miracle il passe tout entier à travers une simple lézarde de la maçonnerie. Là encore se reconnaît la version du prodige, du surnaturel et du merveilleux.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Lun 29 Mar 2010, 18:02

Une courte étude sur @ le symbolisme de la gueule du dragon.
Je ne sais pas si tout est juste, mais en tout cas c'est intéressant.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Logos le Sam 03 Avr 2010, 01:27

SERPENT COSMOGONIQUE (je colle ici la symbolique, que j'imagine fortement de mèche avec le dragon... gardien du seuil)

Mais en plus de son caractère terrestre, le serpent symbolise aussi et surtout la nature primordiale. En effet, «les enfers et les océans, l’eau primordiale et la terre profonde ne forment qu’une matière première, une substance primordiale, qui est justement celle du serpent. Esprit de l’eau première, il est l’esprit de toutes les eaux, que ce soit celles du dessous, celles qui courent à la surface de la terre, ou celles du dessus». Ainsi le serpent est-il lié à la froide, gluante et souterraine nuit des origines : «Tous les serpents possibles, écrit Hermann von Keyserling, forment ensemble une unique multiplicité primordiale, une indénombrable chose primordiale, qui ne cesse de se détériorer, de disparaître et de renaître.» Le serpent symbolise donc la vie. En effet, quelle est donc cette chose primordiale sinon la vie dans sa latence, ou, comme le dit Keyserling, la couche de vie la plus profonde ? Elle est le réservoir, le potentiel d’où proviennent toutes les manifestations. «La vie des bas-fonds doit précisément se refléter dans la conscience diurne sous la forme d’un serpent», ajoute cet auteur, et il précise : «les Chaldéens avaient un seul mot pour Vie et Serpent». Pour René Guénon, le symbolisme du serpent est effectivement lié à l’idée même de la vie ; en arabe, le serpent se dit al hayyah, et la vie al hayat». Et d’ajouter, ce qui est capital, qu’al Hay, l’un des principaux noms divins, doit se traduire non par le vivant, comme on le fait souvent, mais par le vivifiant, celui qui donne la vie ou qui est le principe même de la vie. Le serpent visible n’apparaît donc que comme la brève incarnation d’un Grand Serpent invisible, causal et atemporel, maître du principe vital et de toutes les forces de la nature. C’est un vieux dieu premier et viscéral que nous retrouvons au départ de toute les cosmogenèses, avant que les religions de l’esprit ne le détrônent. Il est ce qui anime et ce qui maintient. Sur le plan humain, il est le double symbole de l’âme et de la libido: «Le serpent, écrit Gaston Bachelard, est un des plus importants archétypes de l’âme humaine.»


«Tous les serpents possibles, écrit Hermann von Keyserling, forment ensemble une unique multiplicité primordiale, une indénombrable chose primordiale, qui ne cesse de se détériorer, de disparaître et de renaître.» Le serpent symbolise donc la vie.

C'est typiquement le genre de visions, et le "ressenti", que procurent les potions végétales type ayahuasca, principalement consommées dans la forêt amazonienne.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Henri Schersch le Dim 07 Nov 2010, 22:09

J'ai trouvé une petite explication concernant la symbolique du dragon sur le site @ cgjung.net (Les Amis de l'Alchimie). On y dit qu'en Alchimie, il représente l'impur, le grossier, l'écailleux, une sorte de chaos ténébreux rempli d'aquosité, donc propice à servir de terreau humide favorable aux germinations. Il est aussi gardien de l'arbre aux CheminCroisé Pommes d'Or, elles-mêmes représentant le résultat du travail intérieur sur soi-même. Dragon-gardien toujours éveillé, symbolisant donc aussi l'état de celui qui a pu faire tomber de ses yeux les écailles qui lui masquent la vérité sur la nature de la création.
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Dragon-vouivre

Message  Henri Schersch le Jeu 06 Jan 2011, 15:26

Le dragon-vouivre renvoie à l'homme l'image de sa nature cachée, à la fois de son chaos intérieur et, étant ailé, de la transcendance qui l'habite. Il personnifie aussi bien le chaos des origines que l'esprit universel, le Logos. Sous l'aspect de l'Ouroboros, il personnifie le temps, et son regard est fascinant. (source : @ Robert Régor Mougeot - "Le miroir - symbole des symboles")

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Charly Alverda le Ven 17 Juin 2011, 12:52

Bonjour,

En relation avec CheminCroisé La carte du Tarot "le Chariot", Logos avait cité fort à propos le texte du Chevalier Inconnu : La Nature à découvert :

"L’air est le chariot de l’Esprit du monde, et il est appelé l’entretien du feu parce qu’il demande un lieu spacieux convenable à sa nature plus rare et plus spirituelle. Médée avait son chariot attelé de deux serpents.”

Oui, Médée la magicienne. Dans son mouvement universel ( uni vers sel) de corporification des “mixtes” la Nature est symbolisée par le serpent qui dévore sa queue, mais pour mieux percevoir ce mouvement incessant de descente et remontée de l’énergie mercurielle, les anciens lui substituaient deux dragons, l’un ailé et l’autre aptère le plus souvent (Flamel, Charles VI...) se dévorant l’un l’autre.

. . .

Selon la mythologie Médée, qui était prétresse de Hécate maitresse du monde chtonien également associée à la dimension sombre de la lune, finira par s’enfuir par la voie de l’air :

“Experte en magie, elle donna à son amant un ONGUENT dont il devait s'enduire le corps pour se protéger des FLAMMES du dragon qui veillait sur la Toison d'or. Elle lui fit aussi présent d'une PIERRE, qu'il jeta au milieu des hommes armés, nés des dents du dragon (...) Après ces crimes, elle s'enfuit à Athènes sur un char attelé par deux dragons ailés...”

Médée sur son char
@ http://mythologica.fr/grec/medee.htm © Cleveland Museum (Ohio)


Cordialement,

C...a


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La symbolique du serpent~dragon

Message  LeMat le Ven 11 Nov 2011, 23:15

Le serpent symbolise plusieurs choses.
.
- La vie, tout d'abord, car graphiquement il prend l'apparence d'une onde. Quoi de plus représentatif du mouvement ? De l'onde découle le principe de la période avec ses deux phases distinctes. L'équivalent tridimensionnel de l'onde est la spirale que l'on retrouve sur le caducée.
.
- L'immortalité car il mue. Il abandonne sa vieille peau et repart avec une peau fraîche et jeune, signe manifeste de l'éternelle jeunesse et donc de l'immortalité. C'est sans doute pour cela qu'on le retrouve encore sur les enseignes de pharmacie.
.
- La matière car il rampe le ventre à terre et se cache sous les pierres.
.

Si on mixe tout ça, cela donne :

Le serpent symbolise le mouvement terrestre donc la Vie sur terre et surtout, le serpent est le symbole de l'âme. D'origine divine mais pervertie car elle a voulue CONNAÎTRE les plaisirs de la chair (de la matière).

Le texte de la Genèse est très intéressant de ce point de vue car que fait le serpent dans cette scène sinon être à l'origine de l'action ? Il représente bien le Désir, l'en-vie d'Adam et Ève de goûter.

Pour ce qui est de la figure alchimique des deux dragons et fort de ce constat, le dragon sans aile représente nos désirs charnels et le dragon ailé représente les désirs spirituels ce que je définis comme étant tout ce qui flatte l'Ego.

J'ai aussi beaucoup aimé le rapprochement avec la Kundalini, serpent qui représente l'énergie vitale (mais aussi sexuelle car en lien avec le tantrisme), que le yogi, en ouvrant ses chakras, fait remonter du bas-ventre vers le sommet du crâne, pour que sa propre énergie se connecte au grand-tout et qu'il connaisse l'illumination ou Nirvana.

Merci Charly Alverda pour vos nombreuses interventions sur ce BlogForum qui m'interpellent à chaque fois, et un grand merci au créateur de ce BlogForum. Il y a si peu d'endroits où parler de ce genre de choses.

Cordialement,

LeMat

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La symbolique du serpent~dragon

Message  Calcédoine le Sam 12 Nov 2011, 09:06

Bonjour LeMat,

Merci pour ton intervention éclairante.
Je me permets un petit supplément à ton analyse :
Il abandonne sa vieille peau et repart avec une peau fraîche et jeune, signe manifeste de l'éternelle jeunesse et donc de l'immortalité. C'est sans doute pour cela qu'on le retrouve encore sur les enseignes de pharmacie.
Dans l'imaginaire populaire, le serpent est aussi un animal venimeux, mortellement dangereux (pas toutes les espèces, bien sûr, mais même l'inoffensive couleuvre fait peur). Or, le venin de serpent est aussi recueilli pour réaliser des remèdes pharmaceutiques. Ce qui tue peut aussi sauver la vie : tout est question de dosage et de connaissance, d'où – à mon sens – sa présence dans le symbolisme de la pharmacie.

Plus loin, entre vie et mort, le poison de serpents entre dans la composition de préparations de chamanes pour provoquer des états (contrôlés) de presque-mort utilisés dans des rituels initiatiques. Cependant, dans ce cas particulier, le poison du serpent n'est plus qu'un ingrédient, au même titre qu'un poison d'origine végétale ou minérale, et perd son caractère symbolique universel pour n'être plus – au mieux – qu'un symbole rattaché à une tradition locale.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Chèvre le Sam 12 Nov 2011, 11:00

je rebondis sur le supplément de Calcédoine pour rappeler qu'en grec ancien, le mot neutre φάρμακον , pharmakon, signifie aussi bien «remède», «drogue», «philtre», que «poison» ou «venin», ou encore «teinture».

@ http://fr.wikipedia.org/wiki/Pharmakos

@ http://jeanpierre.gadbois.pagesperso-orange.fr/mot_pharmacie.htm pour les pharmakos vivants

@ http://www.freud-lacan.com/articles/article.php?url_article=jchassaing131004 pour un article de l'Association Lacanienne Internationale (A.L I.) sur Jacques Derrida, la déconstruction et le pharmakon.
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l'autre face du serpent

Message  LeMat le Sam 12 Nov 2011, 22:24

Bonjour,

Tout à fait, le symbolisme du serpent est profondément duel. Et puisqu'il est symbole de vie, il est aussi symbole de mort. On peut donc voir dans les deux serpents, le principe de vie (construction) et de mort (destruction) qui luttent l'un contre l'autre. C'est la lutte éternelle du bien contre le mal.

Un combat de serpents se retrouve dans l'Exode lorsque Moïse et Aaron affrontent les mages du pharaon :

"Moïse et Aaron allèrent auprès de Pharaon, et ils firent ce que l'Éternel avait ordonné. Aaron jeta sa verge devant Pharaon et devant ses serviteurs; et elle devint un serpent.
Mais Pharaon appela des sages et des enchanteurs; et les magiciens d'Égypte, eux aussi, en firent autant par leurs enchantements.
Ils jetèrent tous leurs verges, et elles devinrent des serpents. Et la verge d'Aaron engloutit leurs verges." (Ex; 7,10-12)

Ici, les VERGES sont JETÉES à TERRE et prennent VIE sous la forme de SERPENTS qui se BATTENT. Dans cette version trouvée rapidement sur le Net, il n'est pas stipulé que le SERPENT du SERVITEUR de Dieu est d'AIRAIN.
Il est alors normal alors qu'il ENGLOUTIT tous les autres. Certains voient dans ce serpent un présage du Messie.

Cet engloutissement rappelle fortement la figure de l'Ouroboros qui mange sa queue, la Vie qui se nourrit de la Vie en tuant ses proies. Mais Ouroboros peut aussi être lu dans l'autre sens, la Vie qui dégueule la Vie.

Si on reprend le symbole de nos pharmacies, l'absence du second serpent sur le caducée s'explique si l'on considère que les deux serpents représentent le couple vie/mort puisque le but de la médecine est de sauver des vies et pas (ou plus si on les associe aux apothicaires Sans voix ) tuer les gens.

Je viens d'interpréter les deux serpents sous l'angle de la dualité vie/mort pour répondre à Calcédoine mais ce n'est pas à mon avis, l'interprétation la plus fine, mais elle est toutefois parfaitement cohérente.

Si l'on va plus loin, puisque le serpent représente à la fois la vie et la mort, il représente le cycle dans son ensemble :

naissance -> mort -> re-naissance -> re-mort -> re-re-naissance... allez j'arrête Très heureux

Je me suis amusé à faire un tour de trop dans la boucle, le mot important et qui exprime à lui seul le CYCLE de la VIE est bien entendu le mot RENAISSANCE ou encore RÉSURRECTION.

De là s'expliquent les croyances ophites et naasènes qui associaient l'image du serpent au Christ. puisque sa fonction première est d'incarné la volonté divine lors de chaque fin des temps (apocalypse) où il DÉTRUIT l'ordre ancien pour CRÉER un ordre nouveau ORDO AB CHAO !!! Vous connaissez la signification de l'anagramme INRI sur le crucifix :

"IGNE NATURA RENOVATUR INTEGRA"

Dans l'hindouisme, Shiva est à la fois un dieu destructeur et créateur. Il est représenté avec le serpent autour du cou, il est le dieu de l'illumination où toute l'énergie est spiritualisée. Il est le dieu de la plupart des sâdhu. La "version" inachevé de Shiva est Ganesh qui, lui, porte le serpent à la ceinture ; il et le dieu de la fertilité, c'est un éléphant qui a de l'embonpoint. L'éléphant est symbole de force incontrôlée (qui panique devant une petite souris) et maladroite (donc à ne pas mettre dans un magasin de porcelaine), sa faiblesse (ou sa faute) nous est montrée par ses formes, il se laisse aller aux plaisirs de la chair. Autre chose intéressante, il est le scribe des dieux tel Hermès.
Une chose intéressante dans la culture hindouiste : les ascètes ne sont pas forcément des saints comme en occident, par contre ils acquièrent tous par leurs ascèses des pouvoirs spirituels. Ils peuvent se mettre en colère et châtier qui ils veulent en les maudissant.

Enfin, une des dimensions les plus importantes de ce symbole est la LUTTE, le COMBAT ou encore l'AFFRONTEMENT. La VIE sur terre n'est rien d'autre que la somme des vies (ou des Égos) qui s'affrontent sur terre. Le venin symbolise la capacité d'empoisonner, de TEINDRE ou CORROMPRE l'Ennemi afin qu'ils prennent ses couleurs (cela me rappelle furieusement la poudre de projection).

Le sang du dragon est liquide (donc une EAU) ROUGE (ferreux donc MÉTALLIQUE) qui apporte l'immortalité à Siegfried, cela me rappelle l'élixir de longue vie.

Dans la légende d'Achille, ce sont les EAUX du Styx qui jouent se rôle, on tourne autour de la tour ou plutôt on s'acharne sur le gardien Très heureux
Et puisqu'on y vient, il existe une relation entre la vie qui se répand sur terre avec les méandre des cours d'eau du règne minéral, avec la sève du règne végétal et avec le sang qui coule dans nos veines. C'est pour cela que l'on parle de nos humeurs ou de se faire du mauvais sang.

Attention, le sang est une EAU IGNÉE, il est EAU par sa forme LIQUIDE et IGNÉ par sa nature ANIMALE (VIVANTE).

Désolé, je me suis un peu lâché et j'ai écris un roman mais c'est un sujet qui me passionne. Je tiens à dire qu'il y a beaucoup de visions personnelles dans ce texte, particulièrement l'analyse du venin et du sang, qui est totalement improvisée. Il est donc probable que je me plante, mais au cas où cela vous inspire...

cordialement,

LeMat

ps: bonjour Chèvre, je suis d'accord avec toi, je suis content que tu viennes confirmer le lien teinture/venin, lequel m'est apparu en écrivant les lignes précédentes.

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addendum

Message  LeMat le Sam 12 Nov 2011, 22:38

J'ai oublié de citer Paracelse, pauvre de moi :

"Toutes les choses sont poison, et rien n'est sans poison ; seule la dose fait qu'une chose n'est pas un poison."

Voilà qui est corrigé.

Cordialement,

LeMat

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Aube-Aurore le Lun 23 Jan 2012, 16:25

Bonjour à tous ! Ensoleillé

Ce jour, 23 janvier 2012 débute la nouvelle année chinoise (lunaire), année du "dragon d'eau" allant jusqu'au 9 février 2013. Le dragon porte chance en Chine et il est le symbole des empereurs de Chine. On dit que l’année du dragon “sera favorable aux réussites les plus folles, aux mariages et aux naissances, mais gare à l’éphémère et l’illusion !”


Pour l'horoscope chinois, voyons ce que le dragon symbolise en général :

Le DRAGON c'est la fougue et la puissance réunies ! Signe du principe masculin absolu, il représente l'Empereur. C'est un personnage aristocratique, fastueux qui éblouit. Il est magnifique, grandiose et son allure est noble et royale. Rien ne l'arrête et en plus sa chance est à sa mesure et il cumule les victoires.

Quelqu'un né sous le signe du Dragon adore : prendre les autres en charge, la conversation, les voitures, le cinéma, les tableaux de peinture.
Il déteste qu'on lui résiste. (voir suite : @ http://www.chinastral.com/chinastral/chinastral/dragon.html )

Amitiés. Fleur
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Ludivine le Mar 24 Jan 2012, 10:22

Bonjour à tous,

Beaucoup a déjà été dit sur ce fil au sujet du dragon. Le dragon est, pour les alchimistes, le CheminCroisé mercure. Le sang du dragon est la teinture d' CheminCroisé antimoine pour les anciens chimistes.

Dom Antoine-Joseph Pernety dans son dictionnaire mytho-hermétique nous en donne les définitions suivantes :
Les Philosophes chymiques indiquent assez communément les matières du grand œuvre par deux dragons qui se combattent, ou par des serpents, l'un ailé, l'autre sans ailes, pour signifier la fixité de l'une, et la volatilité de l'autre.

Les Egyptiens peignaient ces serpents tournés en cercle, se mordant la queue, pour signifier, dit Flamel, qu'ils sont sortis d'une même chose, qu'elle se suffit à elle-même, et qu'elle se parfait par la circulation, indiquée par le cercle. Ce sont ces dragons que les Poètes ont feint être les gardiens du jardin des Hespérides et de la Toison d'or; Jason, selon la Fable, répandit sur ces dragons le jus préparé par Médée. Ce sont ces serpents envoyés par Junon au berceau d'Hercule, que ce Héros, encore enfant, déchira. Ce berceau signifie le berceau de l'œuvre ou son commencement. Ce sont ces deux serpents du caducée de Mercure, avec lequel il faisait des choses si surprenantes, et au moyen duquel il changeait de figure quand il voulait. Flamel dit avoir été déterminé à peindre les deux matières de l'œuvre sous la figure de deux dragons, par la grande puanteur qu'elles exhalent, et parce qu'elles sont un très violent poison; mais il ajoute que l'Artiste ne sent point cette puanteur, parce qu'elle est renfermée dans le vase.

Gardien du jardin des Hespérides, représente la terre, cette masse informe et indigeste qui cache dans son sein la semence de l'or, qui doit fructifier par les opérations de l'Alchymie représentée par le jardin des Hespérides. C'est ce dragon représenté si souvent dans les figures symboliques de la Philosophie Spagyrique, qui ne peut mourir qu'avec son frère et sa sœur, c'est-à-dire, s'il n'est mêlé dans le vase philosophique avec le soufre son frère, et l'humeur radicale innée, ou eau mercurielle, qui est sa sœur, qui par sa volatilité le rend volatil, le sublime, lui fait changer de nature, le putréfie, et ne fait plus ensuite qu'un corps avec lui. Quand il n'existe plus sous la forme de terre ou dragon, alors la porte du jardin des Hespérides est ouverte, et l'on peut y cueillir sans crainte les CheminCroisé pommes d'or, de la façon que l'expliquent les livres des vrais Philosophes spagyriques.
Et notre ouroboros, le dragon dévorant sa queue :
C'est la matière de la pierre lorsqu'elle circule dans le vaisseau philosophique. Les Sages emploient ce terme dans beaucoup de circonstances différentes des opérations du magistère. Lorsqu'il est préparé avant la jonction avec le fixe, ils l'appellent Dragon volant. Dragon igné, dont il faut incorporer le sang avec le suc de la Saturnie végétable. Dragon qui veille sans cesse à la garde de la toison d'or, ou de la porte du jardin des Hespérides; parce que le mercure philosophal étant très volatil, est très difficile à endormir, c'est-à-dire à fixer; et l'on ne peut le faire qu'avec le secours du suc des herbes que Médée indiqua à Jason.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  kanoto le Mer 22 Fév 2012, 17:55

Bien le bonsoir.

Ma vue me fait peut-être défaut, mais je n'ai pas tilté sur ne serait-ce qu'une allusion à Jörmungand. Ma foi, je ne peux m'empêcher d'en parler ici. Bienvenue dans le monde fabuleusement symbolique de la mythologie nordique. Serpent-dragon, frère de Hel et Fenrir, les enfants illégitimes de Loki et de la géante Angrboda, Jörmungand grandit vite. Trop vite. Tant et si bien qu'Odin finit par le jeter du haut du royaumes des Ases (Asgard) dans la mer entourant notre terre, le royaume des humains, Midgard. Ce serpent-dragon continue de croître jusqu'à l'entourer totalement et finit par se mordre la queue.

Nous avons donc ici une claire référence à l'Ouroboros.

Cependant, je pense que vous avez deviné, il y a quelque chose d’intéressant quant au fait qu'il entoure Midgard. L'Ouroboros est à la fois le "chercheur" (au sens de celui qui cherche des réponses), son épée de Damoclès (tant que le chercheur ne Sait pas, il reste enfermé dans un schéma qui l'empêche d'avancer), son geôlier (tiens, aurais-je lu ça quelque part ?) ET son protecteur (comme la carte de CheminCroisé l'Hermite, cet Homme cheminant seul et protégeant le quidam d'une Vérité que ce dernier ne cherche pas forcement).

Je reprendrai ce post ultérieurement, ne pouvant pas encore (???) modifier le temps.

Amicalement,
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  VillaChicoubis le Mer 22 Fév 2012, 19:48

Si on regarde la Bible : Elle commence avec une histoire de serpent... Et elle termine avec une histoire de Dragon, lequel Dragon dans l'apocalypse est intimement lié à la bête....

Il y aurait de quoi faire des cauchemards avec tous ces monstres... Mais les Saints nous rassurent : Il suffit de mettre le pied sur la tête du serpent ou d'apprendre à chevaucher le Dragon pour que tout s'arrange....

Serpent dragon qu'importe les mots, les formes sont proches, donc les idées se rejoignent.

Et en ésotérisme ces idées désignent le feu d'ou parfois l'amalgame fait avec le lion.

Ce faisant ces formes se rapprochent aussi du phénix; mais aussi de l'oiseaux tonnerre et aussi de Zeus.

Tous ces symboles nous raménent au feu primitif, qui comme tout élement fonctionne sur un principe de force contraire et complémentaire.

Tantot ce feu brule et consume, tantot il éclaire et réchauffe...

Bien à vous tous.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Nelly Foulcat le Sam 25 Fév 2012, 16:46

Dans ce fil, nous avons rencontré plusieurs dragons, serpents ailés, lézards et autres ouroboros dont la symbolique dépend du contexte et aussi de la mythologie de référence. Je remercie kanoto de nous avoir présenté Jörmungand, une découverte pour moi qui ne connais rien de la mythologie nordique.

Dans CheminCroisé un post précédent, Logos a évoqué le rapport entre la carte du Tarot CheminCroisé La Maison-Dieu et la kundalini connue des religions de l'Inde : cette force qui réside en nous, d'abord localisée dans le réceptacle que forment les os du bassin, née de la rencontre entre l'énergie "tellurique" venant du sol, et l'énergie "céleste" (prāṇa), et qui peut, par maints exercices, monter via la colonne vertébrale et s'élever jusqu'à la fontanelle pour "faire sauter le couvercle" et mettre à bas les certitudes établies auparavant. Colossale kundalini…
.
La tour et le dragon se retrouvent également associés par Calcédoine dans CheminCroisé cet autre post traitant du CheminCroisé tombeau de François II. De celui-ci, je vous en parlais déjà dans CheminCroisé Tarot et Alchimie puisque l'ouvrage "Les Demeures philosophales" (Fulcanelli) reprenait un texte du carmélite nantais Mathias de Saint-Jean qui décrivait une des statues en ces termes :
(…) la figure de la Force, habillée d’une cotte de mailles (armure) et le heaume en teste ; de sa main gauche elle suporte une tour, des crevasses de laquelle sort un serpent (un dragon) qu’elle étouffe avec la main droite, qui marque la vigueur dont cette vertu se sert dans les adversitez du monde pour en empêcher la violence ou en supporter le poids.

Tour et dragon se trouvent donc associés en de multiples endroits. Peut-être les deux symboles pourraient-ils parfois être même équivalents ? J'ai déjà vu la tour représenter l'athanor, ce qui est conforme à ce que propose @ Wikipédia :
Architecture et types de fours
(…) La construction avait la forme d'une tour, (…)
Eugène Canseliet nous laisse entendre que le dragon, lui aussi, représente l'athanor.

Dans sa préface de 1964 à la troisième édition de l'ouvrage de Fulcanelli "Le Mystère des Cathédrales" (Pauvert), il met l'accent sur un détail relatif à la statue de Saint Marcel décorant le trumeau du "Portail de Ste Anne", soit la porte de droite de la façade principale (ouest) de la cathédrale Notre-Dame à Paris.
La statue originelle, datant du début du XIVe siècle, très abîmée, est désormais reléguée dans la grande salle des Thermes du Musée de Cluny. Elle fut remplacée par une copie peu conforme, pour des raisons malintentionnées, nous apprennent Fulcanelli et Canseliet, puis, vers 1850, lors de la grande restauration de la cathédrale entreprise sous la direction des architectes @ Jean-Baptiste-Antoine Lassus et @ Eugène Viollet-le-Duc, tous deux spécialistes de l'architecture du Moyen-Age, une nouvelle copie, plus fidèle à l'originale y retrouva sa place.

Par comparaison entre les différentes photos, il semblerait que la statue actuelle ait été à nouveau restaurée plus récemment.

. .
Emplacement de la statue . . . . . . Musée de Cluny . . . . 1900 . . . . . . . . Aujourd'hui
L'intéressant à noter dans cette statue, ce n'est pas Marcel, c'est le fait qu'on retrouve le symbole de la tour au-dessus de sa tête, et un autre détail concernant l'extrémité de la crosse et le dragon :
Eugène Canseliet a écrit:On verra que la crosse de l'évêque plonge dans la gueule du dragon, condition essentielle pour la lisibilité de l'hiéroglyphe, et indication qu'un rayon céleste est nécessaire pour allumer le feu de l'athanor.
Voilà donc une précieuse indication pour les aspirants alchimistes : la statuaire de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, indique clairement ce qui a déjà été répété à divers endroits du forum, à savoir que le démarrage de l'athanor ne peut s'effectuer sans une connexion avec le monde céleste. A contrario, cela explique aussi pourquoi ceux qui s'imaginent que l'Alchimie est accessible par la chimie matérialiste tournent inévitablement en rond durant plusieurs décennies, errant d'échecs en échecs, et devenant hargneux, jaloux et agressifs. C'est aussi ce qui est reproché à certains courants qui, au sein de l'Eglise catholique, œuvrent en sous-main pour occulter la science divine qu'est l'Alchimie. C'est à un tel incident que se rapporte la suite du texte :
Eugène Canseliet a écrit:Or, à une époque qui doit être le milieu du XVIe siècle, cette antique statue avait été enlevée du portail et remplacée par une autre dans laquelle la crosse de l'évêque, pour contrarier les alchimistes et ruiner leur tradition, avait été faite délibérément plus courte, et ne touchait plus la gueule du dragon. On peut voir cette différence dans notre figure 344, où est représentée cette ancienne statue, telle qu'elle était avant 1860. Viollet-le-Duc l'a fait enlever et l'a remplacée par une copie assez exacte de celle du Musée de Cluny, restituant ainsi au portail de Notre-Dame sa véritable signification alchimique.
Et en effet, il n'est pas rare de trouver dans les discours officiels produits par les représentants d'une Eglise détournée de Dieu des explications neutres : "Le trumeau est orné d'une statue moderne de saint Marcel, évêque de Paris au Vème siècle, qui aurait délivré la ville d'un dragon. La crosse du prélat est enfoncée dans la gueule de l'animal monstrueux."; ou farfelues et simplistes : "Portail Sainte-Anne; Saint Marcel, évêque de Paris au Vème siècle, écrase un dragon symbolisant les fléaux dont son diocèse était alors affligé."
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  VillaChicoubis le Sam 25 Fév 2012, 21:11

Eh oui, et en kundalini, le serpent, il est enroulé 3.5 fois dans les sacrales... Or où retrouve-t-on le serpent avec un coefficient 3.5 ?

Eh bien en 3.5 de la Genèse où il est en train de convaincre Eve : Mais Dieu sait que le jour ou vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal.

C'est le même serpent à l'oeuvre... Et il ne provoque pas la mort, mais sans doute un peu quand même la mort initiatique...

Bien à vous tous.
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Re: Dragons et Ouroboros

Message  loup le Sam 25 Fév 2012, 23:37

bj, pour moi, le dragon, qui est ailé,donc volatil, doit être maîtrisé, et non détruit. Nulle part la compréhension de ce symbole ne doit évoquer la destruction, mais la FIXATION, la maîtrise... le combat du fixe(le serpent) et le volatil (le dragon) issus TOUS deux d'une même minière...
Même St Michel ne le détruit pas, il le FIXE... avec sa LANCE... C'est la jonction de la force de la terre (serpent) avec celle du "ciel" (dragon )... ou dans l'homme, ou dans une matière... Hello

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Calcédoine le Dim 04 Mar 2012, 09:52

Bonjour,

Nelly Foulcat a éveillé ma curiosité en signalant ici plus haut que la crosse de saint Marcel pénétrait dans la gueule du dragon, symbolisant ainsi – dixit Canseliet – l'allumage de l'athanor au moyen d'une connexion entre la sphère divine et la sphère matérielle. Ce symbolisme semble répandu, jusque dans les plus petites villes. Ici, c'est Saint Georges, en chevalier, qui terrasse le dragon en lui plantant sa lance dans la gueule :


Statue du XVIIIème siècle, église St-Georges, F-29650 Botsorhel, Bretagne (France)
Les personnages diffèrent, mais le symbole est identique.
En particulier si on observe le sommet du casque du chevalier, orné d'une plume [1] ou d'une flamme [2].
________________________________________________________
[1] La plume sur la tête est l'insigne de la réussite d'une épreuve initiatique (cfr.: expression "ajouter une plume à son chapeau", coiffe amérindienne).
[2] Similairement, la flamme, ou "langue de feu", symbolise le lien avec l'Esprit-Saint (cfr.: Pentecôte).
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Saint Michel et le dragon

Message  Gamaioun le Dim 04 Mar 2012, 17:58

Bonjour,

Le dragon est bien sûr la bête noire de saint Michel... Voici la page que lui consacre Patrick Rivière :

@ http://60gp.ovh.net/~alchymie/articles/st_michel_archange.htm

Saint Michel qui n'est d'ailleurs pas à proprement parler un saint, mais un archange.

On peut retenir que P. Rivière donne ici la vision des folkloristes qui voient dans le dragon, le symbole de l'hiver gardant la Terre captive et ses combattants représentent le Soleil dardant ses rayons.

Cela rejoint l'une des probables origines de ce dragon : le serpent géant de la mythologie égyptienne, Apophis qui menaçait chaque nuit la barque solaire de Rê-Atoum.
C'est d'ailleurs étonnant de voir que c'est le dieu "maléfique" Seth qui combat Apophis dans l'illustration ci-dessous, dont j'ignore la provenance malheureusement.
Combattre le mal par le mal serait l'enseignement ?






Bas-relief de la tombe de Ramsès Ier, Vallée des rois

On peut admirer les superbes 8 - 2x3 - (lacs de l'infini) formés par son corps : le chaos n'a pas de fin, ni de début. Nous devons le repousser inlassablement pour que la lumière triomphe!



Je rebondis aussi sur le post de Calcédoine qui parle de la plume sur la tête de st Georges comme le signe d'un accomplissement. Cela me fait inévitablement penser à la plume qui servait à la pesée des âmes, toujours dans l'Egypte antique, et que l'on retrouve sur la tête de la déesse Maât, la justice ou la vérité personnifiée et dont parle Patrick Rivière en ces termes :
"L'Archange [saint Michel], célébré traditionnellement le 29 Septembre, soit quelques jours à peine après l'équinoxe d'Automne, dans le signe zodiacal de la Balance, a toujours été considéré comme le saint Patron de la Chevalerie ayant pour attributs l'épée et justement la balance de justice servant à la 'pesée des âmes' rappelant la psychostasie de l'Egypte ancienne où le dieu Anubis tenait lieu de psychopompe. On assiste ici à la juxtaposition des fonctions chevaleresques et judiciaires : l'épée, dans la main droite de l'Archange et la balance dans sa main gauche ; Saint Michel s'affirmant ainsi comme l'agent de la Justice divine."

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Bruce Hellaire le Dim 04 Mar 2012, 19:04

Bonjour Gamaioun.

Un de ces jours, il faudrait que nous explorions aussi la symbolique relative à Saint Michel l'Archange, parce que tantôt on le montre terrassant un dragon, tantôt mettant à terre un démon, comme c'est le cas tout en haut de CheminCroisé la flèche de l'Hôtel de Ville de Bruxelles. Dragon ou démon, il y a peut-être un air de famille, mais de sérieuses différences aussi !

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Re: Dragons et Ouroboros

Message  Henri Schersch le Dim 18 Nov 2012, 16:15

Bonjour.
Le dragon à certainement un rapport avec la Pierre Philosophale, mais je me demande s'il faut l'associer au début de l'Œuvre ou à la fin. Peut-être aux deux, ce qui expliquerait pourquoi l'Ouroboros se mord la queue.
Dans cette grande gravure qui, si je ne me trompe, est attribuée à Khunrath et daterait de 1602, on voit que le dragon occupe la place-forte centrale, et est encadré par le titre "PETRA PHILOSOPHALIS" :


(cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Cette gravure a été reproduite dans un ouvrage plus récent, "Le Jeu d'Or" (par Stanislas Klossowski de Rola). Un @ commentateur y a adjoint ce petit texte :
Vingt et une portes semblent promettre l'accès au cœur de la citadelle hermétique dans laquelle les principes et les secrets de l'alchimie, art secret authentique et sacré, sont gardés, protégés et soustraits à l'ignorance, au mal, à la malice, à l'avidité et à la stupidité.
.
Cependant vingt d'entre elles ne mènent, par les détours de chemins tortueux, qu'à l'erreur, la ruine, la douleur et le désespoir. La seule route conduisant au pont-levis est atteinte par élévation de l'esprit vers l'amour de Dieu et de la Sagesse. Le bon travail et la rectitude morale sont préalablement requis, et la connaissance du Sujet des Sages, des Principes de l'Art, et du premier Mercure conduit alors à travers le pont-levis vers le but final.

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